Guide Formation Infections Sexuellement Transmissibles (IST)

Article mis à jour le : 9 avril 2026

Plus d’un million de personnes contractent une infection sexuellement transmissible chaque jour dans le monde. En France, depuis plusieurs années, les infections sexuellement transmissibles (IST) connaissent une nouvelle augmentation alors qu’elles diminuaient dans les années 90.

La baisse de l’utilisation des moyens de prévention a entraîné non seulement l’augmentation des infections au VIH, mais aussi la réapparition de certaines infections auparavant éradiquées.

Pour s’adapter aux connaissances, au public et à la situation actuels, il est essentiel pour les professionnels de santé de se former aux infections sexuellement transmissibles afin assurer leur rôle de prévention et de prise en charge des patients.

Communiquer sur la sexualité

Les IST : définition

Les infections sexuellement transmissibles (ou IST) sont aussi parfois appelées maladies sexuellement transmissibles (MST).

Les causes des IST sont des virus, des bactéries ou des parasites transmis lors de relations sexuelles, qu’elles soient vaginales, anales ou orales, avec ou sans éjaculation. Certaines IST se transmettent également par le sang. Néanmoins, les IST ne se transmettent pas par un contact simple ni par un échange de salive.

En 2021, le nombre de nouveaux cas d’infection au VIH (sida) était de 5 013 dont 51 % d’hétérosexuels. Moins de 1 % proviennent de transmission materno-fœtale. Le point important à signaler est que près de 30 % des cas découverts le sont à un stade avancé de la maladie, ce qui diminue les chances de prise en charge efficace.

Les données complètes sont consignées dans le Bulletin de santé publique VIH-IST de décembre 2022, publié par Santé Publique France (télécharger le bulletin au format pdf).

Quelles sont les 4 IST les plus fréquentes ?

Il existe une trentaine d’IST, mais les 4 plus fréquentes sont :

  • l’herpès génital,
  • l’hépatite B,
  • les chlamydioses, 
  • le papillomavirus.

Quelles sont les causes des IST ?

La transmission d’une IST se produit principalement par contact cutanéo-muqueux au moment d’un rapport sexuel vaginal, anal ou oral, par le sang ou de la mère à son enfant.

Quels sont les symptômes d’une IST ?

Les IST peuvent engendrer diverses conséquences : fièvre, douleurs, écoulements, rougeurs, éruptions cutanées, mais sont très souvent asymptomatiques...

Il est indispensable de se faire dépister et de consulter un professionnel de santé dans le cadre d’une consultation.

Quelles sont les traitements des IST ?

Certaines IST peuvent être guéries (syphilis, gonorrhée, chlamydiose…) à l’aide d’antibiotiques efficaces contre les IST.

D’autres IST comme l’herpès génital ou le VIH peuvent seulement être prises en charge pour une atténuation des symptômes, mais sont incurables. Certains médicaments antiviraux ralentissent l’évolution de la maladie.

La surveillance et prévention des IST en France

La surveillance des IST en France

La prévention repose tout d’abord sur une surveillance épidémiologique basée sur différents dispositifs :

  • L’enquête LaboIST menée au niveau régional et national sur les infections à gonocoque, à Chlamydiae trachomatis, à Mycoplasma genitalium et la syphilis ;
  • Les SurCeGIDD (Centres Gratuits d’Information, de Dépistage et de Diagnostic des infections par les virus de l’immunodéficience humaine, des hépatites virales et des infections sexuellement transmissibles) transmettent leurs données aux ARS concernant l’infection à VIH, les hépatites virales, la syphilis, les infections à Chlamydiae trachomatis, à gonocoque et à Mycoplasma genitalium, les condylomes et l’herpès génital ;
  • Le réseau RésIST sur la syphilis et les gonococcies ;
  • Le SNDS (Système national des données de santé) qui pointe les données de remboursement de soins de l’assurance maladie sur les infections à Chlamydia trachomatis, la syphilis et la gonococcie.

Concernant le VIH spécifiquement, la surveillance concerne le dépistage grâce au recueil LaboVIH, le SNDS ainsi que les tests réalisés par les CeGIDD et les déclarations obligatoires du VIH / sida des biologistes et cliniciens.

Les actions de prévention des IST

De nombreuses campagnes d’informations sont régulièrement organisées, notamment auprès des populations à risque : sensibilisation au dépistage, dangers de la contamination, incitation à l’utilisation du préservatif, la prophylaxie avant exposition, les traitements post-exposition…

À qui est destinée une formation sur les infections sexuellement transmissibles ?

L’identification et le diagnostic reposent sur les professionnels de santé en lien direct avec les patients au quotidien. Des recommandations ont récemment été publiées pour s’adapter à cette recrudescence particulièrement alarmante, notamment chez les jeunes.

Les formations sur les infections sexuellement transmissibles sont accessibles à tous les professionnels de santé en lien avec un public pouvant être touché par les IST. Il s’agit notamment :

Quels sont les objectifs d’une formation sur les IST ?

Pour les professionnels du secteur médical et psycho-social, une formation sur les infections sexuellement transmissibles permet :

  • d’approfondir leurs connaissances sur les IST en général et le VIH en particulier ;
  • et d’améliorer leurs compétences d’intervention auprès des publics à risque.

Concrètement, une formation sur les IST vise à former les intervenants sur :

  • les techniques d’animation et d’intervention auprès des publics à risque, notamment pour les intervenants psycho-médico-sociaux ;
  • l’accompagnement des personnes concernées ;
  • la santé sexuelle.

Une formation santé sexuelle et reproductive permet aux professionnels de :

  • comprendre les concepts liés à la construction de la sexualité à chaque âge ;
  • pouvoir répondre aux questionnements des patients ;
  • devenir un acteur de la santé sexuelle ;
  • renforcer l’attitude bienveillante et respectueuse dans la pratique médicale.

Quel est le programme des formations sur les IST

Le programme de formations sur les IST aborde un large panel de thématiques liées aux infections sexuellement transmissibles :

  • les données épidémiologiques des IST ;
  • la prévention des IST du point de vue des patients, de leurs proches, des partenaires, et de la population générale ;
  • les modes de transmission des IST ;
  • les moyens de protection vis-à-vis des IST ;
  • les techniques de dépistage
  • les signes cliniques, les symptômes et le diagnostic des IST ;
  • l’interrogatoire et les examens ;
  • les examens complémentaires ;
  • la stratégie thérapeutique et les moyens de prise en charge des IST ;
  • les discriminations des patients atteints d’IST ;
  • la conduite à tenir pour un professionnel de santé face à un patient atteint d’IST ;
  • la planification et le suivi thérapeutique des patients ;
  • les recommandations de l’HAS et des sociétés savantes.

Quelles sont les méthodes pédagogiques utilisées ?

Les formations sont composées non seulement de contenus théoriques, mais aussi de nombreux ateliers pratiques comprenant notamment des études de cas cliniques, des vidéos, des quizz personnalisés…

Les formations IST peuvent être suivie en présentiel ou à distance selon les organismes.

Quelle est la durée d‘une formation sur les infections sexuellement transmissibles ?

Une formation sur les IST dure en moyenne 6 heures, à savoir environ une journée.

Combien coûte une formation sur les IST ?

Le prix d’une formation sur les infections sexuellement transmissibles est d’environ 170 € TTC pour une journée de formation.

Elle peut être prise en charge grâce à des aides financières émanant de l’ANDPC (dans le cadre du DPC - Développement Professionnel Continu), du FIF-PL ou de votre OPCO.

Dossier spécial : le lien entre cancer et papillomavirus

On associe souvent le papillomavirus et le cancer. Ce guide explique quel est ce lien en détaillant les causes, les symptômes, les types de papillomavirus et tout ce qu’il faut savoir pour comprendre les liens entre cancer et papillomavirus.

Dans certains cas, le papillomavirus (HPV) peut évoluer de manière à créer une infection qui augmente significativement les risques de développer un cancer.

Lors d’une infection par papillomavirus, le virus est éliminé dans près de 90 % des cas dans les deux années qui suivent. L’infection est transitoire, d’autant plus chez les femmes jeunes.

Si l’infection persiste, des lésions apparaissent. Il s’agit de cellules cancéreuses qui se développement et on parle alors de lésions précancéreuses. Elles sont de deux types :

  • Les lésions de bas grade (à bas risque) induisent un risque de cancer à 10 ans (0.1 %)
  • Les lésions de haut grade (à haut risque) induisent un risque de cancer à 5 ans (30 %)

Ainsi, la présence du papillomavirus ne signifie pas toujours la présence d’une infection et une infection à papillomavirus n’induit pas systématiquement le développement d’un cancer. Néanmoins, on sait que quasiment tous les cancers de l’utérus sont provoqués par le papillomavirus et peuvent donc être éviter avec un dépistage précoce.

Les papillomavirus sont responsables de :

  • 100 % des cancers du col de l’utérus
  • 90 % des cancers de l’anus
  • 27 % des cancers du pénis
  • 29 % des cancers de la vulve et du vagin
  • 4 à 34 % des cancers de la bouche et de la gorge

Bon à savoir

Il se passe 5 à 20 ans entre une infection par un papillomavirus et le développement d’un cancer.

Quels sont les cancers causés par le papillomavirus ?

Le cancer du col de l’utérus est le principal cancer causé par le papillomavirus, mais il n’est pas le seul. Les autres cancers liés au HPV sont les suivants :

  • Le cancer du vagin
  • Le cancer du pénis
  • Le cancer de la vulve
  • Le cancer de l’anus
  • Le cancer de l’oropharynx
  • Le cancer des amygdales

Ces cancers liés au papillomavirus sont toutefois beaucoup plus difficiles à détecter.

 Centre de lutte contre le cancer Léon Bérard

Quelques chiffres

  • Le cancer de l’utérus est le 4e cancer le plus fréquent chez les femmes
  • 600 000 nouveaux cas sont déclarés chaque année dans le monde*
  • 300 000 décès sont constatés tous les ans, dont 1 000 en France*
  • 6 300 nouveaux cas de cancers liés au papillomavirus chaque année (17 par jour)***
  • Le papillomavirus est détecté chez 1 femme sur 3 entre l’adolescence et 20 ans*
  • 1 homme sur 5 dans le monde est porteur du HPV à haut risque*
  • 2 % des cancers en France sont attribuables au papillomavirus**

*Source : Institut Pasteur

**Source : Étude sur les cancers attribuables au mode de vie et à l’environnement en France (2018) par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC)

***Source : Shield KD et al. New cancer cases in France attributable to infectious agents: a systematic review and meta-analysis. Eur J Epidemiol. 2017;33(3):263-74

Quels sont les types de papillomavirus ?

Plus de 200 papillomavirus différents ont été dénombrés à ce jour et une 20ene ont été identifié comme cause du cancer du col de l’utérus. On distingue :

  • Les HPV à tropisme cutané qui infectent la peau et peuvent provoquer des tumeurs bénignes comme des verrues plantaires. Ils peuvent aussi être à l’origine du cancer de la peau ;
  • Les HPV à tropisme muqueux qui touchent les muqueuses génitales et orales.

Les HPV à tropisme muqueux sont identifiés selon deux catégories :

  • Les papillomavirus de bas grade comme le HPV6 et le HPV 11 qui peuvent induire des tumeurs bénignes ;
  • Les papillomavirus de haut grade, dont le HPV16 et le HPV18.

Le HPV 16 et le HPV 18 sont à l’origine de 70 % des cancers du col de l’utérus :

  • Le HP16 multiplie par 280 le risque de développer un cancer par rapport à un papillomavirus de bas grade.
  • Le HP 18 le multiplie ce risque par 220.

Bon à savoir

Le papillomavirus est aussi appelé HPV (Human PapillomaVirus) ou VPH (Virus de Papillome Humain).

Quels sont les symptômes du papillomavirus ?

Le plus souvent, il n’y a aucun symptôme d’une infection par un HPV.

On constate une infection à papillomavirus lors d’un frottis qui apparait comme anormal. Les cellules prélevées au niveau du col de l’utérus sont observées au microscope (examen cytologique) et elles présentent alors des anomalies. Cet examen permet aussi de détecter la présence d’éventuelles lésions précancéreuses.

Comment se transmet le papillomavirus ?

Le HPV est très contagieux. Il se transmet de multiples façons :

  • lors de rapport sexuel, avec ou sans pénétration, par simple contact
  • par contact peau-muqueuse
  • par contact peau à peau
  • par auto inoculation (lorsque une verrue est grattée, par exemple)
  • par contact direct (d’un objet, à la piscine…)
  • par voie périnatale lors d’un accouchement

Il est important de souligner que l’infection a lieu le plus souvent au début de la vie sexuelle et beaucoup plus rarement ensuite.

Est-ce que le papillomavirus se soigne ?

Pour les lésions de bas grade, une surveillance est requise, car la guérison peut être spontanée. Les lésions peuvent aussi être détruites au laser (vaporisation) ou par le froid (cryothérapie).

Lorsque la présence du papillomavirus a entraîné des lésions précancéreuses, le traitement est chirurgical. On agit par conisation, c’est-à-dire qu’un cône est retiré à l’endroit de la lésion. Si le cancer s’est déclenché, les protocoles mis en place sont basés sur la chirurgie et la radiothérapie.

Comment éviter l’infection par papillomavirus ?

La prévention repose avant tout sur un dépistage régulier par frottis du col utérin (ou frottis cervical) afin de détecter la présence de lésions précancéreuses éventuelles.

Il existe également un vaccin qui permet de diviser par trois le risque de cancer, mais ne le supprime pas totalement. En France, il est recommandé pour les filles et les garçons à partir de l’âge de 11 ans.

Enfin, il faut noter que l’usage de préservatif lors de rapports sexuels diminue le risque de contamination par papillomavirus, mais ne le supprime pas.

Pour aller plus loin

Avis de non responsabilité : les articles sont élaborés à des fins d'information uniquement et ne constituent en aucun cas des conseils spécifiques. En cas de doute, veuillez consulter un médecin généraliste ou spécialiste.

Rédigé par

Laurent Lugari

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