L'interne en médecine occupe une position particulière dans le système de santé français. À la fois étudiant inscrit à l'université, agent public hospitalier rémunéré et médecin en formation, il prend en charge des patients sous la supervision d'un sénior tout au long d'un parcours de trois à six ans.
Cette page rassemble les règles de statut, la grille de salaire applicable, le déroulé du parcours après les EDN, le choix de la spécialité, la santé mentale et les ressources d'aide pour les futurs internes.
- Le statut d'interne en médecine
- Attributions, compétences et responsabilités
- Les réformes 2024-2026 à connaître
- Salaire brut et net en 2026
- Le parcours de formation
- Choisir sa spécialité d'internat
- Formation complémentaire et sur-spécialisation
- La santé mentale des internes
- Astuces et conseils pratiques
- Coût et financement des études
- Outils et ressources pour les internes
- Questions fréquentes
Le statut d'interne en médecine
L'interne bénéficie d'un statut hybride à mi-chemin entre l'étudiant et le médecin. Il est encadré par le Code de la santé publique (articles R. 6153-1 et suivants) et par plusieurs arrêtés ministériels publiés sur Légifrance.
Définition d'un interne en médecine
L'interne est un étudiant en troisième cycle d'études médicales, période plus connue sous le nom d'internat. Au regard de la loi, il a le statut de praticien en formation spécialisée. Il est nommé par arrêté du directeur général du Centre National de Gestion (CNG) publié au Journal officiel.
Sous la responsabilité d'un médecin sénior référent, il prodigue des soins, pratique des interventions chirurgicales, travaille en laboratoire ou prescrit des examens et des thérapeutiques. Il participe à la continuité des soins en assurant des gardes et des astreintes.
Différences avec les autres statuts médicaux
Plusieurs termes proches sèment la confusion. Voici les distinctions à retenir.
| Terme | Définition |
|---|---|
| Interne en médecine | Étudiant en 3ᵉ cycle, médecin en formation spécialisée, agent public hospitalier rémunéré. |
| Médecin interniste | Médecin diplômé spécialisé en médecine interne, discipline qui prend en charge les pathologies adultes complexes touchant plusieurs organes. |
| Externe en médecine | Étudiant en 2ᵉ cycle (4ᵉ, 5ᵉ et 6ᵉ années), perçoit une indemnité de stage et non un salaire d'agent public. |
| Résident en médecine | Terme utilisé en Belgique, au Québec, au Maroc et en Tunisie pour désigner l'équivalent de l'interne français. |
| Faisant Fonction d'Interne (FFI) | Médecin (souvent étranger hors UE) qui exerce des fonctions d'interne sans en avoir le statut complet, dans le cadre d'un parcours d'autorisation d'exercice. |
| Docteur Junior | Interne en phase de consolidation (4ᵉ ou 5ᵉ année), exerce en autonomie supervisée et perçoit une rémunération majorée. |
Un futur médecin qui choisit la médecine interne comme spécialité aura ainsi le statut paradoxal d'interne en médecine interne.
Attributions, compétences et responsabilités
Le statut de l'interne est régi par les articles R. 6153-1 à R. 6153-46 du Code de la santé publique.
Cadre légal et obligations de service
- L'interne reste inscrit à l'université jusqu'à la fin de son cursus.
- Il dépend d'un établissement public de santé (ou du ministère de la Défense pour les internes des hôpitaux des armées).
- Il exerce des fonctions de prévention, de diagnostic et de soins, par délégation et sous la responsabilité du praticien dont il relève.
- Bien qu'il n'ait pas le statut de docteur en médecine, il examine les patients, propose un diagnostic et a le droit de prescrire des thérapeutiques et des examens.
- Ses obligations de service correspondent à 10 demi-journées par semaine, dont 8 en stage (gardes et astreintes comprises) et 2 consacrées à la formation universitaire.
- Il participe à la formation des externes (étudiants de 2ᵉ cycle).
- Il assure la continuité des soins via les gardes et les astreintes.
Les obligations de service correspondent à 48 heures hebdomadaires en moyenne sur un quadrimestre, conformément à la directive européenne 2003/88/CE. Une enquête conjointe des syndicats publiée en février 2024 (ISNAR-IMG, ISNI, FNSIP-BM, SNIO) montre un dépassement chronique de ce plafond pour une majorité d'internes.
Affectation et CHU de rattachement
À l'issue de la procédure nationale de choix et selon le classement aux EDN et ECOS, l'interne est affecté par arrêté du directeur général du CNG publié au Journal officiel. Quelle que soit son affectation, il relève de son CHU de rattachement pour tous les actes liés à ses fonctions hospitalières.
Qualités requises pour réussir l'internat
Les études de médecine sont exigeantes sur les plans intellectuel, physique et psychique. Les profils qui réussissent partagent généralement plusieurs traits.
- Conscience professionnelle et rigueur scientifique
- Capacité d'écoute et respect du secret professionnel
- Envie d'actualiser son savoir tout au long de sa carrière
- Bonne mémoire de travail
- Curiosité, concentration et attention soutenue
- Disponibilité et flexibilité horaire
- Endurance physique et résistance mentale
- Capacité à travailler en équipe pluridisciplinaire
Salaire brut et net en 2026
Les internes en exercice perçoivent différentes rémunérations et indemnités forfaitaires fixées par arrêté interministériel. La grille de base provient de la revalorisation du Ségur de la santé de 2020, formalisée par l'arrêté du 8 juillet 2022.
Les composantes du bulletin de salaire
Le salaire d'un interne se décompose en plusieurs lignes qu'il faut savoir distinguer.
- Salaire de base : émoluments forfaitaires annuels qui évoluent selon l'année d'internat
- Indemnité de sujétion : versée mensuellement pendant les 4 premiers semestres uniquement
- Indemnités de garde et d'astreinte : variables selon le nombre de gardes effectuées
- Indemnités d'avantages en nature : compensent l'absence de logement et de repas fournis par l'établissement
- Prime de responsabilité : versée à partir de la 4ᵉ année
- Indemnité de transport : 130 € brut par mois pour les stages éloignés (plus de 15 km du CHU ou du domicile)
- Indemnité forfaitaire d'hébergement : 300 € brut par mois pour les stages en zone sous-dotée (ZIP ou ZAC)
- Indemnités pour participation à des enseignements ou jurys de concours
Grille brut annuel et net mensuel détaillée
Le tableau ci-dessous récapitule les émoluments forfaitaires bruts annuels et donne une estimation du net mensuel après déduction des cotisations sociales (environ 21 %), hors gardes et primes.
Grille des internes en médecine 2026 (hors gardes et primes)
Source : arrêté du 8 juillet 2022 (article R. 6153-10 du Code de la santé publique). Montants actualisés selon la valeur du point d'indice fonction publique au 01/01/2024 (4,92278 €), confirmés par la grille indiciaire hospitalière des internes.
| Année (échelon) | Brut mensuel | Brut annuel | Net mensuel indicatif |
|---|---|---|---|
| 1ʳᵉ année (TCEM1) | 1 617,20 € | 19 406 € | ≈ 1 280 € |
| 2ᵉ année (TCEM2) | 1 790,27 € | 21 483 € | ≈ 1 415 € |
| 3ᵉ année (TCEM3) | 2 367,36 € | 28 408 € | ≈ 1 870 € |
| 4ᵉ année | 2 369,20 € | 28 430 € | ≈ 1 875 € |
| 5ᵉ année | 2 370,68 € | 28 448 € | ≈ 1 875 € |
Pour les TCEM1 et TCEM2, l'indemnité de sujétion de 435,18 € brut par mois s'ajoute aux émoluments de base, ce qui porte le net mensuel à environ 1 625 € en 1ʳᵉ année et 1 760 € en 2ᵉ année. À partir de la 5ᵉ année, la prime de responsabilité (4 210,77 € brut par an, soit environ 351 € par mois) porte le net mensuel à près de 2 150 €. Le point d'indice de la fonction publique reste gelé pour 2026.
Indemnité spéciale pour les internes affectés en DOM-TOM
Le décret n° 2020-1136 du 15 septembre 2020 a institué une indemnité spéciale pour les internes affectés outre-mer. Cette indemnité s'ajoute aux émoluments de base et au remboursement des frais de transport pour les internes domiciliés sur le territoire métropolitain au moment de l'affectation.
Indemnité spéciale outre-mer pour les internes
L'indemnité s'applique aux émoluments forfaitaires définis à l'article R. 6153-10 du Code de la santé publique. Elle n'est pas soumise à cotisation IRCANTEC.
- 20 % des émoluments pour les internes affectés en Guadeloupe, Martinique, Saint-Barthélemy ou Saint-Martin
- 40 % des émoluments pour les internes affectés en Guyane, à La Réunion, à Mayotte ou à Saint-Pierre-et-Miquelon
Les frais de transport (aller-retour) sont également pris en charge pour les internes domiciliés en métropole. Texte de référence sur Légifrance.
Concrètement, un interne en TCEM3 affecté en Guyane perçoit 28 408 € brut annuel + 11 363 € d'indemnité spéciale (40 %), soit environ 39 771 € brut annuel sur la durée du stage. La subdivision Antilles-Guyane (UFR Antilles-Guyane) et la subdivision Océan Indien (UFR Réunion-Mayotte) accueillent leurs propres internes affectés via les EDN. Les stages hors-subdivision dans le Pacifique sud (Nouvelle-Calédonie, Polynésie française) et à Saint-Pierre-et-Miquelon sont gérés par le département DROM-COM de l'Université de Bordeaux.
Pour les docteurs juniors, la procédure d'appariement nationale a lieu deux fois par an (semestre de novembre et semestre de mai). L'ARS Centre-Val de Loire détaille les modalités de cette procédure semestrielle qui concerne 28 DES en procédure nationale.
Du brut au net : le détail du calcul
Le passage du brut au net repose sur trois prélèvements obligatoires : la CSG (Contribution Sociale Généralisée), la CRDS (Contribution au Remboursement de la Dette Sociale) et les cotisations à l'IRCANTEC (retraite complémentaire des agents publics non titulaires). L'impôt sur le revenu vient ensuite réduire le net à payer via le prélèvement à la source.
À ce net mensuel viennent s'ajouter, selon le rythme du service, les indemnités de garde et d'astreinte. Elles représentent souvent 30 à 50 % du revenu net total.
Les gardes : impact sur le revenu net
Les indemnités de garde ont fait l'objet d'une majoration pérenne de 50 % à compter du 1ᵉʳ janvier 2024. Les montants ci-dessous sont en vigueur depuis cette date.
| Type de garde | Montant brut |
|---|---|
| Garde de nuit en semaine (lundi au vendredi) | 234,80 € |
| Demi-garde de nuit en semaine | 117,39 € |
| Garde de nuit du samedi, dimanche ou jour férié | 256,86 € |
| Demi-garde du week-end ou jour férié | 128,43 € |
| Garde supplémentaire (au-delà du service normal) | 256,86 € |
| Garde de 24h le samedi (équivalent 1,5 garde) | 385,29 € |
| Garde de 24h le dimanche ou férié (équivalent 2 gardes) | 513,72 € |
Concrètement, un interne qui réalise 4 gardes par mois dont 1 le week-end ajoute environ 940 € brut à son salaire mensuel de base, soit près de 740 € net.
Primes et indemnités complémentaires
| Indemnité | Montant |
|---|---|
| Indemnité de sujétion (4 premiers semestres) | 435,18 € brut par mois |
| Avantages en nature (non logé, non nourri) | 1 010,64 € brut par an |
| Avantages en nature (logé, non nourri) | 674,31 € brut par an |
| Avantages en nature (non logé, nourri) | 336,32 € brut par an |
| Prime de responsabilité (5ᵉ année médecine et pharmacie) | 4 210,77 € brut par an |
| Prime SASPAS (médecine générale, stage ambulatoire) | 125 € brut par mois |
| Indemnité de transport (stage à plus de 15 km) | 130 € brut par mois |
| Indemnité forfaitaire d'hébergement (zone sous-dense) | 300 € brut par mois |
L'interne bénéficie d'un congé annuel de 30 jours ouvrables avec maintien de la rémunération. La durée des congés pris en une seule fois ne dépasse pas 24 jours ouvrables. L'interne ne cotise pas pour le chômage et n'a donc pas droit aux ARE à la fin de sa formation.
Pour comparer avec les autres rémunérations à l'hôpital public, consultez le détail du salaire d'un aide-soignant à l'hôpital.
Les réformes 2024-2026 à connaître
Plusieurs textes ont profondément modifié le quotidien et la rémunération des internes ces deux dernières années. Voici la chronologie des évolutions à retenir, depuis la pérennisation des gardes jusqu'à la première promotion de docteurs juniors en médecine générale.
Pérennisation de la majoration des gardes (+50 %)
La majoration de 50 % des indemnités de garde, expérimentée à l'été 2022, est devenue pérenne pour les internes. Une garde de nuit en semaine passe de 156,53 € à 234,80 € brut. Source : instruction de la DGOS de novembre 2023, confirmée par la Fédération Hospitalière de France.
Réforme R2C : nouveau concours d'entrée à l'internat
Les Épreuves Classantes Nationales (ECN) ont laissé place au triptyque EDN, ECOS et note de parcours. Désormais, 13 classements distincts par groupes de spécialités remplacent le classement national unique. La note de parcours (engagements, expériences, mobilité linguistique) compte pour 10 % de la note finale. Le détail de la réforme est publié sur le site du ministère de l'Enseignement supérieur.
Décret 2025-197 sur les arrêts maladie
Le décret du 27 février 2025 réduit le maintien d'émoluments en cas d'arrêt maladie ordinaire pour les internes, docteurs juniors et praticiens hospitaliers. L'interne perçoit désormais 90 % de ses émoluments les 3 premiers mois (au lieu de 100 %), puis 50 % les 9 mois suivants. La mesure ne s'applique pas aux congés de longue maladie ou de longue durée.
Première promotion docteurs juniors en médecine générale
La quatrième année de médecine générale entre en vigueur, avec la première promotion de docteurs juniors en MG. La maquette ajoute une année en autonomie supervisée, principalement en cabinet ambulatoire et dans les zones sous-dotées en priorité. Les modalités finales de rémunération de cette 4ᵉ année font l'objet de précisions réglementaires en cours.
La grille indiciaire des internes (arrêté du 8 juillet 2022) n'a pas fait l'objet d'une revalorisation indiciaire dédiée en 2025 ni 2026. L'arrêté du 16 janvier 2025 modifiant celui de 2022 introduit une annexe spécifique aux Praticiens Associés Contractuels Temporaires (PACT), sans toucher aux internes. Les montants présentés intègrent la dernière revalorisation du point d'indice fonction publique au 01/01/2024 (4,92278 €), gelé pour 2026.
Le parcours de formation
D'une durée de trois à six ans selon la spécialité choisie, la formation d'un interne s'organise en trois phases distinctes définies par l'arrêté du 21 avril 2017 qui fixe la liste des DES.
Les trois phases de l'internat
L'internat se déroule dans des services hospitaliers agréés sous forme de stages semestriels. Trois phases structurent la formation, avec une autonomie croissante.
- La phase socle (1 an, 2 ans en biologie médicale) : acquisition des bases de la spécialité et des compétences transversales du métier de médecin.
- La phase d'approfondissement (2 à 3 ans) : approfondissement des connaissances et des compétences dans la spécialité choisie. Mémoire de DES en fin de période.
- La phase de consolidation (1 à 2 ans) : l'interne devient docteur junior et exerce en autonomie supervisée.
Le statut de docteur junior
Créé par décret en 2018, le statut de docteur junior intervient en 4ᵉ ou 5ᵉ année selon le DES. Il marque une étape vers l'autonomie. Le docteur junior conserve son statut d'interne mais prescrit en autonomie supervisée, sous le contrôle d'un référent.
- Salaire de base annuel : 28 495,49 € brut, soit environ 2 200 € net mensuel hors gardes
- Prime d'autonomie supervisée : 5 000 € brut par an en 1ʳᵉ année de phase 3, 6 000 € brut par an en 2ᵉ année
- Indemnité forfaitaire d'hébergement (sur demande) : 300 € brut par mois
La première promotion de docteurs juniors en médecine générale se déploie à l'automne 2026. Les modalités finales de cette nouvelle 4ᵉ année font l'objet d'arrêtés en cours de finalisation.
Les durées par grandes catégories de spécialités
| Discipline | Durée d'internat |
|---|---|
| Médecine générale | 4 ans (3 ans + 1 an docteur junior) |
| Spécialités médicales courantes (cardiologie, néphrologie, pneumologie, dermatologie, psychiatrie...) | 4 à 5 ans |
| Anesthésie-réanimation, médecine intensive-réanimation | 5 ans |
| Spécialités chirurgicales (urologie, ophtalmologie, ORL, neurochirurgie...) | 5 à 6 ans |
| Anatomie et cytologie pathologiques, biologie médicale | 4 à 5 ans |
| Médecine du travail, santé publique | 4 ans |
Choisir sa spécialité d'internat
Le choix de la spécialité conditionne toute la carrière médicale. Avec 44 spécialités réparties en 13 groupes depuis la R2C, le futur interne dispose d'un large éventail mais reste contraint par son classement et le nombre de postes proposés.
Les chiffres clés 2025-2026
Pour l'année universitaire 2025-2026, l'arrêté du 30 juillet 2025 fixe à 8 919 le nombre de postes d'internat, dont 312 réservés aux signataires d'un Contrat d'Engagement de Service Public (CESP) et 8 607 hors CESP. Ce volume progresse de 12 % par rapport à 2024 (7 974 postes), année marquée par une baisse exceptionnelle liée aux redoublements stratégiques avant la mise en place de la R2C.
Les 44 spécialités classées par discipline
Les spécialités sont réparties en trois grandes disciplines. Voici la liste complète, avec un lien vers la fiche métier pour les spécialités déjà couvertes sur lonasante.
- Addictologie
- Allergologie
- Anatomie et cytopathologie
- Anesthésie-réanimation
- Biologie médicale
- Dermatologie et vénéréologie
- Endocrinologie, diabétologie, nutrition
- Génétique médicale
- Gériatrie
- Gynécologie médicale
- Hématologie
- Hépato-gastro-entérologie
- Médecine cardiovasculaire
- Médecine d'urgence
- Médecine du sport
- Médecine du travail
- Médecine générale
- Maladies infectieuses et tropicales
- Médecine intensive-réanimation
- Médecine interne et immunologie clinique
- Médecine légale et expertises médicales
- Médecine nucléaire
- Médecine physique et de réadaptation
- Médecine vasculaire
- Néphrologie
- Neurologie
- Oncologie
- Pédiatrie
- Pneumologie
- Psychiatrie
- Radiologie et imagerie médicale
- Rhumatologie
- Santé publique
- Chirurgie infantile (pédiatrique)
- Chirurgie maxillo-faciale
- Chirurgie orale
- Chirurgie orthopédique et traumatologique
- Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique
- Chirurgie thoracique et cardiovasculaire
- Chirurgie vasculaire
- Chirurgie viscérale et digestive
- Gynécologie-obstétrique
- Neurochirurgie
- Ophtalmologie
- Oto-rhino-laryngologie (ORL)
- Urologie
- Agents infectieux
- Biologie générale
- Biologie de la reproduction
- Hématologie et immunologie
- Médecine moléculaire, génétique et pharmacologie
Avant la fin de son 4ᵉ semestre, l'interne a la possibilité de changer d'orientation grâce au droit au remord. Cette procédure permet de choisir une autre spécialité à laquelle il était éligible avec son classement initial.
Les spécialités les plus demandées en 2025
Sur la session 2025 (8 738 affectés sur 8 919 places), L'Étudiant et Egora ont publié le palmarès des spécialités qui ont le plus convaincu les meilleurs candidats de chaque groupe. Le trio de tête reste stable d'une année sur l'autre.
- 1 Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique Inchangé
- 2 Chirurgie maxillo-faciale Stable
- 3 Dermatologie et vénéréologie Stable
- 4 Maladies infectieuses et tropicales +1 rang
- 5 Ophtalmologie -3 rangs
- 6 Anesthésie-réanimation +2 rangs
- 7 Médecine cardiovasculaire Stable
- 8 Néphrologie +1 rang
Source : palmarès L'Étudiant 2025 reprise par Egora, à partir de la liste d'affectation 2025-2026 publiée au Journal officiel par arrêté du 30 juillet 2025.
Les spécialités à places vacantes
À l'inverse, quatre spécialités n'ont pas pourvu l'ensemble des postes proposés en 2025. La situation s'améliore par rapport à 2024 où certaines de ces spécialités peinaient encore davantage. La gériatrie et la génétique médicale, qui n'avaient pas fait le plein en 2024, sont totalement pourvues en 2025. La médecine générale remplit à 99 %, avec 43 places vacantes sur 3 593 postes proposés (CESP inclus).
Quatre spécialités n'ont pas fait le plein en 2025
Taux de remplissage des postes proposés au moment de l'affectation
Les critères pour faire son choix
Le choix de la spécialité combine plusieurs critères à hiérarchiser selon votre projet personnel et professionnel.
Le contenu clinique et le quotidien
Multipliez les stages d'externat dans des spécialités différentes pour observer le rythme, la patientèle et la nature des actes. Une journée passée auprès d'un interne en service vaut souvent mieux qu'une lecture théorique sur la maquette du DES.
La durée du DES et l'après-internat
Comptez 4 ans pour la médecine générale, jusqu'à 6 ans pour la chirurgie ou l'ophtalmologie. À cela s'ajoute le post-internat (clinicat, assistanat) si vous visez une carrière hospitalo-universitaire.
Le rythme de gardes et d'astreintes
Anesthésie-réanimation, urgences et gynécologie-obstétrique imposent des gardes lourdes pendant et après l'internat. Dermatologie, allergologie et médecine du travail offrent des conditions plus prévisibles.
La perspective d'exercice et de revenus
Les revenus libéraux varient fortement entre spécialités selon la cotation des actes et le secteur conventionnel. La rémunération hospitalière dépend de la grille des praticiens hospitaliers et des primes attachées au statut.
Le territoire et le CHU d'affectation
L'AP-HP concentre 16,8 % des postes en 2025. Si la stabilité géographique compte pour vous (couple, famille), regardez les rangs limites des années précédentes pour cibler une combinaison réaliste spécialité plus ville.
L'accès à la recherche et au MD-PhD
Si vous envisagez une thèse de sciences ou un doctorat, certaines spécialités (médecine intensive-réanimation, biologie médicale, oncologie) facilitent l'année de recherche et les passerelles vers les MD-PhD.
Points forts de quelques spécialités phares
Voici les atouts à connaître pour quelques spécialités souvent retenues dans les choix d'internes. Les chiffres de postes sont issus de l'arrêté du 30 juillet 2025 publié au Journal officiel.
- Spécialité la mieux dotée (38 % des postes en 2025)
- Internat le plus court (4 ans, dont 1 an docteur junior à partir de septembre 2026)
- Polyvalence et liens forts avec les patients sur la durée
- Mobilité géographique élevée et installation rapide en libéral
- Spécialité technique fortement valorisée à l'hôpital
- Compétences transversales recherchées (urgences, blocs, USC)
- 6e place du palmarès des plus prisées en 2025 (+2 rangs)
- Évolution possible vers la médecine intensive-réanimation
- Spécialité jeune et dynamique (DES créé en 2017)
- Compétences cliniques larges et prise de décision rapide
- Forte demande de praticiens dans tous les services d'urgence
- Rythme intense compensé par des récupérations en bloc
- Patientèle spécifique avec accompagnement des familles
- Diversité des sous-spécialités (néonatologie, oncologie pédiatrique, pédiatrie sociale)
- Possibilité d'exercice mixte hôpital-cabinet
- Réseau professionnel structuré au sein des CHU
- Spécialité en tension avec un fort besoin de praticiens (84 % de remplissage en 2025)
- Diversité des modes d'exercice (CMP, libéral, secteur, addictologie)
- Plan psychiatrie et santé mentale 2025-2030 lancé en juin 2025 (objectif 600 internes par an d'ici 2027)
- Rythme de gardes plus modéré que dans les spécialités d'aigu
- Discipline technique au cœur de tous les diagnostics
- Évolution continue des techniques d'imagerie et de l'intelligence artificielle
- Bonne articulation entre activité clinique et lecture d'examens
- Spécialité régulièrement en haut des classements de choix
Formation complémentaire et sur-spécialisation
Pour acquérir des compétences particulières et élargir son champ d'expertise, l'interne a la possibilité de suivre des enseignements complémentaires pendant son internat.
Les options de surspécialité et les FST
La réforme R3C du troisième cycle offre la possibilité aux internes d'ajouter une sur-spécialisation à leur DES, en suivant l'une de ces deux voies.
- Une option de surspécialité, pour acquérir des compétences ciblées au sein de la spécialité suivie. Exemple : la rythmologie pour les internes en cardiologie.
- Une Formation Spécialisée Transversale (FST), option commune à plusieurs spécialités qui apporte de la pluridisciplinarité. Exemples : nutrition appliquée, addictologie, douleur, soins palliatifs.
Ces formations durent deux semestres et ajoutent un an supplémentaire à l'internat. Elles ne sont pas obligatoires mais valorisent le CV. Elles ouvrent droit à l'exercice complémentaire de la surspécialité choisie. Un arbitrage est imposé : le cumul d'une FST et d'une option n'est pas autorisé.
L'année de recherche
Pour préparer un master, un doctorat ou un diplôme équivalent, l'interne a la possibilité de bénéficier d'une année de recherche. Son attribution suit certaines contraintes.
- La qualité du projet de recherche soumis au jury
- L'agrément du laboratoire d'accueil
- Le déroulement sur une période continue
- Un démarrage possible au plus tôt en début de 2ᵉ année d'internat, et au plus tard un an après la validation du DES
La santé mentale des internes
L'enquête santé mentale 2024 menée conjointement par l'ANEMF, l'ISNAR-IMG et l'ISNI confirme une dégradation continue de la santé mentale des médecins en formation. La question est désormais débattue au plus haut niveau, avec une question écrite posée au Sénat en mars 2025 pour interpeller le ministère sur la détresse psychologique des internes.
Les chiffres clés de l'enquête 2024
Le président de l'ISNAR-IMG estime qu'1 à 2 suicides par mois surviennent parmi les internes en France. Les chiffres s'aggravent par rapport aux enquêtes précédentes (2017, 2021).
Les causes principales identifiées
- Charge de travail excessive : dépassement chronique des 48 heures hebdomadaires, gardes cumulatives, week-ends rognés.
- Horaires inadaptés : récupération insuffisante après garde, manque de respect du repos de sécurité.
- Fortes exigences émotionnelles : annonces difficiles, décès, gestion des familles, situations cliniques complexes.
- Syndrome de l'imposteur : sentiment de ne pas être à la hauteur, accentué par la pression de la responsabilité.
- Violences sexistes et sexuelles (VSS) en milieu hospitalier, dénoncées dans le sillage du mouvement Me Too Hôpital.
- Hiérarchie défaillante ou maltraitante : insuffisance d'encadrement, brimades, humiliations en service.
- Précarité matérielle et difficulté de logement, en particulier pour les stages éloignés.
Comment reconnaître les signes d'alerte
L'ISNI, dans sa fiche d'accompagnement des internes, identifie les signaux qui doivent alerter chez soi ou un co-interne.
- Fatigue inhabituelle et troubles du sommeil persistants
- Baisse de motivation et sentiment d'avenir bouché
- Augmentation ou apparition de consommation de produits addictifs (alcool, anxiolytiques, autres)
- Envie de tout abandonner, irritabilité, anxiété
- Impression que les actes autrefois faciles deviennent compliqués
- Tristesse persistante, perte d'intérêt pour les activités habituelles
Si l'un de ces signes est présent chez vous ou un co-interne, sollicitez de l'aide sans attendre auprès d'un proche, d'un responsable de stage, de votre médecin traitant, du médecin du travail, d'un psychologue, d'un syndicat local ou des structures dédiées listées ci-dessous. Vous n'êtes jamais isolé·e et vous n'êtes pas responsable de votre détresse. Pour soigner les autres, il faut prendre soin de sa propre santé mentale.
Numéros et ressources d'aide gratuits
Entraide ordinale (Conseil National de l'Ordre des Médecins)
0 800 288 038
Numéro unique gratuit, anonyme et confidentiel pour tous les soignants et internes en médecine en difficulté. Disponible 7j/7 et 24h/24, avec des psychologues et des confrères médecins formés à l'écoute. Plus d'informations sur le site du Conseil national de l'Ordre des médecins.
SPS (Soins aux Professionnels en Santé)
0 805 23 23 36
Plateforme dédiée aux soignants en souffrance ou épuisement professionnel. Service anonyme et gratuit pour le premier appel. Application mobile Asso SPS disponible. 7j/7 et 24h/24, plus de 100 psychologues formés.
MOTS (Médecin Organisation Travail Santé)
06 08 28 25 89
Écoute et soutien par et pour les médecins, les étudiants en médecine et les autres soignants. Service confidentiel et gratuit, particulièrement adapté aux situations d'épuisement professionnel ou personnel. 7j/7 et 24h/24.
SOS Crise (Les Transmetteurs)
0 800 19 00 00
Écoute et orientation par des médecins, psychologues et bénévoles formés. Service gratuit et anonyme du lundi au samedi de 9h à 19h. Réservé aux situations de détresse, complémentaire des plateformes médicales.
SOS Internes
Réseau local par subdivision
Structures créées par et pour des internes (souvent en psychiatrie), présentes dans plusieurs subdivisions (Paris, Montpellier, autres). Soutien par les pairs avec formation spécifique et encadrement par des psychologues. Renseignez-vous auprès de votre syndicat local.
3114, numéro national de prévention du suicide
3114
Ligne nationale gratuite, confidentielle et accessible 7j/7 et 24h/24 pour toute personne en souffrance ou inquiète pour un proche. Réponse par des professionnels de santé spécifiquement formés à la prévention du suicide.
Le Centre National d'Appui (CNA) propose également un centre de ressources varié (cellule d'écoute avec psychologues, psychiatres, assistantes sociales et conseils juridiques) pour les étudiants en santé. Il est rattaché au ministère de la Santé et coordonne les interventions de prévention au niveau national.
Astuces et conseils pratiques pour les internes
Au-delà des règles officielles, plusieurs réflexes pratiques facilitent le quotidien d'un interne et sécurisent ses droits.
Réussir son matching et son affectation
Anticiper les rangs limites
Consultez les rangs limites des années précédentes par spécialité et par CHU. Une même spécialité demande parfois un excellent classement dans un CHU recherché et reste accessible dans un autre. Cette analyse permet de hiérarchiser des combinaisons spécialité plus ville réalistes.
Préparer plusieurs scénarios de choix
La procédure d'appariement (matching) ne fait plus de major de promotion. Chacun se positionne dans 13 groupes distincts. Préparez 3 à 5 scénarios crédibles selon votre classement projeté pour ne pas être pris au dépourvu en août au moment du choix définitif.
Multiplier les stages d'externat ciblés
En 4ᵉ et 5ᵉ années, choisissez vos stages d'externat dans les spécialités envisagées au DES. Profitez aussi des Journées Nationales des Internes (JNI) organisées chaque année par les syndicats pour rencontrer des internes en poste dans la spécialité visée.
Contacter le BDI et les coordonnateurs locaux
Avant d'arrêter votre choix, contactez le Bureau Des Internes (BDI) de la subdivision visée et le coordonnateur du DES local. Ils donnent une vision concrète des stages agréés, du suivi pédagogique et des spécificités du semestrage régional.
Maximiser ses indemnités et ses primes
Réclamer les indemnités auxquelles vous avez droit
L'indemnité de transport (130 € par mois pour un stage à plus de 15 km du domicile et du CHU) et l'indemnité forfaitaire d'hébergement (300 € par mois en zone sous-dense) ne sont pas versées automatiquement. Faites la demande au BDI ou à la direction des affaires médicales. Les versements sont rétroactifs.
Vérifier sa fiche de paie chaque mois
Les erreurs sur les heures de garde et les primes sont fréquentes, surtout en début de semestre. Comparez le nombre de gardes effectuées avec celui inscrit sur la fiche de paie. Toute correction réclamée à temps est régularisée sur la paie suivante.
Demander le supplément familial de traitement (SFT)
Si vous avez au moins un enfant à charge de moins de 20 ans, le SFT s'obtient sur demande auprès de la direction des affaires médicales de votre hôpital de rattachement. Ce complément s'ajoute à votre rémunération mensuelle et reste méconnu d'une partie des internes.
Conserver les justificatifs liés à vos stages
Quittances de loyer, justificatifs de domicile, frais kilométriques, attestation d'agrément du stage. Ces documents servent à prouver votre éligibilité aux indemnités d'hébergement et de transport, et à régulariser des oublis de versement.
Connaître ses droits sur les gardes et le temps de travail
Faire respecter le repos de sécurité de 11 heures
Après une garde, l'interne a droit à un repos de sécurité de 11 heures consécutives. Ce droit est garanti par le Code de la santé publique et l'arrêté du 6 février 2003 modifié. Si votre service ne le respecte pas, signalez-le à votre BDI ou à votre syndicat local.
Tenir un décompte personnel de ses heures
Le plafond légal s'établit à 48 heures hebdomadaires en moyenne sur un quadrimestre. Tenir un journal personnel des heures réalisées permet de documenter d'éventuels dépassements et d'appuyer une démarche collective si nécessaire.
S'appuyer sur les syndicats locaux
Chaque subdivision dispose d'une intersyndicale locale (Bureau Des Internes ou syndicat local) qui intervient en cas de conflit avec un service. Le maillage est complet sur le territoire et l'accompagnement est gratuit pour les internes adhérents.
Refuser les gardes au-delà du quota légal
Le nombre de gardes dépasse parfois le quota fixé par la maquette ou le règlement intérieur du service. La signature du tableau de garde n'engage pas l'interne s'il a déjà atteint le plafond. Le BDI peut intervenir auprès de la direction.
Anticiper la prévoyance et la responsabilité civile
Souscrire une responsabilité civile professionnelle (RCP)
L'hôpital couvre l'interne pour ses missions hospitalières mais une RCP personnelle reste conseillée. Plusieurs assureurs (MACSF, Sou Médical, Le Sou Médical) proposent des contrats spécifiques pour internes à des tarifs étudiants. La RCP devient obligatoire dès qu'un remplacement libéral est effectué.
Souscrire un contrat de prévoyance complémentaire
Le statut d'interne couvre partiellement les arrêts maladie longs. Depuis le décret 2025-197, le maintien des émoluments reste limité à 90 % les 3 premiers mois et 50 % les 9 mois suivants en arrêt maladie ordinaire. Une prévoyance complète assure le maintien intégral du revenu en cas d'arrêt prolongé.
Déclarer ses arrêts à la Sécurité sociale
Même si l'hôpital maintient une partie du salaire, l'arrêt doit être déclaré à la Sécurité sociale dans les 48 heures pour ouvrir droit aux indemnités journalières et préserver les droits ultérieurs en cas d'invalidité. La déclaration n'est pas systématiquement faite automatiquement par l'hôpital.
Conserver les preuves d'exposition (AES, COVID)
En cas d'accident d'exposition au sang (AES) ou à un agent infectieux, déclarez-le immédiatement au médecin du travail et faites établir un certificat médical initial. Cette démarche conditionne la reconnaissance d'une éventuelle maladie professionnelle ultérieure.
Coût et financement des études
Les associations d'étudiants dénoncent régulièrement le coût élevé des études de médecine. Cette charge financière creuse les inégalités entre étudiants et renforce le taux d'échec.
Combien coûte la formation jusqu'à l'internat
Ce sont principalement les prépas privées en première année (4 000 à 7 000 € par an) et les ouvrages pédagogiques qui rendent les études de médecine coûteuses pour la phase pré-internat. Les internes ne sont plus directement concernés par ces dépenses, mais leur formation implique d'autres frais.
- Droits d'inscription en faculté de médecine : environ 500 € par an
- Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) : 103 € en 2024-2025
- Frais de vie courante (transport, repas, loyer, télécommunications) : 800 à 1 200 € par mois selon la ville
- Cotisation au DES et à la maquette de formation : variable selon la spécialité
- Frais de mémoire et de thèse : impressions, soutenance, reliure
Comment financer la formation d'interne
De la 1ʳᵉ à la 5ᵉ année d'internat, les étudiants en médecine sont rémunérés entre 1 580 € et 2 050 € net par mois hors gardes. À cette rémunération s'ajoutent les indemnités de garde, d'astreinte et d'hébergement.
Pour les internes en difficulté financière, plusieurs aides complètent ces revenus.
- Bourse sur critères sociaux (BCS) attribuée par le CROUS
- Aide au mérite pour les bacheliers ayant obtenu la mention la plus haute
- Aide personnalisée au logement (APL) versée par la CAF
- Prêt étudiant garanti par l'État, sans caution parentale
- Contrat d'engagement de service public (CESP) : allocation de 1 200 € brut par mois en échange d'un engagement à exercer en zone sous-dense pour une durée équivalente. 312 contrats CESP proposés en 2025
Pour un panorama élargi, consultez le dossier sur les aides à la formation pour les soignants.
Outils et ressources pour les internes
Au-delà des plateformes officielles, plusieurs ressources aident l'interne à organiser sa formation, son quotidien clinique, ses démarches administratives et son projet d'installation.
Les institutions et plateformes officielles
Ces plateformes hébergent les textes réglementaires, les listes d'affectation, les recommandations et les statistiques de référence du système de santé.
CNG (Centre National de Gestion)
Affectations, listes d'aptitude, rétributions. Plateforme officielle pour les internes en médecine, pharmacie et odontologie. cng.sante.fr
Légifrance
Recherche des arrêtés, décrets et codes en vigueur. Recherche par mot-clé ou par numéro JORFTEXT. legifrance.gouv.fr
Service-Public.fr
Droits et démarches pour les agents publics hospitaliers, statut, congés, prévoyance, retraite. Fiches actualisées par l'administration française.
Ministère de la Santé
Réformes du troisième cycle, CESP, statistiques DREES, communications officielles sur la démographie médicale. sante.gouv.fr
DREES
Direction de la Recherche, des Études, de l'Évaluation et des Statistiques. Données nationales sur les médecins en formation et l'effectif des spécialités.
HAS (Haute Autorité de Santé)
Recommandations de bonnes pratiques opposables et certifications des établissements. Application mobile et site web actualisés en continu. has-sante.fr
Les syndicats et associations représentatives
Ils représentent les internes auprès des autorités, défendent leurs droits et publient des enquêtes nationales sur le temps de travail, la rémunération et la santé mentale.
ANEMF
Association nationale des étudiants en médecine de France. Représente les externes auprès des autorités et publie des guides pratiques. anemf.org
ISNI
Intersyndicale nationale des internes. Défense des droits, enquêtes nationales sur le temps de travail et la santé mentale. isni.fr
ISNAR-IMG
Intersyndicale des internes de médecine générale. Spécifique au DES de MG, suivi de la maquette et des stages SASPAS. isnar-img.com
FNSIP-BM
Fédération nationale des syndicats d'internes en pharmacie et biologie médicale. Référent pour les internes en biologie médicale.
SNJMG
Syndicat national des jeunes médecins généralistes. Représentation post-internat, accompagnement à l'installation, conseils libéraux.
SNFMI
Société nationale française de médecine interne. Guide des villes, AJI (Association des Jeunes Internistes), revues spécialisées. snfmi.org
Les outils numériques pour le quotidien clinique
Ces ressources servent à la prescription, à l'aide à la décision et au calcul de doses au lit du patient. Toujours croiser avec un sénior pour les médicaments à marge thérapeutique étroite.
Référentiels HAS
Recommandations de la Haute Autorité de Santé, référence opposable en France. Application mobile et site web actualisés en continu.
Base ANSM des médicaments
Hébergée par l'ANSM sur base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr. Notices, RCP, contre-indications et interactions médicamenteuses officielles.
MDCalc et QxMD Calculate
MDCalc (mdcalc.com) propose plus de 900 calculateurs et scores cliniques validés (Cockcroft-Gault, CHA2DS2-VASc, Wells, MELD, HEART). QxMD Calculate complète avec 450 scores. Hors ligne, gratuits.
Vidal et Thériaque
Bases médicamenteuses commerciales, complémentaires de la base ANSM. Vidal Hoptimal pour les internes en service, Thériaque pour la pharmacovigilance.
PubMed et LiSSa
PubMed pour la littérature médicale internationale, LiSSa (lissa.fr) pour la littérature scientifique en français, hébergée par le CHU de Rouen.
Outils IA pour la rédaction
Aide à la rédaction de comptes-rendus, synthèses bibliographiques, cas cliniques. Voir notre sélection de prompts IA pour les soignants.
Questions fréquentes sur l'internat de médecine
Un interne en médecine perçoit entre 1 617 € brut mensuel en 1ʳᵉ année et 2 371 € brut mensuel en 5ᵉ année (arrêté du 8 juillet 2022, montants actualisés selon la valeur du point d'indice 2024). Cela représente entre 1 280 € et 1 875 € net mensuel hors gardes et hors indemnité de sujétion. Avec l'indemnité de sujétion (1ʳᵉ et 2ᵉ années) et les gardes (234,80 € brut en semaine), le net mensuel monte à 1 620 € en début d'internat et peut dépasser 2 800 € en fin d'internat avec un rythme de 4 gardes par mois.
Non, la grille de base issue de l'arrêté du 8 juillet 2022 n'a pas fait l'objet d'une revalorisation indiciaire en 2025 ni en 2026. L'arrêté du 16 janvier 2025 modifiant celui de 2022 ne concerne pas les internes mais introduit une annexe pour les Praticiens Associés Contractuels Temporaires (PACT). Les indemnités de garde, en revanche, ont été majorées de 50 % de manière pérenne au 1ᵉʳ janvier 2024.
Les deux. L'interne reste inscrit à l'université jusqu'à la fin de son DES (statut étudiant) et il est en même temps agent public hospitalier rémunéré, dépendant de son CHU de rattachement. Il cotise au régime général et à l'IRCANTEC mais pas au chômage.
Pas au sens du diplôme. L'interne est un praticien en formation spécialisée qui exerce sous la responsabilité d'un médecin sénior. Il devient docteur en médecine après la soutenance de sa thèse, et accède à l'autonomie complète une fois son DES validé. À partir de la phase de consolidation (statut docteur junior), il exerce néanmoins en quasi-autonomie supervisée.
De 3 à 6 ans selon la spécialité choisie. Médecine générale : 4 ans (3 ans plus 1 an docteur junior à partir de septembre 2026). Spécialités médicales : 4 à 5 ans. Spécialités chirurgicales : 5 à 6 ans. Biologie médicale : 4 ans. À cela s'ajoutent 1 an de FST ou d'option, ou 1 année de recherche.
Oui, l'interne prescrit des thérapeutiques et des arrêts de travail dans le cadre de ses fonctions hospitalières, sous la responsabilité du praticien dont il relève. La prescription est validée par le service. En cabinet libéral en stage SASPAS, il a aussi la possibilité de prescrire dans le cadre supervisé fixé par le maître de stage.
L'externe est étudiant en 2ᵉ cycle (4ᵉ, 5ᵉ et 6ᵉ années) et perçoit une indemnité de stage (273 à 410 € brut par mois selon l'année). L'interne est en 3ᵉ cycle, agent public hospitalier rémunéré sur la grille des émoluments, avec des responsabilités cliniques. L'externe assiste, l'interne décide sous supervision.
Depuis la pérennisation au 1ᵉʳ janvier 2024, une garde de nuit en semaine rapporte 234,80 € brut. Une garde de nuit le samedi, le dimanche ou un jour férié rapporte 256,86 € brut. Une garde de 24h le dimanche ou un jour férié équivaut à deux gardes, soit 513,72 € brut.
Le docteur junior est un interne en phase de consolidation (4ᵉ ou 5ᵉ année selon le DES), créé en 2018. Il exerce en autonomie supervisée. Sa rémunération de base atteint 28 495 € brut par an, complétée par une prime d'autonomie supervisée de 5 000 € brut par an la 1ʳᵉ année et 6 000 € la 2ᵉ année.
Plusieurs numéros gratuits, anonymes et disponibles 24h/24 existent : Entraide ordinale du Conseil national de l'Ordre des médecins (0 800 288 038), SPS (0 805 23 23 36), MOTS (06 08 28 25 89). Le 3114 est le numéro national de prévention du suicide. Des structures SOS Internes existent localement à Paris, Montpellier et dans plusieurs subdivisions.
Sources officielles complémentaires à consulter pour aller plus loin sur le sujet.
- DREES, statistiques nationales sur les médecins et les internes en formation
- Service-Public.fr, droits et démarches pour les agents publics hospitaliers
- CNG, fiche complète sur les émoluments, indemnités et allocations
- Ministère de la Santé, page dédiée aux études médicales et au troisième cycle
- Bulletins officiels santé social, instructions DGOS et circulaires applicables
