L'anesthésiste réanimateur est responsable de l'anesthésie dans le cadre d'une intervention chirurgicale. Son rôle est essentiel pour le bon déroulement des opérations. Il est le garant d'une intervention sans douleur pour le patient.
L'anesthésie réanimation est une spécialité médicale pour laquelle il faut avoir suivi une formation et avoir obtenu un Diplôme d'Études Spécialisées (DES) après un doctorat.
Comment devenir un médecin anesthésiste ? Quelles sont les études nécessaires et comment se passent-elles ? En quoi consiste le métier d'anesthésiste ? Nous répondons à toutes ces questions.

Le métier d’anesthésiste en France
Un anesthésiste réanimateur intervient pour que le patient ne ressente pas de douleur lors d'une intervention chirurgicale ou d'exploration.
Quel est le rôle de l'anesthésiste réanimateur ?
Le rôle du médecin anesthésiste est d'endormir un patient (anesthésie générale) ou une partie de son corps (anesthésie loco-régionale) en vue d'une intervention chirurgicale ou exploratoire. Il intervient avant, pendant et après l'anesthésie.
Il est assisté par un infirmier ou infirmière anesthésiste.
Bon à savoir : L'anesthésiste est appelé anesthésiologiste au Canada et anesthésiologue au Québec.
Quelles sont les missions d'un anesthésiste ?
Mise en place une stratégie d'anesthésie
- Collaboration avec le chirurgien
- Consultation préanesthésique au moins 48 heures avant l'intervention
- Évaluation de l'état clinique général du patient
- Étude du dossier médical (allergies, antécédents, etc.)
- Choix d'une stratégie d'anesthésie
- Information du patient et rôle psychologique
- Consultation préopératoire juste avant l'intervention
Gestion de l'anesthésie lors de l'intervention
- Dosage des produits pour endormir le patient ou une partie de son corps
- Mis en œuvre de la technique d'anesthésie choisie
- Surveillance et contrôle des fonctions vitales
- Adaptation de l'anesthésie si besoin
- Mise en œuvre de la réanimation appropriée le cas échéant
- Intervention en urgence pour les réanimateurs
- Assistance par un infirmier anesthésiste
Surveillance post-anesthésie
- Surveillance du réveil
- Contrôle de la réanimation
- Gestion des douleurs postopératoires
- Suivi des suites de l'intervention
- Annonce de décès
Intervention selon les situations et les pathologies
- Analgésie péridurale et anesthésie obstétricale lors de l'accouchement
- Chirurgie générale
- Anesthésie dentaire
- Anesthésie lors d'examens d'exploration et de diagnostic (coloscopie, endoscopie radiologie interventionnelle...)
Quel profil faut-il avoir pour être anesthésiste ?
Un anesthésiste est doté de qualité d'écoute et d'analyse élevées. Il doit être disponible et avoir le sens du contact. Il a une propension à travailler en équipe.
Un anesthésiste intervient parfois dans des situations d'urgence, il est bien sûr formé pour gérer ce type de situation, mais il doit avoir des aptitudes particulières :
- garder son sang-froid ;
- savoir agir ;
- réagir de manière adaptée.
Un anesthésiste doit être prêt à affronter des situations parfois difficiles (décès ou imprévus opératoires par exemple). Il est important d'avoir conscience de cet aspect humain du métier.
Où travaille un anesthésiste ?
Un anesthésiste travaille uniquement dans les hôpitaux :
- équipe SMUR ;
- réanimation ;
- service d'anesthésie spécialisée comme l'obstétrique, etc.
- et les cliniques.
Au sein d'un établissement hospitalier, l'anesthésiste intervient dans un bloc opératoire ou dans un service de réanimation. Sa formation le prépare aux deux compétences.
Pour exercer en libéral, l'anesthésiste doit faire un post-internat, ce qui correspond à deux années de clinicat au minimum.
Un médecin anesthésiste militaire, spécialement formé, travaille auprès des armées.
Lisez le texte en ligne L'anesthésie française entre reconnaissance et stigmates de Yann Faure. Dans Actes de la recherche en sciences sociales 2005/1-2 (n° 156-157), pages 98 à 114.
Quelle est l'histoire de la profession d'anesthésiste ?
L'histoire du métier d'anesthésiste est étroitement liée à celle de l'anesthésie en général, qui remonte à la nuit des temps. On prétend même que la première anesthésie est celle de Dieu à Adam
"Alors l’Éternel Dieu fit tomber un profond sommeil sur l’homme, qui s’endormit ; il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place." La Bible. Genèse 2:21.
On trouve en tout cas des traces de substances analgésiques dès l'Antiquité dans la médecine orientale. En France, jusqu'au milieu du 18ᵉ siècle, les pratiques médicales se confrontaient à la vision religieuse et à l'acceptation de la douleur.
Les moyens d'endormir les patients pour intervenir sur leur corps ont évolué au fil de l'histoire. Longtemps, l'acte d'anesthésie a fait partie des missions du chirurgien. C'est à partir de 1945 que commence véritablement une réelle prise en compte de la profession.
En France, il a fallu attendre 1966 pour que l'anesthésie réanimation soit reconnue comme une spécialité médicale à part entière.
Quelques chiffres sur le métier d'anesthésiste
- Près de 30 % des postes d'anesthésistes-réanimateurs sont vacants
- 11 641 médecins anesthésistes exercent en France en 2020
- L'âge moyen des médecins anesthésiste est de 50 ans
- Seulement 38 % des médecins anesthésistes sont des femmes
- 61 % des anesthésistes sont salariés et 30 % exercent en libéral
Quel est le salaire d'un anesthésiste ?
Salaire d'un médecin anesthésiste réanimateur
En anesthésiste peut être employé par un hôpital ou une clinique. Dans ce cas, son salaire est le suivant :
Carrière | Salaire brut mensuel |
|---|---|
Début de carrière | 4 000 € |
Fin de carrière | 7 300 € |
Au salaire brut de base s'ajoutent les indemnités et les primes de garde.
Un anesthésiste peut exercer en libéral. Il est alors en liaison avec un hôpital ou une clinique. Dans cette situation, le salaire d'un anesthésiste peut atteindre plus de 12 000 € brut par mois.
Salaire infirmier anesthésiste
Dans la fonction hospitalière, un infirmier anesthésiste (IADE) est rémunéré selon une grille indiciaire. Le salaire est considéré hors primes, bonifications et indemnités éventuelles (indemnité de résidence, supplément familial de traitement, GIPA).
Deux grades (1 et 2) avec respectivement 10 et 8 échelons, existent pour les infirmières anesthésistes. En 2021, une infirmière anesthésiste :
- de premier grade a un salaire brut mensuel compris entre 2 085 € et 3 383 € selon son échelon.
- de deuxième grade a un salaire brut mensuel compris entre 2 591 € et 3 580 €.

La formation pour devenir anesthésiste
Les études pour devenir médecine anesthésiste sont longues et sélectives. Au final, le diplôme d'anesthésiste est très convoité et de nombreux postes sont vacants.
Quel est le diplôme pour être anesthésiste réanimateur ?
Le diplôme pour être médecin anesthésiste est le DES d'anesthésie réanimation. Les titulaires de ce diplôme sont à la fois anesthésistes et réanimateurs.
Par ailleurs, un infirmier peut être spécialisé en anesthésie.
Quelles études faire pour être anesthésiste réanimateur ?
Les études pour être anesthésiste comportent 11 années à l'université.
Après le baccalauréat, l'étudiant doit suivre une première année de LAS (Licence Accès Santé) ou de PASS (Parcours Accès Santé Spécifique). Depuis la rentrée 2021, il n'y a plus de numerus clausus et les universités sélectionnent le nombre d'étudiants en seconde année en fonction de leurs capacités d'accueil :
- Les 2e et 3e années sont consacrées à un enseignement théorique et à des stages ;
- Les 6 premières années sont sanctionnées par les ECN (épreuves classantes nationales) ;
- Suivent alors 5 années d'internat pour se spécialiser.
Au terme de ces 11 années d'études, les postulants obtiennent leur diplôme d'études spécialisées (DES) en anesthésie réanimation.
Il est également possible d'être médecin anesthésiste militaire. Pour cela, il faut candidater directement après le baccalauréat auprès de l'ESA (École de Santé des Armées). On y accède grâce à un concours d'entrée très sélectif. Les études sont composées d'enseignements à la fois médicaux et militaires.
À noter
En France, les anesthésistes sont assistés par des infirmiers anesthésistes diplômés d'État (IADE). Deux années de formation spécialisée sont nécessaires après les études d'infirmière de 3 ans suivies de 2 ans d'exercice.
La formation est accessible sur concours et elle est sanctionnée par le diplôme d'État d'infirmier anesthésiste (DEIA).
Quel bac pour devenir anesthésiste ?
Il est conseillé d'être titulaire d'un bac scientifique pour devenir anesthésiste. Un baccalauréat scientifique est préférable pour réussir des études en médecine et une spécialisation en anesthésie.
Quel est le programme des études d'anesthésiste ?
L'internat en anesthésie réanimation est composé de 10 semestres, c'est-à-dire 5 ans d'études durant lesquelles il faut valider une thèse de médecine et un mémoire d'anesthésie réanimation.
Le DES anesthésie réanimation comprend une formation théorique avec des connaissances socles et une formation pratique composée de nombreux stages en secteur hospitalier. Le programme d'enseignement s'organise selon les universités.
La réanimation pédiatrique est une option du DES anesthésie réanimation.
Comment se préparer aux études d'anesthésiste ?
Différentes ressources sont disponibles en ligne pour préparer le DES anesthésie réanimation.
- Cours de DES filmés par la faculté de médecine de l'université René Descartes à Paris
- Programmes de DU par la faculté de Bordeaux
Consultez la liste des universités proposant un DES anesthésie réanimation.
Quels livres lire quand on veut être anesthésiste ? Notre Top 3
- Le livre de l'interne en Réanimation par Adrien Bougle. Éditeur Lavoisier MSP, collection Le livre de l'interne. Septembre 2021 (2ème édition).
- Référentiel Collège de Médecine intensive, réanimation, urgences et défaillances viscérales aiguës - Réussir son DFASM - Conforme à la R2C 2021. Par CeMIR - Collège des enseignants de médecine intensive-réanimation. Éditeur Elsevier / Masson, collection Référentiels des Collèges. Avril 2021 (7ème édition).
- Réanimation, médecine d'urgence et anesthésie. Par François Philippart. Éditeur Ellipses, collection Réussir l'ECN. Mars 2019.
Quel est le prix de la formation d'anesthésiste ?
Avec un cursus classique en formation initiale en faculté de médecine, le prix des études varie selon, par exemple, le choix de l'étudiant de s'inscrire ou non dans une classe préparatoire. Les frais annuels correspondent aux droits d'inscription universitaires. Il faut savoir qu'un interne en médecine est rémunéré entre 1 200 et 1 300 € par mois (donc à partir de la 5e année).
Le prix d'une formation IADE est d'environ 9 000 € par an, soit un total de 18 000 €.
Quelles sont les aides à la formation d'anesthésiste ?
Il existe des aides délivrées par différents organismes et institutions en France pour une formation initiale :
- Des aides du département ou de la région, souvent à partir de la 4e année.
- Des aides dans le cadre du CESP (contrat d'engagement service public)
- Une bourse d'étude
- Un prêt étudiant
Comment se reconvertir pour être anesthésiste ?
Devenir anesthésiste réanimateur
Devenir médecin anesthésiste nécessite d'avoir suivi un internat puis un internat spécialisé (DES anesthésie réanimation).
Une reconversion en anesthésie réanimation est possible pour tout médecin inscrit au Tableau de l'Ordre des Médecins. Chaque médecin peut changer de spécialité par rapport à leur qualification initiale. Cette décision revient aux commissions nationales de qualifications dépendant de l'Ordre des médecins.
Pour aller plus loin, consultez le site de l'Ordre des médecins.
Devenir infirmière anesthésiste
En formation continue, une infirmière doit exercer deux ans pour postuler à l'admission en établissement de formation pour devenir IADE (infirmière anesthésiste diplômée d'État). La formation AIDE dure 2 ans, donc 4 semestres, avec 23 640 heures de formation théorique, clinique et projet personnel.
Pour aller plus loin, consultez le texte officiel concernant le diplôme d'infirmier anesthésiste.
Le diplôme pour devenir anesthésiste
Quelles sont les épreuves du diplôme d'anesthésiste ?
Les modalités d'évaluation des internes en anesthésie réanimation diffèrent d'une région à une autre, donc d'une université à une autre. Il est conseillé de se rapprocher de l'université pour connaître précisément les épreuves.
Dans quel pays le diplôme est-il reconnu ?
- Le diplôme de médecin anesthésiste est automatiquement reconnu par les États membres de l'Union Européenne. Il apparait en effet dans la liste des spécialités dans l'annexe V de la Directive 2005/36/UE.
- Pour exercer au Québec, il faut obtenir une reconnaissance en effectuant notamment un stage d'adaptation. Il est conseillé de contacter le Collège des Médecins du Québec (CMQ).
- Dans les autres pays, il n'existe aucun accord de reconnaissance du diplôme de médecin anesthésiste. Chaque État possède ses propres règles.
Quelques chiffres sur le diplôme d'anesthésiste
- 11 années d'études pour être anesthésiste réanimateur
- L'anesthésie-réanimation fait partie des 10 spécialités les plus demandées par les étudiants en médecine
- 473 médecins anesthésistes réanimateurs sont diplômés chaque année
Les spécialités et évolutions de l’anesthésiste
Un anesthésiste se doit de se former de manière continue, sur des sujets médicaux transversaux notamment. Il peut ainsi renforcer ses connaissances et ses compétences en passant un diplôme universitaire (DU) sur des sujets comme la douleur, l'hypnose ou les urgences, par exemple.
Un anesthésiste réanimateur, comme tout médecin hospitalier, peut réaliser des travaux de recherche, enseigner au sein d'un CHU ou réaliser des missions humanitaires.
Il est possible de se spécialiser en réanimation médicale en passant un DESC (diplôme d’études spécialisées complémentaires).
Les spécialités existantes pour se sur-spécialiser en tant qu'anesthésiste réanimateur sont les suivantes :
- Anesthésie cardiothoracique
- Anesthésie en soins critiques
- Anesthésie neurochirurgicale
- Anesthésie obstétricale
- Anesthésie orthopédique
- Anesthésie pédiatrique
- Anesthésie palliative
Le métier d'anesthésiste au quotidien
Le quotidien d'un médecin anesthésiste réanimateur varie selon qu'il exerce en service de réanimation, en anesthésie médicale ou en anesthésie chirurgicale.
Quels sont les avantages du métier d'anesthésiste ?
L'anesthésie réanimation est un métier à grandes responsabilités, ce qui peut être considéré comme un avantage ou un inconvénient selon les projets de vie de chacun. Il s'agit d'un élément motivateur ou une source de stress selon les personnes.
Le métier d'anesthésiste est en sous-effectif, ce qui permet de n'avoir aucune difficulté à trouver un emploi.
Quelles sont les difficultés du métier d'anesthésiste ?
Être anesthésiste est un travail éprouvant et fatiguant physiquement. Certaines interventions ont lieu de manière non programmée et nécessite de répondre à des appels de nuit. Les journées peuvent excéder 12 heures. Le Monde médical est en manque d'anesthésistes, ce qui créé une charge importante sur les anesthésistes en poste.
C'est aussi un métier exigeant qui nécessite une perpétuelle mise à jour des informations concernant le matériel médical professionnel utilisé, par exemple.
Enfin, la reconnaissance du corps médical est encore un peu difficile : les anesthésistes sont souvent surnommés les "grouillots" ou les "gaziers" par leurs collègues.
Le métier vu de l'intérieur
Voir la vidéo ci-dessous sur le quotidien d'un anesthésiste :
Liste des formations pour les anesthésistes-réanimateurs
Chaque médecin anesthésiste-réanimateur a la possibilité de compléter sa formation initiale avec des formations complémentaires, et ce, tout au long de sa carrière.
L’objectif est d’actualiser et d’approfondir ses connaissances, de se sur-spécialiser et/ou de remplir ses obligations légales de développement professionnel continu.
La formation continue de l’anesthésiste-réanimateur
L’anesthésie-réanimation est une spécialité transversale de haut niveau qui se pratique aussi bien en salle d’opération, en ambulance, qu’en salle d’accouchement, en USI ou dans le secteur privé. Elle nécessite, pour le praticien, des connaissances et des compétences approfondies dans les différents domaines où il est amené à intervenir.
Le médecin anesthésiste peut ainsi continuer à se former sur des sujets comme la douleur chronique, l'hypnose ou la médecine d’urgence.
Les avancées technologiques dans la discipline (ECMO, anesthésie loco régionale échoguidée…) et/ou la volonté d’évoluer dans sa carrière professionnelle peuvent amener l’anesthésiste-réanimateur à se sur-spécialiser par exemple dans l’anesthésie-réanimation pédiatrique, des grands brûlés, etc.
Des diplômes universitaires et de nombreux stages proposés par des organismes agréés par le Collège Français des Anesthésistes-Réanimateurs (OA FMC) permettent de répondre à ces besoins de formations complémentaires.
Parmi elles, on trouve :
- DU Anesthésie et réanimation du patient âgé
- DU Hypnose médicale
- DU Arrêt cardiaque : de la prise en charge préhospitalière à la réanimation et au suivi à long terme
- DU Assistance respiratoire et circulatoire extracorporelle de l’enfant et du nouveau-né
- DU Ventilation artificielle en soins critiques
- DIU Échocardiographie trans-œsophagienne en chirurgie cardiovasculaire
- DIU Techniques ultrasoniques en anesthésie et réanimation
- DIU Investigateurs en recherche clinique
- DIU Neuroréanimation
- Cours Européen ECMO et autres techniques d’assistance respiratoire et circulatoire temporaire
- DESC Médecine d’urgence
- E-learning Intubations difficiles, Prise en charge anesthésique du patient diabétique, etc.
Le DPC des anesthésistes-réanimateurs
Le développement professionnel continu (DPC) est un dispositif réglementé de formation médicale continue. Il est défini comme une obligation pour chaque médecin de se former tout au long de sa carrière professionnelle afin d’entretenir les compétences théoriques et pratiques acquises durant sa formation initiale.
Les orientations pluriannuelles prioritaires de DPC pour les anesthésistes-réanimateurs
Pour satisfaire à son obligation de DPC, l’anesthésiste-réanimateur doit participer à un programme répondant à, au moins, une orientation pluriannuelle prioritaire. L'arrêté ministériel du 7 septembre 2022 et l'arrêté complémentaire du 8 décembre 2022 ont fixé, pour la période 2023-2025, 6 orientations nationales de DPC (n°208 à 213) pour les anesthésistes-réanimateurs :
- 208 - Optimisation péri-opératoire des parcours patients
- 209 - Prise en charge du patient âgé en périopératoire d’une chirurgie majeure
- 210 - Complications à moyen et long terme de la réanimation
- 211 - Gestion des suppléances d’organes (Coeur, poumons et reins)
- 212 - Spécificités des prises en charge en anesthésie pédiatrique
- 213 - Prise en charge anesthésique et réanimatoire de l’hémorragie du post-partum
Certaines orientations concernent les anesthésites, entre autres spécialités :
- 17. Repérage et prise en charge des troubles nutritionnels (pages 71 à 75)
- 29. Prise en charge du « blessé de guerre » par le service de santé des armées (SSA) (pages 114 à 116)
- 30. Prise en charge des patients présentant des symptômes prolongés suite à une COVID 19 (pages 117 à 119)
- 37. Intégration d’une démarche de décision médicale partagée (pages 139 à 143)
- 45. Intégration des recommandations dans la pratique médicale (pages 162 à 178)
Par ailleurs, les orientations 1 à 15 concernent toutes les professions médicales.
Orientation prioritaire n°208 - Optimisation péri-opératoire des parcours patients
Un parcours patients va de la décision d'une intervention à un mois après. Différents modes sont apparus pour l'optimiser, notamment la chirurgie ambulatoire (CA) et la réhabilitation améliorée en chirurgie (RAC). En France, elles sont encore trop peu utilisées.
Fiche de cadrage (2 pages : n°209 et 210)
Objectifs de la formation :
- Améliorer le recours à la RAC ;
- Développer une approche soins opératoires ;
- Augmenter le nombre de chirurgies ambulatoire.
Éléments de programme :
- L'optimisation du parcours patients ;
- Les soins périopératoires ;
- Le repérage les patients fragiles : scores et critères d'éligibilité à l'ambulatoire ;
- L'anesthésie et l'analgésie des patients en ambulmatoire ;
- Suivi au domicile
- Complications
Orientation prioritaire n°209 - Prise en charge du patient âgé en périopératoire d’une chirurgie majeure
Le vieillissement de la population augmente le nombre de prise en charge de patients âgés en chirurgie lourde. Cette dernière est source de perte d'autonomie et de dépendance et entraîne un taux de morbidité hospitalière élevé.
Fiche de cadrage (2 pages : n°211 et 212)
Objectifs de la formation :
- Améliorer la prise en charge des patients ;
- Réduire le taux de morbi-mortalité ;
- Améliorer la qualité de vie et l'autonomie des personnes âgées.
Éléments de programme :
- L'évaluation préopératoire avec scores de fragilité et de vulnérabilité ;
- La préhabilitation ;
- La gestion périopératoire des comorbidités ;
- L'adaptation des techniques anesthésiques et analgésiques ;
- La gestion peropératoire ;
- La prévention postopératoire ;
- La prise en charge des soins critiques (réanimation et soins intensifs) ;
- Le travail en collaboration avec d'autres spécialités médicales et chirurgicales.
Orientation prioritaire n°210 - Complications à moyen et long terme de la réanimation
Les progrès de la prise en charge en soins critiques ont permis une amélioration de la survie, mais une augmentation des handicaps fonctionnels chez les survivants : les « Post-Intensive Care Syndrome » (PICS). Des recommandations internationales ont été publiées en 2020
Fiche de cadrage (2 pages : n°213 et 214)
Objectif de la formation :
- Améliorer la prise en charge des conséquences d'un séjour en soins critiques.
Éléments de programme :
- Le PICS et ses composantes au niveau fonctionnel, neurologique et psychiatrique ;
- Diagnostic et évaluation du PICS ;
- Conséquences du PICS au niveau individuel, sociétal, médical et médico-économique ;
- Prise en charge du PICS ;
- Prise en charge post-hospitalisation : soins de réadaptation post-réanimation (SRPR) et rôle des médecins anesthésistes réanimateurs dans la prise en charge multidisciplinaire ;
- Prise en charge préventive en soins critiques
Orientation prioritaire n°211 - Gestion des suppléances d’organes (Coeur, poumons et reins)
En soins critiques, face à la défaillance aigüe d'organes, le recours à des méthodes de suppléance est possible. Savoir gérer des suppléances d’organes notamment cardiaque, respiratoire et rénale en Anesthésie Réanimation Médecine Péri-Opératoire (ARMPO) est nécessaire. Des référentiels et des recommandations existent et ont amélioré la qualité de la prise en charge des patients.
Fiche de cadrage (2 pages : n°215 et 216)
Objectifs de la formation :
- S'adapter à la typologie des patients présentant une ou plusieurs défaillances cardiaque, respiratoire et rénale dans le cadre de l’ARMPO
- Intégrer l'évolution des techniques de suppléance
Éléments de programme :
- La défaillance et la suppléance cardio-vasculaire : méthode d'évaluation, techniques de suppléance hémodynamiques, devenir du patient ;
- La défaillance et la suppléance respiratoire ;
- La défaillance et la suppléance rénale ;
- La défaillance multi-organes.
Orientation prioritaire n°212 - Spécificités des prises en charge en anesthésie pédiatrique
L'anesthésie de l'enfant (du nouveau-né à l'adolescent) implique de prendre en compte de nombreux facteurs liés à la croissance et au développement. L'amélioration de la gestion des situations critiques doit tenir compte des facteurs humains.
Fiche de cadrage (2 pages : n°217 et 218)
Objectif de la formation :
- Améliorer les soins et la sécurité des enfants au bloc opératoire ;
- Améliorer le parcours chirurgical des enfants.
Éléments de programme :
- L'évaluation préopératoire : scores d'anxiété, préparation de la famille ;
- La gestion de la douleur : antalgiques, analgésie loco-régionale ;
- La prévention et prise en charge per et post opératoire ;
- La gestion de l'anesthésie et monitorage pour un enfant ;
- L'adaptation des techniques anesthésiques et analgésiques au contexte clinique ;
- Spécificités pédiatriques des critères de transferts en soins critiques (réanimation et soins intensifs).
Orientation prioritaire n°213 - Prise en charge anesthésique et réanimatoire de l’hémorragie du post-partum
L'hémorragie du post partum complique 10 % des accouchements et est une cause importante de mortalité maternelle. Or, elle est rarement prévisible. Un retard de prise en charge est une perte de chance importante (90 % des décès sont jugés possiblement évitables).
Fiche de cadrage (2 pages : n°219 et 220)
Objectifs de la formation :
- Améliorer la prise en charge de l'hémorragie post-partum en accord avec les données récentes et les référentiels
Éléments de programme :
- Le diagnostic d'une hémorragie post partum ;
- L'évaluation de sa gravité selon des critères cliniques et biologiques ;
- La mise en condition de la patiente ;
- La réanimation ;
- Les examens complémentaires ;
- L'indication des produits sanguins labiles et dérivés du sang ;
- Information de la patiente et de son conjoint.
Les actions de DPC pour l’anesthésiste-réanimateur
En 2024, le médecin anesthésiste-réanimateur a le choix parmi des centaines de formations de DPC agréées. La liste officielle de ces formations est consultable sur le site de l’ANDPC. À ce jour, 318 actions de formations sont disponibles pour les anesthésistes réanimateurs.
Ces formations sont proposées sous différents formats : formation classique en présentiel, formation en e-learning ou en format mixte.
De plus ou moins longue durée, elles sont dispensées par des associations, des organismes privés de formation professionnelle continue, des universités, lors de congrès de sociétés savantes ou de fédérations de professionnels de la discipline.

Le financement d’une formation DPC pour anesthésiste-réanimateur
Les prix des formations de DPC varient de 200 € à plus de 3 000 €. Ils dépendent de l’organisme formateur, de la durée et du mode de suivi des enseignements (en présentiel, classe virtuelle ou format mixte).
Pour les formations suivies en présentiel, des frais supplémentaires de déplacement, de restauration et de logement sont également à prévoir. L’absence temporaire de revenus doit aussi être prise en considération.
Le forfait de DPC anesthésiste-réanimateur
Les médecins anesthésistes-réanimateurs sont éligibles à la prise en charge financière des actions de DPC. Cette prise en charge octroyée par l’agence nationale de DPC (ANDPC) se fait sous la forme de forfaits annuels dont les règles et les modalités d’attribution sont les suivantes :
- Le nombre d’heures prises en charge est de 21 par an
- L’indemnisation concerne les praticiens libéraux conventionnés ou les salariés exerçant en centre de santé conventionné
- Le forfait comprend une indemnisation versée directement au praticien pour perte de revenus et des frais pédagogiques versés à l’organisme formateur
- Les montants attribués et leur répartition se font en fonction du format et de la durée de l’action suivie
- Les formations doivent être suivies dans leur intégralité
- Chaque médecin anesthésiste peut également bénéficier de 21 h de prise en charge en hors quota pour participer à des actions de maîtrise de stage universitaire.
Bon à savoir : les actions de moins de 3 heures consécutives ne sont pas indemnisées. Celles suivies les dimanches et les jours fériés ne donnent pas droit à une indemnisation pour perte de revenus.
Les autres aides financières
Lorsque le forfait annuel de DPC est épuisé ou que la formation suivie n’entre pas dans le cadre d’une prise en charge par l’ANDPC, d’autres solutions existent :
- Le Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux (FIFPL) ;
- Le Compte Personnel de Formation (CPF) ;
- Les Opérateurs de Compétences (OPCO Santé) dans le secteur privé ;
- L’Association Nationale pour la Formation permanente du personnel Hospitalier (ANFH) ;
Le financement personnel qui permet ensuite de bénéficier d’une déduction, sur la déclaration des impôts, de tous les frais engagés pour suivre une formation professionnelle (frais pédagogiques - jusqu’à 40 h de formation/an au taux horaire du smic en cours - et frais annexes de transport, d’hébergement, de restauration…).
Les groupes et entraide pour anesthésiste
Il existe de nombreuses sociétés savantes et associations pour représenter la profession d'anesthésiste et les intérêts de cette spécialité médicale.
Les associations
SFAR - Société française d'anesthésie et de réanimation
La SFAR a pour but l’étude, l’avancement et l’enseignement de l’anesthésie et de la réanimation.
- Coordonnées : 74 rue Raynouard - 75016 Paris
- Téléphone : 01 45 25 82 25
- Site : https://sfar.org/
SNARF - Syndicat national des anesthésistes-réanimateurs de France
Le SNARF est un syndicat professionnel. Il a pour but de défendre les revendications de tous les anesthésistes et de les représenter auprès des organismes de tutelle.
- Coordonnées : 185 rue Saint-Maur - 75010 Paris
- Tél : 01 44 52 55 55
- Site : https://snarf.org/
CNEAR - Collège National des Enseignants d'Anesthésie et de Réanimation
Le CNEAR réunit tous les professionnels en rapport avec l'enseignement et la recherche en anesthésie, en réanimation et en médecine péri-opératoire. Il publie un référentiel pour les ECN, des contenus pédagogiques et représente la profession auprès des pouvoirs publics. Le CNEAR œuvre pour l'organisation, l'évaluation et la reconnaissance de l'enseignement de l'anesthésie réanimation.
- Coordonnées : 74 rue Raynouard - 75016 Paris
- Site : https://www.cnear.fr/
Les groupes d'aide
SOS Anesthésie Réanimation
Groupe de soutien sur Facebook destiné au partage d'expériences quotidiennes.
ANEIA - Association Nationale des Étudiants Infirmiers Anesthésistes
Groupe de partage d'information Facebook entre étudiants infirmiers anesthésistes
