Tout sur la Formation sûreté des biens et personnes

Article mis à jour le : 9 avril 2026

Formation sûreté des biens et des personnes | Objectifs, Programme, Durée

Être en sécurité sur le lieu de travail est un objectif qui nécessite une stratégie et une vigilance permanente. Les dangers varient d'une entreprise à une autre, et assurer la sécurité comme la sûreté reste un enjeu majeur pour toute structure. Une formation en sûreté des biens et des personnes constitue un levier supplémentaire dans la gestion des risques. Ce guide présente les cursus disponibles, les organismes reconnus, les débouchés professionnels et les financements accessibles.

Qu'est-ce que la sûreté des biens et des personnes ?

La sûreté des biens et des personnes en entreprise a pour but de prévenir les risques d'incident ou d'accident afin de protéger les employés, les biens et l'organisation dans son ensemble — y compris ses clients, ses fournisseurs et ses partenaires.

Une remise en question de la sûreté fait généralement suite à des actes de malveillance, par exemple : intrusions, attentats, vols de biens, cyberattaques, actes de vandalisme, agressions verbales ou physiques, enlèvements, ou encore sabotage industriel.

La gestion de la sûreté est amenée à évoluer en permanence, car les risques eux-mêmes ne sont pas figés. La politique de protection doit sans cesse être réévaluée et redéfinie. Concrètement, la démarche repose sur quatre étapes : l'identification des vulnérabilités, l'évaluation du niveau de risque, la mise en place de mesures adaptées, puis le suivi continu avec réévaluation régulière. Ce travail mobilise l'ensemble de la structure, de la production à la direction.

Bon à savoir

La politique de sûreté n'est jamais figée. Les menaces évoluent avec les techniques des attaquants, les mutations technologiques et les changements d'environnement de l'entreprise. Une réévaluation annuelle du plan de sûreté est recommandée par les experts du secteur.

Sûreté et sécurité en entreprise : quelles différences ?

La confusion entre sûreté et sécurité est fréquente, notamment parce qu'en anglais, le terme security traduit la notion de sûreté alors que safety désigne la sécurité. En français, les deux mots sont souvent employés de manière interchangeable, ce qui génère des erreurs dans la gestion des risques.

La sécurité : prévenir les risques accidentels

La sécurité désigne les moyens de prévention mis en place contre les risques accidentels et imprévisibles qui peuvent survenir dans l'entreprise. Il peut s'agir de moyens humains, organisationnels ou techniques : incendies accidentels, défaillances mécaniques, accidents du travail, catastrophes naturelles ou risques chimiques. Elle s'appuie sur des réglementations précises (Code du travail, normes ERP, règle APSAD) et des protocoles bien établis.

La sûreté : se protéger des actes intentionnels

La sûreté concerne les mesures mises en place pour prévenir des actions malveillantes commises volontairement dans le but de nuire. La distinction fondamentale entre les deux notions réside dans l'intention : un incendie accidentel relève de la sécurité, tandis qu'un incendie volontaire relève de la sûreté. Les dispositifs déployés diffèrent également : contrôle d'accès, vidéoprotection, détection d'intrusion ou encore renseignement d'entreprise.

CritèreSécurité (Safety)Sûreté (Security)
Nature du risqueAccidentel, involontaireIntentionnel, malveillant
ExemplesIncendie, chute, panne, inondationVol, intrusion, sabotage, agression
ApprocheRéduction de la probabilité de défaillanceDissuasion, détection, neutralisation
RéglementationTrès encadrée (Code du travail, ERP)Moins codifiée, plus adaptative
OutilsEPI, extincteurs, alarmes incendieContrôle d'accès, vidéoprotection, audit
Traduction anglaiseSafetySecurity
Important

Confondre ces deux notions peut conduire à des angles morts critiques dans la protection de l'organisation. Une entreprise qui investit massivement dans la sécurité incendie mais néglige le contrôle des accès reste exposée aux intrusions. Les deux démarches sont complémentaires et doivent être pilotées de façon coordonnée.

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La malveillance en entreprise : quelques chiffres

850+Incidents liés à la malveillance depuis 1992
77 %Entraînent un incendie
4 %Des accidents industriels sont d'origine malveillante
85 %Ont des conséquences économiques lourdes

D'après les données du Bureau d'Analyse des Risques et Pollutions Industriels (BARPI), 4 % des accidents industriels recensés sont directement causés par un acte de malveillance. Parmi ces incidents, 77 % se traduisent par un incendie et 13,5 % provoquent des blessures corporelles.

Selon le Traité Pratique de Sûreté Malveillance (édition 2018), 7 816 vols de métaux ont eu lieu en France en 2015, illustrant l'ampleur des atteintes aux biens dans le secteur industriel. Par ailleurs, d'après l'INSEE, 13 % des entreprises de 10 à 19 salariés et 30 % des grandes sociétés ont déclaré avoir été touchées par un problème de sécurité informatique.

Cadre réglementaire de la sûreté en entreprise

Contrairement à la sécurité au travail, très encadrée par le Code du travail et de nombreuses normes, il n'existe pas de réglementation spécifique en matière de sûreté en entreprise. Néanmoins, plusieurs textes imposent des obligations aux employeurs.

L'article L. 4121-1 du Code du travail pose une obligation générale de résultat : l'employeur doit prendre les mesures nécessaires pour garantir la protection physique et mentale de ses salariés. Cela inclut des actions de prévention, d'information et de formation, ainsi que la mise en place d'une organisation adaptée.

Le Code de la sécurité intérieure réglemente quant à lui les activités de sécurité privée : gardiennage, surveillance, transport de fonds, protection rapprochée et enquêtes privées. Toute personne exerçant dans ce secteur doit détenir une carte professionnelle délivrée par le CNAPS (Conseil National des Activités Privées de Sécurité).

Bon à savoir

Même en l'absence de norme obligatoire dédiée à la sûreté, le référentiel CNPP 1302 propose un cadre volontaire pour construire un système de management de la sûreté en entreprise. Il sert de référence aux auditeurs et aux assureurs.

Pourquoi se former à la protection des biens et des personnes ?

Toutes les organisations, quelle que soit leur taille ou leur secteur d'activité, sont concernées par la prévention des actes de malveillance. Un défaut de sûreté peut avoir des conséquences graves : accidents corporels, dommages matériels, pertes de données confidentielles. La réputation de l'entreprise peut être gravement entachée.

La direction doit assurer la gestion des risques de sûreté et la formation de l'ensemble du personnel y joue un rôle déterminant. La participation et la vigilance de tous les salariés sont nécessaires pour une gestion efficace de la protection. La prévention des risques doit même faire partie de la culture de l'entreprise.

Les bénéfices concrets d'un cursus en sûreté incluent la capacité à identifier les vulnérabilités propres à l'entreprise, la maîtrise des outils de protection physique et numérique, l'amélioration de la réaction en situation de crise et la conformité avec les obligations légales de l'employeur.

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Qui est concerné par ces formations ?

L'ensemble du personnel de l'entreprise doit être sensibilisé pour que la prévention soit efficace. Néanmoins, le responsable sûreté et sécurité doit disposer de connaissances larges dans le domaine et posséder les compétences nécessaires au niveau interne. Voici les principaux publics visés :

  • Responsables sûreté et sécurité : ils pilotent la politique globale de protection et doivent disposer d'une expertise transversale
  • Dirigeants et cadres de direction : la sûreté relève de leur responsabilité juridique et stratégique
  • Agents de surveillance et de gardiennage : ils assurent la protection physique au quotidien
  • Personnel d'accueil et de logistique : en première ligne face aux risques d'intrusion ou de vol
  • Responsables informatiques : garants de la cybersécurité, composante croissante de la sûreté
  • Professionnels en reconversion : le secteur recrute et offre des perspectives d'évolution

Le responsable de la sûreté doit idéalement siéger au comité de direction pour anticiper les risques liés aux décisions stratégiques et disposer des ressources humaines et budgétaires adaptées.

Les différentes formations en sûreté et sécurité des biens et des personnes

Formations courtes (sensibilisation et perfectionnement)

Ces programmes, d'une durée de 1 à 5 jours, s'adressent aux professionnels en poste souhaitant renforcer leurs compétences. Ils couvrent des thématiques ciblées : analyse de vulnérabilité, prévention de la malveillance, management de la sûreté ou encore gestion de crise. Ils ne requièrent généralement aucun prérequis et sont accessibles en présentiel ou en classe virtuelle.

Formations diplômantes et certifiantes

FormationNiveauDuréeDébouchés
Licence pro sécurité des biens et des personnesBac + 3 (RNCP)1 anResponsable sécurité, chargé de prévention, directeur d'agence
Manager des risques sûreté et malveillance (CNPP)Niveau 7 (RNCP 37783)Variable selon parcoursDirecteur sûreté, consultant, risk manager
Cadre technique sécurité-sûreté (CNPP)Certification professionnellePlusieurs semainesIngénieur sécurité, conseiller technique
TFP APS (ex-CQP)Qualification professionnelle175 heuresAgent de sûreté, surveillant, agent de prévention
Titre professionnel A2SPNiveau 4 (baccalauréat)315 à 600 heuresAgent de sûreté, rondier, agent de sécurité incendie

Licence professionnelle sécurité des biens et des personnes

Il existe un diplôme d'État de niveau bac + 3 : la licence pro mention sécurité des biens et des personnes. Deux parcours d'études sont disponibles selon les universités :

  • Spécialité activités juridiques, sécurité privée et direction d'enquêtes
  • Spécialité management de la sécurité et gestion des risques

Programme de la formation

L'objectif est de former des dirigeants, des cadres et des responsables de services de sécurité privée en transmettant des compétences théoriques et pratiques. Le programme couvre :

  • Notions générales de sécurité et cadre juridique (droit pénal, civil, social)
  • Techniques et procédures de sûreté
  • Technologies de surveillance et de protection
  • Analyse et évaluation de situations, de risques et de besoins de protection
  • Organisation et coordination d'une équipe d'intervention
  • Management opérationnel de la sécurité
  • Outils numériques et sécurité informatique
  • Projet tutoré et stage professionnel d'au moins 16 semaines

La durée du cursus est d'un an en formation initiale, en formation continue ou en VAE.

Où préparer cette licence ?

La licence pro se prépare dans une quinzaine d'établissements en France :

  • Centre de formation permanente de l'Université Paris-Panthéon-Assas
  • UFR droit, économie, gestion (Centre Melun) de l'Université Paris-Panthéon-Assas
  • UFR droit — Faculté de droit économie et gestion de l'Université Paris Cité
  • IUT du Havre, IUT de Colmar, IUT d'Aix-Marseille
  • IUT de Lille (site de Roubaix), IUT de Poitiers-Niort-Châtellerault (site de Niort)
  • Université d'Avignon (UFRip Droit + Service FTLV)
  • Université du Littoral Côte d'Opale à Calais
  • INU Jean-François Champollion à Rodez
  • Université de Pau et des Pays de l'Adour, CFA Beau-Frêne

Pour connaître les conditions d'admission, consultez la fiche RNCP sur France Compétences.

Débouchés et insertion professionnelle

Les titulaires accèdent à des postes de responsable sûreté, chargé de prévention des risques, directeur de service de sécurité privée, consultant en gestion des risques ou formateur en sécurité. Le taux d'insertion professionnelle atteint environ 93 % dans les 30 mois suivant l'obtention du diplôme.

À noter

La licence pro permet également d'obtenir l'agrément de dirigeant d'entreprise de sécurité privée auprès du CNAPS, sous réserve de validation des compétences juridiques exigées par le Code de la sécurité intérieure.

Top 3 des organismes de formation en sûreté

Parmi les nombreux acteurs du marché, voici trois organismes reconnus pour leur expertise dans la protection des biens et des personnes :

Privé · Qualiopi · CPF

CNPP

Centre National de Prévention et de Protection. Référence en maîtrise des risques depuis 1956. Certifications en sûreté (CERIC, Manager des risques sûreté RNCP 37783), sensibilisation à la malveillance et management de la sécurité. Infrastructures uniques en Europe.

cnpp.com →
Public · National

CNAM

Conservatoire National des Arts et Métiers. Grand établissement public présent dans toute la France. Unités d'enseignement en gestion des risques, sécurité au travail et management HSE. Formation continue, cours du soir et alternance.

cnam.fr →
Privé · Conseil & Formation

IREMOS

Cabinet spécialisé en sûreté, gestion de crise et intelligence économique. Construction de plans de sûreté, sensibilisation des collaborateurs, audits de vulnérabilité. Intervient auprès de grands comptes et d'institutions.

iremos.fr →
Important

Avant de choisir un organisme, vérifiez qu'il dispose de la certification Qualiopi, obligatoire depuis 2022 pour accéder aux financements publics (CPF, OPCO, FNE-Formation). Assurez-vous également que la formation prépare à une certification inscrite au RNCP ou au répertoire spécifique.

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Le métier d'agent de sûreté

L'agent de sûreté est le professionnel chargé d'assurer la protection des personnes, des locaux et des biens contre les actes de malveillance. Il intervient dans des contextes très divers : sites industriels, centres commerciaux, événements, transports, établissements de santé ou encore aéroports.

Missions principales

Les activités varient selon l'affectation. Elles incluent la surveillance des accès et le contrôle des flux, les rondes de vérification, la gestion des systèmes de vidéoprotection et d'alarme, la détection des comportements suspects, l'intervention en cas d'incident et la rédaction de rapports et de mains courantes.

Compétences et qualités requises

Au-delà des savoirs techniques (maîtrise des équipements de sécurité, connaissance du cadre juridique), le métier demande des qualités humaines : vigilance constante, capacité d'analyse rapide, maîtrise de soi, aptitude à la communication et au travail en équipe. La discrétion et le respect de la déontologie professionnelle sont également déterminants.

Conditions d'accès

Pour exercer, il faut obtenir une carte professionnelle délivrée par le CNAPS, qui suppose la validation d'une formation reconnue (TFP APS, titre professionnel A2SP ou diplôme équivalent). Les candidats doivent également justifier d'un casier judiciaire vierge et passer une enquête administrative.

Bon à savoir

Le secteur de la sécurité privée emploie plus de 200 000 personnes en France et recrute régulièrement. Les perspectives d'évolution sont réelles : chef d'équipe, superviseur, responsable de site, puis directeur de sûreté après des formations complémentaires.

Financement et prise en charge des formations

DispositifPublic concernéParticularités
CPFSalariés, demandeurs d'emploiFormations certifiantes inscrites au RNCP ou répertoire spécifique
Plan de développement des compétencesSalariésFinancé par l'employeur
OPCOSalariés, alternantsPrise en charge selon la branche professionnelle
FNE-FormationEntreprises en difficultéFinancement État pour le maintien dans l'emploi
France TravailDemandeurs d'emploiAIF, POEI, AFPR
Contrat d'alternance16 à 29 ans, demandeurs d'emploiFormation en alternance, rémunérée

Pour les agents de la fonction publique hospitalière, le CGOS et les plans de formation des établissements peuvent également prendre en charge certains cursus liés à la sécurité des personnes.

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Questions fréquentes

La sûreté des biens et des personnes désigne l'ensemble des moyens déployés pour prévenir les actes de malveillance : vols, intrusions, agressions, vandalisme, sabotage ou cyberattaques. Elle se distingue de la sécurité, qui couvre les risques accidentels et involontaires.
La distinction repose sur l'intentionnalité. La sécurité (safety) protège contre les risques involontaires : accidents, pannes, catastrophes naturelles. La sûreté (security) couvre la protection face aux menaces intentionnelles : malveillance, vol, agression, terrorisme.
Les diplômés accèdent à des postes de responsable sûreté, chargé de prévention, directeur de service de sécurité privée, consultant en gestion des risques ou formateur en sécurité. Le taux d'insertion avoisine 93 %.
Il faut valider une formation reconnue (TFP APS ou titre professionnel A2SP) puis obtenir une carte professionnelle délivrée par le CNAPS. Les conditions incluent un casier judiciaire vierge et une enquête administrative préalable.
Oui. Les formations certifiantes inscrites au RNCP sont éligibles. C'est le cas du titre de Manager des risques sûreté et malveillance (CNPP, RNCP 37783), du TFP APS (ex-CQP APS) et de la licence pro sécurité des biens et des personnes.
De 1 à 5 jours pour une sensibilisation, environ 175 heures pour un TFP APS, et 1 an pour la licence professionnelle ou un cycle certifiant au CNPP.
Le diplôme n'est pas toujours obligatoire, mais une qualification reconnue est nécessaire pour obtenir la carte professionnelle du CNAPS. Le TFP APS (175 heures) constitue le niveau d'entrée minimal.
Parmi les organismes reconnus : le CNPP (certifications CERIC, Manager sûreté), le CNAM (formation continue nationale), IREMOS (conseil et formation en sûreté), ou encore les universités proposant la licence pro. Vérifiez toujours la certification Qualiopi avant de vous inscrire.

Sources : BARPI, Traité Pratique de Sûreté Malveillance (2018), INSEE, France Compétences (fiche RNCP 30162), Legifrance (Code du travail, Code de la sécurité intérieure).

Rédigé par

Laurent Lugari

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