Questionnaire Karasek : PDF, exemples et explications

Article mis à jour le : 9 avril 2026

Développé en 1979 par Robert Karasek, le questionnaire de Karasek permet d’évaluer les risques psychosociaux (RPS) au travail. Il est aujourd’hui un outil utilisé afin d’identifier les situations à risque et mettre en place des actions de prévention adaptées.

Ce modèle est désormais considéré comme un outil de référence en termes d’analyse du stress au travail. Il permet de mesurer trois dimensions clés de l’organisation du travail : la demande psychologique, la latitude décisionnelle et le soutien social.

Dans ce guide, vous trouverez des exemples concrets ainsi que des explications claires pour mieux comprendre et utiliser le questionnaire de Karasek en entreprise.

exemple questionnaire Karasek en PDF

À quoi sert le questionnaire de Karasek en entreprise ?

Le questionnaire de Karasek permet de mieux comprendre comment les salariés vivent leur travail au quotidien. Il évalue trois dimensions principales :

  • La demande psychologique : la charge, le rythme et la pression ressentis au travail.
  • La latitude décisionnelle : l’autonomie et la possibilité d’utiliser ses compétences.
  • Le soutien social : l’aide et la qualité des relations avec les collègues et la hiérarchie.

En croisant ces informations, il permet de :

  • Identifier les postes ou équipes exposés à un stress élevé.
  • Repérer les situations à risque pour la santé et le bien-être des salariés.
  • Prioriser des actions de prévention adaptées pour améliorer les conditions de travail et la performance globale de l’entreprise.

La structure du questionnaire de Karasek

La version du questionnaire la plus utilisée en France comprend 26 items répartis dans trois échelles différentes :

  • Les exigences (demandes) psychologiques de la situation de travail : 9 items,
  • La latitude de décision (9 items), qui peut être subdivisée en deux sous-échelles,
  • Le soutien social (8 items), qui corresponde au soutien perçu des collègues et de la hiérarchie.

Le questionnaire se présente sous la forme d'affirmations auxquelles le répondant exprime son degré d'accord selon une échelle de 1 à 4 :

  1. Pas du tout d'accord
  2. Pas d'accord
  3. D'accord
  4. Tout à fait d'accord

Les dimensions du modèle de Karasek ont été étudiées à partir de l'auto-questionnaire SUMER 2003. L'évaluation avait été effectuée à l'aide du questionnaire de Karasek en version française validée. C'est un questionnaire à 26 items permettant d'évaluer trois principales dimensions de l'environnement psychosocial au travail.

Cette version française a été rigoureusement validée grâce aux enquêtes SUMER (Surveillance Médicale des Expositions des salariés aux Risques professionnels), garantissant sa fiabilité pour la population française.

Les trois dimensions du modèle de Karasek

Le modèle de Karasek repose sur trois dimensions qui déterminent le niveau de risque psychosocial :

1. La Demande Psychologique (9 items)

La demande psychologique correspond à la charge psychologique qu'entraîne l'exécution des tâches, ainsi qu'à la quantité et la complexité de celles-ci.

Cette dimension prend également en compte les imprévus, les contraintes de temps, les interruptions, ainsi que les demandes contradictoires.

Elle mesure l'intensité et la complexité de la charge de travail selon trois axes :

Quantité / rapidité (Q10, Q12, Q13) :

  • Q10 : "Mon travail me demande de travailler très vite".
  • Q12 : "On me demande d'effectuer une quantité de travail excessive".
  • Q13 : "Je dispose du temps nécessaire pour exécuter correctement mon travail" (cotation inversée).

Complexité / intensité (Q14, Q11, Q15) :

  • Q14 : "Je reçois des ordres contradictoires de la part d'autres personnes".
  • Q11 : "Mon travail me demande de travailler intensément".
  • Q15 : "Mon travail demande de longues périodes de concentration intense".

Morcellement / prévisibilité (Q16, Q17, Q18) :

  • Q16 : "Mes tâches sont souvent interrompues avant d'être achevées, nécessitant de les reprendre plus tard".
  • Q17 : "Mon travail est très bousculé".
  • Q18 : "Attendre le travail de collègues ou d'autres départements ralentit souvent mon propre travail".

Formule de calcul : Q10 + Q11 + Q12 + (5 - Q13) + Q14 + Q15 + Q16 + Q17 + Q18

La demande psychologique est relative à la pression du quotidien : rythme, délais, interruptions, imprévus, contradictions dans les consignes. Ainsi, plus le score est élevé, plus la pression est forte.

2. La latitude décisionnelle (9 items)

La latitude décisionnelle se subdivise en deux composantes majeures et évalue l'autonomie et la possibilité d'utiliser/développer ses compétences :

Marge de manœuvre (Q4, Q6, Q8) :

  • Q4 : "Mon travail me permet de prendre souvent des décisions moi-même".
  • Q6 : "Dans ma tâche, j'ai très peu de liberté pour décider comment je fais mon travail" (cotation inversée).
  • Q8 : "J'ai la possibilité d'influencer le déroulement de mon travail".

Utilisation des compétences (Q2, Q5, Q7) :

  • Q2 : "Mon travail nécessite un niveau élevé de qualifications".
  • Q5 : "Mon travail nécessite d'apprendre des choses nouvelles".
  • Q7 : "Au travail, j'ai l'opportunité de faire plusieurs choses différentes".

Développement des compétences (Q1, Q3, Q9) :

  • Q1 : "Mon travail nécessite que j'apprenne des choses nouvelles".
  • Q3 : "Dans mon travail, je dois faire preuve de créativité".
  • Q9 : "Au travail, j'ai la possibilité de développer mes habiletés personnelles".

Formule de calcul : 4Q4 + 4(5 - Q6) + 4Q8 + 2(5 - Q2) + 2Q5 + 2Q7 + 2Q1 + 2Q3 + 2*Q9

La latitude décisionnelle est la marge de manœuvre pour organiser son travail et utiliser/développer ses compétences. Plus le score est élevé, plus l’autonomie est grande.

3. Le soutien social au travail (8 items)

Cette dimension évalue le support socio-émotionnel reçu de la part des collègues et de la hiérarchie. Il mesure le soutien professionnel et émotionnel reçu :

Soutien professionnel :

Supérieurs (Q21, Q22) :

  • Q21 : "Mon supérieur se montre concerné par le bien-être de ses subordonnés".
  • Q22 : "Mon supérieur prête attention à ce que je dis".

Collègues (Q23, Q26) :

  • Q23 : "Les collègues avec qui je travaille sont des gens professionnellement compétents".
  • Q26 : "Les gens avec qui je travaille s'entraident pour mener le travail à bien".

Soutien émotionnel :

Supérieurs (Q19, Q20) :

  • Q19 : "Mon supérieur réussit facilement à faire collaborer ses subordonnés".
  • Q20 : "Mon supérieur m'aide à mener mon travail à bien".

Collègues (Q24, Q25) :

  • Q24 : "Les collègues avec qui je travaille sont amicaux".
  • Q25 : "Les collègues avec qui je travaille me facilitent la réalisation du travail".

Formule de calcul : Q19 + Q20 + Q21 + Q22 + Q23 + Q24 + Q25 + Q26

Le soutien professionnel est l’aide (et la qualité des relations) venant des collègues et des managers. On entend par là l’écoute, l’entraide et la reconnaissance. Plus le score est élevé, plus l’environnement relationnel est soutenant.

Interprétation des scores : les 4 types de situations

Une fois les scores calculés, on positionne chaque salarié dans une grille croisant demande psychologique et latitude décisionnelle :

 

Demande faible

Demande élevée

Latitude élevée

Travail détendu

Travail actif

Latitude faible

Travail passif

Travail tendu

  • Travail tendu : risque accru de stress et de RPS,
  • Travail détendu : situation idéale (peu de pression, beaucoup d'autonomie),
  • Travail actif : exigeant mais stimulant grâce à l'autonomie,
  • Travail passif : peu de pression mais peu d'intérêt, risque de démotivation.

 Le soutien social agit comme un modérateur. Un bon soutien social peut atténuer les effets négatifs d'un travail tendu.

Le Concept de Job Strain

Le Job strain, ou tension au travail, représente l'indicateur central du modèle de Karasek. Il se définit comme la combinaison de deux facteurs :

  • Une demande psychologique élevée : charge de travail importante, rythme soutenu, délais serrés, objectifs ambitieux
  • Une faible latitude décisionnelle : peu de marge de manœuvre pour organiser son travail, moyens limités, absence d'autonomie dans la prise de décision

Pourquoi est-ce problématique ?

Le Job strain crée une situation de déséquilibre où le collaborateur subit une forte pression sans avoir les ressources ni l'autonomie nécessaires pour y faire face. C'est comme être constamment sollicité sans pouvoir agir sur les causes de cette sollicitation. 

Cette tension permanente épuise les capacités d'adaptation de la personne et représente un risque majeur pour sa santé physique et mentale : troubles cardiovasculaires, stress chronique, épuisement professionnel, et in fine, augmentation de l'absentéisme.

questionnaire karasek interprétation

Comment utiliser le questionnaire Karasek en entreprise ?

Le questionnaire de Karasek est adapté à tous types d'organisations, mais son interprétation doit tenir compte du contexte sectoriel et organisationnel spécifique.

Le questionnaire Karasek sert avant tout à établir un état des lieux objectif de la situation dans l'entreprise. Il nous permet d'identifier concrètement quels services, métiers ou catégories de collaborateurs sont les plus exposés aux risques psychosociaux. C'est une première étape essentielle pour savoir où concentrer nos efforts et prioriser nos actions.

Concrètement, le questionnaire nous aide à repérer :

  • Les équipes ou services qui rencontrent le plus de difficultés
  • Les métiers particulièrement à risque
  • Les populations qui nécessitent une attention particulière
  • Les problèmes liés à l'organisation du travail

Analyser les résultats pour mieux agir

Une fois les questionnaires complétés, plusieurs méthodes d'analyse s'offrent à nous. Nous pouvons comparer les scores entre les différents métiers, services ou postes au sein de l'entreprise pour identifier les écarts.

Nous pouvons également situer nos résultats par rapport aux données nationales de référence (enquête SUMER) pour avoir une vision plus large. 

Enfin, suivre l'évolution de ces indicateurs dans le temps et les croiser avec d'autres données RH (absentéisme, turnover) nous donne une compréhension complète de la situation.

Construire un plan d'actions adapté

Les résultats du questionnaire nous guident pour mettre en place des actions concrètes et ciblées sur trois axes :

  • Réduire la demande psychologique en réorganisant la charge de travail, en améliorant la planification des tâches et en limitant les interruptions qui nuisent à la concentration.
  • Renforcer la latitude décisionnelle en donnant plus d'autonomie aux collaborateurs, en développant leurs compétences par la formation et en les associant davantage aux décisions qui concernent leur travail.
  • Améliorer le soutien social en formant les managers à l'accompagnement de leurs équipes, en renforçant la cohésion collective et en fluidifiant la communication au quotidien.

Combien de temps faut-il pour remplir le questionnaire Karasek ?

Questionnaire court (28 questions – 20 min. de passation). La version standard de 26 questions nécessite environ 15 à 20 minutes.

Le questionnaire de Karasek est-il anonyme ?

Oui, le questionnaire de Karasek peut et doit être administré de manière anonyme pour garantir la sincérité des réponses et respecter la confidentialité des salariés.

À quelle fréquence faut-il utiliser le questionnaire de karasek ?

Il est recommandé de réaliser une évaluation annuelle ou tous les deux ans, ainsi qu'après tout changement organisationnel majeur.

Calcul et interprétation des scores du questionnaire de Karasek

Comment exploiter les résultats du questionnaire ?

Une fois les questionnaires complétés, les résultats nous permettent d'agir de manière ciblée. Nous pouvons comparer les scores moyens entre services, métiers ou catégories professionnelles pour identifier précisément où se situent les difficultés.

Cette analyse révèle les zones à risque et les axes prioritaires d'amélioration, qu'il s'agisse de surcharge de travail, de manque d'autonomie ou d'isolement social. Ces constats nous guident ensuite pour planifier des actions concrètes de prévention des RPS et d'amélioration des conditions de travail.

Enrichir le diagnostic avec le questionnaire de Siegrist

Pour avoir une vision encore plus complète des risques psychosociaux, le questionnaire Karasek peut être utilement complété par le questionnaire de Siegrist. Là où Karasek évalue l'organisation du travail (demande, autonomie, soutien), Siegrist se concentre sur une autre dimension tout aussi importante : l'équilibre entre ce que le collaborateur investit dans son travail et ce qu'il reçoit en retour.

Le modèle efforts-récompenses

Le questionnaire de Siegrist analyse trois dimensions clés :

  • Les efforts fournis par le collaborateur, qu'ils soient demandés par l'organisation (charge de travail, pression) ou liés à son propre engagement
  • Les récompenses reçues en retour : rémunération, reconnaissance, perspectives d'évolution, sécurité de l'emploi
  • Le surinvestissement personnel qui traduit une implication excessive au détriment de l'équilibre personnel

En combinant les deux questionnaires, nous obtenons un diagnostic beaucoup plus riche et nuancé. Karasek nous éclaire sur l'organisation du travail et le fonctionnement collectif, tandis que Siegrist met en lumière les questions de reconnaissance et d'équité.

Cette double approche permet d'identifier l'ensemble des facteurs de risques psychosociaux et de construire un plan d'actions véritablement adapté aux besoins de l'entreprise et de ses collaborateurs.

Seuils de Référence SUMER

Selon celle-ci, un salarié qui a une demande psychologique supérieure à 21 et une latitude décisionnelle inférieure à 72 est en situation de tension au travail.

Les seuils de référence établis par l'enquête SUMER permettent de positionner les résultats par rapport à la population française :

  • Demande psychologique : seuil critique à 21
  • Latitude décisionnelle : seuil critique à 72
  • Soutien social : seuil critique à 24
Comprendre le modèle de Karasek

Exemples de questionnaire Karasek à télécharger gratuitement

Où trouver le questionnaire Karasek en version PDF gratuite ?

De nombreuses versions PDF du questionnaire sont disponibles gratuitement :

  • Questionnaire de Karasek (version francisée validée) par Psychologue du travail offre un questionnaire en français validé, comportant des items classés selon les 3 dimensions du modèle de Karasek : demande psychologique, latitude décisionnelle, soutien social au format grille à cocher. 
  • Questionnaire par Metro Ergo propose une présentation synthétique du modèle Karasek, grille de questions et méthode de calcul/cotation des scores pour évaluer les contraintes mentales au travail. 
  • Mesurer son stress au travail par HES-SO Valais-Wallis offre un questionnaire simplifié dérivé du modèle Karasek pour autoévaluer le niveau de stress au travail, destiné à la prévention et au dépistage.  (j’ai modifié le lien du test). 
  • Modèle de Karasek par HAL Mines Paris propose un article scientifique décrivant le modèle de Karasek et l'outil JCQ (Job Content Questionnaire) : fondements théoriques, méthodes d'analyse et applications en entreprise.  (J’ai modifié le lien).

Le questionnaire Karasek en version Excel : automatiser les scores

Les modèles Excel Karasek à télécharger (Source Ministère du travail ) permettent une automatisation complète du calcul des scores et la génération de graphiques d'analyse. Ces outils sont particulièrement appréciés pour les études impliquant de nombreux participants.

4 autres approches pour mesurer les RPS

Le Copenhagen Psychosocial Questionnaire (COPSOQ)

Développé au Danemark, le COPSOQ évalue de manière plus détaillée les facteurs psychosociaux avec des dimensions étendues :

  • Les exigences quantitatives et émotionnelles,
  • L’influence et le développement des compétences
  • Les relations sociales et le leadership,
  • L’insécurité et valeurs au travail,
  • La santé et le bien-être.

Le Maslach Burnout Inventory (MBI)

Le Maslach Burnout Inventory est un outil spécialisé dans l'évaluation du syndrome d'épuisement professionnel. Le MBI mesure trois dimensions :

  • L’épuisement émotionnel : la fatigue et le surmenage,
  • La déshumanisation : les attitudes cyniques envers autrui,
  • L’accomplissement personnel : Le sentiment d'efficacité.

L'Échelle de Stress Perçu (PSS)

L’échelle de stress perçu est une version courte de 10 items permettant de mesurer la perception subjective au stress :

  • Le sentiment de contrôle des situations,
  • L’imprévisibilité des événements,
  • La surcharge ressentie.

Le General Health Questionnaire (GHQ)

Le General Health Questionnaire est un outil de dépistage rapide des troubles psychologiques en 12 ou 28 items. Il se base sur différents critères tels que :

  • La détection de détresse psychologique,
  • L’évaluation de la santé mentale générale,
  • La corrélation avec l'absentéisme.

Les limites du questionnaire

Malgré son utilité, le questionnaire de Karasek présente plusieurs limites :

  1. Simplification des causes du stress : Il ignore d'autres facteurs comme la motivation personnelle, le plaisir au travail ou les conflits individuels.
  2. Évolution du monde du travail : Il n'intègre pas encore des éléments récents comme le télétravail ou l'hyperconnectivité.
  3. Subjectivité des réponses : Les réponses reflètent des perceptions individuelles, qui peuvent varier fortement d'une personne à l'autre.

Ils doivent dans tous les cas être complétés par d'autres méthodes ou d'autres sources d'informations : analyse documentaire, entretiens, observations au poste de travail, etc.

C'est pourquoi le questionnaire Karasek doit toujours s'inscrire dans une démarche plus large de prévention des RPS, en le complétant par :

  • Des entretiens individuels ou collectifs pour recueillir des témoignages approfondis
  • Des observations directes sur le terrain pour comprendre le travail réel
  • L'analyse des indicateurs RH (absentéisme, turnover, arrêts maladie)
  • Des études de postes spécifiques pour certaines situations particulières

C'est cette approche combinée qui nous permettra d'avoir une vision juste et complète de la situation.

Rédigé par

Laurent Lugari

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