Parmi les médecins spécialistes, le cardiologue est en charge des troubles du cœur et du système cardio-vasculaire.
L'allongement de la durée de vie offre des débouchés importants à la spécialité de cardiologie. Il faut soigner des patients de plus en plus âgés dont les pathologies potentielles sont souvent liées au système cardio-vasculaire.
De plus, la profession est représentée par des praticiens ayant une moyenne d'âge assez élevée qui préfigure de nombreux départs en retraite.
- Quelles sont les missions quotidiennes d'un spécialiste en cardiologie ?
- Quelle est la formation pour être cardiologue ?
- Quel est son salaire ?
- Dans quel environnement exerce-t-il ?
Ce dossier complet vous permet de tout savoir sur ce métier de cardiologue.
Sommaire
- Le métier de cardiologue en France
- Les missions du cardiologue
- Combien d'années d'études pour devenir cardiologue
- Le DES de médecine cardio-vasculaire
- Le salaire d'un cardiologue en 2026
- Les lieux d'exercice du cardiologue
- Les sur-spécialités accessibles
- Démographie et installation
- L'AFGSU 2 obligatoire
- La formation continue (DPC) en 2026
- Reconversion vers la cardiologie
- Questions fréquentes
Le métier de cardiologue en France
Le cardiologue est le médecin spécialiste du cœur et du système cardio-vasculaire. Sa pratique englobe le diagnostic, le traitement médicamenteux et instrumental, le suivi au long cours et la prévention des récidives. Le diplôme officiel pour exercer est le DES de médecine cardio-vasculaire, dont l'intitulé a été fixé par l'arrêté du 21 avril 2017. Cet intitulé a remplacé l'ancien DES de cardiologie et maladies cardiovasculaires.
Les pathologies prises en charge
Le champ d'action de la spécialité est large et couvre la majorité des troubles cardiaques et vasculaires de l'adulte. Voici les huit grandes familles de pathologies traitées par le cardiologue au quotidien :
Trois profils de cardiologue
Au sein de la spécialité, plusieurs profils d'exercice cohabitent. Le DES initial est commun à tous, puis chacun choisit selon son projet professionnel un mode d'exercice plus ou moins technique.
Consultations en cabinet de ville ou à l'hôpital, ECG, échocardiographies, holter, épreuves d'effort. Suivi des patients chroniques et coordination avec le médecin traitant.
Coronarographies et angioplasties en salle de cathétérisme, pose de stents, valvuloplasties percutanées. Astreinte 24h pour les syndromes coronariens aigus.
Plusieurs heures par jour en salle d'électrophysiologie pour des ablations de troubles du rythme, des poses de pacemakers ou de défibrillateurs implantables.
Quel que soit le profil, l'exercice à l'hôpital implique souvent des gardes en USIC (unité de soins intensifs cardiologiques) pour la prise en charge continue des urgences vitales : infarctus du myocarde, choc cardiogénique, troubles du rythme malins, œdèmes aigus du poumon.
Les qualités attendues
Au-delà du socle scientifique, plusieurs qualités personnelles sont déterminantes pour exercer la cardiologie. La spécialité laisse peu de marge d'erreur : un retard diagnostique sur un infarctus ou un trouble du rythme grave peut compromettre le pronostic vital.
C'est précisément en raison de ces enjeux vitaux que la formation aux gestes d'urgence (AFGSU 2) est rendue obligatoire pour tous les médecins par la réglementation.
Une spécialité reconnue depuis 1957
L'étude du cœur remonte à l'Antiquité, mais la cardiologie moderne s'est construite par étapes successives. La spécialité française a connu plusieurs jalons institutionnels avant la structuration actuelle du DES.
- 1628Description de la circulation sanguine par William Harvey
- 1733Première mesure de la pression artérielle par Stephen Hales
- 1903Mise au point de l'électrocardiogramme par Willem Einthoven (prix Nobel 1924)
- 1957Reconnaissance de la cardiologie comme spécialité médicale autonome en France
- 1968Première transplantation cardiaque française par le Pr Christian Cabrol à la Pitié-Salpêtrière
- 2017Adoption du nouvel intitulé « DES de médecine cardio-vasculaire » par l'arrêté du 21 avril 2017
- 2022Réforme des options interventionnelles du DES par l'arrêté du 3 mars 2022
Les missions du cardiologue
L'activité du cardiologue se structure autour de cinq grandes catégories d'activités qui couvrent l'intégralité du parcours patient, du dépistage à la coordination des soins. Ces missions s'articulent différemment selon le mode d'exercice mais le socle reste identique.
- Recueille les antécédents familiaux et les facteurs de risque cardio-vasculaire (tabac, hypertension, diabète, hypercholestérolémie, sédentarité)
- Recherche les symptômes : douleur thoracique, dyspnée d'effort, palpitations, syncope, œdèmes des membres inférieurs
- Réalise l'examen clinique : auscultation cardiaque et pulmonaire, prise de tension aux deux bras, palpation des pouls périphériques
- Prescrit et interprète les examens complémentaires (ECG, échocardiographie, holter, épreuve d'effort, IRM cardiaque)
- Pose un diagnostic et stratifie le risque cardio-vasculaire global du patient
- Prescrit les traitements selon les recommandations de la Haute Autorité de Santé et de l'European Society of Cardiology
- Adapte la posologie en fonction de la tolérance, des effets secondaires et de l'évolution clinique
- Réalise les actes interventionnels selon la sur-spécialité (coronarographie, angioplastie, ablation, pose de pacemaker)
- Oriente vers un chirurgien thoracique et cardiovasculaire en cas d'indication opératoire
- Assure le suivi post-opératoire et la réadaptation cardio-vasculaire
- Informe le patient sur sa pathologie, ses traitements et les signes d'aggravation
- Conseille sur l'alimentation méditerranéenne, l'activité physique adaptée, le sevrage tabagique
- Coordonne l'éducation thérapeutique avec les infirmières spécialisées en insuffisance cardiaque
- Participe au dépistage des dyslipidémies familiales et des cardiopathies héréditaires
- Collabore au quotidien avec le médecin traitant qui assure le suivi de premier recours
- Échange avec d'autres spécialistes (diabétologue, néphrologue, gériatre, médecin vasculaire)
- Rédige des comptes rendus de consultation alimentant le dossier médical partagé
- Participe à des réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) pour les cas complexes
- Suit l'actualisation des recommandations européennes (gliflozines, anticorps monoclonaux, nouveaux anticoagulants)
- Remplit son obligation triennale de développement professionnel continu (DPC)
- Participe aux Journées européennes de la Société française de cardiologie (JESFC) et au congrès annuel de l'ESC
- S'investit dans la recherche clinique pour les cardiologues hospitaliers et hospitalo-universitaires
Pour bien interpréter les tracés ECG en début d'exercice, beaucoup de jeunes praticiens s'appuient sur une formation ECG complémentaire. C'est l'examen le plus fréquemment réalisé en cardiologie et sa lecture conditionne de nombreuses décisions thérapeutiques.
Combien d'années d'études pour devenir cardiologue
Devenir cardiologue demande 10 à 12 années d'études après le baccalauréat. Le cursus combine 6 ans d'externat (premier et deuxième cycles) puis 5 ou 6 ans d'internat avec le DES de médecine cardio-vasculaire. La durée varie selon le choix d'une option de sur-spécialisation pendant la phase de consolidation.
L'externat (6 ans après le bac)
Comment devenir cardiologue après le bac ? L'inscription se fait sur Parcoursup à l'une des deux voies d'accès aux études médicales mises en place par la réforme de 2020. La sélection est rude : sur plusieurs milliers de candidats inscrits, seul un quart environ accède au deuxième cycle.
- PASS ou LAS (1 an) Le PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) propose une année dédiée aux études de santé avec une mineure dans une autre discipline. La LAS (Licence Accès Santé) inverse la logique : licence universitaire dans une discipline non médicale avec une mineure santé. Les deux voies débouchent sur le concours d'entrée en deuxième année.
- DFGSM (2 ans) Le Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales correspond aux deuxième et troisième années. Formation théorique de base : anatomie, physiologie, sémiologie, premières notions cliniques. Équivalent d'une licence santé dans le système LMD.
- DFASM (3 ans + EDN/ECOS) Le Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales couvre les quatrième, cinquième et sixième années. Pathologies cliniques complètes, stages hospitaliers en service. Validation par les Épreuves Dématérialisées Nationales (EDN) et les Examens Cliniques Objectifs Structurés (ECOS) en fin de sixième année.
Une voie alternative existe via l'École de santé des armées (ESA) à Bron, qui recrute des futurs médecins militaires dès l'obtention du baccalauréat sur concours sélectif. L'engagement de service public est de plusieurs années après l'obtention du diplôme.
L'accès à l'internat depuis la réforme R2C
Depuis 2023, la réforme du deuxième cycle des études médicales (R2C) a remplacé les anciennes ECN par un dispositif à trois étages, plus complet que le simple classement écrit national. La cardiologie figure parmi les spécialités les plus demandées chaque année avec des rangs limites élevés.
| Épreuve | Pondération | Modalité |
|---|---|---|
| EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales) | 60 % | Évaluation des connaissances théoriques en 6e année |
| ECOS (Examens Cliniques Objectifs Structurés) | 30 % | Épreuves de simulation clinique avec patients standardisés |
| Parcours universitaire | 10 % | Engagement, recherche, mobilité internationale, double cursus |
L'affectation se fait ensuite par un algorithme de matching entre les vœux exprimés par les étudiants et leur classement dans 13 groupes de spécialités. Pour creuser le sujet du parcours hospitalier, consultez notre fiche détaillée sur l'interne en médecine.
Le DFASM est sanctionné par la rédaction d'un mémoire de fin de deuxième cycle. Sa validation, conjointe avec celle des EDN et ECOS, conditionne l'accès au troisième cycle (internat) et donc au DES de médecine cardio-vasculaire.
Le DES de médecine cardio-vasculaire
La maquette du DES est annexée à l'arrêté du 21 avril 2017 relatif aux maquettes du troisième cycle des études de médecine, modifié par l'arrêté du 3 mars 2022. Le cursus se structure en trois phases progressives, de la formation théorique aux responsabilités d'un docteur junior. Pendant les deux premières phases, l'interne doit valider au moins 4 semestres en lieu de stage universitaire (CHU) et au moins 2 semestres en hôpital périphérique.
L'interne pose les bases du raisonnement cardiologique et apprend à interpréter un électrocardiogramme. Il commence à pratiquer l'échocardiographie et le doppler vasculaire. La maquette officielle prévoit deux stages obligatoires :
- Un stage de 6 mois en médecine cardio-vasculaire
- Un stage de 6 mois en médecine vasculaire
- Premières gardes encadrées (souvent aux urgences générales)
L'interne acquiert l'ensemble des connaissances et compétences de la spécialité. Six semestres répartis selon la maquette officielle :
- 2 stages en médecine cardio-vasculaire (hospitalisation conventionnelle)
- 1 stage en USIC (unité de soins intensifs cardiologiques) de 6 mois
- 1 stage en explorations cardio-vasculaires de 6 mois (échocardiographie, épreuve d'effort, holter)
- 1 stage en médecine intensive-réanimation
- 1 stage libre en endocrinologie-diabétologie, médecine interne, pédiatrie, neuro-vasculaire, pneumologie, néphrologie, chirurgie cardiothoracique ou réadaptation cardio-vasculaire
Les gardes se font généralement en USIC pendant cette phase. La soutenance de thèse d'exercice doit intervenir avant l'entrée en phase de consolidation.
L'interne acquiert le statut de docteur junior et exerce en autonomie supervisée. Cette phase ressemble à un assistanat encadré et permet une transition progressive vers l'exercice autonome. Trois options officielles prolongent la formation d'un an pour les internes qui souhaitent se sur-spécialiser. Sur la phase de consolidation, au moins 50 % des stages doivent être réalisés en CHU.
Les options du DES
Trois options officielles sont accessibles en phase de consolidation. Le choix s'effectue au vu du projet professionnel et de l'offre de formation locale. Les options interventionnelles (cardiologie interventionnelle, rythmologie) ajoutent une année à la maquette, l'option imagerie est incluse sans année supplémentaire.
Coronarographie, cathétérisme, angioplastie coronaire avec pose de stents, valvuloplastie. La formation se déroule dans un centre disposant d'une salle de cathétérisme.
Exploration électrophysiologique, ablation par radiofréquence ou cryothérapie, pose de pacemakers et de défibrillateurs implantables. Volume requis : au moins 200 explorations dont 100 ablations.
Échocardiographie transthoracique et transœsophagienne avancée, IRM cardiaque, scanner cardiaque, imageries nucléaires. Option intégrée à la maquette de consolidation.
Les ressources pour préparer le cursus
Le « Référentiel des Collèges Médecine cardiovasculaire : Réussir son DFASM » édité sous l'égide du Collège National des Enseignants de Cardiologie reste la référence pour les EDN. Plusieurs applications mobiles (calculateurs ECG, scores cliniques) accompagnent les externes et internes au quotidien. Le « Livret du néo-interne en Cardiologie » publié par le Collège des Cardiologues en Formation aide à choisir sa ville d'internat. Les Journées européennes de la Société française de cardiologie (JESFC), organisées chaque année en janvier, constituent l'événement incontournable pour suivre les nouveautés thérapeutiques et rencontrer les services qui recrutent.
Le salaire d'un cardiologue en 2026
La rémunération d'un cardiologue dépend principalement de son mode d'exercice : hôpital public, clinique privée, libéral ou exercice mixte. Les écarts peuvent dépasser le simple au double entre un cardiologue praticien hospitalier en début de carrière et un cardiologue interventionnel installé en clinique privée en secteur 2.
Salaire d'un cardiologue praticien hospitalier
À l'hôpital public, la rémunération suit la grille indiciaire des praticiens hospitaliers titulaires définie par l'arrêté du 8 juillet 2022 et actualisée par l'arrêté du 29 juin 2023. Cette grille comporte 13 échelons et est identique pour toutes les spécialités hospitalières (médecin, chirurgien, psychiatre, pharmacien).
| Échelon | Brut annuel | Brut mensuel | Net mensuel estimé |
|---|---|---|---|
| Échelon 1 (début de carrière) | 55 607,79 € | ≈ 4 634 € | ≈ 3 940 € |
| Échelon 4 | ≈ 70 100 € | ≈ 5 840 € | ≈ 4 970 € |
| Échelon 7 (après 12 ans) | ≈ 85 400 € | ≈ 7 120 € | ≈ 6 050 € |
| Échelon 13 (fin de carrière) | 112 416,56 € | ≈ 9 368 € | ≈ 7 960 € |
Le passage du brut au net pour un PH titulaire correspond à une déduction d'environ 15 % de cotisations sociales (CSG, CRDS, IRCANTEC) avant l'impôt sur le revenu. Selon l'étude DREES sur les salaires dans la fonction publique hospitalière, le salaire net moyen des personnels médicaux à l'hôpital s'établit autour de 6 501 € net par mois (toutes spécialités confondues, gardes et primes incluses).
Les primes et indemnités complémentaires
La grille de base est complétée par plusieurs primes qui peuvent représenter 30 à 40 % de la rémunération totale dans les services à fortes gardes :
- Indemnité de garde de nuit : environ 422 € brut par garde standard pour un PH
- IESPE (Indemnité d'Engagement de Service Public Exclusif) : 1 010 € brut/mois pour un PH temps plein qui s'engage à ne pas exercer d'activité libérale
- Prime d'exercice territorial : 250 à 1 000 € brut/mois selon le nombre de demi-journées effectuées hors du site principal
- Temps de travail additionnel (TTA) : rémunération supplémentaire pour les heures dépassant les obligations de service
L'écart entre les 10 % les plus et les moins payés
Selon les données DREES, les 10 % de personnels médicaux les moins bien rémunérés à l'hôpital perçoivent moins de 3 369 € net par mois en équivalent temps plein, tandis que les 10 % les mieux payés gagnent plus de 9 633 € net mensuel. Les disparités s'expliquent principalement par l'ancienneté, le nombre de gardes effectuées et les responsabilités exercées (chef de service, PU-PH).
Salaire d'un cardiologue libéral
En libéral, le revenu provient des actes facturés selon la nomenclature CCAM : consultation spécialisée, échocardiographie, épreuve d'effort, holter, coronarographie. Le mode de conventionnement détermine les tarifs autorisés et la marge possible sur les honoraires.
Comparaison secteur 1 et secteur 2
Le cardiologue facture aux tarifs fixés par la convention médicale et la CNAM. Il bénéficie en contrepartie de la prise en charge d'une partie de ses cotisations sociales par l'Assurance maladie.
Revenu brut moyen entre 8 500 et 9 000 € brut mensuel selon le volume d'activité et la zone géographique.
Le cardiologue fixe ses honoraires librement, avec tact et mesure. L'OPTAM (option pratique tarifaire maîtrisée) plafonne les dépassements en échange d'une prise en charge partielle des cotisations sociales.
Revenus dépassant fréquemment ceux du secteur 1 de 20 à 40 %, en particulier pour les sur-spécialités à plateau technique.
Du brut au net : charges et fiscalité du libéral
Pour un cardiologue libéral, le passage du chiffre d'affaires brut au revenu net implique de déduire les charges professionnelles puis les cotisations sociales et l'impôt sur le revenu. Le revenu disponible représente en pratique 55 à 70 % du chiffre d'affaires selon le statut juridique choisi.
- Charges professionnelles : loyer du cabinet, secrétariat, RCP, comptabilité, équipement, leasing de l'échographe
- Cotisations sociales : URSSAF, CARMF (retraite), formation continue (FAF-PM)
- Fiscalité : impôt sur le revenu en BNC ou impôt sur les sociétés en SELARL selon la structure choisie
Les chiffres présentés sont des moyennes brutes annoncées par les syndicats professionnels et les sources publiques. Le revenu net réel dépend du régime social, des charges professionnelles et de la fiscalité applicable. Un échange avec un expert-comptable spécialisé en professions libérales médicales est recommandé avant toute installation.
Les lieux d'exercice du cardiologue
Quatre environnements d'exercice cohabitent en cardiologie : l'hôpital public, la clinique privée, le cabinet libéral et l'activité mixte. Le choix du lieu d'exercice impacte directement la rémunération, le rythme de travail, le type d'actes réalisés et la nature de la patientèle.
Les centres hospitaliers (CH) et les centres hospitalo-universitaires (CHU) emploient les 1 359 PH en cardiologie selon les données CNG-SIGMED (1 188 temps plein + 171 temps partiel au 1er janvier 2022).
- Plateau technique complet (USIC, salles de cathétérisme, IRM cardiaque)
- Activité de garde et permanence des soins
- Possibilité d'évolution vers la fonction de PU-PH (158 hospitalo-universitaires en activité)
- Prise en charge des urgences vitales et des cas complexes
Les cliniques privées MCO accueillent une part importante de l'activité interventionnelle en France. Selon le Collège National des Cardiologues des Hôpitaux, environ 47 % des séjours de cardiologie sont pris en charge en hôpital public, le reste se répartit entre cliniques privées et ESPIC.
- Honoraires libres ou conventionnés selon le secteur
- Plateaux techniques modernes (TAVI, ablations complexes)
- Forte proportion de cardiologues interventionnels
- Activité programmée majoritaire avec moins de gardes que le public
L'exercice en cabinet de ville reste le mode dominant : 44,9 % des cardiologues exercent en libéral exclusif selon le CNG. La consultation cardiologique se complète d'examens techniques réalisés sur place.
- Échocardiographie, ECG d'effort, holter ECG ou tensionnel
- Suivi régulier d'une patientèle stable
- Liberté d'organisation et de prise en charge
- Investissement de départ pour le matériel (échographe à partir de 30 000 €)
Près d'un quart des cardiologues (24,9 %) combinent exercice libéral et activité salariée. Cette formule permet de cumuler la sécurité du salariat hospitalier avec la souplesse du libéral.
- Vacations hospitalières quelques demi-journées par semaine
- Cabinet de ville le reste du temps
- Accès au plateau technique hospitalier pour certains actes
- Variation des sources de revenus et diversification de l'activité
Les sur-spécialités accessibles
Au-delà du tronc commun du DES de médecine cardio-vasculaire, plusieurs sur-spécialités sont accessibles. Elles s'acquièrent soit pendant la phase de consolidation via les options officielles, soit après le DES via des formations universitaires complémentaires (DU, DIU, FST).
Les options interventionnelles
Deux options officielles allongent la formation d'un an pendant la phase de consolidation. Elles donnent accès à des plateaux techniques spécialisés et à une activité dédiée. Le numerus clausus de ces filières limite le nombre d'internes admis chaque année.
Coronarographies, angioplasties avec pose de stents, valvuloplasties percutanées (TAVI, MitraClip). Activité concentrée en salle de cathétérisme avec une forte composante technique et une astreinte de 24h pour les syndromes coronariens aigus.
Ablations par radiofréquence ou cryothérapie, exploration électrophysiologique, pose de pacemakers conventionnels et de défibrillateurs automatiques implantables. Activité programmée majoritaire avec une part croissante de la rythmologie complexe.
Les voies non interventionnelles
D'autres sur-spécialisations s'acquièrent par des diplômes universitaires complémentaires ou par une option d'imagerie. Elles correspondent à des compétences pointues recherchées dans les CHU et les centres de référence.
Échocardiographie transthoracique et transœsophagienne avancée, IRM cardiaque, scanner cardiaque, imageries nucléaires. Compétence pointue pour le bilan des cardiomyopathies et des valvulopathies complexes.
Prise en charge des cardiopathies de la naissance à l'âge adulte. Accessible via une formation spécialisée transversale en cardiopathies congénitales. Exercice concentré dans les CHU et centres de référence labellisés.
Programmes de réadaptation après infarctus du myocarde, chirurgie cardiaque ou pour insuffisance cardiaque chronique. Activité en centre de soins de suite et de réadaptation ou en hôpital de jour.
Suivi des insuffisances cardiaques avancées, indication et suivi des assistances circulatoires mécaniques, transplantation cardiaque. Exercice concentré dans une vingtaine de centres français labellisés.
Démographie et installation des cardiologues
La démographie de la cardiologie française est marquée par un effectif stable mais une pyramide des âges vieillissante et une féminisation progressive. Plus du tiers des cardiologues sont concentrés dans trois régions : Île-de-France, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Auvergne-Rhône-Alpes.
Effectifs et modes d'exercice
Selon la monographie de la cardiologie publiée par le CNG en 2022 à partir des données RPPS DREES (1er janvier 2021), la France compte 7 410 cardiologues actifs, soit 3,3 % de l'ensemble des médecins et 5,8 % des spécialistes. La répartition par mode d'exercice est la suivante :
| Mode d'exercice | Effectif | Part |
|---|---|---|
| Libéraux exclusifs | 3 330 | 44,9 % |
| Salariés hospitaliers | 1 989 | 26,8 % |
| Exercice mixte | 1 843 | 24,9 % |
| Autres salariés | 248 | 3,3 % |
Selon les données CNG-SIGMED, le sous-ensemble des praticiens hospitaliers en cardiologie au 1er janvier 2022 atteint 1 359 PH (1 188 temps plein et 171 temps partiel), avec en complément 158 hospitalo-universitaires recensés par CNG-SIGHU.
Féminisation progressive de la profession
Les femmes représentent 28,4 % des cardiologues actifs au 1er janvier 2021, une part en progression continue mais inférieure à la moyenne des spécialités médicales (43 % toutes spécialités confondues). La féminisation est plus marquée chez les jeunes praticiens et les hospitaliers que chez les libéraux installés.
Une densité fortement inégale selon les régions
La densité moyenne nationale des cardiologues s'établit à 11,01 cardiologues pour 100 000 habitants. Trois régions se situent au-dessus de la moyenne, tandis que les territoires d'outre-mer accusent un déficit marqué.
Le constat est encore plus marqué pour les seuls praticiens hospitaliers : la Guadeloupe et la Bourgogne-Franche-Comté affichent les densités les plus élevées (2,8 et 2,6 PH pour 100 000 habitants), tandis que la Guyane (0,3) et la Martinique (0,9) sont les plus déficitaires.
Selon le bilan annuel publié par le Conseil National de l'Ordre des Médecins, la cardiologie connaît une pyramide des âges défavorable : plus de 1 500 cardiologues ont plus de 65 ans, soit environ 300 départs en retraite par an à compenser. Les places ouvertes au DES progressent depuis 2020 mais la spécialité reste sous tension dans plusieurs régions.
Reconnaissance européenne du diplôme
Le DES de médecine cardio-vasculaire est reconnu dans tous les pays de l'Union européenne en application de la directive 2005/36/CE relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles. Un cardiologue diplômé en France peut exercer en Belgique, en Allemagne, en Espagne ou en Italie sans repasser de diplôme. L'inscription auprès de l'ordre médical local et la maîtrise de la langue restent obligatoires.
L'AFGSU 2 obligatoire pour le cardiologue
Tous les médecins (et donc les cardiologues) doivent justifier d'une Attestation de Formation aux Gestes et Soins d'Urgence de niveau 2 (AFGSU 2) à jour pour exercer. L'obligation est posée par l'arrêté du 30 décembre 2014 relatif à l'AFGSU, modifié par l'arrêté du 1er juillet 2019 et l'arrêté du 16 mars 2021.
L'attestation a une validité de 4 ans et nécessite un recyclage AFGSU 2 (MAC AFGSU 2) de 7 heures pour rester à jour.
Pourquoi l'AFGSU 2 est pertinente pour un cardiologue
La cardiologie est l'une des spécialités les plus exposées à l'urgence vitale. Une partie des compétences AFGSU 2 fait écho au quotidien du cardiologue, mais la formation apporte aussi des compétences complémentaires utiles hors plateau technique :
- Reconnaissance et prise en charge initiale d'un arrêt cardiorespiratoire en milieu non médicalisé
- Utilisation du défibrillateur automatisé externe (DAE) hors plateau technique
- Gestes face à une obstruction des voies aériennes par corps étranger, hémorragie externe, malaise
- Plan de mise en sûreté en cas de menace ou d'accident collectif (NRBC, attentat)
- Travail en équipe avec les SAMU et SDIS lors d'une intervention coordonnée
Contenu et durée de la formation AFGSU 2
Le programme officiel s'articule autour de trois modules réglementaires. Pour les médecins déjà en exercice, le format adapté est la mise à niveau (MAC) tous les 4 ans.
| Module | Contenu | Durée |
|---|---|---|
| Module 1 | Urgences vitales : arrêt cardiaque, obstruction des voies aériennes, hémorragies, défibrillation | 7 heures |
| Module 2 | Urgences potentielles : malaises, traumatismes, brûlures, accouchement inopiné | 7 heures |
| Module 3 | Risques collectifs : plan blanc, situations sanitaires exceptionnelles, NRBC | 7 heures |
| MAC AFGSU 2 | Mise à niveau quadriennale obligatoire pour conserver la validité | 7 heures |
La formation est dispensée par les CESU (Centres d'Enseignement des Soins d'Urgence) des CHU et par des organismes agréés par l'ANCESU. Pour compléter sa pratique du défibrillateur automatisé, des formations spécifiques sont proposées en complément du module 1 de l'AFGSU 2.
La formation continue (DPC) en 2026
Le développement professionnel continu (DPC) est une obligation triennale pour tous les médecins, dont les cardiologues. Il vise à maintenir et actualiser les connaissances, améliorer la qualité des soins et garantir la sécurité des patients. L'année 2026 est marquée par plusieurs évolutions importantes du dispositif.
Les nouveautés DPC 2026
Par arrêté du 23 juin 2025 publié au Journal officiel le 28 juin 2025, les orientations pluriannuelles prioritaires de DPC initialement définies pour la période 2023-2025 sont prorogées jusqu'au 31 décembre 2026. Les actions de formation déjà publiées restent valides et les organismes peuvent continuer à déposer de nouvelles actions sur ces mêmes orientations.
Le forfait DPC du médecin pour 2026 reste fixé à 21 heures par an de droit de tirage annuel, financé par l'Agence nationale du DPC (ANDPC) pour les libéraux conventionnés. Les budgets sont remis à zéro au 1er janvier 2026, offrant à chaque praticien une enveloppe annuelle complète.
Depuis 2026, les règles d'indemnisation pour la perte d'activité évoluent pour les formations à distance :
- Les formations continues 100 % en e-learning restent prises en charge sur le plan pédagogique mais ne génèrent plus d'indemnisation de perte d'activité
- Les actions d'évaluation des pratiques professionnelles (EPP) et de gestion des risques (GDR) à distance sont indemnisées à 50 % du tarif habituel, soit 22 €/h au lieu de 45 €/h
- Les formations en présentiel et les programmes intégrés mixtes restent indemnisés au tarif plein (45 €/h)
Les orientations prioritaires de DPC en cardiologie
Les orientations DPC spécifiques à la cardiologie, prorogées jusqu'au 31 décembre 2026, couvrent six grandes thématiques retenues comme prioritaires par les CNP de spécialité.
Les actions de DPC valides pour les cardiologues
Pour valider son obligation triennale, le cardiologue doit suivre des actions agréées par l'ANDPC, combinant au moins deux types d'actions différentes parmi :
- Actions cognitives (FC) : actualisation des connaissances scientifiques (congrès, e-learning, classe virtuelle)
- Évaluation des pratiques professionnelles (EPP) : audits cliniques, RCP, revues de morbi-mortalité, analyse réflexive
- Gestion des risques (GDR) : identification, évaluation et hiérarchisation des risques cliniques en cardiologie
L'inscription se fait directement sur le site monDPC pour les libéraux conventionnés. Les hospitaliers passent par leur établissement et l'ANFH pour le financement.
Reconversion vers la cardiologie
La reconversion vers la cardiologie depuis une autre spécialité médicale ou depuis l'étranger reste possible mais encadrée. Plusieurs voies d'accès existent selon le profil de candidat et le diplôme initial.
Les voies d'accès pour un médecin déjà diplômé
Les organisations professionnelles utiles
Plusieurs sociétés savantes et organisations professionnelles accompagnent les cardiologues tout au long de leur carrière. Elles produisent des recommandations, organisent des congrès et représentent la profession :
- Société française de cardiologie (SFC) : société savante de référence, organisateur des Journées européennes de la SFC en janvier
- Collège national des cardiologues des hôpitaux (CNCH) : représentation des cardiologues hospitaliers non universitaires
- Syndicat national des cardiologues : représentation syndicale des cardiologues libéraux et défense des intérêts professionnels
- European Society of Cardiology (ESC) : société savante européenne, productrice des recommandations internationales
- Conseil national de l'Ordre des médecins : autorité d'inscription et de déontologie pour tous les praticiens
Questions fréquentes
Combien d'années d'études pour devenir cardiologue après le bac ?
Le parcours dure 10 à 11 ans après le baccalauréat dans le cas standard. Il comprend 6 années d'externat (PASS ou LAS la première année, DFGSM les deux années suivantes, DFASM les trois dernières) puis 5 années d'internat avec le DES de médecine cardio-vasculaire. La durée passe à 12 ans pour ceux qui choisissent une option de cardiologie interventionnelle ou de rythmologie en phase de consolidation.
Quel est le salaire d'un cardiologue en 2026 ?
À l'hôpital public, un PH débutant perçoit environ 4 634 € brut mensuel à l'échelon 1 (55 607,79 € brut annuel selon la grille de l'arrêté du 8 juillet 2022). En fin de carrière, l'échelon 13 atteint 9 368 € brut mensuel hors primes. Le salaire net moyen des médecins hospitaliers s'établit autour de 6 501 € net mensuel selon la DREES, gardes et primes incluses. En libéral, les revenus oscillent entre 8 500 et 9 000 € brut mensuel en secteur 1, jusqu'à 12 000 à 15 000 € brut mensuel pour un cardiologue interventionnel installé en secteur 2.
Quelle est la différence entre cardiologue et cardiologue interventionnel ?
Tous les cardiologues partagent le même DES de médecine cardio-vasculaire. Le cardiologue clinicien assure consultations, échographies et suivi des patients chroniques. Le cardiologue interventionnel a suivi en plus une option d'un an pendant la phase de consolidation et réalise des actes invasifs (coronarographie, angioplastie, valvuloplastie percutanée). Le rythmologue a suivi l'option de rythmologie interventionnelle et pratique ablations et stimulations.
Combien gagne un cardiologue libéral par mois ?
Selon les données syndicales et les revenus déclarés à la CARMF, un cardiologue libéral gagne en moyenne 8 500 à 9 000 € brut mensuel en secteur 1, soit environ 100 000 à 110 000 € de bénéfice non commercial annuel après déduction des charges professionnelles. En secteur 2 ou avec une activité interventionnelle en clinique, les revenus peuvent dépasser 12 000 à 15 000 € brut mensuel selon le volume d'activité et la zone géographique.
L'AFGSU 2 est-elle obligatoire pour un cardiologue ?
Oui, l'AFGSU 2 est obligatoire pour tous les médecins, dont les cardiologues, en application du Code de la santé publique et des arrêtés ministériels successifs (arrêté du 30 décembre 2014 modifié par arrêtés du 1er juillet 2019 et du 16 mars 2021). Sa validité est de 4 ans. Un recyclage MAC AFGSU 2 de 7 heures est requis pour conserver l'attestation à jour. Sans AFGSU 2 valide, l'exercice peut être considéré comme non conforme par l'établissement employeur ou par l'Ordre.
Le DPC est-il obligatoire pour les cardiologues en 2026 ?
Oui. Tous les médecins, dont les cardiologues, sont soumis à une obligation triennale de DPC. Les orientations 2023-2025 ont été prorogées jusqu'au 31 décembre 2026 par arrêté du 23 juin 2025. Le forfait reste fixé à 21 heures par an avec une indemnité de 45 €/h en présentiel. Nouveauté 2026 : les formations 100 % e-learning ne donnent plus droit à indemnité de perte d'activité, et les EPP/GDR à distance sont indemnisés à 22 €/h.
La cardiologie est-elle une spécialité difficile à obtenir aux EDN/ECOS ?
Oui, la cardiologie figure parmi les spécialités les plus demandées chaque année. Les rangs limites au matching post-EDN/ECOS varient selon les villes mais la spécialité reste systématiquement en tête de classement aux côtés de la radiologie, de l'ophtalmologie et de la dermatologie. Pour maximiser ses chances, viser le top 5 % du classement national est conseillé, en complément d'un parcours universitaire valorisant.
Le diplôme français de cardiologue est-il reconnu à l'étranger ?
Oui, dans tous les pays de l'Union européenne, le DES de médecine cardio-vasculaire est reconnu en application de la directive 2005/36/CE relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles. L'inscription auprès de l'ordre médical local et la maîtrise de la langue restent requises. Hors UE, une procédure d'équivalence et de validation par les autorités locales est nécessaire (USA, Canada, Suisse, Royaume-Uni post-Brexit).
- Arrêté du 30 décembre 2014 relatif à l'AFGSU : cadre réglementaire de la formation aux gestes d'urgence pour les médecins
- Arrêté du 1er juillet 2019 modifiant l'arrêté AFGSU : ajustements sur les modalités de formation
- Guide parcours de soins de l'insuffisance cardiaque (HAS) : recommandations de prise en charge pluri-professionnelle
- Données de surveillance de l'insuffisance cardiaque (Santé publique France) : épidémiologie nationale actualisée
- Centre National de Gestion (CNG) : portail des praticiens hospitaliers et des hospitalo-universitaires
- Fédération des Spécialités Médicales : référentiels et parcours DPC par spécialité
Cette fiche métier repose sur les sources officielles disponibles à la date de mise à jour. Les barèmes de rémunération, les orientations DPC et les chiffres démographiques évoluent régulièrement. Si vous repérez une donnée à actualiser, contactez la rédaction.
