Pédiatre | Métier, salaire et formation (2026)

Article mis à jour le : 9 avril 2026

Le métier de pédiatre connaît une évolution remarquable ces dernières années.

Les raisons sont multiples : augmentation de la fréquence des maladies chroniques chez l’enfant, amélioration de la prise en charge des pathologies pédiatriques rares, essor de la recherche médicale, développement de sur-spécialités pédiatriques…

Si l’exercice d’une branche de la médecine entièrement dédiée aux enfants vous intéresse, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur le métier de pédiatre.

  • Quel est son rôle exact ?
  • Quelles sont les possibilités d’évolution, les salaires, les compétences et les études nécessaires pour devenir médecin pédiatre ?

Trouvez dans ce guide tout ce que vous devez savoir sur cette profession médicale passionnante.

Formation pour devenir pédiatre

Qu’est-ce qu’un pédiatre ?

Le pédiatre est un médecin spécialisé dans la santé des nourrissons, des enfants et des adolescents, de la naissance jusqu'à l'âge adulte (généralement 18 ans). Il assure leur suivi médical, leur croissance, leurs vaccinations et traite les pathologies spécifiques à l'enfance.

Le pédiatre est donc considéré comme le médecin généraliste des enfants.

Ses connaissances médicales sont précises et étendues et lui permettent d’assurer une prise en charge globale des enfants depuis leur naissance jusqu’à l’adolescence.

Quel est son rôle ?

Il accompagne les enfants pour qu’ils grandissent en bonne santé et est formé pour traiter toutes les pathologies qui les affectent. Il prend ainsi en charge l’ensemble des maladies infantiles (varicelle, rougeole, oreillons…) et les pathologies courantes des bébés et des enfants (infections urinaires, bronchiolites, gastroentérites…). Il dépiste aussi les pathologies moins courantes comme le diabète infantile…

Le pédiatre est également un médecin référent pour les enfants. Il coordonne les soins avec les autres professionnels de santé (médecins spécialistes d’organes, chirurgiens, kinésithérapeutes, orthoptistes, diététiciens, neuropsychologues…).

Le pédiatre assure également le suivi psychomoteur des enfants en bonne santé.

Enfin, les nombreuses missions du pédiatre peuvent varier selon qu’il travaille à l’hôpital ou dans un cabinet médical.

Quelles sont les principales missions d'un pédiatre ?

Diagnostic et dépistage

  • Assure des consultations et les visites des enfants hospitalisés
  • Évalue l’état de santé des bébés, des enfants et des adolescents et propose des thérapeutiques adaptées
  • Prescrit des analyses et des examens complémentaires si besoin
  • Surveille l’évolution de la maladie et l’état de santé des enfants

Conseil, prévention et éducation thérapeutique

  • Réalise les contrôles mensuels obligatoires
  • Assure le suivi du développement physique, psychologique et social des enfants
  • Dépiste les anomalies anatomiques, sensorielles ou psychiques
  • Pratique les vaccinations obligatoires et conseillées par les autorités de santé
  • Accompagne et rassure les patients
  • Conseille les familles (alimentation, surveillance du poids des bébés, hygiène de vie…)
  • Participe à l’éducation thérapeutique des adolescents
  • Oriente vers un spécialiste (orthophoniste, orthoptiste, ORL…) en cas de besoin

Autres activités

  • Participe à des travaux de recherche clinique en collaboration avec des chercheurs
  • Participe à l’enseignement et à la formation des étudiants en médecine

Quelles sont les qualités nécessaires ?

Plus que n’importe quel autre médecin, le pédiatre doit savoir faire preuve de grandes qualités humaines, afin de mettre à l’aise les plus petits et de gagner la confiance des jeunes et de leurs parents. Les principales qualités requises sont :

  • Grande capacité d’écoute et patience, avec des jeunes patients souvent intimidés.
  • Disponibilité, car en tant que médecin généraliste de l’enfant, il assume plusieurs rôles (soin, protection, prévention…).
  • Endurance physique et résistance psychologique, car le métier peut être fatigant et parfois émotionnellement difficile.
  • Sens de la communication et diplomatie pour établir de bonnes relations avec les parents.

Où peut-on exercer le métier ?

Les médecins pédiatres peuvent travailler dans le secteur public ou privé :

  • Établissements de santé (cliniques, hôpitaux, centres hospitalo-universitaires) au sein de services de pédiatrie générale ou d’urgences pédiatriques.
  • Cabinet médical.
  • Centres de protection maternelle et infantile (PMI).
  • Humanitaire (Pédiatres du monde, Unicef, Croix-Rouge française…).

Quelle est la différence entre pédiatre et puéricultrice ?

Pédiatres et puéricultrices sont tous les deux responsables de la santé et du bien-être des enfants. Cependant, la différence majeure entre ces deux professionnels réside dans le fait que le pédiatre est un médecin spécialiste alors que la puéricultrice est une infirmière spécialisée.

Quel est le salaire des pédiatres ?

Le salaire moyen d’un médecin pédiatre varie en fonction de plusieurs paramètres : le secteur dans lequel il travaille (privé ou public), son mode d’exercice (libéral, salarié…), etc.

Les pédiatres qui dépendent de la Fonction publique ont une rémunération fixée par une grille indiciaire définie par l’État. En fonction de leur échelon, cette rémunération varie entre 4 500 € et 9 200 € bruts par mois et est complétée par de nombreuses primes et indemnités.

Dans le secteur privé et lorsqu’ils exercent à leur propre compte, le salaire des pédiatres dépend de leur notoriété et de l’importance de leur patientèle. Bien que la pédiatrie ne soit pas la spécialité médicale la plus rémunératrice - notamment à cause de la durée des consultations - certains pédiatres peuvent atteindre un salaire proche de 9 000 € bruts par mois.

Le quotidien d'un pédiatre

Les atouts et la diversité du métier de pédiatre

Le métier est très varié et chaque pédiatre peut y trouver sa voie : pratiquer une pédiatrie très générale ou au contraire, très spécialisée.

La pédiatrie est une discipline médicale souvent choisie par les étudiants, car elle permet de mettre en pratique raisonnement logique et scientifique.

La reconnaissance des familles et les liens humains tissés avec les parents sont aussi des points forts de la profession. 

On peut citer également :

  • Grande diversité de spécialisations possibles (plus de 20 sous-spécialités)
  • Relations privilégiées et durables avec les enfants et les familles
  • Défis intellectuels stimulants 
  • Bon équilibre vie professionnelle-vie privée
  • Sécurité d'emploi et forte demande sur le marché
  • Impact positif direct sur la santé et le développement des enfants
  • Horaires prévisibles en ambulatoire
  • Opportunités de recherche et d'enseignement
  • Contribution importante à la santé publique
  • Variété quotidienne dans les consultations et les pathologies

Les difficultés rencontrées

La pédiatrie est une discipline chronophage où la charge de travail peut être importante. À l'hôpital, les gardes et les astreintes sont obligatoires et en libéral, les consultations sont souvent plus longues qu'avec des adultes.

La nécessité de garder de la distance et de savoir gérer ses émotions pour faire face aux situations difficiles avec des enfants gravement malades.

Les défis diagnostiques représentent également une difficulté majeure, car les enfants ne peuvent souvent pas exprimer clairement leurs symptômes, obligeant le pédiatre à développer des compétences d'observation particulièrement pointues et à s'appuyer sur les descriptions parfois imprécises des parents.

La gestion des relations avec les familles peut s'avérer complexe, notamment face à des parents anxieux, surprotecteurs ou au contraire négligents. Le pédiatre doit souvent jouer un rôle de médiateur et de conseiller, ce qui demande des qualités humaines et diplomatiques importantes.

La rémunération reste généralement inférieure à celle d'autres spécialités médicales, malgré la durée et l'intensité de la formation requise. Cette réalité économique peut décourager certains étudiants pourtant attirés par cette discipline.

Enfin, l'évolution rapide des connaissances médicales et des recommandations pédiatriques impose une formation continue exigeante pour maintenir un niveau de compétences optimal et assurer la meilleure prise en charge possible aux jeunes patients.

Le métier vu de l'intérieur en vidéo

La formation pour devenir pédiatre

Onze années d’études en faculté de médecine sont nécessaires pour devenir médecin pédiatre.

Quel diplôme faut-il pour exercer en tant que pédiatre ?

En France, il faut être titulaire d’un diplôme d’études spécialisées (DES) en pédiatrie pour pouvoir exercer en tant que médecin pédiatre.

Quelles études faut-il suivre pour devenir pédiatre ?

Les pédiatres sont formés comme tous les autres médecins, dans des unités de formation et de recherche (UFR) associées à des centres hospitalo-universitaires (CHU).

Depuis la rentrée 2021, les bacheliers titulaires d’un baccalauréat scientifique de préférence, peuvent accéder aux études de médecine par 2 voies distinctes : le Parcours Accès Santé Spécifique (PASS) ou la Licence Accès Santé (LAS).

Pour devenir médecin pédiatre, il faut ensuite :

  • suivre un tronc commun de 5 années supplémentaires d’études de médecine constitué d’un 1er cycle - pour acquérir les bases médicales - et d’un 2e cycle - pour approfondir les connaissances, notamment dans le domaine de la pathologie ;
  • passer le concours de l’internat pour se spécialiser en pédiatrie (3e cycle des études de médecine).

Quel est le programme du DES de pédiatrie ?

Le DES de pédiatrie se déroule sur 5 ans. Comme tous les DES depuis la réforme de 2017, il est organisé en 3 phases : phase socle (1 an), phase d’approfondissement (3 ans) et phase de consolidation (1 an).

Le DES Pédiatrie permet d’acquérir progressivement les compétences nécessaires à l’exercice du métier de pédiatre en mêlant cours magistraux et stages pratiques.

Les enseignements théoriques portent sur les thématiques suivantes :

  • Développement normal de l'enfant et particularités (métaboliques, pharmacologiques, anatomiques, physiologiques) propres à l’organisme en développement
  • Principales pathologies de l’enfant (dépistage, démarche diagnostique et thérapeutique, suivi)
  • Particularités pharmacologiques, particularités d’examens et de prise en charge thérapeutique de l’enfant
  • Intérêts et limites des principaux examens complémentaires en pédiatrie
  • Soins palliatifs en pédiatrie
  • Contexte médico-légal, médico-judiciaire et éthique
  • Organisation des soins de l'enfant et organisation des structures communautaires (PMI, médecine scolaire…)
  • Comportements sexuels des adolescents
  • Génétique et pédiatrie
  • Prises de risque à l'adolescence (mécanismes, repérage, évaluation de la gravité, prévention)

La formation pratique se fait sous la forme de stages semestriels à réaliser dans des services agréés (de pédiatrie générale, de réanimation pédiatrique, de néonatologie, d’urgences pédiatriques, par exemple). Au moins 5 d’entre eux doivent être réalisés dans des CHU.

Durant leur cursus, les internes en pédiatrie ont la possibilité de se sur-spécialiser en suivant une option ou une formation spécialisée transversale (FST). L’une et l’autre ouvrent droit à l’exercice complémentaire de la sur-spécialité suivie au sein de la spécialité de pédiatrie. Les pédiatres deviennent donc des neuro-pédiatres, des pédiatres néonatologues, des pédiatres allergologues, etc.

Options disponibles en pédiatrie :

  • Néonatologie
  • Neurologie pédiatrique
  • Pneumologie pédiatrique
  • Réanimation pédiatrique (allonge la durée totale du DES de 1 an, l’internat de pédiatrie passant de 5 à 6 ans)

FST disponibles en pédiatrie :

  • Cardiologie pédiatrique et congénitale
  • Cancérologie
  • Douleur
  • Maladies allergiques
  • Médecine du sport-médecine scolaire
  • Nutrition appliquée
  • Pharmacologie médicale/ thérapeutique
  • Médecine palliative
  • Sommeil
  • Urgences pédiatriques

Le programme détaillé des enseignements, les stages à accomplir, les compétences spécifiques à acquérir et les modalités d’évaluation des connaissances sont consultables sur la maquette du DES de pédiatrie.

Comment se préparer aux études pour devenir pédiatre néonatologiste ?

Différents ouvrages et outils numériques spécialisés permettent aux pédiatres de réviser ou d’approfondir leurs connaissances :

  • Pédiatrie – Réussir son DFASM - Les connaissances clés médicales et chirurgicales par Grégoire Benoist, Antoine Bourrillon, Christophe Delacourt et Christèle Gras-Le Guen. Éditions Elsevier-Masson. 8e édition. Janvier 2021.
  • Perfectionnement en pédiatrie par la Société française de pédiatrie et l’Association des Pédiatres de Langue Française. Éditions Elsevier Masson.
  • Programme d’Enseignement de la Pédiatrie par l’Internet et les Technologies Électroniques (PEPITE).
  • Vidéothèque du CNPU (Collège National des Pédiatres Universitaires).
  • Plateforme SIDES NG.
  • Ressources audiovisuelles et multimédia sur Canal-U.

Le prix des études pour devenir pédiatre

Selon l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF), un étudiant sur quatre a déjà réfléchi à arrêter ses études pour des raisons financières.

En effet, le prix des études pour devenir médecin pédiatre est important et comprend :

  • Les droits d’inscription universitaire.
  • La contribution de vie étudiante et de campus (CVEV) qui s’élève à 100 €.
  • Le matériel pédagogique (livres et référentiels…).
  • L’inscription à une prépa privée en 1re année et/ou à des services d’aide à la préparation des épreuves classantes en 6e année. Bien que non-obligatoires, elles sont onéreuses.
  • Les loyers et les frais de vie courante (transport, repas, forfait internet/téléphone…)

Selon leur situation, les étudiants peuvent bénéficier de différentes aides financières :

Le statut d’interne en médecine donne droit à une rémunération qui varie selon l’avancement dans le cursus universitaire. Le montant de ces rémunérations, comme celui des différents émoluments pouvant être perçus (gardes, astreintes, indemnités), sont fixés par l’arrêté ministériel du 8 juillet 2022.

Poursuite d’études et évolutions de carrière des pédiatres

Les domaines d’application de la pédiatrie sont nombreux, comme les perspectives de carrière des médecins qui la pratiquent.

Certains pédiatres choisissent de se sur-spécialiser dans un domaine d’activités ou un type de soins précis, comme l’infectiologie, la néonatologie, la psychiatrie ou l’allergologie. D’autres, de se consacrer à une catégorie de patients donnés (les nouveau-nés, les adolescents, les asthmatiques…).

L’offre de formations médicales complémentaires est suffisamment vaste pour permettre d’enrichir les connaissances des pédiatres dans ces différents domaines. Elle comprend des sessions d’ateliers organisées par des sociétés savantes de la discipline, des cours en distanciel ou en présentiel proposés par des organismes de formation privés, des formations universitaires diplômantes, etc.

La liste des DU et DIU d’intérêt pour les pédiatres est consultable sur le site de la Société Française de Pédiatrie (SFP). Parmi eux, on trouve :

  • DIU Médecine et réanimation néonatale
  • DIU Maladies infectieuses pédiatriques
  • DIU Dermatologie pédiatrique
  • DU Nutrition de l’enfant et de l’adolescent
  • DU Éducation thérapeutique du patient
  • DIU Pneumologie pédiatrique
  • DIU Professionnel de pédagogie et communication médicale
  • DU Endocrinologie périnatale
  • DU Accompagnement à la parentalité
  • DU Adolescence : pathologies et soins psychiques

Des formations à la méthodologie et aux aspects réglementaires de la recherche clinique académique ou privée, sont également disponibles pour les pédiatres qui se lancent dans une carrière de chercheur ou d’enseignant-chercheur. Parmi celles-ci, on trouve :

  • Master Recherche clinique
  • Master Santé publique
  • Doctorat de sciences

D’autres pédiatres font le choix d’acquérir de nouvelles compétences pour évoluer dans leur profession vers un poste administratif ou avec davantage de responsabilités (chef d’équipe, responsable de service, directeur d’établissement de santé…). Dans ce cas, des formations complémentaires sont également disponibles pour préparer les concours (internes et externes) de la Fonction publique hospitalière ou la Fonction publique d’État spécialisés dans le domaine de la santé.

Les formations sur le suivi de l’enfant

En dehors des pédiatres, de nombreux professionnels de santé ont l’occasion de recevoir des enfants en consultation et de suivre leur pathologie éventuelle en fonction des situations.

Les médecins généralistes sont les premiers de cette liste puisqu’ils assurent le suivi pédiatrique courant. Ils suivent l’enfant dans la durée et tout au long de son développement, en relation avec son entourage familial. Le rôle du médecin généraliste est d’assurer la prévention et le dépistage précoce d’anomalie de développement afin d’éviter les pathologies à l’âge adulte.

De nombreux spécialistes sont aussi impliqués dans le suivi et la prise en charge des enfants.

La formation sur le suivi pédiatrique est conçue à destination non seulement des médecins généralistes et spécialistes, mais aussi des infirmiers et infirmières qui peuvent être en charge d'enfant.

Pourquoi suivre une formation suivi pédiatrique ?

Les consultations des médecins généralistes et spécialistes intègrent le suivi pédiatrique. Par conséquent, les spécificités des enfants sont intégrées à la pratique quotidienne.

L’objectif de suivre une formation sur le suivi pédiatrique est d’actualiser ses connaissances avec les nouvelles données parues et d’approfondir certaines thématiques spécifiques.

Face à certaines situations médicales impliquant des enfants, une prise en charge en urgence peut s’avérer nécessaire : il est important de savoir dépister ces cas d’urgence pour mettre en place une prise en charge adaptée.

Quelles sont les formations sur le suivi pédiatrique ?

Deux types de formation sur le suivi pédiatrique sont possibles : une formation courte continue ou un diplôme universitaire (DU).

Les formations courtes sur le suivi médical de l'enfant

Les thèmes pouvant être abordés lors d’une formation suivi pédiatrique sont divers :

  • La consultation du nouveau-né après le séjour à la maternité
  • Les consultations obligatoires de l’enfant de 1 mois à 6 ans
  • Le suivi médical du nouveau-né
  • Le bilan médical de 6 ans
  • Les examens de l’enfant de 8 à 9 ans
  • Les examens obligatoires de 11 à 16 ans
  • La prise en charge vaccinale
  • L’accompagnement de l’allaitement
  • L’alimentation de l’enfant de 0 à 3 ans
  • La prise en charge des troubles de l’alimentation chez l’enfant
  • Savoir dépister et prendre en charge les troubles du neuro-développement de l’enfant
  • La gastroentérite et les signes d’alerte de gravité
  • La prise en charge de la déshydratation
  • Les déformations crâniennes positionnelles
Les diplômes universitaires (DU) en suivi pédiatrique

Pour compléter sa formation, un médecin généraliste peut se former au suivi pédiatrique afin d'acquérir des compétences spécifiques à cette population particulière et très fréquemment rencontrée en cabinet. De nombreuses facultés de médecine proposent des DU (diplômes universitaires) ou DIU (diplômes interuniversitaires). Ils permettent d'aborder le développement et le suivi de l'enfant, les dépistages, la prise en charge des maladies chroniques pédiatriques et la communication au sujet de la prévention et des réseaux de soins existants. Par exemple :

  • DU santé et développement de l'enfant de l'Université Paris Cité
  • DIU santé de l'enfant à l'Université de Lorraine, de Rennes, de Franche-Comté
  • DU de l'enfant en premiers secours de l'Université de Toulouse
  • DU Médecine générale de l'enfant de l'Université Claude Bernard de Lyon
  • DU Prise en charge de l'enfant en médecine générale de l'Université de Montpellier - Nîmes

Formation sur les consultations obligatoires de l’enfant de 0 à 6 ans

L’objectif est de pouvoir assurer le suivi médical des enfants de 0 à 4 ans en incluant les examens obligatoires pour surveiller la croissance. Le but est de repérer les éventuels retards de développement.

  • Les examens obligatoires : 8 jours après la naissance, au cours de la seconde semaine de vie, un examen mensuel entre 1 et 6 mois, à 9 mois, à 1 an, à 13 mois, entre 16 et 18 mois, entre le 24 et 25e mois et 1 fois par an ensuite
  • Les examens obligatoires du nouveau-né à 10 jours et 1 mois : pathologies, urgences, ictère néonatal, développement neurologique, morphologique, ophtalmologique, abdominal, cardiologique, génital, etc.
  • Les trois certificats de santé (1 semaine, 9 mois et 24 mois)
  • L’examen de l’enfant à 6 ans
  • Les tests de dépistage des troubles du développement psycho moteur
  • Les tests de dépistage des troubles du langage et de la communication
  • Les tests de dépistage auditifs et visuels
  • Les obligations vaccinales
  • L’orientation vers des médecins spécialistes
  • Les recommandations de la HAS (Haute Autorité de Santé)

Durée : 2 jours (14 heures)

Prix : 650 € environ

Formation sur les examens de l’enfant de plus de 6 ans

L’objectif est d’assurer le suivi médical de l’enfant de plus de 6 ans notamment avec les examens obligatoires entre 8 et 9 ans, 11 et 13 ans et entre 15 et 16 ans afin de dépister d’éventuels problèmes de développement.

L’objectif est d’assurer le suivi médical de l’enfant de 8 à 9 ans notamment avec l’examen obligatoire des 9 ans afin de dépister d’éventuels retards de développement.

  • La coordination motrice et le repérage de troubles
  • Le dépistage sensoriel auditif et visuel
  • Les courbes de croissance normales
  • Le repérage précoce des problèmes de croissance staturale
  • Le développement pubertaire
  • Le dépistage d’un retard ou d’une avance pubertaire
  • Les vaccinations obligatoires
  • Le développement psychologique de l’enfant

Durée : 1 journée (7 heures)

Prix : 300 € environ

Formation sur la gastroentérite chez l’enfant

La gastroentérite peut avoir de graves conséquences notamment chez les très jeunes enfants. La phase de diagnostic doit pouvoir repérer les signes de gravité, car une déshydratation peut être rapide.

  • La gastroentérite et ses causes, notamment le rotavirus
  • Les conséquences
  • Les signes de déshydratation : les signes cliniques et les outils d’évaluation (score Guarino), les critères d’hospitalisation
  • La prise en charge thérapeutique
  • Les solutés de réhydratation orale (SRO)
  • Les complications
  • Les mesures de prévention contre la transmission infectieuse
  • La vaccination contre les diarrhées sévères à rotavirus pour les nourrissons à partir de 6 semaines

Durée : 1 jour (7 heures)

Prix : 300 € environ

Pédiatre

Quelles formations financées à suivre lorsqu’on est pédiatre ?

Le code de la santé publique exige d’un médecin qu'il donne des soins "conformes aux données acquises de la science". Le médecin doit pour cela continuer à se former tout au long de sa carrière.

L’actualisation et l’approfondissement des connaissances en fonction des progrès de la médecine, n’est pas le seul avantage de la formation continue.

Elle permet aussi les surspécialisations dans un domaine spécifique de la pédiatrie (dermatologieendocrinologie, psychiatrie pédiatrique…) et rend possible, ou facilite, les réorientations de carrière (ex : recherche, enseignement, médecine humanitaire).

La formation continue d’un médecin en pédiatrie

La liste des formations complémentaires disponibles pour un pédiatre est longue. Elle comprend des formations diplômantes, certifiantes ou bien qualifiantes.

Ces formations peuvent être dispensées par différentes structures : universités, facultés de médecine, CHU, organismes privés de formation professionnelle, entreprises ou divers acteurs de la pédiatrie en France.

Des sessions de formations courtes sont également proposées lors de journées scientifiques ou de congrès de sociétés savantes (GPIP, SFP, GFRUP, AFPA, SOFREMIP…), mais aussi des MOOC, des visioconférences, des boot camp, etc.

Le développement professionnel continu du pédiatre

Le développement professionnel continu (DPC) est un dispositif de formation continue réglementé. Son objectif est d’assurer la mise à jour et l'approfondissement des connaissances et des compétences des médecins et l’harmonisation des pratiques professionnelles sur le territoire français.

Pour répondre à ses obligations légales de DPC, tout pédiatre doit participer - sur une période de 3 ans - à au moins 2 des 3 types d’actions suivantes :

  • formation continue ;
  • évaluation des pratiques professionnelles ;
  • gestion des risques.

Pour être éligibles au DPC, les actions engagées doivent être réalisées par un organisme formateur agréé et être conformes à une ou plusieurs orientations prioritaires fixées par l’État.

Les orientations prioritaires de DPC pour les pédiatres

Les orientations nationales prioritaires de DPC sont définies par arrêtés ministériels. Pour la période 2023-2025, elles comportent :

  • Des orientations prioritaires s’adressant à toutes les professions médicales (orientations n°1 à 15, n°293, n°295)
  • Des orientations destinées à certaines professions de santé (n°16 à 37)
  • Des orientations définies par profession ou par spécialité (n°38 à 291)
  • 6 sont spécifiquement destinées aux médecins spécialisés en pédiatrie.
    130 - Prise en charge des maladies infectieuses pédiatriques
    131 - Urgences vitales du nouveau-né au grand adolescent, reconnaître et orienter
    132 - Examens systématiques de l’enfant, suivi, dépistage et prévention
    133 - Repérage précoce et prise en charge des pathologies psychiatriques et des troubles psychiques des enfants et des adolescents
    237 - Suivi des maladies chroniques pédiatriques
    238 - Alimentation de l’enfant de 0 à 6 ans

Orientation prioritaire n°130 – Prise en charge des maladies infectieuses pédiatriques

De nombreux agents pathogènes sont susceptibles d’entraîner des infections communautaires. Les enfants sont particulièrement touchés par ces infections. Il est important de diagnostiquer rapidement les maladies infectieuses pédiatriques pour éviter les complications graves, prévenir la propagation des maladies, mais aussi éviter les évictions de collectivité abusives qui comportent un coût sociétal.

Fiche de cadrage (2 pages : n°422 et 423)

Objectifs de la formation : Maîtriser les outils diagnostiques pour une prise en charge précoce et adaptée des maladies infectieuses pédiatriques.

Éléments de programme :

  • Les caractéristiques des différents types de virus (mode de contamination, durée d’incubation et de contagiosité…) ;
  • Les outils diagnostiques ;
  • Les principaux moyens de prévention (vaccination, mesures d’hygiène, règles d’éviction de collectivité) ;
  • Les conduites à tenir en termes de traitements.

Orientation prioritaire n°131 – Urgences vitales du nouveau-né au grand adolescent, reconnaître et orienter

La prise en charge des urgences pédiatriques, leur reconnaissance, l'évaluation du degré d'urgence et l’orientation sont des notions primordiales qu’il est nécessaire de maîtriser dans un objectif de premier recours.

Fiche de cadrage (2 pages : n°424 et 425)

Objectifs de la formation : Actualiser les connaissances en urgence pédiatrique et maîtriser les outils diagnostiques et les techniques de réanimation respiratoire et hémodynamique utilisées dans ce contexte.

Éléments de programme :

  • Reconnaître, évaluer et prendre en charge l’enfant en détresse vitale de la naissance à l’adolescence :
  • Les difficultés d’adaptation à la vie extra-utérine, détresse respiratoire, prise en charge d’une détresse cardiocirculatoire ;
  • Les cardiopathies congénitales complexes ;
  • La détresse neurologique ;
  • La détresse métabolique, dont les déshydratations ;
  • Le sepsis sévère ;
  • L’arrêt cardiaque ;
  • L’enfant polytraumatisé ;
  • L’enfant victime d’un attentat (« damage control »).

Orientation prioritaire n°132 – Examens systématiques de l’enfant, suivi, dépistage et prévention

Le pédiatre joue un rôle essentiel dans le dépistage et le suivi des troubles du neurodéveloppement des enfants de 0 à 16 ans : surveillance de la croissance staturo-pondérale, surveillance du développement physique, psychoaffectif et neurodéveloppemental, dépistage des troubles sensoriels, pratique ou vérification des vaccinations et promotion des comportements et environnements favorables à la santé.

Son expertise est nécessaire pour prescrire des examens complémentaires, des soins éventuels et coordonner le parcours de soins des enfants.

Fiche de cadrage (2 pages : n°426 et 427)

Objectifs de la formation : Maintenir une expertise de haut niveau du pédiatre dans la connaissance du neurodéveloppement de l’enfant pour une prise en charge adaptée.

Éléments de programme :

Pour chacun des 20 examens médicaux obligatoires :

  • Les signes d’alerte et les anomalies justifiant le recours à une consultation spécialisée ;
  • Les tests courants de dépistage des troubles sensoriels ;
  • La prévention et l’éducation à la santé.

Orientation prioritaire n°133 – Repérage précoce et prise en charge des pathologies psychiatriques et des troubles psychiques des enfants et des adolescents

Les problèmes de santé mentale sont fréquents chez les enfants. Ils peuvent être à l’origine de nombreux troubles du comportement et du développement et doivent être pris en charge tôt. Or, les pédiatres occupent une place importante dans ces situations où ils sont souvent consultés par les familles avant les psychiatres.

Fiche de cadrage (3 pages : n°428 et 429)

Objectifs de la formation :

  • Sensibiliser les pédiatres aux enjeux de la santé mentale.
  • Améliorer le repérage et la prise en charge précoce des enfants et des adolescents en souffrance psychique.

Éléments de programme :

  • Les outils de dépistage et d’évaluation des psychopathologies de l’enfant et de l’adolescent ;
  • La prise en charge et les principales approches thérapeutiques ;
  • Le parcours d’orientation et de coordination des soins et les structures dédiées (CMPEA) ;
  • Les facteurs aggravants des psychopathologies.

Orientation prioritaire n°237 – Suivi des maladies chroniques pédiatriques

Fiche de cadrage (2 pages : n°431 et 432)

En France, plus de 300 000 enfants souffrent d’une affection de longue durée. La collaboration entre pédiatrie de ville et hospitalière pour la prise en charge des maladies chroniques de l’enfant améliore grandement leur pronostic et la qualité de vie des familles.

Objectifs de la formation :

Former les pédiatres à la prise en charge des maladies chroniques pédiatriques et notamment à la coordination des soins entre pédiatres hospitaliers et pédiatres de ville.

Éléments de programme :

  • Critères de suivi des ALD pédiatriques ;
  • Complications aiguës et indications d’hospitalisations ;
  • Surveillance des risques ;
  • Coordination des soins ;
  • Aides sociales et aides à l’insertion scolaire et professionnelle.

Orientation prioritaire n°238 – Alimentation de l’enfant de 0 à 6 ans

Toutes les études scientifiques confirment les bénéfices de l’allaitement maternel et d’une alimentation saine et équilibrée de l’enfant en bas âge, permettant une croissance harmonieuse et un développement psychomoteur optimal. Le pédiatre joue un rôle fondamental dans la promotion et l’accompagnement de l’allaitement maternel et la diffusion des recommandations concernant la diversification alimentaire.

Fiche de cadrage (2 pages : n°433 et 434)

Objectifs de la formation :

Actualiser les connaissances des pédiatres en matière de nutrition pour leur permettre de prodiguer des conseils afin de garantir un équilibre alimentaire nécessaire aux enfants pour devenir des adultes en bonne santé.

Éléments de programme :

  • L’alimentation recommandée chez les enfants sains de la naissance à l’âge de 6 ans (allaitement maternel, préparations infantiles, diversification alimentaire…) ;
  • Repérage précoce et correction des erreurs alimentaires pouvant induire des effets néfastes et durables sur la santé ;
  • Accompagnement des enfants dans les familles ayant des régimes alimentaires spéciaux (végétarisme/végétalisme).

Les actions de DPC pour les pédiatres

La liste officielle de toutes les formations DPC disponibles est consultable sur le site de l’Agence nationale du développement professionnel continu (ANDPC),

Il existe + de 780 actions de DPC pour les pédiatres.

Les pédiatres peuvent ainsi choisir librement l’organisme ou la structure de formation dans lequel ils souhaitent se former. Ils choisissent également le format de suivi de la formation, mais également les actions de DPC qui correspondent le mieux à leurs besoins.

Financement d’une formation DPC pour les pédiatres

Le coût d'une formation continue pour les médecins peut varier considérablement en fonction du type de formation, de sa durée et de la structure qui dispense les enseignements.

En général, il comprend des frais pédagogiques (en moyenne compris entre 500 € et 2 000 €), des frais de perte de revenus, des frais de déplacement et de restauration, ainsi que des frais d'hébergement, si la formation a lieu dans un endroit éloigné.

Sous certaines conditions, le coût total d’une formation continue peut faire l’objet d’un financement partiel ou total.

Les forfaits DPC pour les pédiatres

L’ANDPC assure le pilotage du DPC et participe également au financement des actions de DPC, dans la limite d’un forfait individuel annuel.

Le forfait DPC accordé aux pédiatres libéraux conventionnés ou salariés en centre de santé conventionné, prend en charge :

  • les frais pédagogiques, versés directement à l’organisme formateur ;
  • l’indemnisation du médecin, pour compenser sa perte de revenus.

Les détails sur les règles et les modalités d’attribution, ainsi que les montants alloués, sont consultables sur la fiche forfait DPC destinée aux médecins.

Les autres aides financières

En cas de non-éligibilité à un financement par l’ANDPC ou si le forfait DPC annuel est épuisé, les pédiatres peuvent bénéficier d’autres moyens pour financer leur formation professionnelle :

  • Fond d'Assurance Formation de la Profession Médicale (FAF-PM) ;
  • Compte Personnel de Formation (CPF) ;
  • Association Nationale pour la Formation permanente du personnel Hospitalier (ANFH) ;
  • Le crédit d’impôt formation, plafonné à 40 heures de formation par an (nombre d’heures X taux horaire net du SMIC en vigueur).

Associations et sociétés savantes pour les pédiatres

  • SFP - Société française de pédiatrie

Association loi 1901, la SFP a pour mission de favoriser la collaboration et les échanges entre les pédiatres, de contribuer à la réflexion sur la formation initiale et continue des pédiatres et des généralistes, promouvoir la recherche et représenter la pédiatrie française à l’étranger et développer les échanges internationaux.

Site web : https://www.sfpediatrie.com/

  • AJP - Association des juniors en pédiatrie

Association loi 1901, l’AJP regroupe des internes, des jeunes seniors en pédiatrie et des chefs de clinique. Ses objectifs principaux sont la formation des futurs pédiatres ainsi que la promotion et la représentation de la pédiatrie auprès des sociétés savantes et des instances gouvernementales.

Site web : https://www.ajpediatrie.fr/

  • CNPU – Collège Nationale des Pédiatres Universitaires

Le CNPU contribue à l’organisation de l’enseignement et au développement de la pédiatrie en France.

Site web : https://www.pedia-univ.fr/

  • AFPA - Association française de pédiatrie ambulatoire

Fondée en 1990, l’AFPA est une association loi 1901 qui a pour objectif de maintenir à haut niveau la pédiatrie en participant à la formation continue des pédiatres et en soutenant la recherche dans la discipline.

Site web : https://afpa.org/

Rédigé par

Laurent Lugari

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