Les centres hospitaliers universitaires (CHU) portent depuis 1958 une triple mission : soigner, former et chercher. Issus des Ordonnances Debré, ils forment chaque année la quasi-totalité des médecins, pharmaciens, sages-femmes et soignants français. Ce guide actualisé recense les 32 CHU et CHRU de France et fait le point sur leurs missions, leur gouvernance, leur financement et les défis qu'ils traversent.
Sommaire
- Qu'est-ce qu'un CHU
- CHU, CHRU et CHR : les différences
- Les trois missions des CHU
- Histoire des CHU et Ordonnances Debré
- Les CHU en chiffres
- Liste des 32 CHU de France
- Le personnel hospitalo-universitaire
- La gouvernance d'un CHU
- AP-HP, AP-HM et HCL : les CHU à statut particulier
- Le financement spécifique des CHU
- Les défis financiers 2024-2026
- Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un CHU
L'acronyme CHU signifie centre hospitalier universitaire. Il désigne un établissement public de santé qui a signé une convention avec une université abritant une faculté de médecine, de pharmacie ou d'odontologie.
La définition juridique figure à l'article L. 6142-1 du Code de la santé publique : un CHU est un centre de soins où sont organisés les enseignements médical, pharmaceutique et post-universitaire ainsi que la recherche médicale et pharmaceutique. Cette double identité, hospitalière et universitaire, est ce qui distingue un CHU d'un hôpital classique.
Concrètement, un CHU se reconnaît à trois caractéristiques principales : il accueille les patients sur un plateau technique particulièrement complet, il forme les futurs professionnels de santé en lien avec une faculté, et il porte une activité de recherche clinique et fondamentale. La France compte 32 CHU, dont 29 en métropole et 3 en outre-mer.
Le dernier établissement transformé en CHRU est le CHR d'Orléans, qui a signé sa convention universitaire en 2022 avec l'université d'Orléans. Tous les autres CHU sont historiquement issus du décret d'application des Ordonnances Debré.
CHU, CHRU et CHR : les différences
Trois sigles proches sont souvent confondus dans le langage courant. La distinction est pourtant simple à retenir.
| Acronyme | Signification | Convention universitaire | Triple mission Debré |
|---|---|---|---|
| CHU | Centre hospitalier universitaire | Oui | Oui |
| CHRU | Centre hospitalier régional universitaire | Oui | Oui |
| CHR | Centre hospitalier régional | Non | Non (soins uniquement) |
CHU et CHRU : aucune différence sur le fond
Tout CHU est aussi un CHRU et inversement. Le terme CHRU précise simplement que l'établissement a une vocation régionale en plus de sa dimension universitaire. Les deux sigles désignent la même réalité juridique. La Conférence nationale des directeurs généraux de CHRU les regroupe tous sous une même appellation.
CHR sans convention universitaire : le cas Metz-Thionville
Un CHR sans convention universitaire reste un centre hospitalier régional, mais il ne porte ni la mission d'enseignement ni la mission de recherche. C'est le cas du CHR Metz-Thionville, seul CHR français non universitaire. Il assure des soins de niveau régional sans avoir le statut d'établissement hospitalo-universitaire au sens des Ordonnances Debré.
CHU et hôpital classique : ce qui change pour le patient
Du point de vue du patient, la différence se joue principalement sur trois plans.
| Critère | Hôpital classique (CH) | CHU |
|---|---|---|
| Type de soins | Soins courants et spécialisés | Soins courants, spécialisés et de recours pour pathologies rares |
| Plateau technique | Équipements standards | Équipements de pointe et imagerie de haut niveau |
| Recherche clinique | Limitée ou ponctuelle | Activité de recherche clinique majeure (essais cliniques) |
| Encadrement étudiants | Accueil de stagiaires | Lieu central de formation initiale médicale et paramédicale |
Les trois missions des CHU
Les CHU ont trois missions fondatrices, toutes héritées des Ordonnances Debré : les soins, l'enseignement et la recherche. C'est cette triple mission, indissociable, qui justifie leur statut particulier dans le système hospitalier français.
Les CHU prennent en charge l'ensemble du panel des pathologies, depuis les soins courants jusqu'aux pathologies les plus complexes. Ils sont les opérateurs de référence pour les maladies rares, grâce à des centres de référence labellisés par le ministère de la Santé. Leur plateau technique particulièrement développé leur permet d'assurer des activités dites « de recours » que les hôpitaux généraux ne peuvent pas réaliser.
Les CHU sont les lieux de stage centraux de la quasi-totalité des étudiants en santé : médecins, pharmaciens, dentistes, sages-femmes, infirmiers, aides-soignants, manipulateurs en radiologie, kinésithérapeutes. Selon la Conférence des directeurs généraux de CHRU, près de 173 000 jeunes sont formés chaque année par les CHU, les facultés et les instituts qui leur sont associés.
Les CHU portent la majeure partie de la recherche médicale française. Ils sont impliqués dans près de 90 % des publications scientifiques françaises et sont promoteurs de plus de 80 % des essais cliniques conduits dans les établissements de santé (chiffres Conférence des DG de CHRU, 2024). Cette activité couvre à la fois la recherche clinique, la recherche fondamentale et la recherche translationnelle.
Une mission complémentaire d'intérêt général
En plus de cette triple mission, les CHU assurent un rôle de planification régionale des soins en lien avec les ARS et participent à des missions d'intérêt général : services d'urgence, centres antipoisons, SAMU et SMUR, transplantation d'organes, plans de gestion de crise sanitaire. Selon les données DREES publiées en juillet 2025 (Études et Résultats n°1344), les hôpitaux publics français, dont les 32 CHU constituent les structures de référence, ont enregistré 21,3 millions de passages aux urgences en 2024, en hausse de 2,5 % par rapport à 2023.
Le rôle de recours pour les pathologies rares
Les CHU hébergent la majorité des centres de référence pour les maladies rares labellisés par le ministère de la Santé. Ces structures coordonnent le diagnostic et la prise en charge de pathologies pour lesquelles l'expertise est concentrée sur quelques sites. Elles accueillent aussi des patients adressés par d'autres établissements, dans une logique de gradation des soins.
Histoire des CHU et Ordonnances Debré
L'histoire des CHU s'écrit dans la continuité des grandes ordonnances de l'après-guerre, qui ont structuré l'accès aux soins en France.
Les ordonnances fondatrices de 1945
L'égalité d'accès aux soins pour tous les citoyens a été posée par deux textes fondateurs : l'ordonnance du 4 octobre 1945 qui crée la Sécurité sociale, et l'ordonnance du 19 octobre 1945 qui instaure le service public hospitalier. Ces deux textes constituent la base du système de santé moderne.
1958 : la naissance des CHU avec Robert Debré
C'est l'ordonnance n° 58-1373 du 30 décembre 1958, dite « Ordonnances Debré » et initiée par le professeur Robert Debré, qui crée officiellement les CHU et leur triple mission. L'article premier de l'ordonnance pose le principe :
« Dans les villes sièges de faculté de médecine, de facultés mixtes de médecine et de pharmacie, ou d'écoles nationales de médecine et de pharmacie, les facultés ou écoles et les centres hospitaliers organisent conjointement l'ensemble de leurs services en centres de soins, d'enseignement et de recherche, conformément aux dispositions de la présente ordonnance. Ces centres prennent le nom de centres hospitaliers et universitaires. »
Depuis cette réforme, l'immense majorité des médecins en exercice en France ont été formés dans un CHU. Le premier CHRU français est ouvert à Poitiers en 1961. La modernisation des hôpitaux suit, soutenue par des investissements massifs des décennies suivantes.
Les grandes étapes du financement et de la gouvernance
- 1983Abandon du financement « à la journée » au profit de la dotation globale annuelle. Chaque hôpital pilote son enveloppe budgétaire.
- 2004Mise en place progressive de la tarification à l'activité (T2A) dans le cadre de la LFSS. Objectif : valoriser l'activité réelle des établissements.
- 2009Loi HPST du 21 juillet 2009. Refonte de la gouvernance : directeur général, directoire, conseil de surveillance.
- 2016Loi de modernisation du système de santé. Création obligatoire des groupements hospitaliers de territoire (GHT). Près de 900 établissements regroupés en 136 GHT, dont les CHU sont souvent les établissements supports.
- 2020-2024Ségur de la santé : revalorisations salariales et plan d'investissement pour les hôpitaux publics.
- 2022Le CHR d'Orléans devient CHRU par convention avec l'université d'Orléans, portant le total à 32 CHU.
Les CHU en chiffres
Les CHU concentrent une part majeure de l'activité hospitalière publique française. Voici les chiffres clés actualisés à partir des données de la Conférence des directeurs généraux de CHRU.
Les CHU couvrent une part majeure de l'offre publique de soins et emploient la majorité des praticiens hospitalo-universitaires français. Pour des données détaillées par établissement, chaque CHU publie un rapport d'activité annuel. La fiche dédiée à chaque CHU sur lonasante.com renvoie vers les chiffres locaux du secteur public hospitalier.
Liste des 32 CHU de France
Voici la liste actualisée des 32 CHU et CHRU de France, organisée par région administrative. Cliquez sur chaque établissement pour accéder à sa fiche dédiée.
Auvergne-Rhône-Alpes (3)
Bourgogne-Franche-Comté (2)
Bretagne (2)
Centre-Val de Loire (2)
Grand Est (3)
Hauts-de-France (2)
Île-de-France (1)
Normandie (2)
Nouvelle-Aquitaine (3)
Occitanie (3)
Pays de la Loire (2)
Provence-Alpes-Côte d'Azur (2)
Outre-mer (3)
À part : CHR sans convention universitaire
Le CHR Metz-Thionville est mentionné à part car il n'a pas de convention universitaire. Il s'agit d'un centre hospitalier régional de référence, mais il ne porte ni la mission d'enseignement ni la mission de recherche au sens des Ordonnances Debré. Il n'entre donc pas dans le décompte des 32 CHU.
Le personnel hospitalo-universitaire
Les CHU ont une particularité unique en France : ils accueillent des praticiens à statut bi-employeur, qui exercent à la fois à l'hôpital et à la faculté de médecine. Ce personnel hospitalo-universitaire (HU) est nommé conjointement par les deux institutions et dépend d'une double tutelle ministérielle.
Tableau récapitulatif des cinq corps HU
| Acronyme | Intitulé complet | Statut | Position dans la carrière |
|---|---|---|---|
| PU-PH | Professeur des universités - praticien hospitalier | Titulaire | Grade le plus élevé du corps HU |
| MCU-PH | Maître de conférences des universités - praticien hospitalier | Titulaire | Niveau intermédiaire titulaire |
| PHU | Praticien hospitalier universitaire | Non titulaire (temporaire) | Voie d'accès aux corps titulaires |
| CCA | Chef de clinique des universités - assistant des hôpitaux | Non titulaire | Disciplines cliniques (post-internat) |
| AHU | Assistant hospitalier universitaire | Non titulaire | Disciplines biologiques, mixtes ou pharmaceutiques |
Les corps titulaires en détail
Professeur des universités-praticien hospitalier
Enseignant-chercheur titulaire qui exerce des activités de soins, d'enseignement et de recherche. Le grade le plus élevé du corps hospitalo-universitaire.
Maître de conférences-praticien hospitalier
Enseignant-chercheur titulaire de niveau intermédiaire, qui exerce les mêmes trois missions que le PU-PH avec une charge d'encadrement moindre.
Les corps non titulaires en détail
Praticien hospitalier universitaire
Statut temporaire, voie d'accès aux carrières hospitalo-universitaires. Le PHU exerce une activité mixte hôpital-faculté pour une durée limitée.
Chef de clinique-assistant des hôpitaux
Praticien non titulaire dans une discipline clinique. Le statut de CCA est généralement la première étape après l'internat pour ceux qui visent une carrière universitaire.
Assistant hospitalier universitaire
Équivalent du CCA pour les disciplines biologiques, mixtes ou pharmaceutiques. L'AHU contribue à la formation des étudiants et à la recherche.
Internes et externes en santé
Étudiants en formation : internes en médecine, en pharmacie, en odontologie, et étudiants externes en stage hospitalier. Cœur de la mission d'enseignement.
Une double tutelle ministérielle
Le personnel hospitalo-universitaire dépend simultanément de deux ministères. Le ministère de l'Enseignement supérieur gère le volet universitaire (carrière académique, enseignement, recherche). Le ministère de la Santé, via le Centre national de gestion (CNG), gère le volet hospitalier (carrière praticienne, rémunération hospitalière). Cette particularité explique le calendrier de carrière propre aux PU-PH et MCU-PH, distinct de celui des praticiens hospitaliers classiques.
La gouvernance d'un CHU
Depuis la loi HPST du 21 juillet 2009, la gouvernance d'un CHU repose sur une organisation tripartite. Trois acteurs principaux pilotent l'établissement, chacun avec son périmètre de responsabilité défini par le Code de la santé publique.
Tableau des trois acteurs clés
| Acteur | Mode de désignation | Durée du mandat | Périmètre principal |
|---|---|---|---|
| Directeur général | Décret en conseil des ministres | Sans terme fixe | Représentation légale, gestion, RH |
| Président de la CME | Élu par les médecins, internes, sages-femmes | 4 ans | Vice-président du directoire, projet médical |
| Doyen de la faculté | Élu par le conseil de faculté | 5 ans (renouvelable) | Formation initiale, politique universitaire |
Le directeur général : représentant légal de l'établissement
Le directeur général (DG) est le représentant légal du CHU. Il est responsable du bon fonctionnement des services, de la gestion du personnel et de la mise en œuvre du projet d'établissement. Contrairement à une idée répandue, le DG d'un CHU n'est pas nommé par le Président de la République : il est nommé par décret en conseil des ministres, sur proposition conjointe du ministre chargé de la Santé et du ministre chargé de l'Enseignement supérieur, conformément à l'article L. 6143-7 du Code de la santé publique.
Le CHU est placé sous la tutelle de l'Agence régionale de santé de sa région, qui assure le contrôle de l'État sur l'activité et le budget de l'établissement.
La Conférence nationale des directeurs généraux de CHRU (CNDG-CHRU) rassemble les DG de tous les CHU français. Réunie en assemblée générale le 5 mars 2026, elle a réélu Philippe El Saïr (DG du CHU de Nantes) à sa présidence pour un nouveau mandat de trois ans, et élu Cécile Jaglin-Grimonprez (DG du CHU d'Angers) à la vice-présidence.
Le président de la Commission Médicale d'Établissement (CME)
Le président de la CME est élu pour quatre ans par les médecins, internes et sages-femmes de l'établissement. Il est vice-président de droit du directoire et travaille en lien direct avec le DG. La CME donne son avis sur les orientations stratégiques, l'organisation interne et le projet médical.
Une Conférence des Présidents de CME de CHU existe au niveau national, sur le même modèle que celle des DG. Elle dialogue régulièrement avec la CNDG-CHRU et la Conférence des doyens.
Le doyen de la faculté de médecine
Le doyen pilote la dimension universitaire du CHU : formation initiale, programmes de stage, politique de recherche en lien avec l'université de rattachement. Les doyens sont eux aussi organisés en Conférence nationale des doyens des facultés de médecine, qui défend la qualité de la formation initiale et continue des médecins.
Le directoire et le conseil de surveillance
Selon l'article L. 6143-7-5 du Code de la santé publique, le directoire comporte 9 membres dans les CHU (contre 7 dans les autres établissements publics de santé), avec une majorité de professionnels médicaux, pharmaceutiques, maïeutiques ou odontologiques. Le DG le préside, le président de CME en est le vice-président. Le conseil de surveillance exerce un contrôle stratégique sur la gestion : il valide les orientations, approuve le compte financier et rend des avis sur le projet d'établissement.
AP-HP, AP-HM et HCL : les CHU à statut particulier
Sur les 32 CHU français, trois ont une organisation atypique car ils sont multi-sites. Ils regroupent plusieurs hôpitaux sous une direction unique et ont chacun une histoire propre antérieure aux Ordonnances Debré.
| Établissement | Hôpitaux | Professionnels | Rang en France |
|---|---|---|---|
| AP-HP (Paris) | 38 hôpitaux + 6 GHU | ~100 000 | 1ᵉʳ CHU (1ᵉʳ d'Europe) |
| HCL (Lyon) | 13 hôpitaux | ~24 000 | 2ᵉ CHU de France |
| AP-HM (Marseille) | 4 hôpitaux (Timone, Nord, Conception, Sud) | ~12 000 salariés + 2 000 médecins | 3ᵉ CHU de France |
Données issues des sites officiels AP-HP, HCL et AP-HM, mises à jour 2024.
L'AP-HP : Assistance Publique - Hôpitaux de Paris
Selon les chiffres officiels de l'AP-HP, l'établissement réunit 38 hôpitaux organisés en 6 groupes hospitalo-universitaires (GHU) autour des universités franciliennes. Premier employeur d'Île-de-France avec environ 100 000 professionnels, il accueille plus de 8 millions de patients par an. Parmi ses sites historiques figurent la Pitié-Salpêtrière, Bichat, Saint-Louis, Necker-Enfants malades, Henri-Mondor et Cochin.
Les HCL : Hospices Civils de Lyon
Créés le 18 janvier 1802, les Hospices Civils de Lyon regroupent 13 hôpitaux sur l'agglomération lyonnaise et un site dans le Var. Avec 24 000 professionnels (dont environ 5 000 médecins), ils constituent le 2ᵉ CHU de France par la taille. Parmi leurs sites principaux : Édouard Herriot, la Croix-Rousse, Lyon-Sud, l'hôpital Femme Mère Enfant et Louis Pradel.
L'AP-HM : Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille
Selon le site officiel de l'AP-HM, l'établissement compte 4 hôpitaux (Timone, Nord, Conception, Hôpitaux Sud) pour environ 3 400 lits. Il est le 3ᵉ CHU de France et le premier employeur de la région PACA, avec plus de 12 000 salariés et près de 2 000 médecins. Il est également l'établissement support du GHT « Hôpitaux de Provence ».
La Pitié-Salpêtrière est souvent citée comme « le plus grand CHU de France » par sa superficie. En réalité, il s'agit d'un site de l'AP-HP et non d'un CHU autonome. Le plus grand CHU au sens institutionnel est l'AP-HP, qui rassemble la Pitié-Salpêtrière et 37 autres hôpitaux franciliens.
Le financement spécifique des CHU
Le financement des CHU présente une particularité par rapport aux autres établissements publics de santé : il combine deux sources principales dans des proportions spécifiques.
Le mix 60 % dotations / 40 % tarifs
Selon les analyses de la Conférence des directeurs généraux de CHU, les CHU sont financés à 60 % par des dotations (MIGAC, MERRI, DAF) et à 40 % par les tarifs T2A facturés à l'Assurance maladie. Ce ratio est différent de celui des centres hospitaliers généraux, dont la part des tarifs est plus élevée.
| Source de financement | Part dans le budget CHU | Objet |
|---|---|---|
| Dotations (MIGAC, MERRI, DAF) | ~60 % | Missions d'intérêt général, enseignement, recherche, missions d'aide à la contractualisation, soins de longue durée |
| Tarifs T2A | ~40 % | Activités de médecine, chirurgie, obstétrique facturées à l'Assurance maladie selon des tarifs nationaux |
La MERRI : une enveloppe propre aux CHU
La dotation MERRI (Missions d'enseignement, de recherche, de référence et d'innovation) est une enveloppe spécifique aux CHU. Elle compense le surcoût lié aux missions hors soins : encadrement des internes, temps consacré à la recherche, fonctionnement des centres de référence, innovation. Cette dotation est le pendant financier de la triple mission Debré.
L'effet du mode de financement sur la crise actuelle
La structure 60/40 explique en partie la fragilité financière récente des CHU. La Conférence des directeurs généraux explique que le mode de financement spécifique des CHU « ne leur a pas permis de bénéficier de façon satisfaisante des mécanismes de compensation choisis par les pouvoirs publics » lors des hausses salariales du Ségur de la santé et de l'inflation 2022-2024.
Les défis financiers 2024-2026
Un sous-financement structurel pointé du doigt
Les CHU traversent depuis 2021 une période de tension budgétaire sans précédent depuis leur création. Plusieurs indicateurs convergent vers un sous-financement structurel que les communiqués successifs des trois Conférences (DG, doyens, présidents de CME) qualifient de critique.
Déficit cumulé multiplié par 5
Selon la Conférence des DG de CHU, le déficit cumulé des 32 CHU est passé de 200 millions d'euros en 2021 à 1 milliard d'euros en 2024, soit une multiplication par cinq en trois ans.
Sous-financement salaires et inflation
Les études techniques de la Conférence montrent que 90 % de cette dégradation s'explique par le sous-financement des mesures salariales (~500 M€) et par l'inflation (~435 M€).
Capacité d'autofinancement en chute
La capacité d'autofinancement, nécessaire aux investissements et à la modernisation, s'est fortement dégradée entre 2020 et 2024. Plusieurs CHU font face à des risques de tension de trésorerie.
Compensation CNRACL via PLFSS
La hausse de 4 points des cotisations retraite de la fonction publique hospitalière, soit environ 850 M€, a été compensée par le PLFSS 2025 sous forme d'aide à la contractualisation.
29 % des CHU à l'équilibre en 2024
Selon le rapport de mission de l'Inspection générale des finances (mai 2025), seuls 29 % des CHU et 21 % des CHG se maintiendraient à l'équilibre financier en 2024. Toutes les régions affichent désormais un déficit financier global.
Préoccupations PLFSS 2026
Dans son communiqué du 24 décembre 2025, la Conférence des DG de CHRU exprime ses préoccupations face aux annonces budgétaires pour 2026, dans un contexte tendu marqué par le sous-financement structurel.
Les rapports officiels à consulter
Plusieurs institutions publient régulièrement des analyses chiffrées sur la situation financière des CHU et de l'hôpital public. Ces documents, disponibles en téléchargement libre, permettent de creuser les données présentées ici.
La situation financière des hôpitaux publics après la crise sanitaire
Cour des comptes - Rapport public thématique - Octobre 2023
Analyse approfondie de la dégradation financière des hôpitaux publics depuis 2020 (pertes récurrentes, vétusté, surendettement de 30 Md€). Inclut un focus spécifique sur l'AP-HP et les CHU.
Télécharger le rapport (PDF) →La situation économique et financière des hôpitaux publics
DREES - Édition 2024 - Fiche thématique 27
Statistiques officielles du ministère de la Santé sur le résultat comptable, la capacité d'autofinancement et la dette des établissements publics, avec une distinction par catégorie (CHU, CH, ESPIC).
Télécharger la fiche DREES (PDF) →La dégradation des comptes financiers des hôpitaux publics se poursuit en 2024
DREES - Études et Résultats n°1344 - Juillet 2025
Données les plus récentes du ministère de la Santé sur le déficit hospitalier 2024 (2,5 % des recettes), l'évolution des passages aux urgences (+2,5 %) et la dette hospitalière. Référence à consulter pour mesurer la situation actuelle.
Télécharger l'étude (PDF) →Communiqué : déficit cumulé multiplié par 5
Conférence des DG de CHRU - 25 mars 2025
Communiqué officiel détaillant la multiplication par cinq du déficit cumulé entre 2021 et 2024 et le sous-financement structurel non traité par la campagne budgétaire 2025.
Lire le communiqué →L'innovation comme axe de relance
Malgré ces difficultés, les CHU restent moteurs de l'innovation en santé. Selon la Conférence des DG de CHU, 88 % des CHU déclarent collaborer avec des start-ups, des PME ou des grands groupes dans le cadre du CHU Healthtech Connexion Day (édition 2024). Cette ouverture aux écosystèmes d'innovation reste un levier identifié pour préserver la place des CHU au cœur du système de santé français.
L'attractivité des carrières hospitalo-universitaires
Au-delà des défis budgétaires, la fidélisation des soignants et l'attractivité des postes hospitalo-universitaires constituent un sujet stratégique. La Conférence des DG de CHRU a fait de ce thème l'une des priorités du nouveau mandat 2026-2029, en lien avec la prévention des pathologies chroniques et la valorisation des données de santé.
Les chiffres financiers présentés ici proviennent des communiqués officiels de la Conférence des directeurs généraux de CHRU (mars 2025). Ils peuvent évoluer à chaque clôture d'exercice budgétaire et à chaque PLFSS. Les rapports les plus à jour sont listés dans la section « Les rapports officiels à consulter » ci-dessus.
Questions fréquentes sur les CHU
Combien y a-t-il de CHU en France en 2026 ?
La France compte 32 CHU et CHRU en 2026, dont 29 en métropole et 3 en outre-mer (Martinique, Guadeloupe, La Réunion). Le dernier établissement transformé en CHRU est le CHR d'Orléans en 2022.
Quelle est la différence entre un CHU et un CHRU ?
Aucune différence sur le fond. CHU et CHRU désignent la même réalité juridique. Le sigle CHRU précise simplement le ressort régional de l'établissement. Tout CHU est aussi un CHRU et inversement. La distinction réelle se fait avec les CHR sans convention universitaire, comme le CHR Metz-Thionville.
Quelle est la différence entre un CHU et un hôpital ?
Tous les CHU sont des hôpitaux, mais tous les hôpitaux ne sont pas des CHU. Un CHU est un hôpital qui a signé une convention avec une université de médecine, ce qui lui ajoute deux missions : l'enseignement des étudiants en santé et la recherche (clinique, fondamentale, translationnelle). Un hôpital classique se concentre sur la mission de soins.
Quelles sont les trois missions d'un CHU ?
Les trois missions fondatrices issues des Ordonnances Debré du 30 décembre 1958 sont les soins (y compris de recours pour les pathologies complexes), l'enseignement (formation initiale des médecins, pharmaciens, sages-femmes, infirmiers et autres professionnels) et la recherche clinique, fondamentale et translationnelle.
Qui dirige un CHU ?
Trois acteurs clés. Le directeur général est nommé par décret en conseil des ministres et représente légalement l'établissement. Le président de la CME est élu pour 4 ans par les médecins et siège au directoire en tant que vice-président. Le doyen de la faculté de médecine pilote la dimension universitaire. Au plan national, la Conférence des DG de CHRU est présidée depuis mars 2026 par Philippe El Saïr (CHU Nantes).
Qu'est-ce qu'un PU-PH ?
Un PU-PH (professeur des universités-praticien hospitalier) est un médecin titulaire à statut bi-employeur, exclusif des CHU. Il enseigne à la faculté de médecine et exerce des soins à l'hôpital, sous la double tutelle du ministère de l'Enseignement supérieur (volet universitaire) et du ministère de la Santé (volet hospitalier). C'est le grade le plus élevé du corps hospitalo-universitaire.
Quels sont les CHU à statut particulier ?
Trois CHU ont une organisation multi-sites atypique. L'AP-HP (Assistance Publique - Hôpitaux de Paris) est le plus grand groupe hospitalier d'Europe. L'AP-HM (Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille) compte 4 hôpitaux. Les HCL (Hospices Civils de Lyon) regroupent une quinzaine de sites sur la métropole lyonnaise.
Pourquoi les CHU sont-ils en déficit ?
Selon la Conférence des DG de CHU, le déficit cumulé est passé de 200 M€ en 2021 à 1 Md€ en 2024 (×5). 90 % de la dégradation s'explique par le sous-financement des mesures salariales (~500 M€) et par l'inflation (~435 M€). Le mode de financement spécifique des CHU (60 % dotations, 40 % tarifs T2A) ne leur a pas permis de bénéficier pleinement des mécanismes de compensation des pouvoirs publics.
Comment trouver son CHU de référence ?
Le CHU de référence est généralement le plus proche géographiquement, situé dans la grande ville-préfecture de la région. La base FINESS permet d'identifier précisément l'établissement et ses coordonnées. Pour une orientation médicale, c'est le médecin traitant ou le spécialiste qui adresse le patient au CHU le plus pertinent selon la pathologie.
Comment se passe un stage en CHU ?
Les étudiants en santé (médecine, pharmacie, odontologie, IFSI, IFAS, sage-femme, kiné) effectuent leurs stages dans les services du CHU sous la responsabilité d'un praticien sénior. La répartition des terrains de stage est gérée par la faculté de rattachement, en lien avec les coordinateurs pédagogiques. La quasi-totalité des soignants français passent par un stage en CHU pendant leur formation initiale.
Pour aller plus loin :
- Article L. 6142-1 et suivants du Code de la santé publique sur l'organisation hospitalière et universitaire (Légifrance)
- Site officiel de la Conférence nationale des directeurs généraux de CHRU : actualités, communiqués, organisation
- Site de la Conférence des doyens des facultés de médecine : positions sur la formation des médecins
- Ministère de la Santé : politique hospitalière, plans d'investissement, PLFSS
- DREES : statistiques officielles sur les établissements de santé
