Stomatologue | Métier, formation DPC et salaire 2026

Article mis à jour le : 11 mai 2026

Le stomatologue, désormais regroupé sous l'appellation de chirurgien maxillo-facial, est le médecin spécialiste de la sphère oro-faciale. Du diagnostic des pathologies de la bouche, des dents et de la mâchoire jusqu'à la chirurgie reconstructrice du visage, il occupe une place singulière entre la médecine et la chirurgie. Son intervention conditionne souvent la fonction, l'esthétique et la qualité de vie du patient.

Cette fiche métier détaille le rôle du stomatologue, ses missions au quotidien, la rémunération à attendre selon le mode d'exercice, le parcours d'études pour accéder au DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie, ainsi que les obligations de formation continue avec les dispositifs de financement DPC pour les libéraux comme pour les hospitaliers.

Sommaire
Chirurgien maxillo-facial en consultation avec un patient en cabinet
Le stomatologue, aujourd'hui rattaché à la chirurgie maxillo-faciale, conjugue diagnostic médical et acte chirurgical sur la sphère oro-faciale.
Les chiffres clés du métier
Durée totale d'études 12 à 13 ans
Salaire PH débutant ~ 4 130 € brut
Praticiens en France (2022) 1 001
Forfait DPC annuel 21 h à 45 €/h
Consultation secteur 1 31,50 €
Recyclage AFGSU 2 tous les 4 ans

Le métier de stomatologue en France

Définition du stomatologue

Le stomatologue est un médecin spécialiste des pathologies de la sphère oro-faciale, qui regroupe la bouche, les dents, la mâchoire et le visage. Il est à la fois médecin et chirurgien. Le terme vient du grec ancien stomatos (bouche) et logos (étude). On parle aussi de stomatologiste.

Le titre de stomatologue est progressivement remplacé par celui de chirurgien maxillo-facial. Le diplôme actuel s'intitule officiellement DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie depuis l'arrêté du 21 avril 2017 fixant les maquettes des diplômes d'études spécialisées. De nombreux praticiens conservent toutefois le titre de stomatologue car ils ont été formés sous l'ancienne filière.

Stomatologue, dentiste, chirurgien oral, maxillo-facial : qui fait quoi

Quatre professions interviennent sur la sphère bucco-faciale, avec des formations et des champs d'action distincts. La distinction est utile pour les patients comme pour les étudiants en orientation.

Profession Formation Champ d'intervention Durée
Stomatologue / Chirurgien maxillo-facial Doctorat en médecine + DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie Cavité buccale, face, bases osseuses, traumatologie, cancérologie, malformations 12 à 13 ans
Chirurgien oral DES de chirurgie orale (médecins ou dentistes) Actes intra-buccaux, kystes, implants, dents incluses 10 à 11 ans
Chirurgien-dentiste Diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire Cavité buccale, soins courants, prothèses, prévention 6 à 9 ans
Médecin

Stomatologue

Docteur en médecine spécialisé en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie. Habilité à pratiquer des actes chirurgicaux étendus sur le visage et les bases osseuses, en plus de la cavité buccale. Le titre est en voie de remplacement par celui de chirurgien maxillo-facial.

Médecin

Chirurgien maxillo-facial

Même métier que le stomatologue, formé via le DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie sur 12 semestres. Couvre l'ensemble des pathologies de la face : traumatologie, cancérologie, chirurgie orthognathique, malformations, chirurgie reconstructrice.

Médecin ou dentiste

Chirurgien oral

Filière distincte, accessible aux étudiants en médecine comme en odontologie via le DES de chirurgie orale. Champ plus restreint, centré sur les actes intra-buccaux, sans intervention sur la peau de la face. 298 praticiens qualifiés en 2022 selon le Conseil national professionnel de chirurgie orale.

Chirurgien-dentiste

Chirurgien-dentiste

Titulaire du diplôme d'État de docteur en chirurgie dentaire après un cursus universitaire en odontologie. Prend en charge la cavité buccale, mais n'est pas habilité à pratiquer la chirurgie étendue sur le visage et les bases osseuses. Voir la fiche chirurgien-dentiste.

Le rôle et les missions du stomatologue

Le champ d'intervention du stomatologue est large. Il réalise aussi bien des extractions dentaires que des interventions plus lourdes sur des traumatismes, des malformations congénitales ou des cancers de la sphère oro-faciale. Cinq grands champs structurent l'activité quotidienne.

1

Diagnostic et examens

  • Reçoit le patient adressé par son médecin traitant ou en consultation directe
  • Réalise l'examen clinique de la sphère oro-faciale
  • Prescrit l'imagerie nécessaire (panoramique dentaire, scanner, IRM, Cone-Beam CT)
  • Établit le diagnostic et hiérarchise les actes chirurgicaux à pratiquer
2

Interventions chirurgicales

  • Chirurgie orale, dont extractions complexes et dents de sagesse incluses
  • Chirurgie des bases osseuses et chirurgie orthognathique des dysmorphoses
  • Traumatologie faciale (fractures de la mandibule, de l'orbite, des os propres du nez)
  • Chirurgie carcinologique des tumeurs de la cavité buccale, des glandes salivaires et de la face
  • Chirurgie reconstructrice après traumatisme ou exérèse tumorale
3

Prises en charge spécialisées

  • Chirurgie des fentes labio-palatines et des malformations crânio-faciales
  • Pose et suivi de prothèses maxillo-faciales
  • Implantologie et chirurgie pré-prothétique
  • Prise en charge des dysfonctions de l'appareil manducateur (DAM)
4

Suivi post-opératoire

  • Surveille la cicatrisation et la récupération fonctionnelle
  • Adapte les protocoles antalgiques et anti-infectieux
  • Anticipe et prend en charge les complications post-opératoires
  • Accompagne la rééducation, en lien avec les kinésithérapeutes maxillo-faciaux
5

Travail pluridisciplinaire

  • Collabore avec les ORL, dentistes, neurochirurgiens, ophtalmologues, pédiatres
  • Participe aux réunions de concertation pluridisciplinaire en cancérologie cervico-faciale
  • Coordonne les parcours avec les orthophonistes, orthodontistes et chirurgiens plasticiens
  • Transmet les comptes rendus au médecin traitant

Les qualités requises pour exercer

Le métier engage de lourdes responsabilités chirurgicales et impose une exigence technique soutenue. Plusieurs qualités sont attendues d'un futur stomatologue.

  • Rigueur, minutie et grande capacité de concentration sur des interventions parfois longues
  • Endurance physique et résistance psychologique face à un rythme de travail soutenu
  • Sens de l'écoute et empathie pour conduire des consultations diagnostiques de qualité
  • Aptitude au travail en équipe pluridisciplinaire, en particulier avec les anesthésistes et les orthodontistes
  • Goût pour l'apprentissage continu, dans une discipline où les techniques évoluent rapidement

Les lieux d'exercice du stomatologue

Le stomatologue exerce en milieu hospitalier (CHU, centres hospitaliers généraux), en clinique privée ou dans un cabinet libéral. La consultation se fait sur prescription d'un autre professionnel ou en accès direct, conformément au parcours de soins coordonnés défini par l'Assurance Maladie. L'inscription au tableau de l'Ordre des médecins est obligatoire, ainsi que la souscription à une assurance de responsabilité civile professionnelle, conformément à l'article L.1142-2 du Code de la santé publique. Le manquement à cette obligation expose à une amende de 45 000 euros et à une interdiction d'exercer prononcée par l'Ordre.

La stomatologie en chiffres et en dates

La spécialité a été structurée à la fin du XIXe siècle, puis profondément transformée par la nécessité de réparer les visages des soldats blessés au cours de la Première Guerre mondiale, les « gueules cassées ».

1868
Naissance du terme stomatologie
Le docteur Edmond Andrieu introduit le mot dans son Traité complet de stomatologie.
1888 à 1909
Structuration de la discipline
Création de la Société de stomatologie en 1888, de la Revue de stomatologie en 1894, puis de l'École française de stomatologie en 1909.
1914-1918
Prise en charge des « gueules cassées »
Les traumatismes faciaux des soldats imposent la reconstruction faciale, qui devient le fondement moderne de la chirurgie maxillo-faciale.
1949
Certificat d'études supérieures
Création du CES de stomatologie, sur deux années d'études après le doctorat en médecine.
1984
DES de stomatologie
Le CES laisse place au diplôme d'études spécialisées, accessible après l'internat de médecine.
2017
Réforme du troisième cycle
L'arrêté du 21 avril 2017 instaure le DES actuel de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie, sur 12 semestres.

D'après les chiffres du Conseil national professionnel et de la DREES, environ 1 001 chirurgiens maxillo-faciaux et stomatologues exerçaient en France en 2022. Le Conseil national professionnel de chirurgie orale recense, dans une approche plus large, 853 praticiens ayant la stomatologie dans leur champ de compétence (436 stomatologues et 417 chirurgiens maxillo-faciaux et stomatologues inscrits à l'Ordre).

1 001
Chirurgiens maxillo-faciaux et stomatologues en activité en France en 2022
1,5 / 100 000
Densité moyenne nationale, avec de fortes disparités régionales
781
Stomatologues exerçant en libéral en 2022 selon l'Assurance Maladie
Une démographie tendue dans certains territoires

Le Conseil national professionnel de chirurgie orale relève des écarts importants selon les régions : 0,39 praticien pour 100 000 habitants en Antilles-Guyane, contre une densité métropolitaine plus favorable. Les départs en retraite des prochaines années pourraient ne pas être intégralement compensés par les internes en formation.

Formation AFGSU 2 obligatoire pour les médecins
Comparez les organismes près de chez vous et recevez plusieurs devis gratuits sans engagement.
Recevoir mes devis

Le quotidien du stomatologue

Le quotidien d'un chirurgien maxillo-facial alterne consultations de diagnostic, blocs opératoires programmés ou en urgence, et suivi post-opératoire en hospitalisation ou en cabinet. La spécialité combine technicité chirurgicale et accompagnement humain au long cours.

Les avantages du métier

Le métier attire pour sa richesse technique, la diversité des pathologies prises en charge et le lien tissé avec des patients souvent suivis sur plusieurs mois.

Une discipline en évolution permanente
Imagerie 3D, planification numérique, chirurgie assistée par navigation, microchirurgie reconstructrice : les techniques évoluent rapidement et la formation continue fait partie intégrante de la pratique.
Un champ d'intervention varié
Traumatologie, cancérologie, chirurgie orthognathique, implantologie, chirurgie esthétique : le spectre est large et permet de construire un parcours adapté à chaque sensibilité.
Des perspectives de carrière diversifiées
Pratique hospitalo-universitaire, libéral en clinique, activité mixte, recherche, enseignement : la spécialité ouvre plusieurs trajectoires professionnelles et un niveau de rémunération attractif.
Un dialogue patient au long cours
Les pathologies prises en charge nécessitent souvent un suivi prolongé, ce qui favorise une relation de confiance et un investissement humain dans le parcours du patient.

Les difficultés du métier

Le revers de cette technicité est une exigence de concentration soutenue, des responsabilités chirurgicales lourdes et une charge administrative croissante.

Un rythme exigeant
Gardes, urgences traumatologiques, blocs opératoires longs : un tempo soutenu sur la durée, particulièrement éprouvant en début de carrière hospitalière.
Des responsabilités lourdes
Les actes chirurgicaux sur la face engagent des conséquences fonctionnelles et esthétiques majeures. Une assurance responsabilité civile professionnelle solide reste obligatoire et coûteuse.
Une formation permanente
L'évolution rapide des techniques impose un effort continu de mise à jour, par le DPC, les DU et les congrès, à intégrer dans un emploi du temps déjà chargé.
Une démographie en tension
Le faible nombre de praticiens dans certaines régions allonge les délais de rendez-vous et reporte une charge importante sur les équipes en place.

Le salaire d'un stomatologue

La rémunération varie fortement selon le mode d'exercice, l'ancienneté et le secteur conventionnel. Trois grands profils encadrent la fourchette observée en 2026.

Les fourchettes de salaire selon le mode d'exercice

Praticien hospitalier débutant
~ 4 130 €
brut mensuel à l'échelon 1, hors gardes et primes
Praticien expérimenté
7 000 € à 9 200 €
brut mensuel selon l'échelon (10 à 20 ans d'ancienneté)
Libéral confirmé
12 000 € à 24 500 €
brut mensuel avant charges, selon le secteur conventionnel

Un stomatologue débutant praticien hospitalier perçoit environ 4 130 € brut mensuel à l'échelon 1, conformément à la grille indiciaire des praticiens hospitaliers issue de l'arrêté du 8 juillet 2022. À cette base s'ajoutent les gardes (environ 422 € brut par garde de nuit), l'indemnité d'engagement de service public exclusif et la prime Ségur pour les hospitaliers concernés. En libéral, les revenus dépendent du chiffre d'affaires et du secteur conventionnel choisi : selon les données de l'Union nationale des associations agréées (UNASA) et les statistiques 2025 de l'Assurance Maladie, le revenu brut d'un stomatologue libéral oscille entre 4 500 et 24 500 € mensuels avant charges, qui représentent environ 60 % du revenu pour les professions libérales.

Bon à savoir

L'inscription à la CARMF est obligatoire pour tout médecin exerçant en libéral, même à temps partiel et même s'il a par ailleurs une activité salariée. La déclaration doit intervenir dans le mois qui suit le début de l'activité libérale.

Tarifs de consultation et remboursement

Le stomatologue fait partie des spécialités accessibles en accès direct, sans passage préalable par le médecin traitant, sans perte de remboursement. Le tarif d'une consultation dépend du secteur conventionnel choisi par le praticien.

Secteur 1
31,50 €
Tarif conventionnel pour une consultation de spécialiste hors revalorisations 2025. Remboursement Assurance Maladie à 70 %, soit 22,05 € après déduction de la participation forfaitaire de 2 €.
Secteur 2 (honoraires libres)
50 € à 90 €+
Honoraires fixés librement, avec obligation de tact et mesure. La base de remboursement reste 23 € pour les non-OPTAM. Le complément est à la charge du patient ou de sa complémentaire.

L'Assurance Maladie précise sur ameli.fr que les actes chirurgicaux relèvent de la nomenclature CCAM, avec des bases de remboursement variables. Une participation forfaitaire de 2 € est retenue sur chaque consultation ou acte, sauf pour les patients de moins de 18 ans, les femmes enceintes à partir du 6e mois et les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire.

AFGSU 2 et recyclage pour les médecins
Comparez les organismes près de chez vous et obtenez plusieurs devis gratuits.
Comparer les organismes

Études et formation pour devenir stomatologue

Le métier est accessible uniquement après un cursus complet en faculté de médecine, suivi d'une spécialisation par le DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie. Aucun autre DES ne donne accès à cette qualification.

Le parcours d'études vers la chirurgie maxillo-faciale

Le cursus s'articule autour de trois cycles successifs.

  • Premier cycle (3 ans) : une année de PASS (Parcours Accès Santé Spécifique) ou de L.AS (Licence Accès Santé), puis deux années qui valident le diplôme de formation générale en sciences médicales (DFGSM), reconnu de niveau licence
  • Deuxième cycle (3 ans) : trois années d'externat, validées par le diplôme de formation approfondie en sciences médicales (DFASM), reconnu au niveau master
  • Troisième cycle (6 ans) : internat en médecine avec choix de la spécialité de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie après les Épreuves Dématérialisées Nationales (EDN), suivi du DES sur 12 semestres
À noter

Depuis la rentrée 2020, les bacheliers choisissent entre deux parcours d'accès aux études de santé : la L.AS (Licence Accès Santé) ou le PASS (Parcours Accès Santé Spécifique). Le concours de fin de premier cycle a été remplacé par les EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales) couplées aux ECOS (Examens Cliniques Objectifs Structurés) pour l'accès au troisième cycle.

Le programme du DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie

Le DES dure 12 semestres et s'organise en trois phases successives, conformément à l'arrêté du 21 avril 2017 fixant les maquettes des diplômes d'études spécialisées.

1 an
Phase socle
Deux semestres : un stage en chirurgie maxillo-faciale et un stage dans une autre discipline chirurgicale.
3 ans
Phase d'approfondissement
Six semestres : trois en chirurgie maxillo-faciale et trois libres, dont un de préférence en ORL ou en chirurgie plastique.
2 ans
Phase de consolidation
Quatre semestres en tant que Docteur Junior, dans des lieux agréés en chirurgie maxillo-faciale.

Au total, au moins 8 semestres doivent être effectués dans la spécialité elle-même. Le programme couvre l'anatomie radiologique et chirurgicale, la traumatologie cranio-maxillo-faciale, la cancérologie cervico-faciale, la chirurgie orthognathique, l'implantologie et la chirurgie pré-prothétique, la chirurgie reconstructrice ainsi que les pathologies des glandes salivaires. L'étudiant complète son parcours par une formation spécialisée transversale (FST), notamment en cancérologie, chirurgie orbito-palpébro-lacrymale, sommeil, ou chirurgie en situation de guerre ou de catastrophe.

Examen national à partir de 2027

Selon l'Intersyndicale nationale des internes (ISNI), l'examen de fin de DES, jusqu'ici régional, deviendra national à partir de 2027. Cette évolution s'inscrit dans la réforme plus large des études médicales et de l'évaluation des spécialités chirurgicales.

Se préparer aux études de chirurgie maxillo-faciale

Plusieurs ouvrages de référence sont utilisés par les étudiants pendant l'externat et l'internat. Les éditions présentées ci-dessous sont publiées par les collèges universitaires et les éditeurs médicaux reconnus.

Référentiel Collège de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie
Collège hospitalo-universitaire de chirurgie maxillo-faciale, stomatologie et chirurgie orale
5e édition, Elsevier Masson, septembre 2021
ORL Chirurgie maxillo-faciale stomatologie
Romain Gaillard
Vernazobres Grego, collection UE ECN en Fiches, juillet 2019
L'éducation thérapeutique en médecine bucco-dentaire
Thomas Trentesaux, Thomas Marquillier, Caroline Delfosse
Éditions CdP, collection Memento, décembre 2023

Le coût des études et les aides financières

Le cursus de médecine est globalement peu coûteux côté droits universitaires, mais la durée totale (douze à treize années) génère des frais annexes importants. Les frais à anticiper se répartissent en plusieurs postes.

  • Les frais d'inscription universitaire annuels en médecine (autour de 170 € pour la licence et le master, 600 € environ pour les années d'internat selon les arrêtés)
  • La Contribution de vie étudiante et de campus (CVEC) obligatoire avant inscription : 105 € pour l'année universitaire 2025-2026
  • Le matériel pédagogique (référentiels, abonnements à des plateformes, livres) : 200 à 500 € par an
  • Les prépas privées en PASS ou en L.AS : 4 000 à 7 000 € annuels
  • Les frais de logement, de transport et de vie courante, qui constituent souvent le poste principal

Plusieurs dispositifs permettent d'alléger la note. Pour un panorama plus complet, consultez notre dossier sur les aides à la formation pour les soignants.

  • La bourse sur critères sociaux (BCS) du CROUS, en sept échelons, qui exonère également des droits d'inscription
  • L'aide au mérite pour les bacheliers ayant obtenu une mention « Très bien »
  • L'aide personnalisée au logement (APL) versée par la CAF
  • Le prêt étudiant garanti par l'État, sans caution parentale
  • Le contrat d'engagement de service public (CESP), proposé par le ministère de la Santé, qui prévoit une allocation mensuelle en contrepartie d'une installation en zone sous-dotée
AFGSU, gestes et soins d'urgence
Comparez les offres et recevez plusieurs devis gratuits près de chez vous.
Demander mes devis

Évolutions et formation continue du chirurgien maxillo-facial

La chirurgie maxillo-faciale est une discipline où les techniques évoluent rapidement. Le praticien doit poursuivre sa formation tout au long de sa carrière, à la fois pour répondre aux obligations réglementaires et pour maintenir un haut niveau de compétence.

Les formations complémentaires en chirurgie maxillo-faciale

L'offre française de formations diplômantes et non diplômantes permet d'élargir le champ des compétences vers d'autres domaines de la sphère cervico-céphalique. Quatre grands objectifs structurent ce parcours d'évolution.

Actualiser les pratiques
Suivre les recommandations de la HAS, l'évolution des protocoles chirurgicaux et de la traçabilité des dispositifs médicaux.
Acquérir une surspécialité
Chirurgie orthognathique, implantologie avancée, chirurgie oncologique, microchirurgie reconstructrice, rhinoplastie esthétique et fonctionnelle.
Évoluer vers d'autres rôles
Direction de service hospitalier, enseignement universitaire, recherche clinique ou industrie médicale.
Diversifier sa pratique
Chirurgie humanitaire, gestion des risques en milieu de soins, chirurgie en situation de guerre ou de catastrophe.

Plusieurs formats coexistent. Les diplômes universitaires (DU) et inter-universitaires (DIU) constituent la voie la plus structurée pour acquérir une surspécialisation reconnue.

  • DU Rhinoplastie esthétique et fonctionnelle
  • DU Gestion des risques en milieu de soins
  • DIU Chirurgie orthognathique
  • DIU Réhabilitation orale implantaire
  • DESIU Chirurgie oncologique
  • DESU Recherches microchirurgicales
  • CESU Chirurgie humanitaire

Des formations plus courtes, non diplômantes, complètent l'offre : symposiums scientifiques, congrès, ateliers techniques organisés par les centres hospitaliers ou les organismes privés agréés.

Le développement professionnel continu (DPC)

Le développement professionnel continu est un dispositif de formation continue obligatoire et réglementé. Il s'applique à tous les médecins, dont les chirurgiens maxillo-faciaux. Le pilotage est assuré par l'Agence nationale du DPC (ANDPC). L'objectif est de garantir l'actualisation des connaissances et la sécurité des soins.

Les orientations prioritaires en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie

Toute action de DPC doit s'inscrire dans une orientation nationale prioritaire. Ces orientations sont définies de façon triennale par les services de l'État, en concertation avec les Conseils nationaux professionnels.

Triennal 2026-2028 ouvert depuis le 1er janvier 2026

La nouvelle période triennale a démarré le 1er janvier 2026, mais les orientations 2023-2025 ont été prorogées pour la seule année 2026 par l'arrêté du 23 juin 2025, publié au Journal officiel le 28 juin 2025. De nouvelles orientations devront être adoptées pour couvrir la période 2027-2028. Les actions déjà publiées restent valides jusqu'au 31 décembre 2026.

Trois orientations sont spécifiquement dédiées à la chirurgie maxillo-faciale et stomatologie pour la période 2023-2025, prorogée en 2026, conformément à l'arrêté du 7 septembre 2022.

Orientation 62 Prise en charge ambulatoire de la traumatologie
Orientation 63 Prise en charge graduée des dysfonctions de l'appareil manducateur (DAM)
Orientation 64 Réhabilitation de la cavité orale par greffe et implants dentaires

Orientation 62 : prise en charge ambulatoire de la traumatologie

La prise en charge ambulatoire de la traumatologie courante répond à un développement des besoins en chirurgie maxillo-faciale. La fiche de cadrage détaille trois objectifs : actualiser la prise en charge des urgences traumatiques, hiérarchiser la gravité des lésions pour orienter les examens et les besoins techniques, optimiser la prise en charge sur le plan humain et matériel.

Orientation 63 : dysfonctions de l'appareil manducateur

Les DAM sont fréquentes et entraînent des troubles variés (douleurs, bruits articulaires, blocages). La prise en charge couvre un spectre allant des interventions simples aux gestes chirurgicaux complexes. Les programmes ciblent l'actualisation des connaissances diagnostiques, les procédures thérapeutiques (rééducation, injections, gouttières) et l'évaluation du rapport bénéfice / coût pour le patient.

Orientation 64 : réhabilitation de la cavité orale par greffe et implants

Les pertes dentaires concernent à un moment ou à un autre l'ensemble de la population. Les implants dentaires et la greffe osseuse font partie des outils thérapeutiques à disposition. Les programmes DPC abordent l'examen clinique, le plan de traitement appuyé sur la radiologie, la prise en charge pluridisciplinaire et les complications à anticiper.

Les actions de DPC disponibles

L'Agence nationale du DPC met à disposition une offre de formations qui se structure autour de trois grandes familles d'actions, dont au moins deux types doivent être combinés sur la période triennale.

Actions cognitives
Approfondissement et actualisation des connaissances scientifiques et chirurgicales. Format le plus répandu, en présentiel ou en e-learning synchrone.
Évaluation des pratiques
Audits cliniques, revues de morbi-mortalité, analyse réflexive sur sa propre activité au regard des recommandations de la HAS.
Gestion des risques
Identification, évaluation et hiérarchisation des risques chirurgicaux. Démarche de sécurisation des soins en bloc opératoire et en post-opératoire.

Pour comparer les organismes agréés par l'ANDPC, notre guide des organismes de formation DPC recense les structures par profession et par thématique.

Nouveauté 2026 sur le e-learning

Depuis 2026, les actions de formation continue réalisées entièrement en e-learning ne donnent plus lieu à indemnisation forfaitaire de l'ANDPC. Les frais pédagogiques restent pris en charge mais à 50 % du forfait de référence, et la compensation pour perte de revenus ne s'applique plus aux formations 100 % à distance. Renseignez-vous auprès de votre organisme avant l'inscription.

Le financement d'une formation DPC pour chirurgien maxillo-facial

Plusieurs dispositifs cohabitent pour financer la formation continue. Le bon dispositif dépend du statut du praticien : libéral conventionné, hospitalier, salarié du privé non lucratif.

Le coût d'une action de DPC

200 € à 3 000 €
Fourchette tarifaire constatée Les prix varient selon la durée, la nature de la formation, le format choisi (présentiel, e-learning, mixte), l'organisme prestataire et le statut de l'apprenant.

Aux frais pédagogiques s'ajoutent les frais de transport, de restauration et l'absence temporaire de revenus pour les libéraux. Ces coûts annexes pèsent particulièrement lors de déplacements vers les congrès nationaux ou internationaux de la spécialité.

Le forfait ANDPC en 2026

L'Agence du DPC (barème des forfaits médecins 2026) participe au financement des actions de DPC réalisées par les chirurgiens maxillo-faciaux libéraux conventionnés et les salariés exerçant en centre de santé conventionné. Cette aide se compose de deux volets cumulables.

Le forfait ANDPC pour les chirurgiens maxillo-faciaux en 2026
  • Volet 1 : participation de l'Agence au paiement de l'organisme de formation
  • Volet 2 : indemnisation du médecin pour compenser sa perte de revenus, à hauteur de 45 € par heure de formation présentielle ou distancielle synchrone
  • Crédit annuel de 21 heures prises en charge par an et par médecin (dont 10 heures maximum en non présentiel)
  • Pour les programmes intégrés combinant formation continue et évaluation des pratiques, l'indemnisation est de 22,50 € par heure
  • Les actions de DPC d'une durée inférieure à 3 heures ne sont pas éligibles
Suppression annoncée de l'ANDPC à l'horizon 2027

Le ministère de la Santé a confirmé fin novembre 2025 la fermeture programmée de l'Agence nationale du DPC, suite au rapport critique de l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) publié le 12 mars 2025. Point important : l'obligation de DPC en elle-même n'est pas supprimée, c'est l'opérateur qui la pilote qui est dissous. Le dispositif évolue et se restructure.

  1. 11 janvier 2026
    Fin du mandat de la directrice générale de l'ANDPC, Michèle Lenoir-Salfati. Dominique Giorgi prend la direction de transition.
  2. Année 2026
    Année de transition. Le financement DPC est garanti pour toute l'année 2026 à hauteur de 250 millions d'euros. Les forfaits de 21 heures par an et l'indemnisation à 45 €/h restent applicables aux libéraux conventionnés.
  3. À partir de 2027
    Mise en place d'un nouveau dispositif. Une concertation avec les syndicats et les organismes de formation s'est ouverte fin 2025. Le scénario à l'étude prévoit un transfert du volet scientifique vers la HAS et du volet financier vers France Compétences ou un autre opérateur public. Les arbitrages restent à publier par décret.

Les autres dispositifs de financement

En dehors des forfaits ANDPC, plusieurs aides existent en fonction du statut.

Dispositif Public concerné Type d'aide
FIFPL Libéraux conventionnés Prise en charge des frais pédagogiques selon barème annuel
ANFH Hospitaliers de la fonction publique Plan de formation de l'établissement
OPCO Santé Salariés du secteur privé non lucratif Financement des actions conventionnelles
CPF Tous statuts Mobilisation du compte personnel de formation
Crédit d'impôt formation Libéraux et dirigeants Déduction jusqu'à 40 heures de formation par an au taux horaire du SMIC en vigueur
Trouvez un organisme de formation agréé
Comparez les organismes près de chez vous et obtenez plusieurs devis gratuits en quelques clics.
Obtenir mes devis

Institutions et associations pour les stomatologues

Plusieurs structures fédèrent la profession et accompagnent les chirurgiens maxillo-faciaux et stomatologues tout au long de leur carrière. Elles produisent des recommandations, organisent les congrès et défendent les intérêts de la spécialité.

SFSCMFCO : Société française de stomatologie, chirurgie maxillo-faciale et chirurgie orale

La SFSCMFCO regroupe les médecins spécialistes diplômés et qualifiés pour le diagnostic et le traitement des affections de la sphère cervico-céphalique, dont la cavité buccale. Elle est l'organe scientifique de référence de la spécialité au niveau national et international.

sfscmfco.com

AFCF : Association française des chirurgiens de la face

L'AFCF rassemble les chirurgiens maxillo-faciaux, ORL, ophtalmologues, chirurgiens plasticiens et neurochirurgiens autour de la chirurgie de la face. Elle organise des rencontres scientifiques pluridisciplinaires.

afcface.fr

AFJCMF : Association française des jeunes chirurgiens maxillo-faciaux

L'AFJCMF accompagne les internes et les chefs de clinique de la spécialité. Elle organise des cours nationaux, des séminaires de préparation au DES et soutient l'installation post-internat.

afjcmf.fr

ADOMF : Association des disciplines orthodontiques et maxillo-faciales

L'ADOMF rassemble chirurgiens maxillo-faciaux, orthodontistes et autres spécialistes de la sphère oro-faciale. Elle promeut la recherche, la formation et l'enseignement médical à travers des congrès et des réunions scientifiques.

adomf.fr

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre un stomatologue et un chirurgien maxillo-facial ?
Sur le fond, il s'agit du même métier. Le titre de stomatologue est progressivement remplacé par celui de chirurgien maxillo-facial. Le diplôme actuel s'intitule officiellement DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie depuis l'arrêté du 21 avril 2017. De nombreux praticiens conservent toutefois le titre de stomatologue car ils ont été formés sous l'ancienne filière.
Combien d'années d'études faut-il pour devenir stomatologue ?
Douze à treize années après le baccalauréat. Le cursus comprend une première année (PASS ou L.AS), deux années de DFGSM, trois années de DFASM, puis six années d'internat dans le DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie. La soutenance de thèse intervient pendant l'internat.
Quel est le salaire d'un stomatologue en France ?
Un praticien hospitalier débutant perçoit environ 4 130 € brut mensuel à l'échelon 1, selon la grille indiciaire issue de l'arrêté du 8 juillet 2022. En milieu de carrière, la rémunération atteint 7 000 à 9 200 € brut mensuel hors primes. À cela s'ajoutent les gardes (~422 € brut par garde) et la prime Ségur. En libéral confirmé, les revenus se situent entre 12 000 et 24 500 € brut mensuel selon le secteur conventionnel et le volume d'activité, avec environ 60 % de charges à déduire.
Le DPC est-il obligatoire pour les chirurgiens maxillo-faciaux ?
Oui. Tous les médecins, dont les chirurgiens maxillo-faciaux et stomatologues, sont soumis à une obligation triennale de DPC. Le parcours doit comporter au moins deux types d'actions différentes, dont une orientation prioritaire nationale. Les orientations 2023-2025 ont été prorogées pour la seule année 2026 par arrêté du 23 juin 2025. De nouvelles orientations devront être adoptées pour 2027-2028.
Quelles sont les orientations DPC en chirurgie maxillo-faciale ?
Trois orientations sont spécifiquement dédiées à la chirurgie maxillo-faciale et stomatologie pour la période 2023-2025, prorogée en 2026 : l'orientation 62 sur la prise en charge ambulatoire de la traumatologie, l'orientation 63 sur la prise en charge graduée des dysfonctions de l'appareil manducateur (DAM) et l'orientation 64 sur la réhabilitation de la cavité orale par greffe et implants dentaires.
L'AFGSU 2 est-elle obligatoire pour un stomatologue ?
La validation de l'attestation de formation aux gestes et soins d'urgence de niveau 2 fait partie des obligations des professionnels de santé exerçant dans des établissements de soins. Pour les chirurgiens maxillo-faciaux libéraux, elle reste fortement recommandée et figure parmi les exigences imposées par certains établissements lors du contrat. Le recyclage est à effectuer tous les quatre ans.
Quel financement pour une formation DPC en chirurgie maxillo-faciale ?
Plusieurs sources sont mobilisables : forfait ANDPC pour les libéraux conventionnés (21 heures par an avec indemnisation à 45 €/h en 2026 et prise en charge des frais pédagogiques), FIFPL pour les libéraux, ANFH pour les hospitaliers publics, OPCO Santé pour les salariés du privé non lucratif, CPF pour tous, et crédit d'impôt formation jusqu'à 40 heures par an.
L'ANDPC va-t-elle être supprimée ?
Le ministère de la Santé a confirmé fin novembre 2025 la fermeture de l'ANDPC à l'horizon 2027, suite au rapport critique de l'IGAS de mars 2025. Le DPC en lui-même n'est pas supprimé : ses missions seraient réparties entre la HAS pour le volet scientifique et un autre opérateur public pour la gestion financière. En 2026, le financement reste garanti à hauteur de 250 millions d'euros et les forfaits actuels restent applicables.
Combien gagne un stomatologue libéral en début d'activité ?
Les revenus en libéral dépendent du chiffre d'affaires, du secteur conventionnel et du volume de patientèle. En début d'installation, les revenus restent modérés (autour de 4 500 à 7 000 € brut mensuel avant charges) le temps de constituer une patientèle stable. Les charges représentent environ 60 % du revenu pour les professions libérales (cotisations sociales, URSSAF, CARMF, RCP, frais de cabinet, secrétariat).
À retenir
  • Le DES de chirurgie maxillo-faciale et stomatologie remplace l'ancien DES de stomatologie depuis l'arrêté du 21 avril 2017 : 12 semestres organisés en phase socle (1 an), approfondissement (3 ans) et consolidation (2 ans).
  • Démographie tendue : 1 001 praticiens en France en 2022, 1,5 pour 100 000 habitants, avec de fortes disparités entre métropole et DOM (0,39 / 100 000 en Antilles-Guyane).
  • Salaire PH débutant à 4 130 € brut, jusqu'à 9 200 € en fin de carrière hospitalière. En libéral, 4 500 à 24 500 € brut mensuel avant 60 % de charges.
  • Trois orientations DPC dédiées (62, 63, 64) prorogées sur 2026 par l'arrêté du 23 juin 2025. Forfait ANDPC maintenu à 21 h par an et 45 €/h en présentiel.
  • Fermeture annoncée de l'ANDPC à l'horizon 2027, avec transfert vers la HAS (volet scientifique) et un opérateur public à désigner (volet financier). L'obligation de DPC en elle-même persiste.
  • AFGSU 2 obligatoire en établissement de santé, à recycler tous les 4 ans. Vivement recommandée en libéral.
Pour aller plus loin
Information importante Cette fiche repose sur les sources officielles disponibles à la date de mise à jour. Les chiffres de démographie médicale, les barèmes de rémunération et les orientations DPC évoluent régulièrement. Si vous repérez une donnée à actualiser, contactez la rédaction.

Rédigé par

Laurent Lugari

Fondateur de Lonasante.com, notre mission est claire : accompagner les soignants et les structures médicales dans le choix des formations, logiciels, matériels et solutions adaptés à leur quotidien. À travers des contenus clairs et accessibles, nous vous aidons à gagner du temps sur vos recherches pour que vous puissiez vous concentrer sur l'essentiel : vos patients.