
Être en sécurité sur le lieu de travail est un objectif qui nécessite une stratégie et une vigilance permanente. Les dangers varient d'une entreprise à une autre, et assurer la sécurité comme la sûreté reste un enjeu majeur pour toute structure. Une formation en sûreté des biens et des personnes constitue un levier supplémentaire dans la gestion des risques. Ce guide présente les cursus disponibles, les organismes reconnus, les débouchés professionnels et les financements accessibles.
- Qu'est-ce que la sûreté des biens et des personnes ?
- Sûreté et sécurité : quelles différences ?
- La malveillance en entreprise en chiffres
- Cadre réglementaire de la sûreté en entreprise
- Pourquoi se former à la protection des biens et des personnes ?
- Qui est concerné par ces formations ?
- Les différentes formations disponibles
- Licence pro sécurité des biens et des personnes
- Top 3 des organismes de formation
- Le métier d'agent de sûreté
- Financement et prise en charge
- Questions fréquentes
Qu'est-ce que la sûreté des biens et des personnes ?
La sûreté des biens et des personnes en entreprise a pour but de prévenir les risques d'incident ou d'accident afin de protéger les employés, les biens et l'organisation dans son ensemble — y compris ses clients, ses fournisseurs et ses partenaires.
Une remise en question de la sûreté fait généralement suite à des actes de malveillance, par exemple : intrusions, attentats, vols de biens, cyberattaques, actes de vandalisme, agressions verbales ou physiques, enlèvements, ou encore sabotage industriel.
La gestion de la sûreté est amenée à évoluer en permanence, car les risques eux-mêmes ne sont pas figés. La politique de protection doit sans cesse être réévaluée et redéfinie. Concrètement, la démarche repose sur quatre étapes : l'identification des vulnérabilités, l'évaluation du niveau de risque, la mise en place de mesures adaptées, puis le suivi continu avec réévaluation régulière. Ce travail mobilise l'ensemble de la structure, de la production à la direction.
La politique de sûreté n'est jamais figée. Les menaces évoluent avec les techniques des attaquants, les mutations technologiques et les changements d'environnement de l'entreprise. Une réévaluation annuelle du plan de sûreté est recommandée par les experts du secteur.
Sûreté et sécurité en entreprise : quelles différences ?
La confusion entre sûreté et sécurité est fréquente, notamment parce qu'en anglais, le terme security traduit la notion de sûreté alors que safety désigne la sécurité. En français, les deux mots sont souvent employés de manière interchangeable, ce qui génère des erreurs dans la gestion des risques.
La sécurité : prévenir les risques accidentels
La sécurité désigne les moyens de prévention mis en place contre les risques accidentels et imprévisibles qui peuvent survenir dans l'entreprise. Il peut s'agir de moyens humains, organisationnels ou techniques : incendies accidentels, défaillances mécaniques, accidents du travail, catastrophes naturelles ou risques chimiques. Elle s'appuie sur des réglementations précises (Code du travail, normes ERP, règle APSAD) et des protocoles bien établis.
La sûreté : se protéger des actes intentionnels
La sûreté concerne les mesures mises en place pour prévenir des actions malveillantes commises volontairement dans le but de nuire. La distinction fondamentale entre les deux notions réside dans l'intention : un incendie accidentel relève de la sécurité, tandis qu'un incendie volontaire relève de la sûreté. Les dispositifs déployés diffèrent également : contrôle d'accès, vidéoprotection, détection d'intrusion ou encore renseignement d'entreprise.
| Critère | Sécurité (Safety) | Sûreté (Security) |
|---|---|---|
| Nature du risque | Accidentel, involontaire | Intentionnel, malveillant |
| Exemples | Incendie, chute, panne, inondation | Vol, intrusion, sabotage, agression |
| Approche | Réduction de la probabilité de défaillance | Dissuasion, détection, neutralisation |
| Réglementation | Très encadrée (Code du travail, ERP) | Moins codifiée, plus adaptative |
| Outils | EPI, extincteurs, alarmes incendie | Contrôle d'accès, vidéoprotection, audit |
| Traduction anglaise | Safety | Security |
Confondre ces deux notions peut conduire à des angles morts critiques dans la protection de l'organisation. Une entreprise qui investit massivement dans la sécurité incendie mais néglige le contrôle des accès reste exposée aux intrusions. Les deux démarches sont complémentaires et doivent être pilotées de façon coordonnée.
La malveillance en entreprise : quelques chiffres
D'après les données du Bureau d'Analyse des Risques et Pollutions Industriels (BARPI), 4 % des accidents industriels recensés sont directement causés par un acte de malveillance. Parmi ces incidents, 77 % se traduisent par un incendie et 13,5 % provoquent des blessures corporelles.
Selon le Traité Pratique de Sûreté Malveillance (édition 2018), 7 816 vols de métaux ont eu lieu en France en 2015, illustrant l'ampleur des atteintes aux biens dans le secteur industriel. Par ailleurs, d'après l'INSEE, 13 % des entreprises de 10 à 19 salariés et 30 % des grandes sociétés ont déclaré avoir été touchées par un problème de sécurité informatique.
Cadre réglementaire de la sûreté en entreprise
Contrairement à la sécurité au travail, très encadrée par le Code du travail et de nombreuses normes, il n'existe pas de réglementation spécifique en matière de sûreté en entreprise. Néanmoins, plusieurs textes imposent des obligations aux employeurs.
L'article L. 4121-1 du Code du travail pose une obligation générale de résultat : l'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour garantir la protection physique et mentale de ses salariés. Cela inclut des actions de prévention, d'information et de formation, ainsi que la mise en place d'une organisation adaptée.
Le Code de la sécurité intérieure réglemente quant à lui les activités de sécurité privée : gardiennage, surveillance, transport de fonds, protection rapprochée et enquêtes privées. Toute personne exerçant dans ce secteur doit détenir une carte professionnelle délivrée par le CNAPS (Conseil National des Activités Privées de Sécurité).
Même en l'absence de norme obligatoire dédiée à la sûreté, le référentiel CNPP 1302 propose un cadre volontaire pour construire un système de management de la sûreté en entreprise. Il sert de référence aux auditeurs et aux assureurs.
Pourquoi se former à la protection des biens et des personnes ?
Toutes les organisations, quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité, sont concernées par la prévention des actes de malveillance. Un défaut de sûreté peut avoir des conséquences graves : accidents corporels, dommages matériels, pertes de données confidentielles. La réputation de l'entreprise peut être gravement entachée.
La direction doit assurer la gestion des risques de sûreté et la formation de l'ensemble du personnel y joue un rôle déterminant. La participation et la vigilance de tous les salariés sont nécessaires pour une gestion efficace de la protection. La prévention des risques doit même faire partie de la culture de l'entreprise.
Les bénéfices concrets d'un cursus en sûreté incluent la capacité à identifier les vulnérabilités propres à l'entreprise, la maîtrise des outils de protection physique et numérique, l'amélioration de la réaction en situation de crise et la conformité avec les obligations légales de l'employeur.
Qui est concerné par ces formations ?
L'ensemble du personnel de l'entreprise doit être sensibilisé pour que la prévention soit efficace. Néanmoins, le responsable sûreté et sécurité doit disposer de connaissances larges dans le domaine et posséder les compétences nécessaires au niveau interne. Voici les principaux publics visés :
- Responsables sûreté et sécurité : ils pilotent la politique globale de protection et doivent disposer d'une expertise transversale
- Dirigeants et cadres de direction : la sûreté relève de leur responsabilité juridique et stratégique
- Agents de surveillance et de gardiennage : ils assurent la protection physique au quotidien
- Personnel d'accueil et de logistique : en première ligne face aux risques d'intrusion ou de vol
- Responsables informatiques : garants de la cybersécurité, composante croissante de la sûreté
- Professionnels en reconversion : le secteur recrute et offre des perspectives d'évolution
Le responsable de la sûreté doit idéalement siéger au comité de direction pour anticiper les risques liés aux décisions stratégiques et disposer des ressources humaines et budgétaires adaptées.
Les différentes formations en sûreté et sécurité des biens et des personnes
Formations courtes (sensibilisation et perfectionnement)
Ces programmes, d'une durée de 1 à 5 jours, s'adressent aux professionnels en poste souhaitant renforcer leurs compétences. Ils couvrent des thématiques ciblées : analyse de vulnérabilité, prévention de la malveillance, management de la sûreté ou encore gestion de crise. Ils ne requièrent généralement aucun prérequis et sont accessibles en présentiel ou en classe virtuelle.
Formations diplômantes et certifiantes
| Formation | Niveau | Durée | Débouchés |
|---|---|---|---|
| Licence pro sécurité des biens et des personnes | Bac + 3 (RNCP) | 1 an | Responsable sécurité, chargé de prévention, directeur d'agence |
| Manager des risques sûreté et malveillance (CNPP) | Niveau 7 (RNCP 37783) | Variable selon parcours | Directeur sûreté, consultant, risk manager |
| Cadre technique sécurité-sûreté (CNPP) | Certification professionnelle | Plusieurs semaines | Ingénieur sécurité, conseiller technique |
| TFP APS (ex-CQP) | Qualification professionnelle | 175 heures | Agent de sûreté, surveillant, agent de prévention |
| Titre professionnel A2SP | Niveau 4 (baccalauréat) | 315 à 600 heures | Agent de sûreté, rondier, agent de sécurité incendie |
Licence professionnelle sécurité des biens et des personnes
Il existe un diplôme d'État de niveau bac + 3 : la licence pro mention sécurité des biens et des personnes. Deux parcours d'études sont disponibles selon les universités :
- Spécialité activités juridiques, sécurité privée et direction d'enquêtes
- Spécialité management de la sécurité et gestion des risques
Programme de la formation
L'objectif est de former des dirigeants, des cadres et des responsables de services de sécurité privée en transmettant des compétences théoriques et pratiques. Le programme couvre :
- Notions générales de sécurité et cadre juridique (droit pénal, civil, social)
- Techniques et procédures de sûreté
- Technologies de surveillance et de protection
- Analyse et évaluation de situations, de risques et de besoins de protection
- Organisation et coordination d'une équipe d'intervention
- Management opérationnel de la sécurité
- Outils numériques et sécurité informatique
- Projet tutoré et stage professionnel d'au moins 16 semaines
La durée du cursus est d'un an en formation initiale, en formation continue ou en VAE.
Où préparer cette licence ?
La licence pro se prépare dans une quinzaine d'établissements en France :
- Centre de formation permanente de l'Université Paris-Panthéon-Assas
- UFR droit, économie, gestion (Centre Melun) de l'Université Paris-Panthéon-Assas
- UFR droit — Faculté de droit économie et gestion de l'Université Paris Cité
- IUT du Havre, IUT de Colmar, IUT d'Aix-Marseille
- IUT de Lille (site de Roubaix), IUT de Poitiers-Niort-Châtellerault (site de Niort)
- Université d'Avignon (UFRip Droit + Service FTLV)
- Université du Littoral Côte d'Opale à Calais
- INU Jean-François Champollion à Rodez
- Université de Pau et des Pays de l'Adour, CFA Beau-Frêne
Pour connaître les conditions d'admission, consultez la fiche RNCP sur France Compétences.
Débouchés et insertion professionnelle
Les titulaires accèdent à des postes de responsable sûreté, chargé de prévention des risques, directeur de service de sécurité privée, consultant en gestion des risques ou formateur en sécurité. Le taux d'insertion professionnelle atteint environ 93 % dans les 30 mois suivant l'obtention du diplôme.
La licence pro permet également d'obtenir l'agrément de dirigeant d'entreprise de sécurité privée auprès du CNAPS, sous réserve de validation des compétences juridiques exigées par le Code de la sécurité intérieure.
Top 3 des organismes de formation en sûreté
Parmi les nombreux acteurs du marché, voici trois organismes reconnus pour leur expertise dans la protection des biens et des personnes :
CNPP
Centre National de Prévention et de Protection. Référence en maîtrise des risques depuis 1956. Certifications en sûreté (CERIC, Manager des risques sûreté RNCP 37783), sensibilisation à la malveillance et management de la sécurité. Infrastructures uniques en Europe.
cnpp.com →CNAM
Conservatoire National des Arts et Métiers. Grand établissement public présent dans toute la France. Unités d'enseignement en gestion des risques, sécurité au travail et management HSE. Formation continue, cours du soir et alternance.
cnam.fr →IREMOS
Cabinet spécialisé en sûreté, gestion de crise et intelligence économique. Construction de plans de sûreté, sensibilisation des collaborateurs, audits de vulnérabilité. Intervient auprès de grands comptes et d'institutions.
iremos.fr →Avant de choisir un organisme, vérifiez qu'il dispose de la certification Qualiopi, obligatoire depuis 2022 pour accéder aux financements publics (CPF, OPCO, FNE-Formation). Assurez-vous également que la formation prépare à une certification inscrite au RNCP ou au répertoire spécifique.
Le métier d'agent de sûreté
L'agent de sûreté est le professionnel chargé d'assurer la protection des personnes, des locaux et des biens contre les actes de malveillance. Il intervient dans des contextes très divers : sites industriels, centres commerciaux, événements, transports, établissements de santé ou encore aéroports.
Missions principales
Les activités varient selon l'affectation. Elles incluent la surveillance des accès et le contrôle des flux, les rondes de vérification, la gestion des systèmes de vidéoprotection et d'alarme, la détection des comportements suspects, l'intervention en cas d'incident et la rédaction de rapports et de mains courantes.
Compétences et qualités requises
Au-delà des savoirs techniques (maîtrise des équipements de sécurité, connaissance du cadre juridique), le métier demande des qualités humaines : vigilance constante, capacité d'analyse rapide, maîtrise de soi, aptitude à la communication et au travail en équipe. La discrétion et le respect de la déontologie professionnelle sont également déterminants.
Conditions d'accès
Pour exercer, il faut obtenir une carte professionnelle délivrée par le CNAPS, qui suppose la validation d'une formation reconnue (TFP APS, titre professionnel A2SP ou diplôme équivalent). Les candidats doivent également justifier d'un casier judiciaire vierge et passer une enquête administrative.
Le secteur de la sécurité privée emploie plus de 200 000 personnes en France et recrute régulièrement. Les perspectives d'évolution sont réelles : chef d'équipe, superviseur, responsable de site, puis directeur de sûreté après des formations complémentaires.
Financement et prise en charge des formations
| Dispositif | Public concerné | Particularités |
|---|---|---|
| CPF | Salariés, demandeurs d'emploi | Formations certifiantes inscrites au RNCP ou répertoire spécifique |
| Plan de développement des compétences | Salariés | Financé par l'employeur |
| OPCO | Salariés, alternants | Prise en charge selon la branche professionnelle |
| FNE-Formation | Entreprises en difficulté | Financement État pour le maintien dans l'emploi |
| France Travail | Demandeurs d'emploi | AIF, POEI, AFPR |
| Contrat d'alternance | 16 à 29 ans, demandeurs d'emploi | Formation en alternance, rémunérée |
Pour les agents de la fonction publique hospitalière, le CGOS et les plans de formation des établissements peuvent également prendre en charge certains cursus liés à la sécurité des personnes.
Questions fréquentes
Sources : BARPI, Traité Pratique de Sûreté Malveillance (2018), INSEE, France Compétences (fiche RNCP 30162), Legifrance (Code du travail, Code de la sécurité intérieure).
