En tant que médecin spécialisé en nutrition, le nutritionniste soigne les personnes souffrant de maladies et de troubles liés à l’alimentation.
Vous envisagez de devenir nutritionniste et vous recherchez des informations sur les études à suivre ? Quelles sont les qualités requises pour exercer, les débouchés et les évolutions de carrière possibles ? Voici une fiche complète de tout ce qu’il faut savoir sur le métier de nutritionniste.

Le métier de nutritionniste en France
Le nutritionniste est un médecin diplômé en nutrition. En tant qu’expert des aliments et de leurs effets sur la santé, il est capable de traiter les troubles liés à la nutrition.
Il assure une prise en charge globale de ses patients : médicale, psychologique, diététique et comportementale.
Quel est le rôle et principales missions d'un nutritionniste ?
Le médecin nutritionniste diagnostique, soigne et conseille ses patients. Selon le lieu où il exerce, ses fonctions peuvent être plus ou moins variées.
Elles comprennent généralement :
- Prévention, dépistage et traitement des maladies liées à la nutrition (obésité, intolérances alimentaires, diabète de type II, troubles digestifs, etc.)
- Diagnostic et prise en charge des troubles alimentaires (boulimie, anorexie, phobies alimentaires)
- Connaissance approfondie des propriétés et de la composition des aliments
- Détection des erreurs alimentaires commises
- Conseil sur les bonnes pratiques alimentaires dans un but de prévention
- Établissement de programmes alimentaires adaptés aux besoins des patients
- Prescription ou préconisation de soins nutritionnels ou d'examens médicaux complémentaires
- Suivi de l’état de santé du patient (perte, reprise et stabilisation du poids…)
Quelle est la différence entre un nutritionniste et diététicien ?
Tous les deux sont des professionnels de la nutrition. Cependant, contrairement au diététicien, le nutritionniste est un médecin. Il prévient et soigne des maladies liées à la nutrition et prend en charge les troubles du comportement alimentaire.
En tant que médecin, le nutritionniste peut prescrire des examens ou des analyses, et même des traitements médicamenteux. Une consultation auprès de lui ouvre le droit à un remboursement de la part de l’Assurance Maladie et des mutuelles de santé.
Pour éviter la confusion avec le diététicien, le terme « médecin nutritionniste » est souvent employé pour le désigner.
Les compétences requises pour devenir nutritionniste
Outre les connaissances scientifiques nécessaires, le nutritionniste doit être doté de certaines qualités personnelles :
- Faire preuve de patience et d’empathie
Exemple : accompagner un patient qui a du mal à changer ses habitudes alimentaires sans le juger, et l’encourager malgré des rechutes éventuelles. - Être observateur et à l’écoute des patients
Exemple : remarquer des signes de carences nutritionnelles lors d’un examen et prêter attention aux détails du récit du patient sur ses habitudes alimentaires. - Être pédagogue et diplomate pour informer et conseiller
Exemple : expliquer simplement à un adolescent l’intérêt d’une alimentation équilibrée, sans le brusquer ni le culpabiliser. - Être rigoureux, organisé et doté d’un bon sens de l’éthique
Exemple : tenir à jour les dossiers, respecter la confidentialité des données et s’appuyer uniquement sur des recommandations scientifiques validées. - Savoir travailler en pluridisciplinarité
Exemple : collaborer avec un médecin, un psychologue et un éducateur sportif pour élaborer un programme complet de prise en charge de l’obésité.
Où travaille un nutritionniste ?
Les domaines d’exercice possibles pour un médecin nutritionniste sont variés :
- Dans un établissement de soins, public ou privé (hôpital, clinique, maison de convalescence, centre de réadaptation, de balnéothérapie ou de thalassothérapie, EHPAD)
- Dans la restauration collective (cantine scolaire, restaurants d’entreprise, restaurants universitaires, cuisines centrales…)
- Dans le milieu sportif
- En cabinet privé
- Dans l’humanitaire
- Dans des laboratoires de recherche (CNRS, INSERM, universités…)
- Dans l’industrie agro-alimentaire ou pharmaceutique
Combien gagne un médecin nutritionniste ?
Le salaire moyen d’un nutritionniste varie en fonction du domaine dans lequel il exerce.
Pour les médecins nutritionnistes qui travaillent à l’hôpital, la rémunération se fait selon une grille indiciaire définie par l’État. Elle varie de 4 565,50 € pour l’échelon 1 à 9 229,60 € brut par mois pour l’échelon 3 du grade des praticiens hospitaliers à temps plein.
Les heures de garde et d’astreintes, les primes et les indemnités (supplément familial, indemnité de résidence…) ainsi que les heures supplémentaires peuvent influencer grandement la rémunération du médecin nutritionniste hospitalier.
Échelon | Salaire mensuel brut |
|---|---|
1 | 4 565,50 € |
2 | 4 768,67 € |
3 | 5 102,47 € |
4 |
5 465,28 € |
5 |
5 639,43 € |
6 |
5 842,60 € |
7 |
6 277,98 € |
8 |
6 539,21 € |
9 |
7 434,25 € |
10 |
7 763,35 € |
11 |
8 194,60 € |
12 |
8 625,85 € |
13 |
9 229,60 € |
Quant au médecin nutritionniste exerçant en libéral, il est impossible de déterminer avec précision son salaire moyen. Il dépend en effet du volume de sa patientèle et du prix de la consultation, mais dépasse généralement le salaire des nutritionnistes salariés.
Lorsqu’ils exercent en secteur 1 où les dépassements d’honoraires ne sont pas permis, les nutritionnistes pratiquent le tarif conventionnel de 25 €. En secteur 2 et 3, des dépassements d'honoraires sont possibles et les tarifs par consultation peuvent dépasser largement les 100 €.
La formation pour devenir nutritionniste
Pour exercer le métier de nutritionniste, il faut avoir fait des études de médecine avec une spécialisation en nutrition.
Quelles études suivre pour devenir nutritionniste ?
La formation d’un médecin nutritionniste est longue. Elle nécessite :
- un baccalauréat (scientifique de préférence) ;
- 6 années d’études en faculté de médecine, pour obtenir le DFASM (diplôme de formation approfondie en sciences médicales) ;
- une spécialisation en nutrition.
Depuis la rentrée 2021, deux voies différentes permettent aux nouveaux bacheliers de suivre des études de santé :
- la Licence option Accès Santé (L.AS) ;
- le Parcours Accès Santé Spécifique (PASS).
Quel est le programme des études pour devenir médecin nutritionniste ?
Après 6 années d’études de médecine et l’obtention du DFASM, l’interne a le choix parmi plusieurs possibilités pour se spécialiser en nutrition :
- Le Diplôme d’études spécialisées (DES) Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition. Cette formation dure 4 ans. Les enseignements comprennent environ 250 heures de cours théoriques et 8 semestres de stages pratiques dans des services agréés.
- La Formation Spécialisée Transversale (FST) de Nutrition appliquée. Durant 2 semestres supplémentaires (en plus des 4 ans d’internat), l’interne y acquiert des connaissances théoriques sur les dénutritions, les obésités, les troubles du comportement alimentaire et l’alimentation.
- Le Diplôme d’études spécialisées complémentaires (DESC) de Nutrition. La formation dure 2 ans, comprend 4 stages et des enseignements théoriques sur l’alimentation et la nutrition en général (digestion, besoins, conservation et dégradation des aliments, maladies…).
3 idées de livres à lire lorsqu’on veut devenir nutritionniste
- Référentiel Collège de Nutrition (2021). Réussir son DFASM – Les connaissances clés. 4e édition. Éditions Elsevier Masson.
- Collège des Enseignants de Nutrition, Jacques Delarue (2021) Nutrition. Enseignement intégré – UE Nutrition. Éditions Elsevier Masson.
- E. Auvinet, C. Hirschauer, A-L. Meunier (2021). Alimentation, nutrition et régimes – Connaissances, outils, applications : nouvelles recommandations 2021. 4e édition. Édition Studyrama.
Le prix d'une formation au métier de nutritionniste
Les études pour devenir nutritionniste sont coûteuses, en particulier si on considère que la formation se fait sur de nombreuses années.
D’après plusieurs associations d’étudiants en médecine, le coût moyen se situe entre 8 000 € et 15 000 € par an. Il varie notamment en fonction de la situation personnelle de l’étudiant.
Le prix de la formation comprend :
- les frais de scolarité (de 170 € à 380 € selon l’année universitaire) ;
- la contribution de vie étudiante et de campus (CVEV) qui s’élève à 95 € ;
- les livres, les référentiels et autres matériels pédagogiques ;
- l’inscription (non-obligatoire) à des prépas privées (très onéreuse, en moyenne entre 4 000 et 7 000 €/an) ;
- les frais mensuels de vie courante (transport, repas, loyer, forfait internet/téléphone…).
Les possibilités d’aides financières sont nombreuses et dépendent de la situation de l’étudiant :
- Bourse sur critères sociaux ;
- Aide au mérite pour les lycéens boursiers ayant obtenu la mention très bien au baccalauréat ;
- Subvention des collectivités locales (conseils régionaux…) ;
- Prêt bancaire étudiant garanti par l’État ;
- Aide personnalisée au logement (APL).
Dès la 4e année, les étudiants en médecine perçoivent une rémunération mensuelle dont le montant est fixé par arrêté interministériel. À celle-ci s’ajoutent diverses indemnités (indemnités de gardes, d’astreintes, de transport, d’hébergement, etc.).
Les avantages et les difficultés du métier de nutritionniste
Les forces
- Un contact privilégié avec différentes catégories de patients (malades, personnes âgées, enfants, femmes enceintes, sportifs…)
- Des compétences, des activités et des domaines d’exercice vastes
- Un travail concret avec des résultats observables
Les faiblesses
- Des études longues et exigeantes
- Une rémunération variable selon le secteur d’activité
- La concurrence possible entre nutritionnistes (dans certaines zones géographiques) et avec les autres professionnels du domaine (diététicien, coach en nutrition, naturopathe…)

Poursuites d'études et évolutions de carrière de nutritionniste
Tout nutritionniste peut compléter sa formation initiale en participant à des séminaires thématiques ou à des programmes de formations professionnelles entrant dans le cadre du DPC (développement professionnel continu) ou hors DPC.
En France, des diplômes universitaires (DU) et interuniversitaires (DIU) sont proposés par plusieurs établissements d’enseignement supérieur :
- DU Nutrition et maladies métaboliques
- DU Nutrition clinique et métabolisme
- DU Nutrition, micronutrition, exercice et santé
- DU Nutrition et obésité de l’enfant et de l’adolescent
- DU Nutrition et vieillissement
- DIU Nutrition en cancérologie
- DIU Nutrition et activités physiques et sportives
Grâce à ces formations complémentaires et/ou après quelques années d’expérience, le médecin nutritionniste aura la possibilité :
- de diversifier son offre ;
- de se sur-spécialiser en nutrition pour un public ciblé ‘enfants, personnes âgées…) ou dans un domaine spécifique de la nutrition (cancérologie, assistances nutritionnelles…) ;
- d’élargir son champ d’expertise ;
- de donner une nouvelle orientation à sa carrière en se tournant vers la recherche, l’enseignement, le conseil en entreprises, etc.
Les groupes et associations de nutritionnistes
La société française de nutrition (SFN)
La SFN est une association de loi 1901 dont les principaux objectifs sont de contribuer à la formation, à l’information et au progrès des connaissances dans le domaine de la nutrition.
Site web : https://sf-nutrition.fr
Collège des enseignants de nutrition des facultés de médecine (CEN)
Créé en 1988 sous le régime associatif 1901, le CEN a pour objectif de promouvoir l’enseignement de la nutrition dans les facultés de médecine et sciences de la santé.
Il définit les objectifs pédagogiques des premier, deuxième et troisième cycle. Il est une force de proposition auprès des instances nationales. Il organise le DESC de Nutrition et coorganise avec le CEEDMM, le DES d'endocrinologie-diabétologie-nutrition.
Site web : https://www.lewebducen.fr/
Fédération nationale française des associations médicales de nutrition (FNAMN)
Association loi 1901 fondée en 2004, la FNAMN travaille à la reconnaissance du statut de médecin nutritionniste et assure la promotion de la nutrition humaine par la recherche, la pratique et l’information.
Site web : https://www.fnamn.fr/
Fédération française de nutrition (FFN)
La FFN est une association de loi 1901, créée en 2016, qui regroupe plusieurs associations ayant comme objet principal la nutrition.
Site web : https://www.federation-francaise-de-nutrition.org/
Centres de recherche en nutrition humaine (CNRHs)
Le CRNHs est le réseau des centres de recherche français en nutrition humaine. Il a pour ambition d'apporter des réponses scientifiques aux problèmes de santé liés à la nutrition en promouvant la science et en accélérant le transfert technologique vers la société.
Le CRNHs développe des programmes de recherche en nutrition dans le cadre de programmes de recherche nationaux, européens et internationaux, en travaillant étroitement avec des partenaires industriels et des chercheurs du monde entier.
Site web : https://www.crnh.fr/fr
Conseil National Professionnel Endocrinologie-Diabétologie-Nutrition (CNPEDN)
Le CRNHs est le réseau des centres de recherche français en nutrition humaine. Il a pour ambition d'apporter des réponses scientifiques aux problèmes de santé liés à la nutrition en promouvant la science et en accélérant le transfert technologique vers la société.
Le CRNHs développe des programmes de recherche en nutrition dans le cadre de programmes de recherche nationaux, européens et internationaux, en travaillant étroitement avec des partenaires industriels et des chercheurs du monde entier.
Site web : https://cnp-edn.org/

Rappel des différents types de nutrition
Quand l’alimentation naturelle n’est plus assurée, il devient nécessaire de mettre en place une nutrition artificielle (appelée aussi nutrition clinique). Trois types d’alimentation sont possibles :
- L'alimentation orale à l’aide d’une complémentation nutritionnelle orale (CNO) composée d’une alimentation enrichie et de complémentas alimentaires ;
- L'alimentation entérale en administrant une solution nutritive par sonde (sonde naso-gastrique ou sonde de stomie) directement dans l’estomac ou l’intestin ;
- L'alimentation parentérale quand l’alimentation orale à échouer que l’alimentation entérale est impossible à cause d’un tube digestif dysfonctionnel. Une perfusion intraveineuse introduit un mélange nutritif directement dans la circulation sanguine.
Quelles sont les causes ?
Les causes possibles à la dénutrition sont multiples.
- Il peut s’agir d’un effet du vieillissement : la personne n’a plus conscience de la nécessité de ses apports alimentaires et sa baisse d’activité physique fait diminuer ses besoins.
- Une maladie peut également causer une dénutrition : cancers, dépression, insuffisances respiratoires et cardiaques, pathologies du comportement alimentaire, etc.
Quelle est la différence entre malnutrition et dénutrition ?
La malnutrition est consécutive à des carences, des excès ou des déséquilibres dans les apports énergétiques ou nutritionnels. La dénutrition est une forme de malnutrition.
Quelles sont les risques d’une dénutrition ?
La dénutrition entraîne une fonte musculaire avec des conséquences mécaniques (chutes par exemple) et immunitaires.
Ainsi, la personne dénutrie peut avoir :
- des difficultés à cicatriser,
- des infections plus fréquentes,
- des surinfections de plaies,
- une mauvaise digestion,
- une tendance à la dépression,
- des troubles de la mémoire,
- un dérèglement hormonal,
- un problème de fertilité, etc.
La dénutrition entraîne une fragilisation de l’organisme en diminuant les défenses naturelles et en augmentant les risques d’infection. Elle implique potentiellement des pronostics de guérison moins favorables en cas de maladie.
Les personnes les plus à risque de dénutrition
En France, 2 millions de personnes sont atteints de dénutrition, dont 800 000 millions de personnes âgées.
L’amaigrissement est le plus souvent consécutif à une perte d’appétit qui peut être engendré par différentes situations.
Profils particulièrement concernés
Ainsi, les personnes les plus à risques sont :
- les personnes isolées socialement (hospitalisation, hébergement en EHPAD, etc.)
- les personnes en difficultés financières
- les personnes en situation de handicap
- les personnes suivant un régime alimentaire strict
- les personnes ayant des troubles psychologiques, anorexie, addiction, dépression, diagnostic Alzheimer)
- les personnes ayant une maladie chronique (alcoolisme, insuffisance rénale, mucoviscidose, cancer…)
Le cas particulier des patients atteints de cancer
Les patients atteints de cancer sont potentiellement à risque. Les études montrent que 30 à 50 % d’entre eux sont déjà dénutris et amaigris avant même le début de leur traitement. Source : https://ressources-aura.fr/
Il est donc recommandé de réaliser un dépistage nutritionnel systématique pour tout patient chez qui un cancer est diagnostiqué.
Ce dépistage est complété de conseils nutritionnels personnalisés tout au long de la maladie, en tenant compte des traitements.
Autres situations à risque
Certaines maladies peuvent provoquer une dénutrition :
- en augmentant les besoins en énergie : VIH, hyperthyroïdie, brûlures étendues, etc.
- en provoquant une perte de poids : nausées, maladie cœliaque, mycoses, maladie de Crohn…
Enfin, certains traitements peuvent également entraîner une dénutrition, comme :
- une chirurgie bariatrique (contre l’obésité)
- certains traitements médicamenteux
Consulter le référentiel de la Société francophone nutrition clinique et métabolisme (SFNEP) sur la « Nutrition chez le patient adulte atteint de cancer ».
Prévenir et détecter la dénutrition : rappel des bases
Pour identifier les symptômes de dénutrition et pouvoir agir, il est nécessaire de connaître les recommandations à suivre pour une alimentation équilibrée.
En repérant les critères qu’il faut suivre, il est plus facile d’identifier ce qui dysfonctionne.
Les objectifs sont les suivants :
- Connaître les bases d’une alimentation équilibrée
- Comprendre les pathologies liées à la dénutrition
- Identifier la malnutrition
- Connaître les groupes d’aliments et la pyramide alimentaire
- Distinguer les besoins et les apports nécessaires en fonction des âges
- Maîtriser les outils d’évaluation nutritionnelle
- Comprendre les conséquences des régimes restrictifs
- Connaître les troubles du comportement alimentaire et les pathologies au niveau épidémiologique, symptomatique et thérapeutique
- Identifier les patients à risque : personnes âgées, avec un handicap, dans des situations particulières, sous traitement, avec des pathologies psychiatriques, etc.
La Haute Autorité de Santé (HAS) a publié des recommandations de bonne pratique sur le Diagnostic de la dénutrition de l’enfant et de l’adulte.
Ces directives permettent aux professionnels d’établir un diagnostic, d’évaluer le degré de sévérité et de mettre en place une surveillance de la dénutrition chez les enfants de moins de 18 ans, les adultes âgés de 18 à 70 ans et les personnes âgées de plus de 70 ans.

Liste des différents outils à utiliser par le/la nutritionniste
Pour mettre en place une prise en charge adaptée, les soignants font appel à un réseau de professionnels de différentes disciplines. La réussite de la prise en charge repose sur une coopération entre les soignants, le patient, son entourage et son environnement.
Différents outils permettent de mettre en place une stratégie globale :
- Surveillance alimentaire et suivi nutritionnel
- Plan alimentaire
- Santé bucco-dentaire
- Plan personnalisé
- Éducation thérapeutique
- Actions avec les proches
- Exercices et jeux pour diminuer l’anxiété
- Modifications du comportement
- Amélioration de la qualité de vie
| Outil | Rôle nutritionniste | Exemples concrets |
|---|---|---|
| Surveillance alimentaire et suivi nutritionnel | Évaluer les apports, repérer déséquilibres, carences ou excès ; mettre en place carnets alimentaires, bilans anthropométriques ; analyser les données et ajuster les recommandations. | Carnet alimentaire journalier, application de suivi, bilan nutritionnel mensuel. |
| Plan alimentaire | Élaborer une structure alimentaire adaptée aux besoins, pathologies et préférences ; organiser les repas, les portions et les groupes d'aliments ; fournir des supports visuels et faire évoluer le plan. | Plan spécifique pour diabète, menus équilibrés sur la semaine, fiches portions types. |
| Santé bucco-dentaire | Repérer les douleurs ou difficultés de mastication ; conseiller sur l'hygiène orale ; adapter les textures ; collaborer avec le dentiste pour préserver la prise alimentaire. | Purées, compotes, poissons fondants en cas de douleurs dentaires. |
| Plan personnalisé | Construire une prise en charge globale tenant compte de la santé, des habitudes et contraintes ; définir des objectifs réalistes ; coordonner avec les autres professionnels de santé. | Plan adapté aux horaires décalés, prise en compte d'allergies ou d'un handicap moteur. |
| Éducation thérapeutique | Développer les compétences du patient pour gérer son alimentation ; organiser des ateliers et créer des supports ; adapter l'information au public et évaluer les acquis. | Atelier lecture d'étiquettes, atelier cuisine santé, fiches pédagogiques. |
| Actions avec les proches | Impliquer la famille ou l'entourage ; organiser des séances d'information ; conseiller sur les repas ; mobiliser le soutien pour renforcer l'adhésion et la motivation. | Réunion d'information familiale, participation des proches aux menus et aux courses. |
| Exercices et jeux pour diminuer l'anxiété | Réduire le stress lié à l'alimentation ; proposer des jeux sensoriels, activités ludiques ou relaxation ; travailler avec psychologues si besoin. | Jeux de dégustation à l'aveugle, exercices de respiration avant les repas, ambiance calme. |
| Modifications du comportement | Transformer les comportements alimentaires inadaptés ; utiliser les TCC, fixer des objectifs progressifs, renforcer les comportements positifs ; collaborer avec psychologues/psychiatres. | Planifier des collations équilibrées, tableau de renforcement positif, repas en pleine conscience. |
| Amélioration de la qualité de vie | Soutenir le bien-être global ; encourager activité physique douce, loisirs sociaux et environnement de repas agréable ; valoriser les réussites et orienter vers d'autres professionnels. | Marche régulière, ateliers cuisine collectifs, aménagement d'un coin repas convivial. |
Diagnostic et prise en charge de la dénutrition
Pour les nutritionnistes, diagnostiquer une dénutrition ou un déséquilibre nutritionnel constitue une compétence primoridale. Cela implique de savoir évaluer précisément l’état nutritionnel d’un patient, d’identifier les facteurs de risque et de mettre en œuvre une prise en charge adaptée et personnalisée.
Voici une liste de compétences à maitriser :
- Comprendre les conséquences de la dénutrition sur la santé
Perte de masse musculaire, affaiblissement immunitaire, ralentissement de la cicatrisation, augmentation du risque de complications infectieuses, de dépendance et de mortalité. - Adapter la prise en charge en fonction du profil du patient
Tenir compte de l’âge, des pathologies associées et de l’état nutritionnel global pour proposer des interventions ciblées et efficaces. - Intégrer le dépistage précoce dans la pratique clinique
Détecter rapidement les signes de dénutrition afin de prévenir sa progression et réduire les complications associées. - Mettre en place des actions de prévention ciblées
Intervenir en amont auprès des populations à risque : personnes âgées, patients hospitalisés, personnes en situation de handicap, patients psychiatriques ou vivant en contexte social précaire. - Identifier la spirale de la dénutrition
Comprendre le cercle vicieux : perte d’appétit → perte de poids → perte de force → diminution des apports → aggravation de l’état nutritionnel. - Utiliser les outils de dépistage et d’évaluation
Maîtriser et interpréter des outils validés comme l’échelle de Blandford ou la Mini Nutritional Assessment (MNA). - Réaliser un diagnostic nutritionnel complet
Évaluer l’IMC, la perte pondérale involontaire, les apports alimentaires, les données biologiques et le contexte clinique du patient - Élaborer une prise en charge personnalisée
- Réaliser une enquête alimentaire détaillée
- Identifier et corriger les causes nutritionnelles, sociales ou environnementales
- Proposer des mesures adaptées : enrichissement de l’alimentation orale, compléments nutritionnels oraux,nutrition entérale ou parentérale, supplémentation médicamenteuse, etc.
Utiliser l’IMC
Concrètement, l’IMC (indice de masse corporelle) permet bien souvent d’identifier un éventuel problème de nutrition. Selon la HAZS (Haute Autorité de Santé, l’IMC permet « d’estimer l’excès de masse dans le corps et définir la corpulence ».
Plus il augmente, lus les risques liés à l’obésité sont importants. Plus il est faible, plus les problèmes liés à des manques sont probables. Utiliser notre outil gratuit de calcul IMC
Identifier les signes de dénutrition
L’entourage repère :
- Des prises alimentaires pus restreintes qu’à l’accoutumée
- Un amaigrissement
- Une perte d’appétit
- Des signes d’alerte : des difficultés dans les déplacements, un isolement, une tristesse, une maladie chronique…
Identifier une dénutrition en consultation
Il est important de mener un interrogatoire détaillé sur les habitudes alimentaires, l’activité physique et les problèmes de santé.
L’examen médical peut révéler certains des symptômes suivants :
- L’absence de tissu de graisse sous la peau
- Une fonte musculaire (fesses, cuisses, bras)
- Une peau sèche et fine, peu élastique
- Des cheveux cassants
- Des crampes, des fourmillements
- Des œdèmes au niveau des pieds (rétention d’eau)
- Une baisse du poids (mesurée sur une durée de 1 à 6 mois)
- Un IMC trop faible
Voir le dossier du site Ameli sur la dénutrition.
Rappel des besoins nutritionnels de base
Les besoins nutritionnels varient selon des critères liés à chaque individu (sexe, activité physique, âge, problèmes de santé…). Il existe néanmoins des règles de base pour atteindre un équilibre alimentaire :
- Un apport énergétique compris entre 2 400 et 2 600 calories par jour pour un homme adulte en bonne santé et entre 1 800 et 2 200 calories pour une femme.
- Des apports nutritionnels réparties avec 55 % de glucides, 15 % de protéines et 30 % de lipides
Source : Vidal.fr
