L'AFGSU est un élément central de la sécurité des soins. Les préleveurs sanguins et les techniciens de laboratoire sont des acteurs de première ligne lors des bilans de santé, et sont donc concernés par cette attestation.
Quel est le niveau requis pour ces deux métiers ? Pourquoi est-ce obligatoire, tant au laboratoire en ville, que lors des prélèvements à domicile ou à l'hôpital ?
Ce guide fait le point sur l'AFGSU pour ces deux métiers de la biologie médicale. Vous y trouverez des informations sur le cadre légal, les modalités de formation aux gestes d'urgence ou de recyclage en 2026 et des cas pratiques sur les situations à risque selon leur lieu d'exercice.
Sommaire
- Pourquoi l'AFGSU 2 est nécessaire en laboratoire et en prélèvement sanguin
- Diplômes, certifications et AFGSU
- Lieux d'exercice : laboratoire, centre de prélèvements, domicile
- Gestes AFGSU et pratique métier
- Cas pratiques : technicien de laboratoire
- Cas pratiques : préleveur sanguin
- Pièges à éviter et astuces pour bien choisir
- Organismes de formation et tarifs 2026
- FAQ technicien de laboratoire et préleveur
Pourquoi l'AFGSU 2 est nécessaire en laboratoire et en prélèvement sanguin
Pour les préleveurs sanguins et pour les techniciens de laboratoire, la formation du niveau 2 est le niveau requis. L'AFGSU 2 leur permet de réagir en cas de malaise, de choc vagal, d'allergie ou de détresse vitale pendant ou après un prélèvement.
Cadre légal AFGSU : professions de la biologie médicale
Encadrée par l'arrêté du 30 décembre 2014 (modifié en 2019), l'AFGSU 2 est le standard requis pour ces 2 praticiens. Elle leur permet de faire face efficacement, avec sang-froid, aux détresses vitales ou potentielles liées aux actes de prélèvement ou à l'exposition aux risques biologiques, qu'il soit entouré d'une équipe médicale ou totalement seul en cabine (voir cas concrets chapitres 5 et 6).
Qu'ils exercent en laboratoire de biologie médicale (LBM), en milieu hospitalier ou au domicile des patients, ces professionnels de santé sont inscrits au Livre IV du Code de la Santé Publique (CSP). À ce titre, ils sont concernés par le niveau 2 de l'Attestation de Formation aux Gestes et Soins d'Urgence.
Sécurité des patients et de la phase pré-analytique
Un prélèvement sanguin, bien que quotidien et banal en apparence pour l'ensemble des professionnels habilités à les effectuer, reste un acte invasif qui modifie l'état d'un patient, parfois déjà fragilisé par la maladie, le jeûne ou le stress.
Le préleveur sanguin et le technicien de laboratoire certifié (et l'infirmier) doivent être en capacité de modifier immédiatement son geste technique de ponction veineuse en gestes d'urgence en cas de besoin (voir exemples dans le chapitre 3 : Gestes AFGSU et pratique métier).
Une AFGSU 2 à jour constitue un socle de sécurité pour les patients comme pour les professionnels, quel que soit leur lieu d'exercice.
Les professionnels exerçant une des professions de santé mentionnées au Code de la santé publique (médecins, infirmières, auxiliaires et assistants médicaux et étudiants de ces filières) sont tenus d'avoir une AFGSU à jour pour exercer pour des raisons légales, pour la sécurité des patients, mais aussi pour respecter les exigences des employeurs (règlements internes, protocoles d'urgences de l'établissement).
Diplômes, certifications et AFGSU
Quels professionnels de santé pour les prélèvements sanguins en vue d'analyse biomédicale ? Les techniciens de laboratoire, préleveurs et infirmiers ont une obligation d'AFGSU.
Le métier de technicien de laboratoire est accessible via plusieurs titres, dont le diplôme d'État (DE) de technicien de laboratoire médical (DETLM).
Le texte de référence métier : l'arrêté du 31 juillet 2024 relatif au diplôme d'État de technicien de laboratoire médical (en vigueur depuis septembre 2024, grade licence).
L'intégration de l'AFGSU 2 et du CCEPS : le référentiel de formation du DETLM intègre obligatoirement l'enseignement des soins d'urgence. L'unité d'enseignement dédiée aux « Sciences biologiques et médicales / Urgences » impose la validation de l'AFGSU 2 et du Certificat de Capacité pour Effectuer des Prélèvements Sanguins (CCEPS) comme des compétences qualifiantes pour l'obtention du diplôme.
Un étudiant ne peut pas être diplômé du DE sans avoir validé les 21 h de formation de l'AFGSU 2. Les employeurs exigent, dans la plupart des cas, aux techniciens de laboratoire diplômés avant 2020 un certificat de capacité à effectuer des prélèvements sanguins.
Pour effectuer des prélèvements sanguins, hors laboratoire de biologie médicale, les techniciens sans diplôme d'État doivent détenir :
- L'AFGSU 2 à jour ;
- Le CCEPS (Certificat de Capacité pour Effectuer des Prélèvements Sanguins).
Le texte de référence : l'arrêté du 13 mars 2006, modifié par arrêté du 30 juillet 2025, fixant les conditions de délivrance du Certificat de Capacité pour Effectuer des Prélèvements Sanguins.
L'intégration de l'urgence : pour obtenir ce certificat, le candidat doit obligatoirement valider trois étapes : une épreuve théorique, un stage pratique (40 prélèvements réussis) et l'attestation de formation aux gestes et soins d'urgence (AFGSU) de niveau 2. Sans cette attestation en cours de validité, le certificat de capacité ne peut pas être délivré par l'Agence Régionale de Santé (ARS).
« Les techniciens de laboratoire médical ayant obtenu avant le 20 avril 2006 le certificat de capacité pour effectuer des prélèvements sanguins en vue d'examens de biologie médicale, qui ont à effectuer des prélèvements sanguins en dehors du laboratoire de biologie médicale, doivent détenir l'attestation de formation aux gestes et soins d'urgence de niveau 2 en cours de validité. »
Version en vigueur depuis le 8 août 2025.
L'infirmier diplômé d'État est, par sa formation initiale, pleinement habilité à effectuer des ponctions veineuses, qu'il soit salarié ou libéral (IDEL).
Le texte de référence : l'arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d'État d'infirmier.
L'intégration de l'urgence : ce texte a réformé les études en intégrant l'AFGSU 2 au sein de l'Unité d'Enseignement (UE) 4.3 « Soins d'urgence ». La validation de cette unité de formation, et donc l'obtention de l'attestation AFGSU 2 délivrée par un CESU, est un prérequis obligatoire pour obtenir le Diplôme d'État Infirmier.
Attention : seuls les infirmiers et infirmières peuvent avoir le statut libéral. Si un technicien ou un préleveur effectue une « tournée de prélèvements » à domicile ou s'il intervient en EHPAD, il le fait sur demande de son laboratoire. Il est « hors les murs », seul dans sa voiture et chez le patient, mais son statut reste 100 % salarié.
L'AFGSU ergothérapeute et psychomotricien et l'AFGSU infirmier.
Lieux d'exercice : laboratoire, centre de prélèvements, domicile
Salariés : laboratoire, hôpital, centre de prélèvements
- Plateau technique d'hôpital ou de clinique
- Laboratoires de biologie médicale de ville
- Centres de prélèvements rattachés à ces laboratoires
- Flux continu de patients
- Salle d'attente remplie
- Patients à jeun, pathologies lourdes
- Malaise vagal (peur de la prise de sang)
- Crise d'hypoglycémie
- Agitation, perte de connaissance, chute
Interventions « hors les murs » : EHPAD, domicile, CMS
Les prélèvements lors de visite à domicile peuvent être particulièrement propices aux malaises. Être préparé à une détresse vitale est un gage de sérénité pour le préleveur en tournée et pour le patient.
- Lieux d'exercice hors les murs : visites pour prélèvements en EHPAD, en structures médico-sociales (CMS) ou à domicile dans des lieux parfois isolés.
- Contraintes : isolement, éloignement des secours, absence de chariot d'urgence.
- Risques typiques : malaise sévère, chute, réaction allergique, détresse respiratoire sans équipe autour.
Focus : les collectes de dons du sang mobiles
Lors des collectes mobiles de grande envergure en entreprise ou de proximité dans les villes et villages, le rythme des prélèvements est soutenu. Contrairement au laboratoire où le patient vient pour une pathologie, ici, les donneurs sont des personnes volontaires et bien portantes. Les personnes ne répondant pas favorablement aux questionnaires préalables du médecin sont remerciées pour leur démarche, mais repartent sans pouvoir donner leur sang.
Dans le cas des collectes de don du sang, la soustraction sanguine (environ 480 ml) et l'effet de masse créent des risques d'urgence spécifiques.
Le « Top 3 » des risques courants en collecte de dons du sang
- Le malaise vagal de fin de don (le plus fréquent) : le donneur se lève trop vite de la table de prélèvement ou fait son malaise dans la zone de collation. Risque associé : la chute traumatique après un malaise vagal.
- L'hématome compressif ou la rupture de veine : une compression post-don insuffisante, surtout chez un donneur pressé de retourner travailler (collecte en entreprise). Risque : une hémorragie locale impressionnante.
- La réaction convulsive liée au stress : bien que rare, le donneur peut avoir une réaction due à l'anxiété de l'aiguille combinée à la baisse de tension. Risque : brèves convulsions (malaises vagaux convulsivants) souvent confondues avec une crise d'épilepsie.
En cas de don de grande envergure dans une salle des fêtes par exemple, les préleveurs doivent gérer le donneur en souffrance, mais aussi le stress collectif engendré auprès de ses collègues ou des proches du donneur.
Présence du SAMU ou des pompiers : non systématique sur les collectes
Non, les services de secours ne sont pas toujours présents lors des collectes de dons du sang.
- Lors des collectes de grande envergure (journée dédiée aux salariés d'une grande entreprise ou d'une grande collectivité locale), les pompiers ou des équipes du SAMU peuvent être présents. En cas de malaise ou d'accident, les équipes de secours sont sur place.
- Lors des collectes dédiées à un nombre moins important de donneurs (village ou en petite ou moyenne entreprise), l'équipe sur place (médecins ou infirmiers référents et préleveurs) est en alerte permanente, y compris sur la zone de collation. En cas de petits bobos et d'urgences vitales, les membres de l'équipe étant tous formés à l'AFGSU 2, sauront réagir rapidement : gestes adéquats et alerte aux secours extérieurs (15 ou 112).
Gestes AFGSU et pratique métier
Tableau situations types et gestes AFGSU clés
Vous pouvez retrouver ici les risques urgence les plus fréquents lors d'un prélèvement sanguin ou juste après, selon le lieu d'exercice, le profil du patient et les gestes AFGSU prioritaires à mettre en œuvre en cas de besoin.
| Lieu d'exercice | Exemples de patients | Urgences possibles | Gestes AFGSU prioritaires |
|---|---|---|---|
| Laboratoire de ville et centre de prélèvement | Tout public, patients à jeun, femmes enceintes, enfants, tout patient ayant une maladie chronique (diabète par exemple). | Malaise vagal, crise d'angoisse, hypoglycémie, syncope. | Évaluation de la conscience, mise en position allongée (jambes surélevées), sucre si conscient. |
| Hôpital / Clinique : plateau technique | Patients hospitalisés, pathologies lourdes, bilans pré-opératoires. | Chute lors du transfert, arrêt cardiaque, convulsions. | Alerte interne structurée, massage cardiaque, utilisation du chariot d'urgence et du DAE. |
| EHPAD / structure médico-sociale | Personnes âgées dépendantes, patients polyhandicapés. | Fausse route, Accident Vasculaire Cérébral (AVC), détresse respiratoire. | Reconnaissance des signes de l'AVC (FAST), libération des voies aériennes, alerte 15. |
| Domicile classique : zone urbaine et périurbaine | Patients chroniques, personnes à mobilité réduite. | Hémorragie incoercible (patient sous anticoagulants), malaise sévère. | Compression directe de la plaie, pansement compressif, alerte SAMU. |
| Domicile isolé : zone rurale | Personnes âgées isolées, sorties d'hospitalisation. | Arrêt cardiaque soudain, détresse vitale. | Alerte immédiate au 15 / 112, massage cardiaque précoce, guidage précis des secours. |
| « Don du sang » journée dédiée | Tout public, salarié d'une entreprise ou d'une collectivité locale ou habitant d'une commune à l'origine de la journée dédiée. | Malaise vagal, chute de tension, syncope avec convulsion. Hémorragie incoercible (patient sous anticoagulants). Chute en descendant de la table de prélèvement ou en zone de collation. | Selon la situation : allonger le patient, position semi-assise ou PLS, surélever les jambes, parler au donneur pour évaluer sa conscience. Pansement compressif. |
Quel que soit le lieu, le technicien de laboratoire préleveur ou le préleveur peut se retrouver en première ligne face à un malaise ou une détresse vitale. C'est là que l'AFGSU 2 prend tout son sens.
Formation AFGSU 2 pour techniciens de laboratoire et préleveurs : contenus utiles au quotidien
Les formateurs habilités CESU (Centres d'Enseignement des Soins d'Urgence) adaptent les scénarios à la réalité des métiers des stagiaires. Le contenu des formations AFGSU 2 est identique pour tous, sauf les cas pratiques, par exemple pour les préleveurs sanguins et techniciens de laboratoire :
- L'alerte structurée : transmettre un bilan biologique et clinique clair au médecin régulateur du SAMU (tension, score de Glasgow, antécédents comme le diabète ou des traitements lourds).
- La gestion des chariots d'urgence : savoir utiliser l'oxygénothérapie (débitmètre, masque à haute concentration) souvent disponible sur les gros plateaux techniques ou dans les structures de soins d'accueil.
- Les urgences collectives et risques NRBC-E : une compétence clé de l'AFGSU 2 pour les techniciens de laboratoire, souvent mobilisés en seconde ligne pour l'analyse de prélèvements spécifiques en cas de crise sanitaire ou d'accident technologique.
L'AFGSU 2 couvre deux dimensions de la sécurité : réagir pour protéger les autres, mais aussi protéger le professionnel lui-même face au risque biologique (EPI : Équipements de Protection Individuelle pour la préparation, le prélèvement et la manipulation des échantillons de sang). En effet, le préleveur peut être en contact direct avec le sang du patient en cas de piqûre, de « jet de sang » ou d'échantillon cassé. En formation, le stagiaire AFGSU apprend les gestes et le protocole AES (accident d'exposition au sang) : nettoyage, antisepsie, et consultation aux urgences dans les 4 heures pour obtenir un traitement post-exposition si nécessaire (voir exemple 3 du chapitre Cas pratiques technicien de labo).
Une AFGSU spécialité SSE (Situations sanitaires exceptionnelles) existe par ailleurs. Pour en savoir plus, consultez notre guide AFGSU 3 ou AFGSU SSE spécialisée, quelle différence.
Recycler son AFGSU tous les 4 ans : trois bonnes raisons
L'actualisation des connaissances AFGSU (MAC, pour Maintien et Actualisation des Compétences) dure 7 heures et doit être effectuée tous les 4 ans. Pour un technicien de laboratoire ou un préleveur itinérant, ce recyclage répond à trois enjeux majeurs :
- L'évolution des protocoles : les recommandations médicales internationales évoluent régulièrement, notamment sur les rythmes de massage ou l'utilisation des défibrillateurs.
- La lutte contre la perte de réflexes : heureusement, on ne masse pas un patient tous les jours en laboratoire. Mais cette rareté crée un risque d'hésitation le jour où cela arrive. Le recyclage réactive la « mémoire musculaire » des gestes.
- La sérénité en tournée isolée : des compétences mises à niveau récemment sont un élément important de confiance face à l'imprévu pour le préleveur qui part seul à domicile.
Cas pratiques : technicien de laboratoire
Voici quelques exemples de l'intérêt AFGSU 2 pour le technicien de labo, selon des situations en laboratoire d'analyses médicales (prélèvement et manipulation) et à l'hôpital.
Un technicien de laboratoire réalise un prélèvement chez un patient diabétique venu pour un bilan complet à jeun. Pendant le retrait de l'aiguille, le patient se plaint soudain de sensations de chaleur, de vertiges et de bourdonnements d'oreille. Il pâlit, commence à transpirer et dit qu'il « ne se sent pas bien ». En se levant trop vite, il titube et manque de tomber.
Réflexes AFGSU mobilisés :
- Reconnaissance d'un malaise potentiellement grave (facteurs de risque : patient à jeun, diabète, position debout, environnement médical) ;
- Installation rapide du patient en sécurité : allonger sur le dos sur le fauteuil ou le brancard, surélever les jambes pour favoriser le retour veineux, desserrer les vêtements, rassurer, surveiller ;
- Réalisation d'un bilan rapide : conscience, respiration, couleur de la peau, plainte éventuelle thoracique ou neurologique ;
- En cas de doute sur la gravité (douleur thoracique, trouble de la parole, déficit moteur, trouble persistant de la conscience), appel immédiat au 15 avec transmission claire de la situation ;
- Traçabilité de l'incident dans le dossier et information de l'équipe ou du biologiste.
Dans un laboratoire hospitalier, un patient ayant eu une injection réalisée dans un autre service doit patienter en zone de surveillance avant son examen. Quelques minutes après l'injection, il se met à se gratter intensément, présente des plaques rouges sur le thorax et le cou, puis se plaint de difficultés à respirer et d'une sensation de « boule dans la gorge ». Sa voix devient rauque, il est anxieux, sa respiration s'accélère.
Réflexes AFGSU mobilisés :
- Identification rapide des signes de réaction allergique grave (choc anaphylactique) : signes cutanés (urticaire, prurit), respiratoires (dyspnée, oppression, voix rauque), généraux (anxiété, malaise) ;
- Alerte immédiate : appel 15 (ou numéro d'urgence interne selon le protocole de l'établissement) en précisant le contexte d'examen, les signes observés, les délais et les antécédents du patient s'ils sont connus ;
- Installation du patient dans une position adaptée : demi-assis si gêne respiratoire, éviter de le laisser debout, l'empêcher de marcher ;
- Préparation de l'arrivée de l'équipe médicale : rassurer le patient et ses proches s'il est accompagné, surveiller l'évolution (pouls, conscience, respiration), faciliter l'accès des secours.
Selon les protocoles de l'établissement et la présence d'un médecin et d'un chariot d'urgence à proximité, le technicien peut participer aux gestes complémentaires (mise en place d'oxygène, aide à la préparation du matériel).
Un technicien de laboratoire manipule un tube de sang : en le décapsulant, une goutte de sang atteint son œil. Le patient est porteur d'une pathologie infectieuse connue (par exemple VIH, hépatite B ou C) ou son statut est inconnu. Le technicien de laboratoire réalise immédiatement qu'il s'agit d'un accident d'exposition au sang (AES).
Réflexes AFGSU et conduite à tenir :
- Gestes immédiats : en cas de contact cutané sur peau lésée, lavage abondant à l'eau et au savon, rinçage prolongé, désinfection par solution adaptée, sans faire saigner la plaie. En cas de projection oculaire, rinçage abondant au sérum physiologique ou à l'eau pendant plusieurs minutes ;
- Alerte selon les procédures de l'établissement : prévenir immédiatement le responsable hiérarchique ou le biologiste, contacter le service référent AES (médecine du travail, service d'urgence, infectiologie, selon l'organisation locale) ;
- Recueil des informations : identité du patient source, type de liquide, type de contact, circonstances, délais ;
- Orientation rapide vers une évaluation médicale dans les délais recommandés (éventuelle prophylaxie post-exposition, bilans sérologiques, suivi) ;
- Déclaration de l'accident (registre, éventuelle déclaration en accident du travail) et analyse à froid des causes pour améliorer les pratiques (EPI, manipulation des tubes, procédures).
Cas pratiques : préleveur sanguin
Voici quelques exemples de l'intérêt AFGSU 2 pour le préleveur sanguin selon des situations différentes : en centres de prélèvements, à domicile, dans une EHPAD et lors d'une collecte de dons du sang.
Une préleveuse reçoit une patiente venue pour un bilan sanguin à jeun, qui lui signale être « un peu stressée » par les prises de sang. Le prélèvement se déroule normalement, mais au moment où la patiente regarde le pansement, elle devient pâle, se met à transpirer, dit qu'elle « ne voit plus bien » puis perd brièvement connaissance sur le fauteuil.
Réflexes AFGSU mobilisés :
- Reconnaître un malaise typiquement vagal (facteur stress + jeûne + position assise / verticalisation), vérifier rapidement la conscience et la respiration ;
- Protéger contre la chute : maintien sur le fauteuil, bascule du dossier, allonger, surélever les jambes, desserrer les vêtements, rassurer ;
- Surveiller le retour à la conscience, rester auprès de la patiente, contrôler si possible tension et pouls, selon les moyens disponibles ;
- En cas de récupération incomplète, de doute sur la nature du malaise (douleur thoracique, signes neurologiques), appeler le 15 avec un message structuré (qui, quoi, où, quand, comment) ;
- Informer le biologiste ou le médecin référent et consigner l'incident pour la traçabilité.
Un préleveur se rend en EHPAD pour réaliser plusieurs prises de sang chez des résidents polypathologiques. Chez une résidente âgée, le prélèvement se passe bien en position assise au fauteuil. Au moment de la relever pour la reconduire vers son lit, la patiente chute en avant et heurte la tête contre le sol. Elle se plaint de douleur à la hanche et reste au sol, pâle et désorientée.
Réflexes AFGSU mobilisés :
- Ne pas relever immédiatement la personne âgée : évaluer d'abord la conscience, la respiration, les douleurs, la mobilité, la présence d'un saignement ou d'une déformation ;
- Protéger : la couvrir, lui parler calmement, éviter les mouvements inutiles, organiser l'environnement (fauteuils, obstacles) ;
- Alerter sans délai : appeler le 15 ou le service d'urgence interne de l'EHPAD, en précisant le contexte (chute post-prélèvement, douleur à la hanche, traumatisme crânien possible), puis prévenir l'équipe soignante sur place ;
- Ne pas tenter de la remettre seule debout si une douleur importante ou un traumatisme est suspecté ;
- Participer à la coordination des secours à l'arrivée (transmission du bilan, circonstances, traitements éventuels préexistants).
En cabinet de prélèvements, un enfant de 9 ans arrive paniqué pour sa première prise de sang. Dès qu'il voit l'aiguille, il se met à bouger, à pleurer, refuse de donner son bras, puis commence à respirer rapidement, se plaint de « fourmis » dans les mains et autour de la bouche, ses doigts se crispent.
Réflexes AFGSU mobilisés :
- Faire la différence entre une crise d'angoisse avec hyperventilation et une détresse vitale : respiration rapide ou réellement difficile avec cyanose, sensation de vertige, picotements, parfois pseudo-tétanie avec cyanose ou altération de la conscience ;
- Stopper le geste si nécessaire : ne pas forcer le prélèvement, sécuriser le matériel (aiguilles, tubes) pour éviter l'accident ;
- Installer le patient assis ou semi-allongé : le rassurer verbalement et rassurer le parent accompagnant, l'inciter à ralentir sa respiration ;
- Surveiller : si les signes disparaissent rapidement et que l'état est stable, décider avec le patient ou les parents de reporter le prélèvement ou de le réaliser dans de bonnes conditions rassurantes (allongé, présence du parent) ;
- Si des signes atypiques apparaissent (troubles de la conscience, douleur thoracique, doute sur une cause organique) : contacter le médecin sur place ou appeler le 15.
Un préleveur réalise une ponction sanguine à un adulte qui réalise un don du sang pour la première fois. Le prélèvement se déroule sans difficulté, mais quelques minutes après la fin, alors que le donneur se lève pour rejoindre le coin collation, il devient pâle, se plaint de vertiges et perd brièvement connaissance.
Réflexes AFGSU mobilisés :
- Prévenir le risque de chute en accompagnant systématiquement les donneurs à risque (premier don, anxiété, fatigue, jeûne), en les faisant se lever progressivement ;
- En cas de malaise : allonger le donneur, surélever les jambes, desserrer les vêtements, assurer une surveillance rapprochée (conscience, respiration, pouls) et rassurer ;
- Surveiller la récupération et, en cas de malaise prolongé, de douleur thoracique, de signes neurologiques ou de répétition des malaises, alerter le médecin de collecte ou le SAMU selon les procédures ;
- Informer le donneur des consignes de repos et d'hydratation après l'épisode ;
- Tracer l'événement dans le dossier de don et signaler l'incident selon la réglementation en vigueur.
Faites le test gratuitement, en toute quiétude, avec notre test de positionnement AFGSU 2.
Pièges à éviter et astuces pour bien choisir sa formation
Les 5 pièges classiques à éviter
- L'AFGSU 100 % en ligne : elle n'existe pas. La loi impose le présentiel pour valider les gestes sur mannequin. Toute offre « en ligne intégrale » est non conforme à l'arrêté du 30 décembre 2014.
- La formation PSC1 ou SST à la place de l'AFGSU : ce sont des formations de secourisme grand public. Elles ne remplacent pas l'AFGSU pour exercer en laboratoire ou comme préleveur.
- L'organisme non habilité par un CESU : seul un Centre d'enseignement des soins d'urgence, ou un formateur habilité par un CESU, peut délivrer l'attestation AFGSU. Demandez la convention CESU avant de signer.
- L'attestation expirée : votre AFGSU est valable 4 ans, jour pour jour. Au-delà, vous êtes hors-cadre légal et votre employeur peut être mis en cause.
- Le recyclage de 3 heures : certains organismes proposent des « rappels » trop courts. Le recyclage officiel (Maintien et Actualisation des Compétences) dure 7 heures, ni plus, ni moins.
Si on vous propose une AFGSU 2 à 80 € en distanciel intégral, c'est une fraude. Le tarif réel d'une session 21 heures en présentiel se situe entre 350 et 500 € par stagiaire selon les régions.
5 astuces sûres pour une formation utile
- Demandez plusieurs devis avant d'arbitrer. Les écarts de prix entre organismes peuvent atteindre 30 % pour la même prestation.
- Vérifiez la certification Qualiopi de l'organisme (obligatoire depuis 2022 pour bénéficier d'un financement public).
- Privilégiez les sessions en groupe métier : les scénarios joués collent mieux à votre quotidien (malaise en salle de prélèvement, chute en EHPAD, AES sur tube cassé).
- Anticipez 6 mois avant l'expiration de votre attestation pour caler le financement et avoir le choix de la date.
- Pour un laboratoire ou un cabinet, demandez une formation en intra (sur site). Tarif groupe avantageux et scénarios sur mesure.
Outils utiles pour préparer ou suivre votre formation
- Quiz AFGSU 2 gratuit en ligne : testez votre niveau en 10 minutes avant la formation ou pour préparer votre recyclage (voir l'encadré section précédente).
- Site officiel de l'Association nationale des CESU (ancesu.fr) : carte des 102 CESU, textes réglementaires, fiches par profession.
- Légifrance, arrêté du 30 décembre 2014 : référence légale opposable, à conserver en favori si vous êtes responsable formation.
- Carnet de bord du soignant : notez la date d'expiration de votre attestation et programmez un rappel calendrier 6 mois avant.
Organismes de formation et tarifs 2026
Sessions AFGSU 2 et MAC AFGSU pour les professionnels de la biologie
Les techniciens de laboratoire médical et les préleveurs sanguins relèvent du public AFGSU 2, au même titre que les autres professionnels de santé. L'Association nationale des CESU cite explicitement ces 2 professions dans son tableau de référence AFGSU 1 et AFGSU 2 (version 2025).
En pratique, ils peuvent se former ou se réactualiser dans plusieurs types de structures :
- CESU (Centres d'enseignement des soins d'urgence) des CHU et CH : ils organisent des sessions AFGSU 2 et de MAC AFGSU 2 ouvertes à l'ensemble des professionnels de santé et pouvant particulièrement adapter les cas pratiques pour les préleveurs et techniciens de labo des services hospitaliers.
- Organismes privés ou associatifs spécialisés santé / urgence, qui proposent des formations AFGSU 2 spécifiquement ouvertes aux techniciens de laboratoire et aux préleveurs sanguins avec des modules adaptés au contexte labo (gestion des malaises en salle de prélèvement, AES, travail en centre de prélèvements, urgences en EHPAD ou lors des tournées à domicile). Des organismes comme Alterdokeo ou Aforians sont particulièrement présents pour ces métiers de la biologie médicale.
- Acteurs régionaux comme la Croix-Rouge ou le GRETA (par exemple Greta Midi-Pyrénées Nord) qui programment régulièrement des sessions AFGSU 2 pour des groupes de soignants, voire tout public, en inter ou en intra, avec des tarifs « forfait groupe ».
Pour un laboratoire ou un réseau de centres de prélèvements, il est souvent possible d'organiser des formations en intra, directement sur le lieu de travail, en établissant des scénarios proches de leur pratique quotidienne (flux de patients à jeun, malaises répétés, organisation des urgences internes).
Les tarifs 2026 AFGSU 2 (moyenne 450 € par stagiaire en inter) et prix moyens MAC AFGSU (180 € par stagiaire en inter).
Pour trouver une session AFGSU 2 ou MAC AFGSU adaptée à votre laboratoire ou à votre activité de prélèvement, demandez des devis gratuits pour comparer les offres.
Prise en charge et financement AFGSU
Le type de financement des formations AFGSU dépend du statut du professionnel de santé.
Les préleveurs et techniciens de labo ayant un statut de salariés, l'AFGSU 2 et sa réactualisation sont donc le plus souvent intégrées et prises en charge via le plan de développement des compétences (ANFH à l'hôpital public, OPCO Santé pour les salariés du privé). Dans tous les cas, il faut anticiper son recyclage, pour prévoir au mieux le financement de la formation et pour avoir le choix de la date de la session.
Conseil : vérifiez toujours les financements des formations santé auprès des sites officiels de l'organisme choisi.
Le FIF-PL n'est mobilisable que pour l'AFGSU des infirmiers libéraux, seuls professionnels de santé au statut libéral pouvant effectuer des prélèvements sanguins. CPF et DPC ne sont pas mobilisables pour les AFGSU.
S'y prendre 6 mois avant la date de fin de validité de l'AFGSU 2 paraît le bon timing. Pensez-y.
FAQ AFGSU technicien de laboratoire et préleveur sanguin
Peut-on travailler en laboratoire sans AFGSU 2 à jour ?
Non. Les textes du Code de la santé publique imposent l'AFGSU 2 à jour pour toutes les professions de santé inscrites à la quatrième partie du code (ce qui inclut les infirmiers, préleveurs sanguins en vue d'analyses biologiques et techniciens de laboratoire).
Pour les techniciens de laboratoire et préleveurs non-infirmiers, l'AFGSU 2 est donc devenue un standard obligatoire imposé par la certification des Laboratoires de Biologie Médicale (LBM) et les règles de conformité des employeurs.
L'AFGSU 1 suffit-elle pour un préleveur sanguin ?
Non, l'AFGSU 1 est insuffisante. L'AFGSU niveau 1 est destinée aux personnels non-soignants des établissements de santé (secrétaires médicales, agents d'accueil, coursiers).
Dès lors qu'un professionnel réalise un acte invasif comme un prélèvement sanguin, qu'il soit technicien de laboratoire DE, préleveur titulaire du certificat de prélèvement sanguin ou infirmier, il est intégré dans la catégorie des professionnels de santé et doit obligatoirement détenir le niveau 2. C'est l'AFGSU 2 qui valide la maîtrise du chariot d'urgence, du matériel médicalisé et la gestion des malaises en cabine.
L'AFGSU est-elle obligatoire pour les salariés de laboratoires privés ?
Oui, absolument. Il y a parfois une confusion : on s'imagine que l'AFGSU ne concerne que le secteur public ou hospitalier. Or, les laboratoires de biologie médicale privés (LBM de ville) sont soumis aux mêmes exigences d'accréditation (normes de qualité strictes).
Les inspecteurs des Agences Régionales de Santé (ARS) peuvent contrôler systématiquement les dossiers du personnel. L'employeur du secteur privé a l'obligation légale d'assurer la sécurité de ses patients en formant ses équipes aux gestes et soins d'urgence.
Que se passe-t-il en cas d'accident si mon AFGSU est périmée ?
Les conséquences d'une AFGSU périmée peuvent être lourdes, tant pour l'employé que pour l'employeur. Si un accident ou un malaise grave survient en cabine de prélèvement ou lors d'une tournée à domicile et que votre recyclage des 4 ans a été dépassé :
- Pour l'employeur : sa responsabilité civile et pénale peut être engagée pour « manquement à l'obligation de sécurité » et défaut de formation de ses salariés ;
- Pour le professionnel : même si la couverture d'assurance de l'entreprise s'applique généralement, le préleveur peut être poursuivi à titre individuel en cas de faute lourde ou d'erreur de manipulation évidente.
Comment choisir une formation AFGSU adaptée à mon mode d'exercice ?
Pour que votre formation soit reconnue et réellement utile, vous devez valider deux critères fondamentaux :
- L'agrément de l'organisme : la formation doit impérativement être dispensée par un Centre d'Enseignement des Soins d'Urgence (CESU) ou par un organisme habilité par un CESU. Les formations de secourisme généraliste (PSC, SST) ne sont pas valables pour les préleveurs sanguins et techniciens de laboratoire ;
- La personnalisation des scénarios : lors de votre inscription (ou de celle de votre équipe), assurez-vous que l'organisme intègre des simulations de cas pratiques spécifiques à la biologie médicale : malaises vagaux à jeun, syncopes avec matériel tranchant à la main, gestion d'un arrêt cardio-respiratoire dans l'espace restreint d'un box de prélèvement ou à domicile.
