Septicémie (sepsis) : définition, symptômes et traitements

Article mis à jour le : 11 mai 2026

La septicémie, aussi appelée sepsis, est une infection généralisée de l'organisme. Elle survient en réaction à l'invasion d'une bactérie, d'un virus, d'un champignon ou d'un parasite à partir d'un foyer infectieux initial. La réponse inflammatoire se dérègle et peut entraîner une défaillance des organes vitaux engageant le pronostic en quelques heures.

Reconnu priorité de santé publique par l'Organisation mondiale de la santé depuis la résolution WHA70.7 du 29 mai 2017, le sepsis touche 180 000 personnes par an en France et entraîne 57 000 décès. Il reste pourtant insuffisamment repéré par les soignants de première ligne. Ce dossier détaille la définition Sepsis-3, les chiffres officiels, les signes d'alerte chez l'adulte et l'enfant, le score qSOFA, les paramètres vitaux à surveiller, les populations à risque, les mesures de prévention et les formations existantes pour se former au repérage du sepsis.

Sommaire
Animation expliquant le mécanisme du sepsis et la propagation de l'infection dans l'organisme
Mécanisme du sepsis : l'infection initialement localisée déclenche une réponse inflammatoire systémique pouvant entraîner une défaillance multi-organes.

Le sepsis (anciennement septicémie) : définition

Selon le ministère de la Santé, le sepsis est défini comme un état aigu de dysrégulation de la réponse de l'organisme à une infection (bactérienne, virale, fongique ou parasitaire) entraînant la perte de fonction des organes et un risque vital pour le patient. Lorsque cette dysrégulation s'accompagne d'une défaillance circulatoire et d'une souffrance cellulaire majeure, on parle de choc septique.

Le terme septicémie, créé en 1837 par le médecin français Pierre Piorry à partir des mots grecs sêptikós (putréfaction) et haîma (sang), désigne historiquement la présence d'agents infectieux dans le sang. Depuis 2016, la communauté médicale internationale a adopté la définition Sepsis-3, formalisée par Singer et coll. dans le Journal of the American Medical Association : un dysfonctionnement d'organe vital provoqué par une réponse inappropriée de l'hôte à une infection. Le mot « sepsis » a remplacé celui de septicémie dans la littérature scientifique, même si « septicémie » reste très répandu dans le langage courant français.

Le sepsis n'est pas une maladie en soi, mais la complication la plus grave d'une infection. Toute infection peut potentiellement évoluer vers un sepsis : pneumonie, infection urinaire, méningite, infection cutanée, infection nosocomiale, infection digestive. La rapidité du repérage et de la prise en charge conditionne directement le pronostic du patient.

À noter

La distinction entre sepsis et choc septique repose sur la gravité hémodynamique. Un patient en choc septique présente une hypotension persistante malgré le remplissage vasculaire et nécessite des amines vasopressives. La mortalité atteint alors environ 50 %, contre 27 % en moyenne pour un sepsis sans choc selon les données du rapport Annane et de la Société de réanimation de langue française.

Le sepsis en chiffres dans le monde et en France

D'après l'aide-mémoire OMS actualisé en mai 2024, le sepsis est l'une des causes de décès les plus fréquentes dans le monde. Les estimations publiées dans The Lancet en 2020 par Rudd et coll. dans le cadre de l'étude Global Burden of Disease chiffrent l'ampleur du phénomène à un niveau supérieur à ce que l'on imaginait jusqu'alors.

Chiffres officiels à retenir
  • 48,9 millions de cas de sepsis recensés dans le monde en 2017 (étude Lancet 2020)
  • 11 millions de décès liés au sepsis chaque année dans le monde, soit 20 % des décès mondiaux
  • 20 millions de cas concernent des enfants de moins de cinq ans
  • 15 patients hospitalisés sur 1 000 verront leurs soins se compliquer d'un sepsis
  • En France, 180 000 personnes par an sont victimes d'un sepsis selon la Société de réanimation de langue française (chiffres rapportés au Sénat le 1er décembre 2020)
  • Environ 57 000 décès par an en France, soit autant que l'infarctus du myocarde, selon la Filière Hospitalo-Universitaire FHU-SEPSIS
  • Mortalité hospitalière : 27 % en moyenne, jusqu'à 50 % en cas de choc septique (rapport Annane, 2018)

Le sepsis est nosocomial dans environ la moitié des cas, c'est-à-dire contracté pendant un séjour hospitalier ou lors d'un acte de soin. Le vieillissement de la population fait craindre un doublement du nombre de cas d'ici cinquante ans, selon les projections de l'Institut Pasteur. Le sepsis reste la première cause de mortalité dans les services de réanimation et l'une des premières causes de mortalité intrahospitalière, tous services confondus.

Visuel pédagogique présentant les principaux symptômes du sepsis chez l'adulte
Les principaux symptômes du sepsis : fièvre ou hypothermie, polypnée, tachycardie, hypotension, marbrures cutanées, altération de la conscience.

Les signes d'alerte du sepsis

Le sepsis évolue rapidement. Les premières heures sont décisives pour le pronostic. Le repérage précoce repose sur l'identification d'une combinaison de signes apparaissant chez un patient présentant une infection suspectée ou confirmée. Aucun signe pris isolément ne signe le sepsis ; c'est leur association dans un contexte infectieux qui doit alerter.

Chez l'adulte
  • Fièvre élevée (> 38,3 °C) ou hypothermie (< 36 °C)
  • Frissons intenses, fatigue brutale
  • Tachycardie (accélération du rythme cardiaque)
  • Respiration rapide (> 22 cycles/min)
  • Hypotension (PAS < 100 mmHg)
  • Peau rouge et chaude, puis marbrée, bleutée ou pâle
  • Confusion, désorientation, somnolence, agitation, propos incohérents
  • Diminution de la diurèse
Chez l'enfant et le nourrisson
  • Fièvre persistante ou hypothermie chez le nouveau-né
  • Pâleur, marbrures, cyanose
  • Extrémités froides
  • Tachycardie ou bradycardie
  • Polypnée ou apnée chez le nourrisson
  • Irritabilité, somnolence inhabituelle
  • Refus de s'alimenter, geignement
  • Éruption cutanée non disparaissante à la pression du verre (signe du purpura)

L'apparition simultanée de plusieurs de ces manifestations dans un contexte d'infection connue ou suspectée doit conduire à appeler le SAMU au 15 ou le 112 sans attendre. Le purpura fulminans (éruption cutanée ne disparaissant pas sous la pression d'un verre) est un signe d'alerte absolu chez l'enfant comme chez l'adulte.

Important

Cet article a une vocation pédagogique et informative. Il ne remplace pas une évaluation clinique par un professionnel de santé. En présence de signes évoquant un sepsis, le SAMU (15) ou le 112 doivent être appelés immédiatement. Aucune information de cet article ne constitue un avis médical individualisé.

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Les paramètres vitaux à surveiller

Pour les soignants de première ligne, la surveillance des paramètres vitaux constitue le premier filtre de repérage. Le tableau ci-dessous récapitule les valeurs normales chez l'adulte, les seuils d'alerte évocateurs de sepsis et la conduite à tenir. Ces seuils sont issus des recommandations Sepsis-3 et de la recommandation HAS 2025 sur la prise en charge du sepsis.

Paramètre Valeurs normales Seuil d'alerte Conduite à tenir
Température 36 à 37,5 °C > 38,3 °C ou < 36 °C Hémocultures, recherche du foyer infectieux
Fréquence cardiaque 60 à 100 bpm > 90 bpm en dehors de tout effort Surveillance rapprochée, ECG si point d'appel
Fréquence respiratoire 12 à 20 cycles/min ≥ 22 cycles/min (critère qSOFA) Saturation, gaz du sang, alerte médicale
Pression artérielle systolique 110 à 130 mmHg ≤ 100 mmHg (critère qSOFA) Voie veineuse, remplissage, alerte médicale
Saturation en oxygène ≥ 95 % en air ambiant < 92 % Oxygénothérapie, surveillance continue
État de conscience Glasgow 15 Glasgow < 15 (critère qSOFA) Évaluation neurologique, alerte médicale
Diurèse ≥ 0,5 mL/kg/h < 0,5 mL/kg/h sur 6 h Bilan rénal, surveillance hémodynamique

L'apparition simultanée de plusieurs paramètres altérés chez un patient infecté ou suspect d'infection doit faire évoquer un sepsis et déclencher l'alerte médicale immédiate. Pour un accès rapide à des outils cliniques de repérage et de calcul de scores au lit du patient, la plateforme Medicalcul recense plus de 380 outils gratuits couvrant 30 spécialités médicales.

Le score qSOFA, outil de repérage rapide

Pour faciliter le repérage du sepsis hors des services de réanimation, la conférence internationale Sepsis-3 a proposé en 2016 un score simplifié appelé quick SOFA ou qSOFA (quick Sequential Organ Failure Assessment). Ce score se calcule au lit du patient sans examen biologique, en moins d'une minute.

Les trois critères du qSOFA

Chaque critère présent vaut un point. Un score supérieur ou égal à 2 chez un patient infecté ou suspect d'infection doit faire évoquer un sepsis et déclencher l'alerte médicale.

1 Pression artérielle PAS ≤ 100 mmHg
2 Fréquence respiratoire ≥ 22 cycles/min
3 État de conscience Glasgow < 15

Un score qSOFA ≥ 2 chez un patient infecté est associé à une mortalité hospitalière supérieure à 10 %. Cela doit déclencher une évaluation médicale urgente, un transfert en unité de soins adaptée et le calcul du score SOFA complet.

Les limites du qSOFA et le score SOFA complet

Le qSOFA présente une bonne spécificité mais une sensibilité plus faible. Un qSOFA inférieur à 2 ne permet pas d'exclure un sepsis si la suspicion clinique est forte. Le qSOFA est un outil de tri prédictif de mortalité, pas un test diagnostique formel.

Le diagnostic complet repose sur le score SOFA, qui évalue six systèmes organiques (respiratoire, coagulation, hépatique, cardiovasculaire, neurologique, rénal) à partir de paramètres cliniques et biologiques. Une augmentation aiguë du score SOFA d'au moins 2 points par rapport à la valeur de base, dans un contexte d'infection, signe le sepsis selon la définition Sepsis-3.

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Les origines infectieuses du sepsis

Le sepsis se développe à partir d'une infection initialement localisée, qui se propage par voie sanguine ou par libération de toxines. Toutes les bactéries peuvent en être à l'origine, y compris celles habituellement présentes sur la peau ou les muqueuses sans danger.

Les principales portes d'entrée infectieuses identifiées par le rapport Annane et l'Institut Pasteur sont :

  • les infections respiratoires : pneumonies, surinfections bronchiques, en particulier chez les personnes âgées
  • les infections urinaires : cystites compliquées, pyélonéphrites, prostatites
  • les infections digestives : péritonites, cholécystites, infections sur perforation digestive
  • les infections cutanées et des tissus mous : érysipèles, abcès, dermohypodermites bactériennes
  • les infections sur cathéter ou matériel implanté : voies veineuses centrales, sondes urinaires, prothèses
  • les infections post-opératoires et infections nosocomiales
  • les méningites bactériennes, en particulier à méningocoque
  • les infections gynécologiques, dont le sepsis puerpéral après accouchement

Certaines infections virales graves peuvent également déclencher un sepsis : grippe sévère, Covid-19, fièvres hémorragiques. Les infections fongiques (candidoses, aspergilloses) sont plus fréquentes chez les patients immunodéprimés ou hospitalisés en réanimation prolongée.

Le syndrome du choc toxique, lié aux toxines produites par Staphylococcus aureus ou les streptocoques du groupe A, fait partie des formes spécifiques de sepsis. Il peut survenir chez des sujets jeunes en bonne santé, par exemple après une infection cutanée mineure ou un usage prolongé de tampons hygiéniques.

Visuel pédagogique des populations à risque de sepsis : nouveau-nés, personnes âgées, immunodéprimés, patients hospitalisés
Les populations les plus exposées au sepsis : nouveau-nés, personnes âgées, patients porteurs de maladies chroniques ou de dispositifs invasifs.

Les populations à risque

Le sepsis peut toucher toute personne, à tout âge, y compris en bonne santé apparente. Néanmoins, certaines populations cumulent un risque accru.

Adultes vulnérables
  • Personnes de plus de 65 ans
  • Maladies chroniques : diabète, insuffisance rénale, cardiaque, BPCO, cirrhose
  • Cancers et leurs traitements (chimiothérapie, immunothérapie)
  • Immunosuppressions : VIH, greffes, traitements immunosuppresseurs
  • Hospitalisations prolongées, séjour en réanimation
  • Actes invasifs : chirurgie, cathétérisme, sondage, prothèses
  • Dénutrition, alcool, drogues injectables
  • Grossesse et post-partum (sepsis puerpéral)
Nouveau-nés et enfants
  • Prématurité et faible poids de naissance
  • Infections maternelles en fin de grossesse (chorioamniotite)
  • Rupture prolongée des membranes avant l'accouchement
  • Hospitalisation néonatale avec dispositifs invasifs
  • Déficits immunitaires congénitaux
  • Maladies chroniques (drépanocytose, mucoviscidose)
  • Enfants de moins de 5 ans en général

Pour aller plus loin sur le repérage des urgences pédiatriques et la surveillance clinique en première ligne, consultez notre fiche métier infirmier diplômé d'État (IDE) qui détaille les compétences attendues.

La prévention dans les structures de soins

La prévention du sepsis dans les établissements de santé et les structures médico-sociales repose sur trois piliers : l'hygiène, la vaccination et le bon usage des antibiotiques. Selon l'OMS, les infections associées aux soins, qui peuvent évoluer vers un sepsis, font partie des événements indésirables les plus fréquents et touchent des centaines de millions de patients chaque année dans le monde.

Hygiène des mains et précautions standard

L'hygiène des mains reste la mesure la plus efficace pour réduire la transmission croisée des micro-organismes en milieu de soins. Les précautions standard, applicables à tout patient quel que soit son statut infectieux, comprennent :

  • la friction hydroalcoolique avant et après chaque contact patient
  • le port de gants en cas de contact avec un liquide biologique
  • le port d'un masque et de protections oculaires en cas de risque de projection
  • la gestion sécurisée des dispositifs invasifs (cathéters, sondes urinaires)
  • l'élimination conforme des déchets d'activités de soins à risques infectieux

La formation à l'hygiène et au risque infectieux fait partie des actions DPC pour les soignants exposés. Pour les infections nosocomiales, voir notre page dédiée à la prévention des infections associées aux soins.

Vaccination

La vaccination est un levier majeur de prévention contre les agents pathogènes susceptibles de provoquer un sepsis. Les vaccinations à jour qui contribuent à la prévention sont :

  • la vaccination antipneumococcique chez les personnes à risque et les plus de 65 ans
  • la vaccination antiméningococcique selon le calendrier vaccinal en vigueur (méningocoques ACWY et B obligatoires chez le nourrisson depuis 2025)
  • la vaccination antigrippale annuelle, particulièrement pour les soignants et les patients à risque
  • les vaccinations obligatoires du nourrisson (DTP, coqueluche, ROR, hépatite B…)
  • la vaccination contre la Covid-19 selon les recommandations en cours

Le calendrier vaccinal est mis à jour chaque année par le ministère de la Santé sur la base des avis de la Haute Autorité de Santé. La version 2026 intègre notamment le vaccin pneumococcique conjugué 21-valent pour les adultes.

Antibiothérapie raisonnée

Le bon usage des antibiotiques limite l'émergence de bactéries résistantes et préserve l'efficacité du traitement en cas de sepsis avéré. Les principes du bon usage incluent :

  • la prescription d'un antibiotique uniquement en cas d'infection bactérienne documentée ou hautement probable
  • le choix de la molécule la plus ciblée possible
  • le respect de la durée de traitement recommandée, sans prolongation inutile
  • la réévaluation systématique du traitement après les résultats des prélèvements
  • la limitation de l'automédication antibiotique par les patients

Selon les données diffusées par Santé publique France, la France reste l'un des pays européens les plus consommateurs d'antibiotiques, ce qui contribue à l'émergence de résistances bactériennes.

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Antibiorésistance et sepsis : un enjeu majeur

La résistance aux antimicrobiens est un facteur déterminant de l'évolution défavorable d'un sepsis. Selon les données OMS, environ 4,95 millions de décès étaient associés à la résistance aux antimicrobiens en 2019, dont 1,27 million directement imputables.

Lorsqu'un sepsis est causé par un agent pathogène multirésistant, l'antibiothérapie probabiliste initiale peut s'avérer inefficace. Le retard à instaurer un traitement adapté augmente la mortalité de manière significative. Chaque heure de retard à l'administration d'une antibiothérapie efficace, en cas de choc septique, est associée à une augmentation de la mortalité.

Les bactéries multirésistantes les plus préoccupantes en milieu hospitalier français sont les entérobactéries productrices de bêtalactamases à spectre étendu (EBLSE), les entérobactéries productrices de carbapénémases (EPC), les staphylocoques dorés résistants à la méticilline (SARM) et les entérocoques résistants à la vancomycine.

Bon à savoir

La surveillance épidémiologique des bactéries multirésistantes en France est assurée par le réseau Santé publique France et coordonnée avec le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC). Les établissements de santé disposent d'équipes opérationnelles d'hygiène pour appliquer les mesures de précautions complémentaires.

Le plan national de lutte contre le sepsis

En 2018, le rapport du Pr Djillali Annane, remis au Directeur général de la Santé, a posé les bases d'une stratégie nationale de lutte contre le sepsis en France. La recommandation HAS labellisée en 2025 a complété cette stratégie en formalisant le parcours de soins intégré, depuis la ville jusqu'à l'hôpital. Le rapport Annane propose dix mesures structurantes :

Axe d'action Objectif
Parcours de soins Définir un protocole national couvrant épidémiologie, prévention, diagnostic précoce et soins
Sensibilisation grand public Informer sur la gravité du sepsis et les signes d'appel
Formation des soignants Programme de formation continue pour tous les professionnels de santé
Enseignement initial Cours socle obligatoire pour les étudiants de 3e cycle de médecine
Recherche Financement de la recherche translationnelle, clinique et en santé publique
Surveillance épidémiologique Suivi national annuel des cas et trajectoires de soins
Codage diagnostique Inscrire le sepsis comme catégorie majeure de diagnostic dans la CIM

La France s'aligne ainsi sur la résolution WHA70.7 adoptée par l'Assemblée mondiale de la santé le 29 mai 2017, qui appelle l'ensemble des États à mener des actions coordonnées en éducation, information, prévention, diagnostic, soins et recherche. La stratégie française reprend les principes de la Surviving Sepsis Campaign, référentiel international actualisé tous les quatre ans.

Ressources documentaires officielles à connaître

Ces documents constituent les références à consulter pour approfondir le sujet, préparer une formation interne ou actualiser une procédure de service. Tous proviennent de sources institutionnelles et sont en libre accès.

Conseil d'usage

Pour les équipes de formation interne, le rapport Annane et la recommandation HAS 2025 constituent les deux supports les plus opérationnels pour bâtir un module de sensibilisation au sepsis. Le calendrier vaccinal et les bulletins de Santé publique France complètent l'angle prévention.

La formation des soignants au repérage du sepsis

Le rapport Annane identifie la formation des professionnels de santé comme un levier majeur de réduction de la mortalité par sepsis. Les soignants de première ligne (infirmiers, infirmiers libéraux, aides-soignants, médecins traitants, équipes des urgences, équipes de SAMU-SMUR) doivent disposer d'une compétence opérationnelle pour repérer les signes d'appel et déclencher la prise en charge sans retard.

Plusieurs formations contribuent à cette compétence :

  • la formation AFGSU 2 (gestes et soins d'urgence niveau 2), obligatoire pour les professionnels de santé inscrits à la Partie IV du Code de la santé publique. Encadrée par l'arrêté du 30 décembre 2014 modifié, elle couvre la reconnaissance des urgences vitales et la conduite à tenir avant l'arrivée du SAMU
  • la formation au repérage des détresses vitales, qui structure l'évaluation clinique d'un patient en cours de dégradation
  • la formation à la méthode ABCDE (Airway, Breathing, Circulation, Disability, Exposure), méthodologie internationale d'évaluation systématique des patients critiques utilisée dans le repérage du sepsis
  • les actions DPC inscrites aux orientations prioritaires en matière de prévention des infections associées aux soins
  • les formations spécifiques au repérage de la défaillance d'organe et au calcul du score qSOFA
  • les formations à l'antibiothérapie raisonnée
  • les sessions intra-hospitalières organisées par les équipes opérationnelles d'hygiène et les CESU

Les infirmiers diplômés d'État sont en première ligne pour le repérage du sepsis, qu'ils exercent en service hospitalier, en EHPAD, en libéral ou en HAD. La compétence de surveillance des paramètres vitaux et d'évaluation de l'état général du patient leur permet de signaler une dégradation clinique au médecin référent dans des délais compatibles avec une prise en charge efficace.

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Top 5 organismes pour se former au repérage du sepsis

Très peu d'organismes français proposent une formation 100 % dédiée au sepsis. Le repérage du sepsis est le plus souvent intégré à des modules plus larges sur les urgences vitales, les défaillances d'organe ou la surveillance clinique. Cette sélection regroupe cinq organismes reconnus dont les programmes couvrent explicitement le repérage et la prise en charge initiale du sepsis. Le prix moyen indicatif d'une formation présentielle (AFGSU 2 ou module DPC équivalent, 21 heures) en 2026 se situe entre 400 et 590 €.

Organisme Type / statut Module sepsis proposé Modalité Site officiel
Urgences DPC
Association loi 1901, urgentistes pédiatriques
Organisme DPC, simulation médicale Module dédié sur le sepsis et le choc septique pédiatriques (algorithmes Sepsis-3, score pSOFA, prise en charge en SMUR/SAMU) Présentiel, simulation urgencesdpc.org
CHUV - Centre des formations
Centre Hospitalier Universitaire Vaudois (Suisse)
Centre de formation hospitalo-universitaire E-learning « Sepsis - les fondamentaux » (45 min) : définition, dysfonctionnements d'organe, facteurs de risque, qSOFA, Early Warning Score E-learning francophone (référence) chuv.ch
Réseau CESU / ANCESU
Centres d'Enseignement des Soins d'Urgence
Réseau hospitalier public, fédéré au niveau national AFGSU 2 module 1 « urgences vitales » (10 h) couvrant le repérage des défaillances d'organe et la transmission au SAMU. Sessions complémentaires sur la dégradation clinique selon les CESU Présentiel + simulation, intra et inter ancesu.fr
Croix-Rouge Compétence
Croix-Rouge française, formation professionnelle
Association d'utilité publique AFGSU 2 (21 h) intégrant le repérage des urgences vitales et la conduite à tenir avant l'arrivée du SAMU. Modules complémentaires sur la prise en charge en équipe Présentiel, centres IRFSS toutes régions croix-rouge.fr
FormaSanté
Organisme privé certifié Qualiopi, conventionné CESU
Organisme privé de formation continue santé AFGSU 2 (21 h) avec mises en situation sur les urgences vitales (sepsis, défaillances respiratoires, hémodynamiques). Recyclage AFGSU 2 (7 h) actualisant les connaissances scientifiques en médecine d'urgence Présentiel et intra-entreprise formasante.fr
Important

Cette sélection n'est ni exhaustive ni hiérarchique. Aucun de ces organismes ne se présente comme un spécialiste exclusif du sepsis : le repérage du sepsis fait partie de programmes plus larges (urgences vitales, défaillances d'organe, soins critiques). Avant inscription, vérifiez la convention CESU pour les formations AFGSU et la certification Qualiopi de l'organisme. Comparer plusieurs devis reste la méthode la plus fiable pour identifier l'offre adaptée à votre contexte d'exercice.

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Les séquelles à long terme chez les survivants

Le sepsis n'est pas qu'un événement aigu. Les patients qui survivent à un épisode de sepsis présentent souvent des séquelles durables, regroupées sous le terme de syndrome post-sepsis. Selon l'Institut Pasteur, environ 25 % des survivants conservent des altérations cognitives persistantes plus de trois mois après l'épisode.

Les séquelles les plus fréquemment rapportées sont :

  • des troubles cognitifs : déficit mnésique, troubles de l'attention, difficultés de concentration
  • des troubles psychiques : anxiété, dépression, syndrome de stress post-traumatique
  • des séquelles physiques : faiblesse musculaire, neuromyopathie de réanimation, fatigue chronique
  • des amputations liées à des nécroses ischémiques (en cas de choc septique avec hypoperfusion sévère)
  • des insuffisances d'organe résiduelles : insuffisance rénale chronique, séquelles cardiaques
  • une fragilité accrue aux infections ultérieures

Comparés à la population générale, les survivants d'un sepsis ont un risque plus élevé de réhospitalisation et de mortalité dans les cinq années qui suivent. La prise en charge post-sepsis comprend un programme de réadaptation standardisé dès les 48 premières heures d'hospitalisation, un suivi clinique à 3 mois et 1 an, une rééducation respiratoire si sepsis pulmonaire initial, et un soutien psychologique selon les besoins. Cette structuration du suivi a été inscrite dans la recommandation HAS 2025.

Bon à savoir

L'accompagnement des patients après un sepsis fait partie des axes prioritaires identifiés dans le plan national. Plusieurs filières hospitalières universitaires développent des consultations de suivi post-réanimation pour repérer et prendre en charge le syndrome post-sepsis. La FHU-SEPSIS coordonne plusieurs travaux de recherche sur le sujet.

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Questions fréquentes

Quelle différence entre septicémie et sepsis ?
Les deux termes sont souvent employés indifféremment dans le langage courant, mais leur sens médical diffère. Le terme septicémie, créé en 1837, désignait historiquement la présence de bactéries dans le sang. Depuis 2016, la communauté médicale internationale utilise le terme sepsis pour désigner un dysfonctionnement d'un organe vital provoqué par une réponse inappropriée de l'organisme à une infection. Le mot septicémie reste très répandu dans le grand public.
Combien de personnes meurent de sepsis chaque année en France ?
Selon la FHU-SEPSIS et le ministère de la Santé, environ 57 000 personnes décèdent chaque année d'un sepsis en France, soit autant que de l'infarctus du myocarde. La Société de réanimation de langue française estime à 180 000 le nombre de personnes touchées chaque année, tous âges confondus. La mortalité hospitalière du sepsis se situe autour de 27 % et atteint environ 50 % en cas de choc septique.
Quels sont les premiers signes d'un sepsis ?
Les premiers signes associent fièvre élevée ou hypothermie, accélération du rythme cardiaque, respiration rapide (≥ 22 cycles/min), baisse de la tension artérielle (PAS ≤ 100 mmHg) et altération de l'état de conscience. Ces signes apparaissent dans un contexte d'infection connue ou suspectée. Toute association de plusieurs de ces signes doit conduire à appeler le SAMU (15) sans délai. Cet article ne remplace pas une évaluation clinique par un professionnel de santé.
Le sepsis est-il contagieux ?
Le sepsis en lui-même n'est pas contagieux. C'est une réponse de l'organisme à une infection. Toutefois, l'agent pathogène à l'origine de l'infection (bactérie, virus, champignon) peut être transmissible d'une personne à l'autre selon son mode de transmission. C'est pourquoi les précautions standard et les vaccinations à jour participent à la prévention.
Quelle est la formation obligatoire pour repérer un sepsis ?
Aucune formation ne porte spécifiquement le titre « repérage du sepsis ». La formation AFGSU 2 (Attestation de Formation aux Gestes et Soins d'Urgence niveau 2) est obligatoire pour tous les professionnels de santé inscrits à la Partie IV du Code de la santé publique. Elle couvre la reconnaissance des urgences vitales et la conduite à tenir avant l'arrivée du SAMU. Sa validité est de 4 ans, avec un recyclage de 7 heures à renouveler avant la date anniversaire.
Que signifie un score qSOFA supérieur ou égal à 2 ?
Un score qSOFA supérieur ou égal à 2 chez un patient présentant une infection suspectée ou avérée est associé à une mortalité hospitalière supérieure à 10 %. Cela doit déclencher une évaluation médicale urgente, un transfert en unité de soins adaptée et le calcul du score SOFA complet (six systèmes organiques) pour confirmer le diagnostic de sepsis selon la définition Sepsis-3.
Le sepsis touche-t-il aussi les jeunes en bonne santé ?
Oui. Si les personnes âgées, les nouveau-nés et les patients fragilisés concentrent la majorité des cas, le sepsis peut survenir chez des personnes jeunes en bonne santé. Les méningites à méningocoque (purpura fulminans) et les syndromes de choc toxique à staphylocoques ou streptocoques en sont des exemples. C'est pourquoi la sensibilisation grand public et la connaissance des signes d'alerte concernent l'ensemble de la population.
Quelle proportion de sepsis est contractée à l'hôpital ?
Selon l'Institut Pasteur, environ la moitié des sepsis sont nosocomiaux, c'est-à-dire contractés pendant un séjour hospitalier ou lors d'un acte de soin. Les principaux facteurs sont les dispositifs invasifs (cathéter, sonde urinaire, ventilation), les interventions chirurgicales et la transmission croisée. La prévention repose sur l'hygiène des mains, les précautions standard et le bon usage des antibiotiques.
Quelles séquelles peut laisser un sepsis ?
Environ 25 % des survivants conservent des altérations cognitives (mémoire, attention, concentration). On observe également des troubles psychiques (anxiété, dépression, stress post-traumatique), une faiblesse musculaire prolongée, parfois des amputations en cas de choc septique sévère, et une fragilité accrue aux infections ultérieures. Le risque de réhospitalisation et de décès reste plus élevé que dans la population générale dans les cinq années suivant l'épisode.
Comment prévenir un sepsis ?
La prévention combine plusieurs leviers : hygiène des mains et précautions standard en milieu de soins, vaccination à jour (pneumocoque, méningocoque, grippe, vaccinations obligatoires du nourrisson), bon usage des antibiotiques, soins rapides des plaies et des infections, et consultation médicale rapide en cas de signes d'infection chez les personnes à risque. En milieu hospitalier, les équipes opérationnelles d'hygiène coordonnent les mesures de prévention.
Que dit la recommandation HAS 2025 sur le sepsis ?
La recommandation HAS labellisée en 2025, élaborée par la Société de réanimation de langue française avec une quinzaine de sociétés savantes, formalise un parcours de soins intégré couvrant la prévention, le dépistage, le diagnostic, le traitement et la réintégration socioprofessionnelle. Elle s'adresse au nouveau-né, à l'enfant, à l'adulte et à la personne âgée. Elle inscrit notamment un programme de réadaptation standardisé dès 48 heures d'hospitalisation et un suivi clinique à 3 mois et 1 an.
Pour aller plus loin
  • Consultez la section Ressources documentaires officielles pour accéder au rapport Annane, à la recommandation HAS 2025, à l'aide-mémoire OMS et à la fiche Pasteur
  • Consultez la section Top organismes de formation pour identifier les principaux organismes proposant l'AFGSU 2 en France
  • Consultez la fiche métier infirmier diplômé d'État pour les compétences attendues en première ligne
Information importante Cet article a une vocation pédagogique et informative. Il ne remplace pas un avis médical individualisé. En présence de signes évoquant un sepsis, contactez immédiatement le 15 (SAMU) ou le 112. Les données épidémiologiques évoluent. Les chiffres présentés sont issus des sources officielles disponibles à la date de mise à jour : OMS (mai 2024), rapport Annane (2018), recommandation HAS (2025), Institut Pasteur, FHU-SEPSIS, Sénat (séance du 1er décembre 2020 et question écrite 2024).

Rédigé par

Laurent Lugari

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