En France, le secteur de la psychiatrie manque de praticiens.
Parmi les professionnels du domaine de la psychologie, le psychiatre est le seul qui est formé en tant que médecin. Par conséquent, il prend en charge des pathologies les plus lourdes et compliquées. Néanmoins, il intervient sur un large spectre de troubles psychiques.
Cette fiche sur le métier de psychiatre vous propose un tour d'horizon complet : études, quotidien salaire, débouchés, qualité requises...

Le métier de psychiatre en France
Qu’est-ce qu’un psychiatre ?
Selon la définition du métier, un psychiatre est un médecin spécialiste des troubles psychiques légers ou graves et des maladies mentales : souffrances psychiques, troubles du comportement et anxiété, dépendances, phobies, dépression, problèmes relationnels, bipolarité, schizophrénie, paranoïa...
Quels sont les métiers de la psychiatrie ?
Il existe différentes professions qui permettent d'exercer dans le secteur de la psychiatrie :
- psychiatre
- infirmier en psychiatrie
- aide-soignant
Le médecin généraliste et le psychologue peuvent également intervenir dans la chaîne de soins.
Quelle est la différence entre un psychiatre et un psychologue ?
Le psychiatre est un médecin ayant suivi une formation médicale polyvalente puis un cursus de spécialisation en psychiatrie. Le psychologue n'est pas un médecin et a fait des études en psychologie. Il ne peut pas prescrire de médicaments.
Devenir psychiatre avec une licence de psychologie est impossible, à moins de suivre le cursus de formation universitaire en médecine.
Quel est le rôle du psychiatre ?
Le rôle du psychiatre est d'établir des diagnostics, de mettre en place des thérapeutique adaptées et de proposer des démarches de prévention. Il prend en charge aussi bien des enfants que des adolescents, des adultes et des personnes âgées selon sa spécialité.
Il reçoit le patient en consultation et mène un ou plusieurs entretiens pour établir son diagnostic et proposer des méthodes de traitement. Il a recours à des thérapeutiques variées :
- médicaments psychotropes : antidépresseurs, anxiolytiques ou neuroleptiques
- psychothérapie : psychanalyse, thérapie cognitive et comportementale, thérapies de groupe...
- hospitalisation pour les cas graves de pathologies mettant le patient et ses proches en danger comme la schizophrénie, l'anorexie, les psychoses...
Quelles sont les principales missions d'un psychiatre ?
Diagnostic et dépistage
- Mène des entretiens approfondis pour établir un diagnostic
- Procède à l'examen clinique en recensant les dysfonctionnements symptomatiques et en analysant l'environnement du patient
- Met en place des séances individuelles ou collectives
- Repère les situations de crise
- Propose des thérapeutiques adaptées en fonction de l'âge du patient
- Assure des consultations de suivi
- Intervient en situation de crise
- Oriente le patient vers d'autres professionnels si besoin
Thérapeutique
- Met en place des techniques psychothérapeutiques
- Prescrit des médicaments
- Ordonne une hospitalisation
Autres activités
- Mène des travaux de recherche avec d'autres professionnels
- Enseigne sa spécialité auprès des étudiants en médecine
Quelles sont les qualités pour être psychiatre ?
Un psychiatre est doté d'une grande capacité d'écoute, d'analyse et de synthèse tout en faisant preuve d'une grande résistance mentale. Il sait être patient et attentif en laissant l'expression libre tout en suscitant au maximum les échanges.
Le médecin psychiatre doit être doté d'une capacité à savoir imposer la bonne distance entre la patient et lui.
Être psychiatre nécessite un très bon équilibre émotionnel et personnel pour résister au stress et intervenir efficacement auprès de personne en situation grave ou extrême. Certaines pathologies rendent les patients violents et il faut savoir affronter ce genre de situations.
Où peut-on exercer le métier de psychiatre ?
Le psychiatre peut exercer dans de nombreuses structures et secteurs différents :
- en cabinet libéral
- dans un hôpital public dans un service de pédopsychiatrie, aux urgences, en addictologie, dans une unité d'hospitalisation spécialement aménagées pour les détenus (UHSA), dans une unité néonatale, dans un service psychiatrique, etc.
- dans une clinique ou hôpital privé
- dans un centre de lutte contre le cancer
- en structure médico-sociale
- dans le secteur associatif : organisations non gouvernementales (ONG), par exemple
Au quotidien, il peut aussi choisir d'intervenir en unité mobile d'urgence ou avoir une activité d'expertise.
Quelques chiffres sur le métier de psychiatre
- 15 516 psychiatres exercent en France
- 53 % des psychiatres sont des femmes et 47 % sont des hommes
- 29 % exercent en libéral exclusivement
- 49 % sont salariés hospitaliers
- 12 % ont un mode d'exercice mixte
Source : ASIP-Santé RPPS - données au 1er janvier 2022
Quel est le salaire d'un psychiatre ?
Le salaire d'un psychiatre varie en fonction de son mode d'exercice :
- Le salaire d'un psychiatre hospitalier débutant est de 4 566 € bruts par mois en début de carrière.
- La rémunération d'un praticien en secteur libéral est en moyenne plus élevée qu'en secteur hospitalier.
- Le salaire d'un psychiatre travaillant dans le secteur privé varie entre 7 452 € à 16 743 € bruts par mois avec un salaire moyen de 8 100 € bruts mensuels.
La formation pour devenir psychiatre
En France, pour devenir psychiatre, 10 ans d'études après le bac sont nécessaires. Le cursus de formation est dispensé en faculté de médecine.
Quel diplôme faut-il pour exercer en tant que psychiatre ?
Le psychiatre est titulaire du diplôme d'État (DE) de docteur en médecine avec la spécialité psychiatrie, c'est-à-dire un diplôme d'études spécialisées (DES) en psychiatrie.
Quelles études pour devenir psychiatre ?
Le futur psychiatre doit avoir suivi le cursus classique pour devenir médecin, à savoir :
- obtention du baccalauréat, souvent de filière scientifique ;
- 1 année de PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) ou de LAS (Licence Accès Santé) afin d'accéder au cursus d'études en médecine ;
- 2 ans pour le premier cycle d'études médicales dans le but d'acquérir les bases des connaissances en médecine. Ce cycle permet d'obtenir le diplôme de formation générale en sciences médicales (DFGSM) ;
- 3 ans pour le second cycle d'études médicales afin d'approfondir les connaissances. Ce cycle permet d'obtenir le diplôme de formation approfondie en sciences médicales (DFASM) ;
- passage du concours de l'internat (appelé aussi ECN ou épreuves classantes nationales) pour poursuivre dans la spécialité de psychiatrie ;
- 4 ans d'internat en spécialisation psychiatrie qui correspond au troisième cycle d'études médicales pour l'obtention du DES en psychiatrie par le biais d'une soutenance de thèse.
Quel est le programme du DES de psychiatrie ?
Le programme de formation du DES de psychiatrie s'organise sur 10 semestres, comme suit :
- 2 semestres dans un lieu spécialisé en psychiatrie de l'adulte ;
- 2 semestres dans un lieu spécialisé en psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent ;
- 4 semestres avec un encadrement universitaire dont 2 semestres en rapport avec l'option précoce choisie ;
- 3 semestres sans encadrement universitaire dont 1 semestre en rapport avec l'option précoce choisie.
Les connaissances à acquérir sont définies dans l’arrêté du 28 avril 2017 qui présente la maquette du DES de psychiatrie : programme détaillé, les compétences à acquérir en fonction des années, les modalités d’évaluation, etc.
Un résumé de la maquette du DES de psychiatrie a été réalisée par le Collège national des universitaires de psychiatrie (CNUP).
Les modalités d'application pratique sont décidées par chaque collège d'enseignants de spécialité dans les différentes villes des facultés de médecine.
Peut-on devenir psychiatre sans faire médecine ?
Il est impossible de devenir psychiatre en France sans suivre le cursus de formation en médecine.
Les candidat ont néanmoins la possibilité d'utiliser le système de passerelle à condition de détenir un titre d'ingénieur, un master ou un doctorat dans une autre filière. Le dossier peut alors être examiné en commission d'admissibilité afin de suivre le programme de formation directement en seconde année de médecine. Cette alternative ne dispense pas de suivre l'enseignement à partir de la seconde année.
Quelle est l'organisation du DES de psychiatrie ?
Une option précoce doit être choisie parmi les suivantes :
- psychiatrie de l'adulte (PA) ;
- psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (PEA).
- D'autres options sont également accessibles :
- psychiatrie de la personne âgée, accessible aux étudiants de psychiatrie de l'adulte ;
- psychiatrie légale, accessible aux étudiants de psychiatrie de l'adulte et psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent ;
- psychiatrie périnatale, accessible aux étudiants de psychiatrie de l'adulte et psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent.
- L'étudiant peut candidater à une formation spécialisée transversale (FST), notamment :
- addictologie ;
- douleur ;
- nutrition appliquée ;
- pharmacologie médicale/ thérapeutique ;
- médecine palliative ;
- sommeil.
Comment se préparer aux études pour devenir psychiatre ?
- L’histoire de la psychiatrie par J Hochmann. Éditions Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? ». Novembre 2022, 128 pages.
- Ordonnances en psychiatrie et pédopsychiatrie : 101 prescriptions courantes. A. Bourla et F. Ferreri. Editions Maloine, 4e édition. 2022, 246 pages.
- Livret de l'interne par l'Association française des fédérative des étudiants en psychiatrie avec ses nombreux conseils, y compris des recommandations de livres, films, sites webs,,,
Combien coûte une formation de psychiatre ?
Le prix des études pour devenir psychiatre comprend divers coûts afférents au quotidien d'étudiant en médecine. Ils correspondent aux coûts de toute formation médicale universitaire. Ils intègrent :
- Les frais liés aux droits d'inscription à l'université ;
- Le matériel utile pour suivre les cours et les stages ;
- La CVEV (contribution de vie étudiante et de campus) : environ 100 €
- Les frais de la vie courante : logement, transports, repas, etc.
Différentes aides financières peuvent aider les étudiants :
- L’aide au mérite pour les mentions très bien au baccalauréat ;
- Les aides sociales comme l’aide au logement (APL) ;
- La bourse sur critères sociaux (BCS) ;
- Le prêt bancaire garanti par l’État ;
- Le CESP ou aide dans le cadre du contrat d’engagement service public.
À noter que lorsque l'étudiant a le statut d'interne, il perçoit une rémunération variable en fonction de son avancement et des émoluments correspondant à ses gardes, astreintes, etc. Pour en connaître le montant, consulter l’arrêté ministériel du 8 juillet 2022.
Poursuite d’études et évolutions de carrière des psychiatres
Un psychiatre peut se spécialiser en obtenant un Diplôme d'études spécialisées complémentaires (DESC). Il existe les spécialités suivantes :
- Psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent en suivant une formation de 2 ans
- Psychiatrie de la personne âgée
- Addictologie
- Pharmacologie clinique et évaluation des thérapeutiques
- Médecine légale et expertises médicales
Le psychiatre peut également compléter sa formation en suivant les enseignements des diplômes universitaires (DU) et diplômes inter-universitaires (DIU) :
- DU autisme(s) : approche intégrative des troubles envahissants du développement
- DU de neuropsychologie clinique
- DU de psychologie pédiatrique
- DU d’observation des nourrissons et ses applications
- DU de recherche et développement clinique des médicaments
- DU d’Addictologie
- DU éducation thérapeutique patient
- DU éthique des sciences de la vie.
- DU formation des professionnels de santé à la prise en charge de la douleur
- DU observation des nourrissons et applications
- DU soins palliatifs
- DU gérontologie sociale.
- DU qualité, évaluation et certification.
- DU connaissance des toxicomanies et prévention des addictions
- DU neuropsychologie clinique
- DU troubles psychiatriques, souffrance psychique : soins institutionnels
- DU gérontologie sociale
- DU expérimentation animale appliquée à la recherche biomédicale
- DIU en Logistique des essais cliniques
- DIU Adolescents : société et pratique inter-professionnelles

Comme tous les professionnels de santé, les psychiatres se forment tout au long de leur carrière dans le cadre du DPC (Développement Professionnel Continu). Le but est de renforcer leurs connaissances ou d'acquérir des compétences transversales utiles à leur pratique.
Les possibilités d'évolution de carrière sont nombreuses, notamment :
- l'enseignement ;
- l'expertise auprès de tribunaux ;
- la recherche.
En poursuivant sa carrière, le psychiatre hospitalier peut devenir chef de service.
Le quotidien d’un psychiatre
Les avantages du métier
- Le métier de psychiatre est gratifiant, car basé sur l'aide aux patients dans leur mal-être psychique.
- Les débouchés sont importants en termes d'opportunités et de stabilité d'emploi.
- Il existe une grande diversité de lieux d’exercice : en cabinet libéral, à l’hôpital, dans des structures spécialisées ou encore en milieu carcéral.
- Le psychiatre peut aussi participer à des projets de recherche, d’enseignement ou de prévention, ce qui enrichit sa pratique.
- C’est un métier qui permet de développer des compétences humaines profondes, d’affiner son écoute et son empathie, et d’apporter une réelle amélioration à la qualité de vie des patients.
Les difficultés de la profession de psychiatre
- Le métier de psychiatre est émotionnellement difficile, car il implique une confrontation quotidienne à la souffrance psychologique, voire à la détresse.
- Le métier nécessite une forte implication : journées longues, travail le week-end, gardes... et une grande capacité de concentration.
- Il est parfois compliqué de scinder la pratique professionnelle et la sphère privée, car certaines situations vécues avec les patients peuvent marquer durablement.
- Certains patients créent un lien trop proche avec leur médecin psychiatre, ce qui demande de poser des limites claires et parfois difficiles à maintenir.
- Un psychiatre peut faire face à la violence de certains patients atteints de pathologies particulières, même si le métier de psychiatre n'est pas dangereux en lui-même.
- Enfin, la charge administrative, les responsabilités légales et la nécessité d’une formation continue permanente peuvent également représenter une source de pression.
Quelles formations suivre lorsqu’on est psychiatre ?
Pour réévaluer ses connaissances théoriques, améliorer ses pratiques professionnelles, développer de nouveaux savoirs et savoir-faire, comprendre et appliquer les recommandations officielles… Les raisons de se former alors qu’on est psychiatre sont nombreuses. Les possibilités de formations aussi !
La formation continue du psychiatre
La formation continue est une nécessité pour les psychiatres qui exercent une spécialité pointue au champ d’application vaste et varié. La psychiatrie se pratique en effet, aussi bien dans le secteur privé, public, libéral que dans les domaines de l’urgence, de l’expertise ou en UMD, UHSA, etc.
Elle nécessite, pour le praticien, des connaissances et des compétences approfondies dans des domaines très variés (addictologie, médico-judiciaire, psycho-oncologie, pédopsychologie, psychogériatrie…) où les progrès de la médecine évoluent rapidement.
Il existe de très nombreuses formations médicales complémentaires pour les psychiatres qui souhaitent continuer à se former. Elles peuvent durer quelques heures ou s’étaler sur plusieurs jours, voire plusieurs mois.
Certaines sont qualifiantes, d’autres diplômantes. Dispensées en présentiel ou en e-learning, dans des universités, des centres hospitaliers ou des organismes privés, ces formations permettent de répondre aux besoins de formation de la profession.
Par le biais de la formation continue et des nombreux programmes qu’elles proposent, les psychiatres peuvent se spécialiser dans un mode d’exercice (milieu carcéral…) ou un type de public (enfants, personnes âgées, autisme…).
Ils ont également la possibilité de donner une nouvelle orientation à leur carrière ou de progresser dans la hiérarchie hospitalière par exemple.
Le développement professionnel continu des psychiatres
Le Développement Professionnel Continu (DPC) est une obligation que chaque psychiatre doit satisfaire en participant à plusieurs actions de DPC (au moins deux sur trois ans).
Le DPC a pour objectif l’amélioration de la qualité des soins. Pour cela, il s’appuie sur deux types d’activités : la mise à jour ou l’acquisition de connaissances et l’analyse des pratiques professionnelles.
Les orientations prioritaires de DPC
Les centaines de formations médicales complémentaires disponibles pour les psychiatres ne sont pas toutes reconnues comme des actions de DPC. Pour être éligibles au DPC, elles doivent obligatoirement être indexées à une des orientations prioritaires définies par l’État.
L’offre de DPC s’appuie ainsi sur des orientations prioritaires triennales fixées par arrêtés ministériels, 6 d’entre elles sont spécialement destinées aux psychiatres :
- 140 - Prévention, repérage et prise en charge des pathologies et des risques psychiatriques liés à l'environnement
- 141 - Prévention, repérage, diagnostic et prise en charge des troubles psychiatriques chez la personne âgée
- 142 - Stratégies diagnostiques et thérapeutiques dans les pathologies psychiatriques résistantes
- 143 - Thérapeutiques non médicamenteuses des troubles mentaux
- 144 - Psychiatrie et justice : Évaluation et prise en charge des personnes faisant l’objet de soins sans consentement et psychiatrie médico-légale.
- 145 - Repérage, accompagnement et prise en charge des pratiques addictives sans substance
Certaines orientations concernent les psychiatres, entre autres spécialités :
- 16 - Déploiement de l’activité physique adaptée (APA) (pages 66 à 69)
- 17 - Repérage et prise en charge des troubles nutritionnels (pages 70 à 74)
- 19 - Repérage, accompagnement et prise en charge des pratiques addictives (pages 78 à 81)
- 21 - Repérage, diagnostic et grands principes d'accompagnement du Trouble du Syndrome de l’Autisme (TSA) et des Troubles du Neuro Développement (TND) chez l’adulte et chez l’enfant (pages 86 à 90)
- 24 - Prise en charge précoce des troubles anxiodépressifs (pages 99 à 102)
- 25 - Repérage et évaluation du risque suicidaire et conduite à tenir (pages 103 à 105)
- 27 - Repérage et prise en soins précoce du risque de perte d'autonomie pour les seniors résidant à leur domicile (pages 109 à 112)
- 29 - Prise en charge du « blessé de guerre » par le service de santé des armées (SSA) (pages 115 à 117)
- 30 - Prise en charge des patients présentant des symptômes prolongés suite à une COVID-19 (pages 118 à 120)
- 33 - Amélioration de la pertinence des parcours prioritaires (pages 127 à 131)
- 37 - Intégration d’une démarche de décision médicale partagée (pages 140 à 144)
- 133 - Repérage précoce et prise en charge des pathologies psychiatriques et des troubles psychiques des enfants et des adolescents (pages 428 à 430)
Par ailleurs, les orientations 1 à 15 concernent toutes les professions médicales.
Orientation prioritaire n°140 – Prévention, repérage et prise en charge des pathologies et des risques psychiatriques liés à l'environnement
Les pathologies psychiatriques sont variées, fréquentes et coûteuses pour l’individu comme pour la société. Chaque traitement doit être adapté à chaque malade en fonction d’un diagnostic souvent évolutif et multidimensionnel, d’un terrain et de réactions individuelles.
L’enjeu est de comprendre les influences réciproques de la pathologie psychiatrique avec l’environnement, et de proposer à la fois des éléments de soins et de prévention.
Fiche de cadrage (2 pages : n°449 et 450)
Objectifs de la formation :
- Approfondir les connaissances sur les spécificités liées à l’environnement du patient pour les troubles traités en psychiatrie
- Replacer le soin dans sa complexité bio-psycho-sociale
- Définir ce qui relève de la pathologie psychiatrique ou non
- Adapter la prise en charge psychiatrique selon les situations cliniques en prenant en compte les problématiques environnementales
Éléments de programme :
- Les pathologies psychiatriques liées au travail (épuisement professionnel, traumatisme et maltraitance …)
- Les pathologies liées aux interactions familiales (effets post-traumatiques après des abus ou maltraitances…)
- Les pathologies liées à l’environnement social et sociétal (crises économiques, misère sociale, effets des attentats sur la population générale, radicalisation religieuse…)
- Les effets post-traumatiques et per-traumatiques
- La prise en charge des pathologies et des risques psychiatriques liés à l'environnement par l’isolement (prise de distance avec la famille, arrêt de travail, accident de travail) ou, au contraire, par l’adaptation à l’environnement (thérapie familiale, réorientation professionnelle, psychothérapie personnelle…)
- Traitement médicamenteux : indications, critères de décision…
- Mise en œuvre d’une psychothérapie.
- Connaissance et orientation du patient concernant les aspects juridiques éventuels.
Orientation prioritaire n°141 – Troubles psychiques et pathologies psychiatriques chez la personne âgée
Les troubles psychiatriques constituent l’une des premières causes de morbidité et de mortalité prématurée chez la personne âgée. Or, les troubles psychiques et les pathologies psychiatriques chez les personnes âgées présentent des spécificités qu’il importe de bien connaître.
Fiche de cadrage (2 pages : n°451 et 452)
Objectifs de la formation :
- Améliorer le repérage, le diagnostic et la prise en charge des troubles psychiques et pathologies psychiatriques chez la personne âgée
- Mieux coordonner les parcours de soins pluridisciplinaires
Éléments de programme :
- Les troubles psychiques et pathologies psychiatriques chez la personne âgée : repérage, évaluation, diagnostic et prise en charge
- Les spécificités des pathologies psychiatriques au cours du vieillissement
- L’iatrogénie médicamenteuse
- Les traitements médicamenteux et non-médicamenteux des troubles psychiques et pathologies psychiatriques chez la personne âgée : indications, contre-indications, modalités de mise en œuvre, évaluations de l’efficacité, tolérance…
- Les dimensions éthiques (consentement aux soins, bientraitance, autonomie…)
- Les recommandations de bonnes pratiques
Orientation prioritaire n°142 – Stratégies diagnostiques et thérapeutiques dans les pathologies psychiatriques résistantes
Les évolutions incomplètement favorables, les stabilisations cliniques dans des états de dépendance, les évolutions stationnaires et/ou préoccupantes, les constitutions d’états chroniques sévères imposant éventuellement des hospitalisations prolongées, peuvent bénéficier d’une analyse en termes de pathologie psychiatrique résistante.
Si ces malades ont le plus souvent bénéficié de bilans cliniques et d’initiatives thérapeutiques successives, celles-ci ne se sont pas toujours inscrites dans une stratégie thérapeutique qui hiérarchise et ordonne dans le temps les objectifs de chaque traitement et/ou élément de la prise en charge psychiatrique.
Fiche de cadrage (2 pages : n°453 et 454)
L’objectif est ici d’obtenir une amélioration clinique par une prise en charge du patient structurée sous forme d’un parcours.
Objectifs de la formation :
- Connaître les stratégies d’évaluation clinique et paraclinique dans le contexte des pathologies psychiatriques résistantes
- Connaître les indications, les contre-indications et les surveillances des différents traitements utiles à la prise en charge des pathologies psychiatriques résistantes
Éléments de programme :
- Les outils modernes d’évaluation clinique et paraclinique
- Les principales stratégies thérapeutiques, leurs indications et leurs surveillances
- L’intérêt des pratiques d’analyse de la clinique et des choix thérapeutiques en équipe pluridisciplinaire, en groupe de pairs, et utilisant les moyens modernes de télétransmission
- Les structures de recours et de référence
- Combinaisons de traitements (notion d’«augmenteurs», de synergies...) et conciliation médicamenteuse
- Outils d’analyse et de formalisation des évolutions cliniques
Orientation prioritaire n°143 – Thérapeutiques non-médicamenteuses des troubles mentaux
Le traitement le plus adapté des troubles mentaux comporte dans une majorité des cas l’association de traitements médicamenteux et de traitements non-médicamenteux.
Fiche de cadrage (2 pages : n°455 et 456)
Objectifs de la formation :
- Améliorer la pratique des différentes techniques thérapeutiques non-médicamenteuses pour le traitement des troubles mentaux, en actualisant les connaissances
Éléments de programme :
- Traitements non-médicamenteux : techniques de stimulation cérébrale (ECT, rTMS), techniques de neurofeedback, luminothérapie, techniques psychothérapiques (TCC), thérapies interpersonnelles, thérapies systémiques, thérapie basée sur la mentalisation, psychanalyse, thérapies d’inspiration analytique, l’entretien motivationnel, mindfulness, EMDR, hypnose…
- Thérapies non médicamenteuses : pertinence des indications, contre-indications, modalités de mise en œuvre, évaluation de l’efficacité, tolérance
- Environnement et dispositif technique en particulier pour la rTMS et le neurofeedback
- Réalisation des actes non-médicamenteux : aspects cliniques et éthiques
Orientation prioritaire n°144 - Psychiatrie et justice : Évaluation et prise en charge des personnes faisant l’objet de soins sans consentement et psychiatrie médico-légale
L’exercice de la psychiatrie sans consentement est complexe. Les professionnels sont confrontés à des pathologies variées faisant souvent appel à des soins atypiques et à des moyens conséquents. Une formation spécifique est nécessaire, les enjeux étant techniques, éthiques, mais aussi organisationnels, notamment sur le fonctionnement du réseau Santé/justice.
Fiche de cadrage (2 pages : n°457 et 458)
Objectifs de la formation :
- Améliorer les évaluations diagnostiques et thérapeutiques, notamment des soins pénalement ordonnés, doit permettre une rationalisation de ces prises en charges et une optimisation de l’offre de soin.
Éléments de programme :
- Clinique du consentement
- Les modalités de rédaction des certificats dans le cadre des soins sans consentement (cf. fiches mémo HAS 2018).
- Connaissances psycho-criminologiques
- Le contexte d’exercice des soins (notamment le milieu pénitentiaire)
- Le milieu judiciaire.
- L’expertise psychiatrique : méthodologie, ajustements des missions expertales…
Orientation prioritaire n°145 - Repérage, accompagnement et prise en charge des pratiques addictives sans substance
Les addictions comportementales sont nombreuses et il n'existe pas de consensus pour en établir une liste précise. Leur fréquence est en augmentation ces dernières années. selon l'IFAC, on compte 1,6 à 4% d’anorexiques et 2 à 5% de boulimiques dans la population générale. Ces pathologies sont souvent ignorées ou banalisées par les soignants
Fiche de cadrage (2 pages : n°459 à 461)
Objectifs de la formation :
- Accroître le rôle des médecins en matière de repérage et de prévention ;
- Améliorer la prise en charge ;
- Améliorer le parcours des usagers.
Éléments de programme :
- Les mécanismes et les types de dépendance ;
- Les données épidémiologiques ;
- La clinique et les complications ;
- Les seuils entre comportement normal et comportement pathologique ;
- Le repérage ;
- Les options thérapeutiques ;
- L'orientation du patient vers une prise en charge adaptée.
Les actions de DPC pour les psychiatres
Les psychiatres ont un large choix d’actions de DPC à leur disposition.
Chaque année, plusieurs organismes privés agréés par l’Agence nationale du DPC (ANDPC), des universités, des établissements de santé ou des associations de professionnels du domaine de la psychiatrie proposent des formations en présentiel ou en e-learning.
En tant que psychiatre, vous pouvez consulter la liste officielle de l’ensemble de ces actions de DPC sur le site de l’ANDPC. Plus de 650 actions de formations sont accessibles aux psychiatres.
Comment financer une formation DPC pour psychiatre ?
Participer à une formation professionnelle continue peut s’avérer onéreux. En effet, outre les frais pédagogiques de la formation elle-même (généralement compris entre 300 € et 2 000 €), d’autres dépenses sont parfois à prévoir. Transport, loyer, repas… Ces frais annexes varient en fonction du lieu et de la durée de la formation, mais alourdissent de façon significative la note !
Sous certaines conditions, le coût total d’une formation continue peut faire l’objet d’un financement.
Les forfaits DPC dédiés aux psychiatres
L’agence de DPC accorde une aide financière à chaque psychiatre qui réalise une action de DPC, sous certaines conditions :
- Être un praticien libéral conventionné ou bien salarié d’un centre de santé conventionné avec l’Assurance maladie ;
- Créer un compte professionnel personnel auprès de l’ANDPC. On vous explique comment dans un article dédié.
- Suivre la formation dans son intégralité et être donc en mesure de fournir une attestation de participation.
Cette prise en charge se fait sous la forme de forfait de DPC. Le montant, les règles et les modalités d’attribution sont exposés dans la fiche forfait DPC pour psychiatres. En résumé :
- 21 heures annuelles de formation sont financées ;
- Les actions de DPC d’une durée inférieure à 3 h ne sont pas prises en compte ;
- Le budget accordé comprend le paiement des frais pédagogiques à l’organisme de formation et l’indemnisation financière versée au psychiatre pour compenser sa perte de revenus.
Les autres aides financières pour les psychiatres
En-dehors des forfaits DPC, d’autres dispositifs de financement existent. Ils sont disponibles en fonction de la situation personnelle de chaque psychiatre :
- Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux (FIFPL) ;
- Compte Personnel de Formation (CPF) ;
- Association Nationale pour la Formation permanente du personnel Hospitalier (ANFH) ;
- Opérateurs de Compétences (OPCO Santé).
Lorsque le forfait de DPC est épuisé ou que la formation choisie n’entre pas dans les critères d’attribution des aides financières précitées, il est possible d’avoir recours à l’autofinancement. Dans ce cas, jusqu’à 40 h de formation par an sont déductibles des impôts et les frais annexes peuvent être déclarés comme des frais professionnels.
Associations et liens utiles pour les psychiatres
- AFP - Psychiatrie française qui rassemble le Syndicat des psychiatres français (SPF) et l'Association française de psychiatrie
Site : psychiatrie-francaise.com - AJPJA – Association des jeunes psychiatres et des jeunes addictologues
Site : ajpja.fr - AFFEP – Association française fédérative des étudiants en psychiatrie
L'AFFEP accompagne les psychiatres tout au long de leur carrière en les informant et en leur proposant notamment un lieu de rencontre et d'échanges.
Site : affep.fr - FFP - Fédération française de psychiatrie
Site : fedepsychiatrie.fr - ANPC – Association nationale des psychiatres de secteur infanto-juvénile
Elle regroupe les psychiatres spécialisés dans la prise en charge des enfants et des adolescents.
Site : api.asso.fr - UNAFAM – Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques
Elle soutient et accompagne les proches de patients, et milite pour une meilleure prise en charge en santé mentale.
Site : unafam.org - FNAPSY – Fédération nationale des associations d’usagers en psychiatrie
Elle rassemble des associations de patients et défend leurs droits pour améliorer leur inclusion sociale.
Site : fnapsy.france-assos-sante.org
Vous pouvez consulter le référentiel du métier de psychiatre par la Fédération française de psychiatrie (FFP) et le Conseil national professionnel de psychiatrie. Mars 2014, 12 pages.
