Le nombre de nouveaux cas de cancer ne cesse d'augmenter depuis 30 ans, mais grâce aux progrès thérapeutiques, la mortalité par cancer recule. Le cancérologue est au cœur du dispositif de prise en charge globale des patients atteints de cancers solides.
Vous envisagez de devenir cancérologue ? Vous trouverez ici tout ce qu'il faut savoir sur le métier : missions, qualités requises, parcours de formation, salaires actualisés et possibilités d'évolution.
Sommaire
Le métier de cancérologue en France
Qu'est-ce qu'un cancérologue ?
Le cancérologue est un médecin spécialiste du diagnostic, du traitement et du suivi des cancers. Son champ d'intervention couvre les tumeurs malignes solides et l'ensemble des cancers à l'exception des hémopathies malignes (leucémies, lymphomes, myélomes), prises en charge par l'hématologue.
Deux situations conduisent un patient à consulter un cancérologue :
- Une orientation par le médecin généraliste après suspicion clinique ou biologique de cancer, en lien avec un dépistage organisé ou opportuniste
- Un suivi régulier dans le cadre du parcours de soins après un diagnostic confirmé, pendant les traitements et en surveillance post-thérapeutique
Quelle est la différence entre un cancérologue et un oncologue ?
Sur le plan strictement professionnel, il n'y a aucune différence de compétence entre un cancérologue et un oncologue. Les deux termes désignent le même médecin spécialiste qui prend en charge les cancers. La distinction est uniquement étymologique : « oncologie » provient du grec onco (masse, tumeur), tandis que « cancérologie » dérive du latin cancri (crabe). Le diplôme officiel reconnu par l'arrêté du 3 mars 2022 porte désormais le nom de DES d'oncologie, avec deux options précoces réglementaires : l'oncologie médicale et l'oncologie radiothérapie.
Quelles sont les missions d'un cancérologue ?
L'activité du cancérologue se structure autour de cinq grands champs qui couvrent l'intégralité du parcours patient, du dépistage à la coordination des soins.
Diagnostic et dépistage
- Prend en charge le patient adressé par son médecin traitant
- Effectue une anamnèse complète et un examen clinique
- Analyse et interprète les ordonnances et les examens préalables
- Prescrit des analyses complémentaires (scanner, IRM, PET-scan, biopsie)
- Établit un diagnostic précis (tumeur bénigne ou maligne, classification histologique)
- Évalue la gravité et le stade de la maladie selon les classifications internationales (TNM)
Traitements et thérapeutiques
- Détermine le traitement adapté en tenant compte de la situation familiale, professionnelle et psychologique du patient
- Coordonne les divers traitements (chimiothérapie, hormonothérapie, immunothérapie, thérapies ciblées, radiothérapie, chirurgie)
- Prend en charge les effets secondaires
- Contrôle l'efficacité d'un traitement et adapte la thérapie en fonction de la réponse
- Surveille l'évolution de la maladie
- Participe aux soins palliatifs et aux soins de support
Pédagogie
- Transmet au patient une proposition de traitement sous la forme d'un programme personnalisé de soins (PPS)
- Informe le patient et sa famille sur les risques, bénéfices et effets indésirables
- Rassure le patient et l'accompagne dans la compréhension de sa maladie
- Prodigue des conseils pour réduire les risques de récidive
Recherche
- Participe à des programmes de recherche fondamentale, appliquée ou clinique
- Inclut des patients dans les essais thérapeutiques
- Contribue à la rédaction d'articles scientifiques et à des publications
Travail en équipe
- Collabore avec d'autres médecins (spécialistes des organes atteints, biologistes, radiothérapeutes, anatomopathologistes, chirurgiens)
- Participe aux réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP), obligation encadrée par l'INCa pour toute décision thérapeutique en cancérologie
- Transmet les informations au médecin traitant du patient
Quelles sont les qualités requises pour être cancérologue ?
Le métier de cancérologue nécessite des qualités scientifiques évidentes, mais également de grandes qualités humaines :
- Conscience professionnelle et rigueur scientifique
- Humanité et capacité à accompagner sur la durée
- Grande capacité d'écoute et empathie
- Endurance physique et résistance au stress
- Pédagogie avec les patients et leurs familles
- Aptitude au travail en équipe pluridisciplinaire
Le dispositif d'annonce structuré par l'INCa repose sur quatre temps : médical, soignant, accompagnement social et articulation avec la médecine de ville. Le cancérologue intervient sur les temps médicaux, en lien avec une infirmière coordinatrice formée à l'annonce.
Où travaille un cancérologue ?
L'exercice de la cancérologie est encadré par un régime d'autorisations. Le décret n° 2022-689 du 26 avril 2022 a redéfini les conditions d'implantation et les conditions techniques de fonctionnement de l'activité de soins de traitement du cancer. Les établissements doivent désormais détenir une autorisation pour la chirurgie oncologique, les traitements médicamenteux systémiques ou la radiothérapie. Les structures dans lesquelles un cancérologue peut exercer sont nombreuses :
- Les centres hospitaliers universitaires (CHU) et centres hospitaliers (CH) titulaires d'autorisations oncologiques
- Les centres de lutte contre le cancer (CLCC) regroupés au sein du réseau Unicancer
- Les cliniques privées disposant d'une autorisation pour le traitement du cancer (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie)
- Les cabinets libéraux et les centres de chimiothérapie ambulatoire
- Les entreprises de l'industrie pharmaceutique, dans la recherche clinique ou les affaires médicales
- Les laboratoires de recherche publique (INSERM, CNRS) ou les Sites de Recherche Intégrée sur le Cancer (SIRIC)
- Les universités, en tant qu'enseignant-chercheur (PU-PH, MCU-PH)
Quelques chiffres sur le métier de cancérologue
Selon les données les plus récentes publiées par l'Institut national du cancer (Panorama 2025, mis à jour en juillet 2025), l'activité oncologique en France traduit un besoin croissant en spécialistes :
Le Panorama 2025 précise que 1 561 oncologues médicaux et 1 091 radiothérapeutes exercent en France, contre 523 et 613 respectivement en 2003. La filière s'est ainsi multipliée par trois pour les oncologues médicaux et a progressé de près de 80 % pour les radiothérapeutes en vingt ans. Côté répartition, les ordres de grandeur sont les suivants :
- Près de 80 % des cancérologues sont salariés (hôpitaux publics, CLCC, cliniques)
- Environ 8 % exercent en libéral exclusif
- Le reste pratique une activité mixte (libérale et hospitalière)
- Moyenne d'âge : 47 ans pour les oncologues médicaux, 48 ans pour les radiothérapeutes
Le taux de mortalité standardisé diminue de 2,1 % par an chez les hommes et de 0,6 % chez les femmes. Cette baisse traduit les progrès en prévention, en dépistage organisé et en innovations thérapeutiques. Plus de 60 000 patients ont été inclus dans des essais cliniques en cancérologie en 2023, soit 2,8 fois plus qu'il y a vingt ans.
Quel est le salaire d'un cancérologue ?
S'il varie en fonction de la zone géographique (Paris ou province), du mode d'exercice (libéral ou salarié, public ou privé) et de l'ancienneté, le salaire d'un cancérologue se situe parmi les plus élevés du secteur médical.
Un oncologue qui débute en praticien hospitalier perçoit un salaire mensuel autour de 4 600 € brut à l'échelon 1 (soit environ 55 580 € brut annuel), selon la grille indiciaire des praticiens hospitaliers fixée par l'arrêté du 8 juillet 2022. En fin de carrière (échelon 13, atteint après une vingtaine d'années), la rémunération brute mensuelle approche 9 400 €, soit environ 112 400 € brut annuel hors primes. À ces émoluments s'ajoutent les gardes (environ 422 € brut par garde de nuit), l'indemnité d'engagement de service public exclusif (IESPE) de 1 010 € brut par mois, la prime Ségur et d'éventuelles primes liées à des fonctions particulières. Selon les données 2025 de la DREES, le salaire moyen d'un PH à temps plein avoisine 6 526 € net par mois primes incluses. En libéral, les revenus dépendent du chiffre d'affaires et du secteur conventionnel.
Le quotidien d'un cancérologue
Être cancérologue, c'est exercer un métier à la fois passionnant et exigeant. La spécialité combine recherche, technicité et accompagnement humain sur la durée.
Les avantages
La cancérologie attire par la richesse intellectuelle de la spécialité, la qualité du lien tissé avec les patients et les nombreuses voies d'évolution professionnelle ouvertes après l'internat.
Les difficultés du métier
Si la cancérologie offre un terrain professionnel particulièrement riche, elle expose aussi à une charge émotionnelle importante et à des situations cliniques difficiles, qu'il faut apprendre à apprivoiser tout au long de la carrière.
Les services de santé au travail hospitaliers et les associations de spécialité comme l'AERIO proposent des dispositifs de soutien dédiés aux professionnels en difficulté.
Le métier vu de l'intérieur
Plusieurs ressources permettent d'aborder concrètement la pratique avant de s'engager dans le DES d'oncologie. Voici une sélection de contenus institutionnels et de témoignages directs publiés par des structures reconnues du secteur :
- Mon métier en 2 minutes : Oncologue médicale : témoignage vidéo de Carine, oncologue médicale au Centre de lutte contre le cancer François Baclesse de Caen (réseau Unicancer). Une présentation courte et claire du quotidien d'une praticienne en CLCC.
- Oncologie médicale : le parcours du patient : explication détaillée par le Dr Elodie Klajer du parcours de soins en cancérologie, depuis l'annonce du diagnostic jusqu'à la mise en place des traitements et au suivi.
- A la vie, à la mort : pourquoi l'oncologie rayonne chez les internes : enquête de Medscape recueillant les témoignages d'internes en oncologie médicale et radiothérapie sur les motivations de leur choix de spécialité, les difficultés émotionnelles et les perspectives de carrière.
- Présentation du DES d'Oncologie par l'AERIO : description détaillée des trois phases de l'internat (socle, approfondissement, consolidation), des stages et des perspectives, rédigée par l'association professionnelle des internes en oncologie.
- Interview des oncologues de Gustave Roussy : trois oncologues médicaux de l'Institut Gustave Roussy (premier centre européen de lutte contre le cancer) présentent leurs travaux de recherche et leur quotidien.
Pour une immersion plus longue, plusieurs centres de lutte contre le cancer du réseau Unicancer proposent des journées portes ouvertes et des stages d'observation pour les étudiants en deuxième cycle, en lien avec leur faculté de rattachement.
La formation pour devenir cancérologue
Pour exercer le métier d'oncologue, il faut avoir suivi des études de médecine avec une spécialisation en cancérologie. Le parcours est long mais bien balisé.
Quelles études suivre pour être cancérologue ?
La formation d'un médecin cancérologue est longue puisqu'elle nécessite onze années d'études supérieures. Pour devenir cancérologue, il faut :
- Obtenir un baccalauréat (parcours scientifique recommandé)
- Suivre six années d'études de médecine pour obtenir le DFASM (diplôme de formation approfondie en sciences médicales)
- Se spécialiser en cancérologie pour obtenir un diplôme d'études spécialisées (DES) d'oncologie d'une durée de cinq ans (10 semestres) durant l'internat de médecine
Depuis la rentrée 2020, les bacheliers ont la possibilité de choisir entre deux parcours pour réaliser leurs études de médecine : la L.AS (Licence Accès Santé) ou le PASS (Parcours Accès Santé Spécifique). Une nouvelle réforme du deuxième cycle a également remplacé les ECN par les EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales) couplées aux ECOS (Examens Cliniques Objectifs Structurés).
Quel est le programme des études pour devenir cancérologue ?
C'est à partir de la 7e année en faculté de médecine, pendant son internat, que l'étudiant se spécialise en cancérologie. Pour cela, il choisit entre deux options précoces définies au niveau réglementaire :
- DES option oncologie médicale : centré sur les traitements systémiques (chimiothérapie, immunothérapie, thérapies ciblées)
- DES option oncologie radiothérapie : centré sur la planification et la délivrance des traitements par rayonnements
Le choix d'option se fait avant la fin de la phase socle. Les enseignements comprennent environ 300 heures de cours théoriques et 10 semestres de stages pratiques dans des services hospitaliers agréés. Le DES s'organise en trois phases : phase socle (1 an), phase d'approfondissement (2 à 3 ans) et phase de consolidation (Docteur Junior). L'étudiant soutient également une thèse d'État de docteur en médecine durant son internat.
Dans quels pays le diplôme de cancérologue est-il reconnu ?
Au sein de l'Union européenne, le diplôme français d'oncologue bénéficie d'une reconnaissance encadrée par la directive 2005/36/CE relative à la reconnaissance des qualifications professionnelles. Concrètement, un cancérologue formé en France peut s'établir dans un autre État membre après inscription auprès de l'autorité compétente locale, sous réserve de la maîtrise linguistique exigée par le pays d'accueil.
Hors Union européenne, chaque État applique sa propre réglementation. La France et le Québec ont signé un Arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM) en novembre 2009, entré en vigueur le 25 novembre 2010. Le décret n° 2010-1125 du 23 septembre 2010 a transposé cet accord dans le Code de la santé publique aux articles D4111-22 à D4111-32. L'arrangement couvre 29 spécialités médicales dont l'oncologie : il permet aux médecins formés en France d'accéder à un permis restrictif d'exercice au Québec, sous réserve de la validation d'un stage d'adaptation de douze semaines à caractère évaluatif. Les démarches sont à effectuer auprès du Collège des médecins du Québec.
3 idées de livres à lire lorsqu'on veut devenir cancérologue
Combien coûte une formation de cancérologue ?
Les onze années nécessaires pour exercer la cancérologie représentent un budget significatif, qui varie selon la situation personnelle de chaque étudiant et la ville d'études choisie.
D'après les associations d'étudiants en médecine, le coût annuel global se situe en moyenne au-dessus de 10 000 € et se décompose ainsi :
- Les droits d'inscription universitaires fixés par arrêté ministériel : 178 € pour le 1er cycle (DFGSM) et 254 € pour le 2e cycle (DFASM) en 2025-2026
- La Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) obligatoire avant inscription : 105 € pour l'année universitaire 2025-2026
- Le matériel pédagogique (livres, référentiels du Collège, abonnements à des plateformes) : entre 200 et 500 € par an
- Les prépas privées préparant au PASS ou à la L.AS : de 4 000 à 7 000 € annuels selon les organismes
- Les frais de logement, de transport et de vie courante, qui constituent souvent le poste budgétaire le plus important
Plusieurs aides publiques permettent d'alléger la note. Pour un panorama plus complet, consultez notre dossier dédié aux aides à la formation pour les soignants :
- La bourse sur critères sociaux (BCS) attribuée par le CROUS, en sept échelons, exonère également des droits d'inscription
- L'aide au mérite pour les bacheliers ayant obtenu une mention Très bien
- L'aide personnalisée au logement (APL) versée par la CAF
- Le prêt étudiant garanti par l'État, sans caution parentale
- Le contrat d'engagement de service public (CESP), proposé par le ministère de la Santé : il prévoit une allocation mensuelle en contrepartie d'une installation en zone sous-dotée pendant une durée équivalente
Évolution de carrière du cancérologue
Alors qu'il est déjà en exercice, le cancérologue peut continuer à se former, soit pour réactualiser ses connaissances, soit pour acquérir de nouvelles compétences en se spécialisant sur un type de cancer ou des techniques thérapeutiques. Notre dossier sur la formation en oncologie détaille les programmes accessibles aux soignants impliqués dans la prise en charge.
Il existe pour cela des diplômes universitaires (DU) et inter-universitaires (DIU) comme :
- DIU Médecine moléculaire en cancérologie
- DIU Cancérologie génito-urinaire
- DIU Immuno-oncologie
- DIU Oncologie pédiatrique
- DU Recherche translationnelle et clinique en cancérologie
- DU Radiothérapie des cancers ORL
- DU Cancérologie du sujet âgé (oncogériatrie)
- DU Douleur en oncologie
Le cancérologue peut accéder à ces différents enseignements par la formation continue pour remplir ses obligations triennales de DPC (Développement Professionnel Continu) ou bien à sa propre initiative.
Les perspectives d'avenir et les possibilités d'évolution de carrière d'un cancérologue sont nombreuses :
Quelles formations suivre lorsqu'on est cancérologue ?
La formation continue régulière des cancérologues est une nécessité pour maintenir un haut niveau d'excellence dans cette discipline en évolution permanente.
La formation continue du cancérologue
L'offre française de formations médicales complémentaires est diversifiée et adaptée aux attentes des cancérologues en exercice : enseignements diplômants en présentiel, e-learning, congrès, ateliers ou mises en situation. Quatre grands objectifs structurent le parcours d'un praticien en activité.
Plusieurs formats de formations cohabitent et permettent au cancérologue de combiner sa pratique clinique avec un parcours adapté à son emploi du temps :
Le développement professionnel continu du cancérologue
Le développement professionnel continu (DPC) est un dispositif de formation continue obligatoire et réglementé. Il permet aux cancérologues, comme à tous les professionnels de santé, de suivre une formation continue adaptée à l'évolution de leur profession et d'harmoniser la prise en charge des patients au niveau national. Ce dispositif est piloté par l'Agence nationale du DPC (ANDPC).
Les orientations pluriannuelles prioritaires de DPC pour les cancérologues
Toute action de DPC doit être conforme à au moins une des orientations nationales prioritaires. Ces thématiques de santé publique sont déterminées de façon triennale par les services de l'État, en concertation avec les Conseils Nationaux Professionnels et l'Assurance Maladie.
La nouvelle période triennale a démarré le 1er janvier 2026, mais les orientations 2023-2025 ont été prorogées pour la seule année 2026 par l'arrêté du 23 juin 2025, publié au Journal officiel le 28 juin 2025. De nouvelles orientations devront être adoptées pour couvrir la période 2027-2028. Les actions déjà publiées restent valides jusqu'au 31 décembre 2026.
Plusieurs orientations concernent l'activité des cancérologues, notamment dans le cadre de la politique nationale de santé :
Les actions de DPC pour les cancérologues
L'Agence nationale du DPC met à disposition des cancérologues une offre de formations composée de trois grandes familles d'actions, dont au moins deux types doivent être combinés sur la période triennale. Le parcours DPC oncologie publié par la Fédération des Spécialités Médicales détaille les recommandations du CNP de spécialité.
Pour comparer les organismes agréés par l'ANDPC, notre guide des organismes de formation DPC recense les structures par profession et thématique.
Depuis 2026, les actions de formation continue réalisées entièrement en e-learning ne donnent plus lieu à indemnisation forfaitaire de l'ANDPC. Les frais pédagogiques restent pris en charge, mais la compensation pour perte de revenus ne s'applique plus aux formations 100 % à distance. Renseignez-vous auprès de votre organisme avant de vous inscrire.
Le financement d'une formation DPC pour cancérologues
Plusieurs dispositifs permettent de financer tout ou partie de la formation médicale continue. Le choix dépend du statut du praticien (libéral, hospitalier, salarié).
Combien coûte une action de DPC pour cancérologues ?
Aux frais pédagogiques s'ajoutent des frais de transport, de restauration et d'absence temporaire de revenus pour les libéraux. Ces coûts annexes peuvent représenter une part significative du budget formation, en particulier pour les déplacements vers les congrès nationaux.
Quelles sont les aides financières pour les cancérologues ?
L'Agence du DPC (barème des forfaits médecins 2026) participe au financement des actions de DPC réalisées par les cancérologues libéraux conventionnés et les salariés exerçant en centre de santé conventionné. Cette aide se compose de deux volets cumulables.
- Volet 1 : participation de l'Agence au paiement de l'organisme de formation
- Volet 2 : indemnisation du médecin pour compenser sa perte de revenus, à hauteur de 45 € par heure de formation présentielle ou distancielle synchrone
- Crédit annuel de 21 heures prises en charge par an et par médecin (dont 10 heures maximum en non présentiel)
- Pour les programmes intégrés combinant formation continue et évaluation des pratiques, l'indemnisation est de 22,50 € par heure
- Les actions de DPC inférieures à 3 heures ne sont pas considérées comme éligibles
Le ministère de la Santé a annoncé fin novembre 2025 la fermeture programmée de l'Agence nationale du DPC. Cette décision fait suite au rapport critique de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié le 12 mars 2025. L'IGAS a relevé que seuls 22 % des professionnels éligibles avaient validé leur obligation triennale sur la période 2020-2022. Un point important à retenir : l'obligation de DPC en elle-même n'est pas supprimée, c'est l'opérateur qui la pilote qui est dissous. Le dispositif évolue et se restructure.
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11 janvier 2026Fin du mandat de la directrice générale de l'ANDPC. Une direction de transition a été mise en place pour piloter la phase de restructuration.
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Année 2026Année de transition. Le financement DPC est garanti pour toute l'année 2026 par les pouvoirs publics. Les forfaits de 21 heures par an et l'indemnisation à 45 €/h restent applicables aux libéraux conventionnés.
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À partir de 2027Mise en place d'un nouveau dispositif. Une concertation avec les syndicats et les organismes de formation s'est ouverte fin 2025 pour définir les modalités précises. Les arbitrages restent à publier par décret.
En dehors des forfaits ANDPC, d'autres possibilités existent en fonction de la situation personnelle de chaque praticien :
| Dispositif | Public concerné | Type d'aide |
|---|---|---|
| FIFPL | Libéraux | Prise en charge des frais pédagogiques selon barème annuel |
| ANFH | Hospitaliers de la fonction publique | Plan de formation de l'établissement |
| OPCO Santé | Salariés du secteur privé non lucratif | Financement des actions conventionnelles |
| CPF | Tous statuts | Mobilisation du compte personnel de formation |
| Crédit d'impôt formation | Libéraux et dirigeants | Déduction jusqu'à 40 heures de formation par an |
La certification périodique du cancérologue
Depuis le 1er janvier 2023, tous les médecins inscrits à l'ordre, dont les cancérologues, sont soumis à une nouvelle obligation : la certification périodique. Ce dispositif, distinct du DPC mais complémentaire, vise à garantir que chaque praticien maintient et actualise ses compétences tout au long de sa carrière.
Le cadre juridique de la certification périodique
L'obligation de certification périodique a été créée par l'ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021. Le cadre opérationnel a été précisé par plusieurs textes successifs :
Les quatre axes du référentiel oncologie
Le référentiel de certification périodique des cancérologues, validé par le CNP de spécialité, structure les actions à réaliser autour de quatre objectifs définis par le code de la santé publique :
Les modalités pratiques de validation
Le cancérologue dispose d'une période de six ans pour réaliser et déclarer ses actions de certification. Pour les médecins en exercice au 1er janvier 2023, un délai dérogatoire de neuf ans s'applique pour la première période, conformément au décret n° 2024-258.
- Au moins deux actions par axe sur la période de six ans
- Les actions DPC déjà validées sont prises en compte au titre de la certification
- Les actions de formation continue, d'accréditation et de VAE peuvent également être valorisées
- Les justificatifs sont à déposer sur la plateforme « Ma Certif'Pro Santé » de l'Agence du Numérique en Santé
- Le contrôle est assuré par l'ordre des médecins, qui peut alerter en cas de risque de non-réalisation
En cas de manquement à l'obligation, le décret du 26 décembre 2025 prévoit une procédure disciplinaire devant l'instance ordinale, sans préjudice de la possibilité d'une suspension temporaire d'exercice pour insuffisance professionnelle.
Les institutions et associations pour les cancérologues
Plusieurs structures fédèrent la profession et accompagnent les oncologues tout au long de leur carrière. Elles produisent des recommandations, animent la formation et défendent les intérêts de la spécialité.
Le CNEC coordonne l'enseignement et la formation de la cancérologie en France. Il est membre de la Coordination Nationale des Collèges d'Enseignants en Médecine (CNCEM) et participe à l'élaboration du DES d'oncologie.
Hôpital Cochin, 27 rue du Faubourg Saint Jacques, 75014 Paris
cncem.org/cancerologie
La SFC est la plus ancienne société savante dédiée à l'étude du cancer. Sa vocation est de mettre en contact scientifiques et médecins d'origines diverses pour faire progresser la lutte contre le cancer.
Hôpital Saint-Louis, 1 avenue Claude Vellefaux, 75475 Paris cedex 10
sfc.asso.fr
Depuis 1981, la SFCP regroupe les médecins et les acteurs de la cancérologie libérale dans le but de développer l'étude du cancer et de favoriser les échanges entre praticiens du secteur privé.
Association loi 1901 reconnue d'utilité publique, la Ligue contre le cancer a été créée en 1918. Elle finance des projets de recherche en cancérologie, informe et sensibilise la population sur les comportements à risque et défend les droits des patients.
14 rue Corvisart, 75013 Paris
ligue-cancer.net
L'AERIO soutient les activités de recherche en oncologie, favorise les échanges entre ses adhérents et défend leurs droits auprès des institutions. Elle organise des soirées de formation mensuelles et des congrès annuels.
Questions fréquentes
Combien d'années d'études faut-il pour devenir cancérologue ?
Quelle est la différence entre cancérologue et oncologue ?
Quel est le salaire moyen d'un cancérologue en France ?
Le DPC est-il obligatoire pour les cancérologues ?
Quelles différences entre oncologie médicale et oncologie radiothérapie ?
Le diplôme français est-il reconnu à l'étranger ?
La certification périodique remplace-t-elle le DPC ?
L'ANDPC va-t-elle être supprimée ?
Quel financement pour une formation DPC en oncologie ?
- Panorama des cancers en France 2025 (INCa) : édition spéciale 20 ans avec données épidémiologiques de référence
- Recommandations HAS en cancérologie : référentiels de bonnes pratiques cliniques
- Orientations prioritaires de DPC : recherche d'actions agréées
- Santé publique France, Cancers : données de surveillance épidémiologique
