Conduites addictives : formation pour aider les patients

Article mis à jour le : 9 avril 2026

En France, les addictions représentent un défi majeur de santé publique. Selon l'Office français des dépendances et toxicomanies, 8 % des adultes présentent un risque d'addiction à l'alcool et 27 % au tabac. Ces conduites addictives causent chaque année plus de 100 000 décès évitables, touchant toutes les tranches d'âge, y compris les jeunes.

Face à cette réalité, les professionnels de santé ont besoin d'outils et de formations pour mieux comprendre et accompagner leurs patients. 

Ce que vous trouverez dans ce guide :

  • Les définitions et mécanismes des conduites addictives
  • Les critères de diagnostic et les signes d'alerte
  • Les différents types d'addictions (substances, comportements)
  • Les formations disponibles par spécialité et par type d'addiction
  • Les méthodes de prise en charge et d'accompagnement
  • Les ressources et réseaux d'aide existants

Cette approche structurée vous permettra d'acquérir les connaissances nécessaires pour une prise en charge efficace et adaptée de vos patients.

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Qu’est-ce qu’une conduite addictive ?

La définition d'une conduite addictive est un comportement de consommation ou de pratique excessive, car répétée et incontrôlable. Concrètement, une conduite addictive se manifeste par une impossibilité récurrente de contrôler un comportement, malgré une parfaite connaissance des dangers et des conséquences négatives.

Les conduites addictives sont très diverses, mais certaines sont très répandues. Parmi les principales, citons l’addiction au tabac, à l’alcool, au cannabis, au sexe, aux jeux… Les conduites addictives recouvrent :

  • les addictions aux substances psychoactives (tabac, alcool, drogues illicites...) ;
  • les addictions comportementales (jeu, sexe, etc.).

Dans tous les cas, une conduite addictive révèle une pathologie neuropsychiatrique aux conséquences multiples et potentiellement grave au niveau physique, psychologique et social.

Le site Intervenir Addictions a été élaboré par des acteurs de santé et vise à aider les professionnels de santé de premier recours.

Ce site web aide à aborder le sujet des addictions avec un patient, à savoir repérer les comportements problématiques, à intervenir ou à orienter les personnes qui en ont besoin.

Conduite addictive : définition

Une addiction est une « dépendance à une substance ou à une activité ». Elle s’associe à des conséquences néfastes pour la santé. Elle se manifeste par un désir compulsif.

Il s’agit d’une pathologie dont le symptôme principal est la consommation d’un produit ou la pratique d’une activité de façon répétée.

Les conduites addictives et l'addiction, selon la définition de l'OMS sont :

« un état de dépendance périodique ou chronique à des substances ou à des comportements ».

Quelle est la différence entre addiction et dépendance ?

L’addiction est une affection cérébrale qui se manifeste par une incapacité à contrôler sa consommation ou sa pratique tandis que la dépendance est un syndrome, c’est-à-dire un phénomène physiologique qui se produit lors d’un manque et qui conduit à consommer ou pratiquer.

Quelques chiffres sur l’addiction en France

  • 25 % des adultes consomment du tabac quotidiennement
  • 10 % des adultes consomment de l’alcool chaque jour
  • La France est le premier pays européen consommateur de cannabis

Quand peut-on parler de conduite addictive ?

Le diagnostic de l’addiction est réalisé selon des critères très précis, définis par les instances internationales. Ils sont répertoriés dans le Diagnostic and Statistical manual of mental disorders (DSM).

Une personne souffre de conduite addictive quand elle a (ou a eu) au moins 2 des symptômes ci-dessous au cours des 12 derniers mois :

  • Besoin impérieux et irrépressible de consommer la substance ou de jouer (craving)
  • Perte de contrôle sur la quantité et le temps dédié à la prise de substance ou au jeu
  • Beaucoup de temps consacré à la recherche de substances ou au jeu
  • Augmentation de la tolérance au produit addictif
  • Présence d’un syndrome de sevrage, c’est-à-dire de l’ensemble des symptômes provoqués par l’arrêt brutal de la consommation ou du jeu
  • Incapacité de remplir des obligations importantes
  • Usage même lorsqu’il y a un risque physique
  • Problèmes personnels ou sociaux
  • Désir ou efforts persistants pour diminuer les doses ou l’activité
  • Activités réduites au profit de la consommation ou du jeu
  • Poursuite de la consommation malgré les dégâts physiques ou psychologiques

L’addiction est considérée comme faible si la personne présente 2 à 3 des symptômes. Elle est modérée avec 4 à 5 critères et sévère à partir de 6 critères.

À ce jour, les experts du DSM considèrent que seules les addictions aux substances, aux jeux video et aux jeux d’argent sont de vraies addictions. Les pratiques d’hyperactivité sexuelle, sportive, professionnelle, de consultation de smartphone n’ont pas été suffisamment étudiées et ne disposent pas de suffisamment de données scientifiques.

Quelles sont les conséquences d’une conduite addictive ?

Une conduite addictive a de nombreuses conséquences sur la vie quotidienne :

  • Une perte de contrôle
  • Un déséquilibre émotionnel (impulsivité, anxiété…)
  • Des troubles médicaux (risque de cancer avec le tabac, cognitif avec l’alcool, etc.)
  • Des désordres psychologiques et psychiatriques
  • Des perturbations importantes de la vie sociale, personnelle et professionnelle

La consommation de substances entraîne 100 000 décès évitables en France, par maladie ou par accident. Parmi ces décès, on compte 40 000 cancers.

Les formations aux conduites addictives

Se former aux conduites addictives est important pour faire face aux situations qui se présentent quelle que soit la spécialité médicale exercée.

Pour les médecins, un Diplôme Universitaire (DU) d’addictologie permet de se spécialiser en tant qu’addictologue. Pour les autres soignants, des formations complémentaires à leur formation initiale existent pour se former à la prévention, les soins et l’accompagnement en addictologie.

Les objectifs d’une formation aux conduites addictives

Une formation aux conduites addictives est destinée à permettre aux professionnels de :

  • Savoir identifier une addiction et les symptômes qu’elle engendre
  • Identifier les comportements addictifs
  • Comprendre les mécanismes et les causes de l’addiction
  • Connaître les possibilités de prise en charge
  • Construire une relation pour accompagner un patient atteint d’addiction

Le public concerné

Les formations sur les conduites addictives concernent les professionnels pouvant être en contact avec les personnes présentant des conduites addictives : médecins, psychologues, infirmiers, travailleurs sociaux, éducateurs, assistantes sociales…

Formations en addictologie pour les infirmiers

Il existe des formations spécifiques en fonction du profil des professionnels. Ainsi, une formation entre dans le cadre du DPC et concerne l’infirmière face aux conduites addictives. L'infirmier en milieu hospitalier et l’infirmière à domicile sont souvent les premiers maillons pour détecter les conduites addictives parmi les patients qu'ils soignent.

Les prérequis

Il faut justifier d’une expérience professionnelle dans un domaine concerné par les conduites addictives.

Le programme

Le programme aborde différentes notions permettant de comprendre l’addiction dans sa globalité et les modes de prises en charge possibles.

Généralités sur l’addictologie

  • Compréhension de la notion d‘addiction
  • Études des causes et des mécanismes en jeu dans les conduites addictives
  • Les conséquences de l’addiction (dépendance, perte d’autonomie, qualité de vie…)
  • Les spécificités des addictions (tabac, alcool, etc.)

La relation entre le soignant et la personne victime d’addiction

  • Les besoins des personnes en situation d’addiction
  • La relation thérapeutique
  • Le dépistage
  • Les cas spécifiques comme la grossesse
  • La prévention des conduites addictives

L’aide aux personnes ayant des conduites addictives

Focus sur l’éducation thérapeutique des patients en addictologie

Pour aller plus loin, des formations existent sur des aspects particuliers du diagnostic et de la prise en charge des patients en addiction. Ainsi, il est possible de se former à l’éducation thérapeutique du patient (ETP), un mode d’accompagnement très adapté aux conduites addictives.

Des formations conformes aux exigences de la HAS sont accessibles aux professionnels de santé. Elles ont une durée de 40 heures pour pouvoir dispenser et coordonner l’ETP. Elles sont accessibles à partir de 1 400 € TTC environ.

L’approche systémique et familiale pour accompagner les patients

L’approche systémique est à la fois un moyen de compréhension et un outil thérapeutique intégrant la dynamique formée par le patient et son entourage.

Les professionnels de santé se forment ainsi non seulement par le biais de connaissances sur la systémie, mais aussi sur les grilles de lecture des situations pouvant amener au changement.

Les conduites addictives au travail

Dans le monde de l’entreprise, l’addiction est souvent un sujet difficile à aborder. Les conduites addictives ont pourtant une répercussion immédiate dans le monde du travail. Comment réagir ? Que faire ? Quels sont les facteurs de risques ? Quel est le cadre réglementaire et quelles sont les responsabilités de chacun ?

Ce type de formation est utile aux responsables d’entreprise, mais aussi aux professionnels des services de santé au travail.

Liste des formations sur des addictions spécifiques

Le type de substance ou de pratique provoquant la dépendance chez le patient implique un diagnostic et une prise en charge spécifique. La pathologie évolue avec des particularités et des symptômes uniques.

De nombreuses formations sont proposées en fonction des addictions :

  • Addiction à l’alcool
    Compréhension des mécanismes de dépendance, évaluation clinique, stratégies de sevrage, accompagnement psychologique et prévention des rechutes.
  • Lutte contre le tabac
    Approches de sevrage tabagique (substituts nicotiniques, thérapies comportementales), prévention en santé publique et accompagnement personnalisé.
  • Surdoses d’opioïdes
    Formation sur la reconnaissance rapide des signes de surdose, utilisation de la naloxone, gestion des urgences et suivi post-crise.
  • Addiction sexuelle
    Identification des comportements compulsifs, prise en charge psychothérapeutique, travail sur la gestion des pulsions et prévention des rechutes.
  • Addiction aux jeux (jeux d’argent et jeux vidéo)
    Détection des signes d’addiction, accompagnement psychologique, techniques de régulation, impact social et familial, ainsi que stratégies de prévention.

Ces formations permettent aux professionnels de santé, aux travailleurs sociaux et aux accompagnants de développer des compétences ciblées, adaptées aux besoins spécifiques de chaque patient.

Formation à la prise en charge des addictions liées à l’alcool

Suivre une formation sur l’addiction à l’alcool, et plus largement la sensibilisation à l’addiction permet aux professionnels de santé (médicaux et non médicaux) confrontés à cette problématique de savoir réagir de manière adaptée. Ils peuvent ainsi intégrer les conduites addictives et les addictions comportementales dans leurs pratiques professionnelles et mettre en place des actions de prévention et de soins.

L’objectif est de développer des compétences complémentaires à une pratique médicale, sociale ou éducative afin de connaître de manière approfondie l’addiction alcoolique.

addiction à l'alcool

Il est important de connaître la problématique de l’alcoolisme dans sa globalité, en intégrant la dimension médicale et humaine. Les apports théoriques sur l’addiction à l’alcool permettent de prendre conscience de la situation avec des données d’épidémiologie, du cadre juridique et des processus physiologiques qui se mettent en place lors d’une addiction.

Les notions abordées sont les suivantes :

  • Les fondamentaux
  • Les chiffres
  • La cadre juridique
  • Le concept d’addiction
  • Le processus de l’addiction
  • Les spécificités de l’alcool

Aider et permettre une prise en charge nécessite de comprendre les conséquences de la maladie alcoolique au niveau personnel, social, familial et professionnel.

Identifier les premiers signes de l’alcoolisme

Savoir identifier les personnes en difficulté avec l’alcool, donc savoir repérer les premiers signes et troubles liés à l’alcoolisme est primordial pour la démarche de diagnostic précoce. Il faut non seulement connaître les facteurs de risques, mais aussi les conséquences physiques et psychiques des usages de l’alcool pour savoir évaluer les risques pour conseiller au mieux les patients et proposer des parcours pertinents de prise en charge.

Être formé à la rencontre avec une personne ayant un problème avec l’alcool est important pour assurer un repérage précoce des situations à risques et agir en prévention.

Diagnostiquer une addiction à l’alcool

Poser un diagnostic est souvent le résultat d’un travail réalisé en liaison avec d’autres professionnels du secteur médico-social. Pour mener cette mission efficacement, il est nécessaire de connaître les politiques de santé et les réseaux existants.

Les formations dispensent également des connaissances sur les aspects génétiques des addictions, les différents types de consommation d’alcool et les notions de dépendance et de codépendance.

Prendre en charge une personne alcoolique

Les professionnels de santé doivent pouvoir proposer une prise en charge, la mettre en place et proposer les réseaux de soutien nécessaires.

  • Déterminer la prise en charge la mieux adaptée parmi les approches thérapeutiques : neurocognition, systémie, thérapie comportementale et cognitive, remédiation, psychanalyse, thérapie émotionnelle
  • S’aider des outils d’aide à l’accompagnement
  • Mettre en œuvre un accompagnement
  • Accompagner malgré des résistances aux soins
  • Comprendre le sevrage et son processus
  • Comprendre l’environnement de la personne alcoolique et le rôle des proches
  • Dispenser des soins en alcoologie
  • Proposer des groupes de paroles
  • Organiser des thérapies individuelles et en groupe
  • Savoir proposer des aides : art thérapie, activité physique…
  • Connaître le parcours de soins : réseaux, outils, structures, groupes d’entraide
  • Prendre en compte les complications possibles de l’addiction à l’alcool : complications cardiovasculaires, neurologiques, hépatiques, etc.

Des situations et des publics conduisent à mettre en place des prises en charge particulières : les personnes âgées, les patients atteints d’autres pathologies, les adolescents, les femmes en cours de grossesse, les salariés en entreprise, etc. Le monde professionnel est particulièrement concerné par de la formation prévention à l’alcool et plus largement par des ateliers de prévention à l’addiction.

Les types de formations

Il existe des formations diplômantes :

  • des diplômes universitaires (DU)
  • des diplômes interuniversitaires (DUI)

Ces formations sont destinées aux médecins, infirmiers, psychologues, orthophonistes, cadres de santé, assistant de service social et conseiller en économie familiale.

D’autres formations sont dispensées par des centres hospitaliers (comme l’IFAC de Nantes avec l’Institut Fédératif des addictions comportementales) et des organismes de formations privés dans le cadre de la formation continue ou du développement professionnel ou continue (DPC).

Dans le cadre du DPC, les formations sur l’addiction à l’alcool répondent à l’orientation n°41 : « Repérage précoce, accompagnement et prise en charge des patients présentant des pratiques addictives de type tabac, alcool, cannabis, opioïdes, jeux écrans, achats compulsifs, sexe ».

La durée

La durée d’une formation sur l’addiction à l’alcool dépend du type d’enseignement et du cadre dans lequel il est suivi (environnement universitaire pour un DU ou DIU, par exemple).

Une formation par un organisme privé dans le cadre de la formation continue a une durée entre 2 et 5 jours (35 heures). Un DIU ou un DU dispense un enseignement d’environ 140 heures réparties sur plusieurs mois au cours d’une année universitaire.

Les prérequis

Il n’existe pas de prérequis si ce n’est d’exercer dans un environnement concerné par la prévention à l’alcoolisme, l’accueil ou la prise en charge de personnes concernées.

Le public concerné

Tout professionnel en contact avec des personnes touchées par la problématique de l’alcoolisme est concerné par une formation à l’addiction à l’alcool. Il peut s’agir du secteur médical, paramédical, éducatif ou social.

Les méthodes pédagogiques

Les sessions de formation sont composées de cours théoriques complétés par des études de cas cliniques, des mises en situation, des ateliers et des échanges entre professionnels.

Le prix

Le prix d’une formation à l’addiction alcoolique est d’environ en moyenne 1 500 € TTC.

Formation au diagnostic et à l’accompagnement de l’addiction sexuelle

Pour les professionnels de santé, il est important d’être formé à l’identification des symptômes, à la prévention et à la prise en charge de cette pathologie. Il est aujourd’hui possible de suivre une formation à l’addiction sexuelle en session de formation continue.

addiction sexuelle dépression

Qu’est-ce que l’addiction sexuelle ?

L’addiction sexuelle (appelée aussi hypersexualité ou dépendance sexuelle) se manifeste par une perte de contrôle sur la sexualité en ayant un comportement de dépendance. Un processus identique à d’autres formes d’addiction (alcool, tabac, jeux, etc.) s’enclenche et mène à une relation pathologique au sexe.

L’addiction sexuelle concerne aussi bien les hommes que les femmes.

Se former au diagnostic de l’addiction sexuelle permet de proposer des prises en charge adaptées.

Les objectifs de la formation

  • Connaître l’addiction sexuelle et ses mécanismes
  • Savoir identifier les symptômes et faire un diagnostic
  • Mener un entretien avec une communication adaptée
  • Comprendre les contextes favorisant à des conduites addictives
  • Connaître les acteurs et réseaux disponibles
  • Pouvoir proposer une prise en charge adaptée en fonction du profil

Le public cible

Ce type de formation est destinée à différentes catégories de professionnels de santé : médecin, infirmier, psychologue, éducateur social, assistante sociale, etc.

La durée et le prix

Le prix d’une formation addictions sexuelles et affectives de 2 jours est d’environ 550 à 600 € TTC.

Test addiction sexuelle

Pour dépister la présence d’une addiction, il existe un test sous forme de questionnaire en ligne proposé par les Hôpitaux Universitaires de Genève.

Rappel des différents types d’addiction sexuelle

L’addiction sexuelle est une addiction comportementale, sans substance et qui provoque différentes formes cliniques en lien avec différentes fonctions psychiques.

Ainsi, l’addiction sexuelle peut se manifester par de nombreux comportements, classés en 12 grandes catégories :

  • aux fantasmes sexuels
  • à la conquête sexuelle
  • au sexe avec un ou une inconnu(e)
  • au sexe tarifié où l’addict contrôle tout par l’argent
  • à la prostitution
  • au voyeurisme
  • à l’exhibitionnisme
  • au fait d’imposer ses pratiques
  • à la violence
  • au sexe désincarné
  • à la pédophilie
  • au cybersexe

Ces comportements compulsifs et excessifs remplissent différentes fonctions psychiques : régulation d’une émotion, trouble de l’attachement, etc.

Les risques de l’addiction sexuelle

Les conséquences négatives sur la vie personnelle ne modifient pas le comportement addictif alors qu’elles peuvent être nombreuses. De plus, Internet facilite l’accès à des pratiques sexuelles pathologiques (sexe online, cybersexe, addiction cybersexuelle, etc.).

L’addiction sexuelle provoque des sentiments de honte et un état de souffrance importants. Les personnes atteintes d’addiction sexuelle ont tendance à se construire une vie centrée sur leur addiction « à côté » de leur vie dite « normale ». Cette situation mène souvent à une forme d’isolement et d’éloignement de l’entourage amical et familial.

Les conséquences peuvent être physiologiques (infections sexuellement transmissibles) et psychologiques (anxiété, dépression, etc.).

Le mécanisme de l’addiction sexuelle

L’addiction sexuelle repose avant tout sur le déni de la personne concernée qui évolue avec sa propre échelle de valeurs. Les phases du cycle addictif sont les mêmes que d’autres types de conduites addictives.

Un cycle en 4 phase se met en place :

  • Phase obsessionnelle. L’addict sexuel compose sa vie en fonction de ses pratiques et interprète chaque situation avec un sens érotique ou sexuel
  • Phase de ritualisation. L’addict met en place des rituels pour satisfaire sa dépendance et renforcer son excitation
  • Phase de comportement sexuel compulsif. L’addict répète des situations de manière incontrôlable
  • Phase de désespoir. L’addict se sent impuissant à changer et se rend compte qu’il est victime de sa dépendance

En atteignant la phase 4, l’addict se réengage dans un nouveau cycle pour atténuer sa souffrance. Il auto-entretient son addiction. Parfois, en phase 4, il prend des décisions pour se sortir de son addiction. La rechute entretient alors son sentiment d’impuissance, l’impression d’être indigne et le repli sur soi.

Les traitements de l’addiction sexuelle

La diversité des formes d’addiction sexuelle nécessite une adaptation des prises en charge. L’addiction sexuelle est très souvent liée à d’autres problèmes émotionnels ou relationnels. Elle peut être parfois provoquée par des pathologies (maladie d’Alzheimer, syndrome de Kleine-Levin ou maladie de Pick) ou des prises de certains médicaments.

Des traitements de l’addiction sexuelle existent et sont basés sur la psychothérapie individuelle ou en groupe :

  • Thérapie de couple
  • Thérapie de groupe
  • Thérapie individuelle

Les thérapies cognito-comportementales (TCC) sont parmi les solutions les plus efficaces.

Le rôle du partenaire de vie (on le considère comme co-addict) est crucial dans les thérapeutiques mises en place. Il participe en effet à l’addiction, quelle que soit sa réaction. Les thérapies cognito-comportementales se basent donc sur une première étape de compréhension des modes de fonctionnement de l’addict et du co-addict.

Comprendre ses propres croyances, les schémas culturels et familiaux, ses propres traumas éventuels permet de faire un premier pas vers l’acceptation de l’existence d’un problème pathologique.

Formation à la prise en charge de l’addiction tabagique

Les soignants sont en première ligne pour repérer les personnes fumeuses et les accompagner dans un parcours de sevrage.

Addiction tabac formation

Le types de formation

Des formations continues proposées par des organismes de formations privés. Elles remettent des certificats et des attestations et permettent de se former à l’addiction au tabac.

Des diplômes universitaires (DU et DIU) sont accessibles aux médecins souhaitant se perfectionner dans le domaine de l’addictologie, par exemple :

  • DIU Tabacologie et aide au sevrage tabagique
  • DIU Addictologie – Troubles liés à l’usage de substances (hors alcool) et addictions comportementales
  • DU Addictologie
  • DIU Périnatalité et addictions
  • DIU Enfant Ado

Ils permettent d’obtenir le titre de tabacologue.

Les objectifs

En France, plus d’un tiers de la population fume du tabac et on dénombre plus de 700 000 consommateurs réguliers de cannabis.

En outre, plus de 70 000 décès liés au tabac ont lieu chaque année. Le tabac est la première cause de décès évitable. Cet enjeu de santé publique pousse les pouvoirs publics à élargir les moyens d’action et de prévention en alertant les professionnels de santé.

Suivre une formation sur l’addiction au tabac et cannabis permet de mettre en place des moyens adaptés en faveur du repérage précoce, du diagnostic et de la prise en charge vers un sevrage.

Suivre une formation sur l’addiction au tabac permet d’acquérir les bonnes attitudes pour être efficace et proposer des prises en charges.

En connaissant les processus en jeu lors d’une addiction à une substances, qu’elle soit licite ou non, le professionnel comprend les conséquences sur la vie de son patient au niveau social, psychologique et physiologique.

Quelques chiffres sur la consommation

  • 30.4 % des personnes de 18 à 75 ans sont dépendants au tabac
  • 11 % des personnes âgées de 18 à 65 ans consomment du cannabis

Test Addiction Tabac

Différents tests existent pour évaluer le degré de la dépendance au tabac. Le site AMELI met en ligne un test addiction au tabat au format pdf accessible à tous.

Le public concerné

Les médecins généralistes, les pharmaciens et les infirmiers sont un public privilégié car en contact régulier avec les personnes en situation d’addiction au tabac. Les soignants peuvent prescrire des traitements à base de substituts nicotiniques.

Le programme

  • Acquérir des connaissances sur le tabac et l’addiction à la nicotine
  • Comprendre le mécanisme de l’addiction au tabac
  • Connaître l’histoire de la toxicomanie
  • Découvrir les politiques actuelles en matière de lutte contre les addictions
  • Connaitre les produits actuels (nouveaux produits de synthèse, produits psychoactifs) : comment ils sont consommés, quels effets ont-ils, quels sont leurs risques, qui consomme.
  • Repérer les patients à risque de manière précoce (tabac et cannabis)
  • Savoir identifier les freins et les motivations des patients pour arrêter de fumer
  • Pouvoir mettre en place des actions de prévention, notamment le RPIB (Repérage Précoce et Intervention Brève)
  • Relayer les actions de prévention officielles
  • S’approprier les ressources disponibles
  • Maîtriser les techniques d’aide à la réduction et d’arrêt du tabagisme : test de dépendance, consultation spécialisée, outils, approche motivationnelle, etc.
  • Connaître les traitements à proposer, notamment les substituts nicotiniques
  • Connaître les protocoles de prescription : TNS, TCC…
  • Savoir animer des groupes de thérapie sur le sevrage tabagique ou accompagnement à l’arrêt du cannabis

Les méthodes pédagogiques

L’apport de connaissances théoriques est complété par des travaux de groupe, des échanges entre professionnels et des études de cas cliniques.

Différents types de formations sont disponibles : en présentiel ou à distance sous la forme de MOOC.

La durée

La durée des formations à l’addiction au tabac destinées aux professionnels de santé varie selon les types d’enseignement. Les diplômes universitaires dispensent des enseignements sur l’ensemble d’une année universitaire alors que les formations continues peuvent durer 1 à 2 journées.

Le prix

Les formations peuvent être financées dans le cadre du DPC développement professionnel continu) et répondent aux orientations suivantes :

  • Assurer la coordination et la continuité des parcours et des prises en charges
  • Prise en charge des personnes en situation spécifique
  • Orientation 41 : Repérage précoce, accompagnement et prise en charge des patients présentant des pratiques addictives de type tabac, alcool, cannabis, opioïdes, jeux écrans, achats compulsifs, sexe

Le prix des formations débute à environ 600 € par journée d’apprentissage.

Se former à l’addiction tabac cannabis en tant qu’infirmier

Les infirmières sont des partenaires privilégiés pour identifier les personnes en situation d’addiction, qu’il s’agisse du tabac, du cannabis ou d’autres substances.

Depuis 2016 et la loi sur la modernisation du système de santé, les infirmières peuvent prescrire des traitements nicotiniques de substitution.

Ainsi, il est opportun que les infirmières IDEL (infirmières diplômées d’État libérales) puissent se former et actualiser leurs connaissances sur les modalités du sevrage tabagique et l’accompagnement des patients fumeurs.

Sevrage tabagique grâce à une prise en charge personnalisée avec le pharmacien

Les pharmaciens en officine sont habilités à accompagner les patients dans leur parcours de sevrage tabagique. Des consultations sont programmées pour assurer un suivi du sevrage et une aide est prodiguée pour choisir le bon produit de substitution.

Rappel de ce que c'est qu'une substance licite

Une substance licite signifie que sa consommation est possible dans le respect de la réglementation imposée par la loi, par exemple l’alcool, le tabac, les somnifères, les solvants, etc.

Les substances illicites sont interdites par la loi. C’est le cas de la cocaïne, du cannabis, de l’héroïne, de l’ecstasy, de la MDMA, etc.

Le ministère de la Santé produit la liste des substances illicites. Elle est disponible sur le site de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament).

L’addiction au tabac est aussi appelée dépendance au tabac. Elle se manifeste par un besoin physique de fumer. Cette réaction est induite par la nicotine.

L’addiction peut être à la fois psychologique, comportementale et physique.

Une personne considérée comme très dépendante fume sa première cigarette moins de 30 minutes après son réveil.

Formation à la prise en charge des surdoses d’opioïdes

La lutte contre les surdoses d’opioïdes débute par la sensibilisation des professionnels de santé à l’utilisation des traitements par agonistes opioïdes (TAO), puis par la transmission d’une connaissance d’ensemble sur les risques, le diagnostic et les traitements disponibles.

  • Acquérir des connaissances sur la situation et les enjeux de santé publique
  • Connaître les opioïdes et leurs dangers
  • Identifier les symptômes d’une surdose d’opioïdes
  • Savoir diagnostiquer des troubles liés aux opioïdes
  • Pouvoir intervenir auprès d’une personne en danger
  • Mettre en place des mesures de prévention
  • Connaître les mécanismes d’action des traitements antagonistes opioïdes
  • Éduquer à l’utilisation de l’antidote naloxone

Les infirmiers et les médecins sont amenées à prendre en charge des personnes subissant un surdosage.

De même, les pharmaciens doivent aussi être alertés sur les mésusages des opioïdes afin d’agir en prévention et favoriser un respect des prescriptions. Enfin, les professionnels du secteur social sont également impactés.

Les types d’opioïdes

Environ 10 millions de Français disposent d’une prescription d’opioïdes, soit plus de 17 % de la population. Dans le monde, plusieurs pays, comme les USA, le Canada ou encore l’Angleterre, font face à une crise sanitaire liée aux opioïdes.

La France n’est pas encore dans une situation aussi problématique, mais les autorités souhaitent agir en prévention. Le vieillissement de la population et la multiplication de maladies chroniques nécessitent des traitements contre la douleur qui peut induire une consommation d’opioïdes. Les risques de surdose d’opioïdes sont réels.

Les opioïdes sont des extraits de la graine de pavot. Il existe aussi des composés synthétiques et semi-synthétiques.

Opiacés et opioïdes : définition

Les opioïdes sont les analgésiques naturels et synthétiques dérivés du pavot. Les opiacés sont les médicaments qui contiennent des produits naturels dérivés du pavot.

Les opioïdes sont présents dans des médicaments prescrits contre la douleur. Ils sont prescrits pour leur effet analgésique et sédatif. Une surdose d’opioïde est donc provoquée par une prise excessive de médicament à base d’opioïde.

Une surdose d’opioïdes peut aussi être provoquée par une prise de substances illicites comme l’héroïne, par exemple.

Enfin, les traitements de substitution aux opiacés (les TSO) peuvent aussi induire des surdosages s’ils sont ingérés à une dose supérieure à la prescription.

Quels sont les médicaments opioïdes ?

Parmi les médicaments opioïdes plus connus, citons la morphine, la codéïne, l’oxycodone (Oxycontin), la méthadone, la buprénorphine, le tramadol et le fentanyl. Pour obtenir une liste des opioïdes complète, consultez le Vidal.

Les risques d’une intoxication aux opioïdes

Les opioïdes agissent sur la zone du cerveau qui contrôle la respiration. Un surdosage entraîne donc un ralentissement de la respiration qui peut aboutir à une perte de connaissance, voire à la mort.

L’usage prolongé des opioïdes peut entraîner une dépendance.

Les personnes en état de surdose d’opioïdes peuvent présenter les symptômes et les signes suivants :

  • Difficulté à marcher et parler
  • Contraction des pupilles
  • Forte diminution du diamètre de la pupille (myosis)
  • Grande difficulté à respirer (moins d’une inspiration toutes les 5 secondes)
  • Des apnées et des ronflements
  • Des étourdissements
  • Tendance à s’endormir sans arriver à se réveiller
  • Des angles et des lèvres bleus
  • La peau froide et moite

Les effets des opioïdes, quand ils sont néfastes, sont très facilement identifiables et nécessitent d’agir très rapidement.

Dans quelles situations risque-t-on une surdose d’opioïdes ?

Toute personne prenant des médicaments à base d’opioïdes peut être victime d’une surdose ou présenter des troubles liés à l’utilisation d’opioïdes (TUO). Certaines situations sont propices à un surdosage, car certains facteurs augmentent les risques, notamment :

  • Au démarrage d’un traitement antidouleur aux opioïdes
  • Quand on a du mal à gérer un traitement et qu’on en prend plus souvent ou à plus fortes doses
  • Après un sevrage
  • Lors d’une prise occasionnelle de substance illicite
  • Quand on prend de l’alcool en même temps qu’un traitement
  • Lorsqu’on est atteint d’une maladie du foie, des poumons, d’une infection à VIH ou de problèmes de santé mentale

Quelles solutions pour traiter une addiction aux opioïdes ?

Depuis plus de 40 ans, il existe un traitement d’urgence. Il s’agit d’un médicament antidote spécifique aux opioïdes, la naloxone qui est, en France :

  • Disponible sous une forme directement utilisable par tous
  • Disponible en pharmacie
  • En vente libre, sans prescription médicale
  • Gratuite à l’hôpital et dans les structures de prise en charge de l’addictologie

Comment lutter contre les surdoses d’opioïdes ?

Au-delà de la mise à disposition de la naloxone dans l’environnement des personnes à risques, les moyens de lutte contre la survenance de surdoses d’opioïdes peuvent la forme de différentes mesures concrètes :

  • Promouvoir la disponibilité des traitements contre la dépendance aux opioïdes aux personnes à risque et à leur entourage
  • Prévenir les prescriptions inadaptées
  • Mettre en place un suivi des prescriptions
  • Limiter la vente des opioïdes sans ordonnance

Les recommandations de bonne pratique

La HAS (Haute Autorité de Santé) a validé des bonnes pratiques sur le bon usage des médicaments opioïdes : antalgie, prévention et prise en charge du trouble de l’usage et des surdoses.

Formation sur l’addiction aux jeux : prévention, diagnostic et accompagnement

On l’appelle aussi jeu pathologique, jeu compulsif, ludomanie ou jeu excessif. L’addiction au jeu est un réel fléau et elle est reconnue comme véritable addiction par le corps médical.

On distingue l’addiction excessive aux jeux vidéo ou en ligne et l’addiction aux jeux d’argent. Les professionnels de santé doivent savoir reconnaître les symptômes de l’addiction aux jeux et en comprendre les enjeux. Trouver la bonne formation sur l’addiction aux jeux est essentiel pour proposer des solutions thérapeutiques aux patients atteints.

Addiction aux jeux

Les formations de sensibilisation en vue de la prévention, du diagnostic et de la prise en charge de l'addiction aux jeux se multiplient. Elles ont un intérêt majeur pour la santé publique, les jeux en ligne, les paris et les jeux de hasard se développant de plus en plus dans notre société.

Les objectifs

  • Faire connaître les addictions comportementales
  • Promouvoir l’aspect transversal de l’addictologie
  • Faire connaître les conduites addictives au jeu
  • Améliorer la prise en charge des personnes en souffrance
  • Informer sur les structures et réseaux existants
  • Accompagner les patients et organiser leur prise en charge
  • Découvrir les orientations thérapeutiques : approche familiale, approche cognito-comportementale, etc.

Le programme

  • Connaissance du phénomène d’addiction sans drogue
  • Spécificités des jeux de hasard et jeux d’argent
  • Cadre législatif des jeux de hasard et d’argent
  • Les différents usages des jeux et types de joueurs
  • Particularités des jeux en ligne
  • La cyberaddiction : usages, pratiques, utilisation pathologique
  • Approche clinique
  • Critères diagnostiques du jeu pathologique
  • Facteurs de risques de l’addiction aux jeux
  • Classification comportementale
  • Accueil de la personne addicte aux jeux
  • Thérapeutiques disponibles et protocoles d’action

Les méthodes pédagogiques

Des cours théoriques apportent des connaissances approfondies sur les différentes notions impliquées dans les addictions. Des échanges, des travaux en petits groupes, des études de cas cliniques et des analyses de cas pratiques complètent ces apports théoriques.

Le public cible

Ces formations sur la prévention et la prise en charge des addictions aux jeux s’adresse à tous les professionnels de santé travaillant dans le secteur médico-social. Elles concernent toute personne en lien ou pouvant être en contact avec des personnes en situation d’addiction aux jeux : addictologue, médecin, infirmier, intervenant social, psychologue, psychiatre, etc.

Les prérequis

Aucun prérequis n’est exigé, mais il est nécessaire d’être concerné par le diagnostic et la prise en charge des personnes en situation d’addiction aux jeux.

La durée

La durée d’une formation à la prévention de l’addiction aux jeux est en moyenne de 1 à 2 jours.

Le tarif

Le prix d’une formation début à partir de 550 € TTC en individuel. Des tarifs de groupe sont possibles selon les situations.

Qu’est-ce que l’addiction aux jeux ?

L’addiction aux jeux se caractérise par une pratique excessive du jeu qui est détourné de son but premier de divertir. La personne atteinte d’addiction aux jeux ne peut s’empêcher de jouer et a besoin de pratiquer le plus souvent possible.

L’addiction aux jeux est une addiction comportementale, sans substance, mais qui a toutefois des conséquences importantes néfastes sur la qualité de vie du patient.

Le principe de l’addiction est identique à toutes les autres formes d’addiction. Le cerveau libère une grande quantité d’hormones du plaisir (comme la dopamine). En rejouant, le joueur va chercher à retrouver ce premier état de plaisir passé et s’installe alors une dépendance. Le fait de perdre fait partie de cette quête et ne décourage en rien la personne addict.

Comment appelle-t-on une personne addicte aux jeux ?

Un joueur de jeux video est aussi appelé gamer. C’est un « casual gamer » quand il joue occasionnellement, un « hardcore gamer » quand il est passionné et un « pro gamer » quand il est professionnel. On parle aussi de joueur pathologique quand l’addiction aux jeux est installée.

Quels sont les jeux qui provoquent une addiction ?

Deux types de jeux peuvent provoquer une addiction :

  • Les jeux vidéo notamment les jeux en ligne ou en réseau. On les trouve sur ordinateur, sur console de jeux ou sur smartphone.
  • Les jeux d’argent qui peuvent non seulement prendre la forme de tickets à gratter chez le buraliste et de loteries, amis aussi de jeux organisés dans des lieux comme des casinos ou des hippodromes. Ce type de jeux incluent les paris.

L’addiction aux jeux vidéo concerne 2.5 milliards de personnes dans le monde.

La dépendance aux jeux video est officiellement reconnue comme une addiction par l’Organisation Mondiale de la santé (OMS).

Les risques encourus par les personnes addictes aux jeux sont importants. Les cas graves révèlent des conséquences désastreuses : risque suicidaire, dépression, anxiété, variation de poids, etc. L’addiction aux jeux est souvent associée à d’autres addictions (alcool, tabac, etc.).

Les problèmes de santé s’ajoutent à des problèmes financiers fréquents surtout lorsqu’il s’agit de jeux d’argent. Les problèmes peuvent devenir sérieux : interdiction à la Banque de France, découvert, impossibilité de remboursement de prêt, etc.

Comment soigner une addiction aux jeux ?

Une addiction aux jeux, comme toute forme d’addiction avérée ne peut se soigner seul. Une prise en charge thérapeutique par des professionnels de santé spécialement formés est impérative : addictologue et psychologue spécialisé.

Un premier contact avec le médecin traitant permet d’orienter le patient vers des professionnels spécialisés.

Différents dispositifs d’aide peuvent être mis en place en fonction des pratiques professionnelles :

  • Les centres de soins d'accompagnement et de prévention en addictologie en ambulatoire (CSAPA)
  • Utilisation de jeux thérapeutiques : simulateurs de jeu, biofeedback, réalité virtuelle…

L’interdiction de casinos est une mesure préventive que le joueur s’impose de son plein gré pour éviter les effets négatifs d’une éventuelle addiction.

Comprendre l'addiction

Différents facteurs peuvent favoriser l’émergence d’une addiction aux jeux :

  • La présence de moyens faciles d’accès aux jeux : proximité d’un casino, d’espaces de vente de tickets à gratter, de console de jeux, etc.
  • Des proches mettant en valeur leurs gains et pouvant inciter à jouer sans mesure de précaution
  • Des gains rapidement obtenus au commencement de la pratique du jeu. Le cerveau mémorise les gains et moins les pertes. La « chance du débutant » peut très vite entrainer une sorte d’euphorie qui donne l’illusion qu’on peut facilement recommencer à gagner.
  • Des facteurs psychologiques : traumatismes, dépression, troubles de l’attention, hyperactivité, situation personnelle difficile, etc.
  • L’ennui qui transforme le jeu en habitude puis en addiction
  • L’appât du gain en ayant l’image de personne qui gagnent beaucoup

Comment savoir si on est addict aux jeux ?

La pratique de jeux vidéo ou de jeux d’argent est problématique quand des conséquences négatives apparaissent dans le quotidien de la personne atteinte.

Le Centre expert Ressource du Jeu Pathologique (CERJeP) a établi une échelle d’usages :

  • Usage occasionnel. Il s’agit d’un comportement normal, où la pratique est irrégulière et où la personne arrête facilement de jouer.
  • Usage régulier. La personne entreprend des parties de jeux plus longues, mais reste en capacité de se contrôler et il n’y a pas de dysfonctionnement psychologique et social.
  • Usage abusif. La pratique commence à avoir des conséquences néfastes et à poser problème.
  • Dépendance. Le joueur ne contrôle plus sa pratique et s’isole, se surendette, etc.

Le CERJeP met en ligne des tests pour estimer dans quelle mesure l’addiction aux jeux s’est installée : https://cerjep.fr/liste-des-tests/

Comment arrêter le gambling ?

Mettre fin à une addiction aux jeux d’argent est un parcours contraignant et parfois long. Il est essentiel de commencer par reconnaître son problème pour pouvoir ensuite mettre en place une stratégie :

  • Apprendre à se connaître en analysant ses forces et ses faiblesses
  • Identifier les déclencheurs
  • Apprendre à se contrôler
  • Accepter de se faire aider
  • Se construire une relation saine et équilibrée à l’argent
  • Fuir les situations qui induisent un risque de jouer

Pour aller plus loin

Rédigé par

Laurent Lugari

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