Les études de médecine en France durent de 9 à 12 ans après le baccalauréat et se déroulent en trois cycles. Ce dossier complet détaille chaque étape, le calendrier officiel des épreuves, le coût réel, les passerelles et les outils utiles pour s'orienter.
Sommaire
- Trois cycles de 9 à 12 années
- Premier cycle : PASS, LAS et DFGSM
- Réforme à venir : ce qui change dès la rentrée 2027
- Deuxième cycle : externat et DFASM
- L'EDN : examen national d'accès à l'internat
- Calendrier des EDN 2026
- Programme officiel et 367 items
- Format des épreuves : DP, KFP, LCA
- ECOS : examens cliniques objectifs structurés
- Points de parcours et note finale
- Optimiser sa note de parcours
- Calcul du classement final
- Procédure d'appariement et choix
- Troisième cycle : 44 DES, durée par spécialité
- Les trois phases du DES
- Spécialités les plus longues et les plus courtes
- Droit au remords et réorientation
- Prix et financement des études de médecine
- Reprendre des études de médecine
- Après le DES : thèse, post-internat, exercice
- Démographie médicale et débouchés
- Les outils officiels pour s'orienter
- Questions fréquentes
Trois cycles de 9 à 12 années
Le cursus de médecine se décompose en trois cycles successifs, encadrés par le code de l'éducation (articles L.632-1 et suivants). Chaque cycle valide un diplôme intermédiaire et conditionne le passage au suivant.
Vue d'ensemble du parcours médical
Première année de sélection sur Parcoursup, puis deux années pré-cliniques. Sciences fondamentales, anatomie, sémiologie, premier stage infirmier obligatoire.
Stages hospitaliers à mi-temps rémunérés, gardes, programme R2C (Réforme du 2e Cycle) de 367 items. Examen final : EDN, ECOS et note de parcours.
Statut salarié, exercice supervisé puis autonome en tant que Docteur Junior. Soutenance de thèse et obtention du Diplôme d'État de docteur en médecine.
Diplômes obtenus à chaque cycle
- DFGSM (Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales, fin du 1er cycle) : grade de licence, ouvre l'accès à l'externat
- DFASM (Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales, fin du 2e cycle) : grade de master, conditionne l'accès au troisième cycle après réussite des EDN (Épreuves Dématérialisées Nationales) et des ECOS (Examens Cliniques Objectifs Structurés)
- Diplôme d'État de docteur en médecine : délivré après le DES (Diplôme d'Études Spécialisées) et la soutenance de thèse, autorise l'inscription au Conseil de l'Ordre et l'exercice professionnel
La durée totale dépend du DES choisi : 9 ans pour la médecine générale (la plus courte), jusqu'à 12 ans pour les spécialités chirurgicales et la médecine interne. Le cursus complet dépasse rarement 12 années avant la délivrance du diplôme final.
Premier cycle : PASS, LAS et DFGSM
Le premier cycle des études médicales s'étend sur trois années. La première sert de filtre sélectif vers les filières MMOPK (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie). Les deux suivantes constituent les bases scientifiques et cliniques du futur médecin.
PASS et LAS : la première année santé
Depuis 2020, l'ancien numerus clausus de la PACES (Première Année Commune aux Études de Santé) a été remplacé par deux voies d'accès créées par la loi du 24 juillet 2019 :
- Le PASS (Parcours d'Accès Spécifique Santé) : majeure santé et mineure dans une autre discipline (droit, biologie, psychologie, sciences sociales). Voie privilégiée par les lycéens visant directement la médecine.
- La LAS (Licence Accès Santé) : licence disciplinaire avec une option santé. Permet de poursuivre dans la licence d'origine en cas d'échec et de candidater à la santé en deuxième ou troisième année.
Les candidatures se font sur Parcoursup. Le redoublement de la première année n'est plus autorisé : un étudiant dispose au maximum de deux candidatures aux filières santé sur l'ensemble de son cursus.
Numerus apertus et capacités d'accueil
Depuis la loi du 24 juillet 2019, les universités fixent leurs capacités d'accueil en deuxième année avec les Agences Régionales de Santé (numerus apertus). La loi du 17 juin 2025 a engagé la sortie progressive de ce dispositif au profit de capacités plus directement liées aux besoins territoriaux. Une réforme de la première année santé est en discussion pour la rentrée 2026 ou 2027 selon les universités.
DFGSM 2 et 3 : les années pré-cliniques
Une fois admis en deuxième année, l'étudiant suit le DFGSM (Diplôme de Formation Générale en Sciences Médicales) pendant deux ans. Cette phase apporte les fondamentaux scientifiques et la sémiologie clinique :
- Anatomie, histologie, physiologie, biochimie, biologie cellulaire
- Pharmacologie, immunologie, génétique, microbiologie
- Sémiologie clinique des grands appareils (cardiovasculaire, respiratoire, digestif, neurologique)
- Stage infirmier obligatoire de quatre semaines en début de DFGSM 2
- Premières gardes et stages hospitaliers d'observation
Le DFGSM confère le grade de licence et ouvre l'accès au deuxième cycle. La sélection à l'entrée du cycle 2 est désormais automatique pour les étudiants ayant validé le DFGSM 3.
Travailler la méthode dès la Terminale fait la différence : QCM chronométrés, fiches de mémorisation espacée, organisation par blocs de matières. Les étudiants admis dans les facultés les plus sélectives ont anticipé l'anatomie et la biochimie avant la rentrée.
Confondre PASS et LAS dans ses choix Parcoursup. Le PASS est conçu pour viser directement la médecine (mineure secondaire). La LAS est une vraie licence d'une autre discipline avec une option santé : si on n'aime pas la mineure, la LAS devient pénible. Vérifier les capacités d'accueil de chaque université, qui varient fortement.
La filière maïeutique est accessible via PASS ou LAS au même titre que médecine, odontologie et pharmacie. Sa durée totale est différente (5 ans après la première année). Pour le détail, consultez notre fiche métier sur la sage-femme.
Réforme à venir : ce qui change dès la rentrée 2027
Le 17 avril 2026, les ministres Stéphanie Rist (Santé) et Philippe Baptiste (Enseignement supérieur, Recherche et Espace) ont officialisé à l'Université Paris Cité la fin du système PASS/LAS. Une voie unique d'accès aux études de santé le remplacera dès la rentrée 2027 pour l'ensemble des filières MMOPK (Médecine, Maïeutique, Odontologie, Pharmacie, Kinésithérapie). Cette annonce fait suite à la concertation nationale lancée en octobre 2025 et au rapport de la Cour des comptes de décembre 2024 qui pointait les failles du dispositif actuel.
Calendrier et étudiants concernés
La réforme s'appliquera uniquement aux bacheliers 2027, qui formeront la première promotion de la nouvelle licence santé. Les étudiants entrés en PASS, LAS ou LSPS en septembre 2026 continuent leur cursus selon les règles actuelles, jusqu'à validation complète de leur année.
Les lycéens actuellement en classe de Première (rentrée 2025-2026) seront la première génération à intégrer la nouvelle licence santé en septembre 2027. Les bacheliers 2026 entrent en PASS ou LAS comme prévu et finiront leur cursus dans le cadre actuel.
La nouvelle licence santé en trois blocs
La première année est restructurée autour de trois blocs d'enseignement, accessibles via Parcoursup. Le candidat formule un vœu principal pour la licence santé et un sous-vœu disciplinaire correspondant à la licence d'adossement.
| Bloc | ECTS | Contenu |
|---|---|---|
| Bloc santé | 24 à 30 | Connaissances scientifiques fondamentales communes aux 5 filières MMOPK. Programme allégé et recentré par rapport au PASS actuel. |
| Bloc disciplinaire | 24 à 30 | Enseignements d'une licence ayant une contribution directe aux études de santé : biologie, sciences humaines et sociales, droit ou soins infirmiers. |
| Bloc transversal | 6 à 12 | Compétences psychosociales, communication, éthique médicale. Évaluation laissée au libre choix des facultés. |
Comparatif PASS/LAS et nouvelle licence santé
| Critère | Système PASS/LAS (jusqu'en 2026) | Nouvelle licence santé (dès 2027) |
|---|---|---|
| Voies d'accès | Deux voies parallèles (PASS et LAS) | Une voie unique harmonisée nationalement |
| Structure | Variable selon les universités | Trois blocs fixes (santé, disciplinaire, transversal) |
| Redoublement L1 | Interdit | Autorisé une fois |
| Chances d'accès aux MMOPK | Une candidature en L1 | Système à deux chances : fin de L1 ou fin de L2 |
| Oraux d'admission | Selon les universités | Supprimés au niveau national |
| Numerus apertus | Maintenu | Maintenu |
| Inscription | Parcoursup avec vœux multiples | Parcoursup avec vœu santé + sous-vœu disciplinaire |
Passerelles renforcées et accès tardif
La réforme élargit aussi les voies d'accès aux études de santé pour les profils plus tardifs ou en reconversion. Trois dispositifs sont renforcés ou créés.
- Passerelle pour titulaires d'une licence complète : voie élargie pour favoriser les vocations tardives, après validation d'une licence non médicale
- Passerelle paramédicale renforcée : accès facilité pour les professionnels paramédicaux ayant validé trois années de cursus
- Expérimentation pour la pharmacie : places réservées dans un cadre optionnel, limité et expérimental, pour les étudiants visant exclusivement cette filière
L'Académie nationale de médecine et la Conférence des doyens de médecine ont demandé un report à 2028, jugeant le calendrier trop serré pour finaliser les maquettes pédagogiques avant l'ouverture de Parcoursup en novembre 2026. Le gouvernement a maintenu la rentrée 2027. Les modalités précises de classement et de pondération des blocs seront publiées dans les arrêtés d'application à venir.
Deuxième cycle : externat et DFASM
Le deuxième cycle, appelé externat, dure trois ans et constitue la phase clinique de formation. L'étudiant prend le statut d'externe : il alterne enseignements théoriques et stages hospitaliers à mi-temps, perçoit une indemnité forfaitaire et participe aux gardes.
Programme du DFASM
Le DFASM (Diplôme de Formation Approfondie en Sciences Médicales) couvre l'intégralité des 367 items du programme R2C. Il prépare directement aux EDN. Les enseignements sont organisés en 11 unités d'enseignement transversales et par spécialités.
Chaque DFASM correspond à une année universitaire :
- DFASM 1 (4e année) : poursuite de la sémiologie, premiers stages courts en médecine et chirurgie, début du suivi des items R2C
- DFASM 2 (5e année) : stages hospitaliers de 3 mois (gynécologie-obstétrique, pédiatrie, urgences), enseignement intensif des items, choix de mobilité possible (Erasmus, mobilité interne)
- DFASM 3 (6e année) : stage de fin d'externat en médecine générale, révisions intensives, passage des EDN en octobre puis ECOS en mai-juin de l'année suivante
Statut et rémunération de l'externe
Depuis le protocole « Externes et étudiants en santé » issu du Ségur de la santé (juillet 2020), les émoluments des étudiants hospitaliers ont été revalorisés. Les externes perçoivent une indemnité de stage mensuelle, ainsi qu'une rémunération pour les gardes selon une grille fixée par arrêté. Une indemnité forfaitaire d'hébergement de 150 € bruts par mois peut être attribuée pour les stages ambulatoires en zone sous-dense.
Le DFASM est sanctionné par la délivrance du diplôme correspondant (grade de master) sous réserve de la validation des stages, des certificats de compétences cliniques et des examens universitaires. Mais l'accès au troisième cycle ne dépend plus de la seule validation universitaire : il est conditionné à la réussite des épreuves nationales.
L'AFGSU 2 (Attestation de Formation aux Gestes et Soins d'Urgence de niveau 2) est obligatoire pour valider le DFASM et exercer dans un établissement de santé. Sa durée de validité est de 4 ans. Le recyclage est requis avant l'expiration pour conserver l'attestation.
L'EDN : examen national d'accès à l'internat
Les Épreuves Dématérialisées Nationales sont les épreuves écrites passées à la fin du deuxième cycle des études de médecine. Elles s'inscrivent dans la réforme du deuxième cycle des études médicales (R2C) qui modifie en profondeur l'évaluation des futurs internes : à la place d'un concours unique sanctionnant six années d'études (les anciennes ECN), trois composantes distinctes interviennent désormais.
Les trois composantes du nouveau dispositif
- Les EDN évaluent les connaissances théoriques et le raisonnement médical (60 % de la note finale)
- Les ECOS mesurent les compétences cliniques et relationnelles à travers des mises en situation avec patients standardisés (30 % de la note finale)
- Le parcours de formation valorise l'engagement académique, associatif et professionnel de l'étudiant tout au long de son cursus (10 % de la note finale, plafond à 60 points)
Le cadre juridique repose sur l'arrêté du 21 décembre 2021 modifié, complété par les décrets d'application successifs. La première session des EDN s'est tenue en octobre 2023. La quatrième édition aura lieu en octobre 2026, selon l'arrêté du 23 mars 2026 publié au Journal officiel.
L'expression « concours de l'internat » est encore utilisée dans le langage courant, mais l'EDN n'est pas un concours au sens strict. C'est un examen classant national : tous les candidats qui atteignent le seuil minimal sont admis à poursuivre, et le classement détermine ensuite l'ordre de choix des spécialités et des subdivisions.
EDN et ECN : ce qui a changé
| Critère | ECN (jusqu'en 2022) | EDN (depuis 2023) |
|---|---|---|
| Composantes | Examen écrit unique terminal | EDN écrit + ECOS oral + note de parcours |
| Pondération | 100 % connaissances théoriques | 60 % EDN + 30 % ECOS + 10 % parcours |
| Seuil éliminatoire | Aucun seuil officiel | 14/20 sur le rang A aux EDN, 10/20 aux ECOS |
| Classement | Concours classant pur, total des notes | 13 classements distincts par groupe de spécialités |
| Évaluation | Connaissances uniquement | Connaissances + compétences cliniques + savoir-être |
| Compte de la note de parcours | Non | Oui, validée avant le passage de l'EDN |
Pour connaître la suite du parcours, consultez notre fiche complète sur l'interne en médecine qui détaille le statut, les obligations et la rémunération.
Calendrier des EDN 2026
L'arrêté du 23 mars 2026 fixe les dates de la première session des EDN au titre de l'année universitaire 2027-2028 du 12 au 15 octobre 2026. Les épreuves se déroulent simultanément sur l'ensemble du territoire, dans les UFR (Unités de Formation et de Recherche) de médecine et leurs centres rattachés.
Première session : du 12 au 15 octobre 2026
La première session se compose de quatre journées d'épreuves de trois heures chacune :
- 12, 13 et 14 octobre 2026 : trois unités de composition consacrées aux questions isolées et aux dossiers progressifs
- 15 octobre 2026 : épreuve de Lecture Critique d'Articles (LCA)
- 16 et 19 octobre 2026 : créneaux de reprogrammation en cas d'incident technique
Chaque épreuve comporte entre 90 et 110 questions à choix multiples ou à réponse courte. La période d'inscription est ouverte du 1er au 31 juillet 2026 sur le site du Centre National de Gestion (CNG).
Seconde session : pour les candidats en rattrapage
Les étudiants n'ayant pas obtenu la note minimale de 14/20 aux connaissances de rang A à la première session participent à une seconde session organisée par les universités. Pour la session au titre de l'année universitaire 2026-2027, l'arrêté du 13 novembre 2025 a fixé cette seconde session aux 13 et 14 janvier 2026, avec le 15 janvier 2026 prévu pour une éventuelle reprogrammation.
La seconde session comprend deux demi-journées d'épreuves de trois heures regroupant 180 à 220 questions, sans épreuve de LCA. Seuls les candidats atteignant le seuil de 14/20 à l'une des deux sessions peuvent participer aux ECOS.
Les étudiants n'ayant pas obtenu 14/20 aux connaissances de rang A à l'issue des deux sessions ne peuvent pas accéder à l'internat. Ils doivent se réinscrire en sixième année de médecine pour repasser les EDN l'année suivante.
ECOS et publication du classement
Les Examens Cliniques Objectifs Structurés se déroulent au printemps suivant les EDN, généralement en mai ou juin. Pour la session au titre de l'année universitaire 2026-2027, les ECOS se sont tenus les 2 et 3 juin 2026. Le classement national définitif et la procédure d'appariement (choix de la spécialité et de la subdivision) interviennent ensuite, en juillet et août.
Programme officiel et items
Le programme des EDN est celui du deuxième cycle des études de médecine, structuré en 367 items couvrant l'ensemble des spécialités. Chaque item se décompose en deux niveaux de connaissances.
Connaissances de rang A et de rang B
La distinction entre rang A et rang B est centrale dans la R2C.
- Rang A : connaissances que tout médecin doit maîtriser à l'issue du deuxième cycle, indépendamment de sa future spécialité. Elles forment le socle commun et conditionnent l'accès à l'internat (note minimale de 14/20)
- Rang B : connaissances plus spécifiques, propres aux 13 grands groupes de spécialités. Elles sont pondérées différemment selon le groupe de classement, ce qui permet à un étudiant d'optimiser son score selon les spécialités visées
Cette double pondération signifie qu'un étudiant peut être bien classé dans un groupe (par exemple chirurgie tête et cou) et moins bien dans un autre (par exemple médecine générale), selon la qualité de ses réponses aux questions de rang B associées à chaque groupe.
Préparation et annales
Le CNG met à disposition les annales des sessions précédentes (2023, 2024, 2025) sur son site officiel. Les sujets sont publiés sans correction, à titre d'entraînement. Les facultés organisent par ailleurs des EDN blanches en sixième année et des enseignements dirigés spécifiquement orientés vers la préparation des épreuves.
Format des épreuves : DP, KFP, LCA
Les EDN testent plusieurs formats de questions, chacun évaluant des compétences distinctes.
Les dossiers progressifs (DP)
Le dossier progressif présente une situation clinique qui évolue au fil des questions. L'étudiant doit poser un diagnostic, prescrire des examens, choisir une thérapeutique, anticiper des complications. Chaque question valide ou réoriente la suite du dossier.
Les questions isolées (QI) et mini-dossiers
Les questions isolées sont des QCM (Questions à Choix Multiples) ou QRM (Questions à Réponses Multiples) portant sur un point précis, sans contexte clinique élaboré. Les mini-dossiers cliniques (mini-DCP) apportent un court vignette clinique suivi de quelques questions.
Les questions à fenêtres (KFP)
Le format KFP (Key Feature Problem) impose à l'étudiant de répondre par étapes successives, sans pouvoir revenir en arrière. Cette mécanique reproduit la prise de décision clinique réelle, où l'on s'engage progressivement.
La lecture critique d'articles (LCA)
L'épreuve de LCA dure trois heures et porte sur deux articles scientifiques. L'étudiant doit en analyser la méthodologie, la validité statistique, la pertinence clinique. La LCA n'est pas proposée à la seconde session.
La LCA mobilise des compétences distinctes des autres épreuves : connaissance des plans d'études, des biais statistiques, des grilles d'analyse type CONSORT ou PRISMA. Une préparation spécifique est conseillée, généralement à partir de la cinquième année.
- Travailler par référentiels de spécialité (Collèges) plutôt qu'en feuilletant des cours dispersés
- Programmer une révision spiralée : revoir chaque item 3 fois minimum dans l'année
- Faire des annales en conditions réelles (3 heures chrono, sans pause) au moins une fois par semaine en DFASM 3
- Maîtriser les rangs A en priorité absolue : un échec au seuil 14/20 ferme l'accès à l'internat
- Lire la consigne de chaque question deux fois, surtout en KFP où aucun retour en arrière n'est possible
- Bloquer trop longtemps sur une question difficile : passer à la suivante et y revenir si le temps le permet (sauf en KFP)
- Mal lire l'énoncé : la moitié des erreurs viennent d'une lecture trop rapide
- Sous-estimer la LCA en cinquième et sixième année : c'est une journée à part entière
- Ne pas vérifier son matériel et son centre d'épreuves dans les 48 h précédentes
- Omettre de vérifier sur la plateforme Even que toutes les pièces administratives sont validées
ECOS : examens cliniques objectifs structurés
Les ECOS évaluent les compétences cliniques, le raisonnement médical et les capacités relationnelles des futurs internes. Ils représentent 30 % de la note finale servant à établir le classement national et conditionnent, comme les EDN, l'accès au troisième cycle.
Format et organisation des ECOS
L'épreuve nationale comporte 10 stations réparties sur deux jours. Chaque jour, le candidat enchaîne 5 stations consécutives. La durée d'une station est de 10 minutes : 1 minute de lecture de la vignette, 8 minutes d'épreuve, 2 minutes de déplacement vers la suivante.
Selon l'arrêté du 13 novembre 2025, les ECOS au titre de l'année universitaire 2026-2027 se sont tenus les 2 et 3 juin 2026, avec une journée de reprogrammation prévue le 4 juin. La délibération du jury national a eu lieu le 10 juin 2026.
Les 11 domaines de compétences évalués
Chaque station aborde une situation clinique de départ et un domaine de compétence spécifique. Les 10 stations couvrent 10 des 11 domaines suivants : annonce, communication interprofessionnelle, éducation et prévention, entretien et interrogatoire, examen clinique, iconographie, procédure ou geste technique, stratégie diagnostique, stratégie de prise en charge, synthèse des résultats d'examens paracliniques, raisonnement clinique.
Les stations peuvent comporter ou non un Patient Standardisé (PS) ou un Personnel de Santé Standardisé (PSS), selon le scénario. Une grille d'évaluation harmonisée est utilisée par les binômes d'examinateurs dans tous les centres.
Seuil de validation et pondération par DES
Le seuil de validation est fixé à 10/20, calculé comme la somme des notes non pondérées obtenues aux 10 stations. Aucune session de rattrapage n'est organisée : un étudiant qui n'atteint pas ce seuil doit se réinscrire en DFASM 3 et repasser les ECOS l'année suivante.
Pour la procédure d'appariement, la note ECOS est doublement calculée : 5 ou 6 stations sont prises en compte sans pondération, et 4 ou 5 stations sont pondérées selon le groupe de DES visé. Chaque candidat obtient ainsi 13 notes ECOS différentes selon les 13 groupes de spécialités, conformément à l'arrêté du 19 avril 2022.
- S'entraîner avec un partenaire en alternant les rôles (candidat, patient, examinateur)
- Travailler la grille officielle des 11 domaines de compétences plutôt que de mémoriser des scripts
- Caler une routine d'ouverture de station systématique : présentation, recueil du contexte, vérification de l'identité du patient
- Verbaliser tous les gestes et toutes les hypothèses pour permettre à l'examinateur de cocher la grille
- Utiliser les ECOS facultaires en DFASM 2 et DFASM 3 comme entraînements blancs
- Sous-estimer la communication : annoncer un diagnostic sans empathie peut faire perdre des points
- Oublier la friction hydroalcoolique avant et après tout examen physique (recommandée 30 secondes)
- Lire la vignette pendant la station : la lecture doit se faire en amont, dans la minute prévue
- Mémoriser des scripts rigides : les scénarios changent et l'adaptation prime sur la récitation
- Ignorer le rôle du Personnel de Santé Standardisé (PSS) lorsqu'il est présent
Points de parcours et note finale
La note de parcours représente 10 % de la note finale avec un plafond de 60 points. Elle valorise l'investissement de l'étudiant en dehors du strict cursus médical, sur l'ensemble des années depuis l'entrée dans l'enseignement supérieur. La grille d'attribution figure en annexe de l'arrêté du 21 décembre 2021.
Les six familles de points
Les points de parcours se répartissent en six grandes catégories définies par la réglementation :
- Cursus académique parallèle : validation d'un master 1 (jusqu'à 30 points), d'un master 2 ou d'une thèse d'université (jusqu'à 60 points), publication d'un article dans une revue à comité de lecture
- Engagement étudiant : implication associative, pédagogique (tutorat, monitorat), réserves opérationnelles, élections étudiantes
- Engagement civique et social : service civique, bénévolat associatif, engagements citoyens documentés
- Expérience professionnelle : stages et emplois étudiants pendant le cursus de FGSM2 à DFASM3 (un justificatif est exigé pour chaque expérience)
- Mobilité internationale : stage Erasmus de 12 mois validé (jusqu'à 60 points), mobilité de stage de 4 semaines minimum (jusqu'à 20 points)
- Compétences linguistiques : certification de niveau B2 (10 points), C1 (20 points) ou C2 (30 points), pour une langue autre que la langue maternelle
Le calcul de la note finale
Le classement final repose sur la formule fixée par l'annexe de l'arrêté du 21 décembre 2021 : trois composantes, trois pondérations.
Note finale = (note EDN × 0,60) + (note ECOS × 0,30) + (note de parcours × 0,10). Aux EDN et aux ECOS, les questions de rang B et les stations correspondant à chaque groupe de spécialités sont pondérées avec un coefficient 2 (contre 1 pour les autres). Cette pondération produit 13 classements distincts, un par groupe.
Optimiser sa note de parcours
Atteindre le plafond de 60 points est rare mais accessible aux étudiants ayant anticipé. Voici les leviers les plus rentables, classés par points maximum.
| Levier | Points max | Conditions clés |
|---|---|---|
| Master 2 ou thèse d'université | 60 | Validé pendant le cursus médical, justificatif universitaire |
| Stage Erasmus de 12 mois | 60 | Convention validée par l'UFR, durée minimale stricte |
| Master 1 ou DU (Diplôme d'Université) | 30 | Diplôme effectivement obtenu, attestation |
| Certification linguistique C2 | 30 | Langue autre que la maternelle, certificat officiel |
| Certification linguistique C1 | 20 | Cambridge, IELTS, TOEFL, TCF ou équivalent |
| Mobilité courte (4 semaines min.) | 20 | Stage clinique à l'étranger, attestation de l'établissement |
| Engagement étudiant | 10 à 30 | Tutorat, mandat élu, monitorat, durée et responsabilités |
| Service civique ou bénévolat | 10 à 20 | Mission documentée, attestation de l'organisme |
| Publication scientifique | 10 à 30 | Article dans une revue à comité de lecture |
| Certification linguistique B2 | 10 | Niveau attesté par un organisme reconnu |
- Démarrer dès le DFGSM 2 : les expériences valorisables courent depuis l'entrée dans l'enseignement supérieur
- Combiner plusieurs registres plutôt que viser un seul levier : un C1 (20) + un engagement (20) + une mobilité courte (20) = 60 points
- Tenir un dossier centralisé avec attestations, conventions et certificats dès le début du cursus
- Demander systématiquement un justificatif signé à la fin de chaque mission, stage ou engagement
L'article 5 de l'arrêté du 19 avril 2022 précise que les années de réinscription ne peuvent pas donner lieu à l'attribution de points. Les étudiants en redoublement de DFASM 3, ainsi que les étudiants ayant invalidé leur deuxième session d'EDN ou leurs ECOS, doivent impérativement avoir déposé leur dossier de parcours lors de leur première sixième année.
Calcul du classement final
Le classement définitif n'est connu qu'après les ECOS, généralement en juillet de l'année universitaire concernée. Le jury national établit alors les 13 classements de groupes de spécialités en pondérant les notes selon les annexes 1 et 2 de l'arrêté du 19 avril 2022.
La pondération par groupe de spécialités
Chaque candidat reçoit 13 notes distinctes, une par groupe de classement. Les questions de rang B associées au groupe sont pondérées avec un coefficient 2, contre un coefficient 1 pour les autres questions. Aux ECOS, le même mécanisme s'applique aux stations qui correspondent au domaine de compétences du groupe. Le candidat peut donc être bien classé dans un groupe et moins bien dans un autre, selon la qualité de ses réponses sur les questions spécifiques à chaque domaine.
Les 13 groupes de spécialités
Les 44 DES sont répartis en 13 groupes thématiques. Chaque candidat est classé dans les 13 groupes en parallèle ; la pondération des questions de rang B et des stations ECOS varie d'un groupe à l'autre.
Ophtalmologie, ORL et chirurgie cervico-faciale, chirurgie maxillo-faciale, chirurgie orale, chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, neurochirurgie
Chirurgie thoracique et cardio-vasculaire, chirurgie vasculaire, chirurgie viscérale et digestive, chirurgie pédiatrique, gynécologie obstétrique, urologie, chirurgie orthopédique et traumatologique
Anesthésie-réanimation, médecine intensive-réanimation, médecine d'urgence
Radiologie et imagerie médicale, médecine nucléaire, anatomie et cytologie pathologiques
Biologie médicale, génétique médicale
Santé publique, médecine du travail, médecine légale et expertises médicales
Endocrinologie-diabétologie-nutrition, gynécologie médicale, pédiatrie
Psychiatrie (option psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent disponible)
Médecine cardio-vasculaire (cardiologie), médecine vasculaire
Néphrologie, pneumologie, hépato-gastro-entérologie, dermatologie et vénéréologie
Médecine interne et immunologie clinique, hématologie, oncologie, maladies infectieuses et tropicales, allergologie
Neurologie, rhumatologie, médecine physique et de réadaptation, gériatrie
DES de médecine générale (le plus grand contingent de places)
Procédure d'appariement et choix de la spécialité
La procédure nationale d'appariement (couramment appelée « amphi de garnison ») est régie par l'arrêté du 19 avril 2022. Elle se déroule en plusieurs tours après publication des classements.
Les étapes de la procédure d'appariement
Le déroulement est encadré par un calendrier strict, généralement entre fin juillet et fin octobre.
-
Publication des résultats et positionnement relatif
Le candidat reçoit ses 13 notes par groupe et son positionnement relatif sur son compte « Even » du CNG. La note unique de validation est aussi communiquée.
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Émission des vœux
Au plus tard quatre jours après la communication du positionnement, chaque candidat exprime ses vœux en associant spécialité + subdivision territoriale, par ordre de priorité décroissante. Le nombre de vœux est libre.
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Procédure d'appariement
L'algorithme national affecte chaque candidat sur le vœu le mieux placé compatible avec son classement. Les candidats les mieux classés dans un groupe servent en premier.
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Affectation définitive
L'arrêté ministériel d'affectation est publié au Journal officiel à la fin du processus, généralement fin octobre. Il fige la spécialité (DES) et la subdivision pour le candidat.
Le rôle des Contrats d'Engagement de Service Public (CESP)
Les signataires d'un CESP bénéficient d'une procédure prioritaire pour certains postes situés dans des zones sous-denses. En contrepartie d'une allocation mensuelle versée pendant les études, ils s'engagent à exercer pendant une durée équivalente dans une zone définie après l'obtention de leur diplôme. Pour la session 2025, sur 8 919 postes ouverts, 312 étaient réservés aux signataires d'un CESP.
Durée de l'internat par spécialité
L'internat dure de 4 à 6 ans selon la spécialité choisie, conformément à l'article R.632-20 du code de l'éducation qui fixe la durée du troisième cycle entre trois et six ans. La durée précise est fixée pour chaque DES par l'arrêté du 21 avril 2017 modifié, qui précise également la maquette de formation (volume horaire, nature des stages, modalités de validation). Le tableau ci-dessous récapitule la durée actuelle pour les 44 DES reconnus en France.
Les durées indiquées correspondent à la formation socle du DES, options et FST comprises lorsqu'elles s'intègrent dans le DES. Pour les DES de 3 ou 4 ans, choisir une option ou une FST rallonge l'internat d'un an. Les sur-spécialisations ultérieures (DESC, DU, DIU complémentaires) peuvent ajouter 1 à 2 ans de formation post-internat.
| Spécialité (DES) | Discipline | Durée |
|---|---|---|
| Allergologie | Médicale | 4 ans |
| Anatomie et cytologie pathologiques | Médicale | 5 ans |
| Anesthésie-réanimation | Médicale | 5 ans |
| Biologie médicale | Biologique | 4 ans |
| Chirurgie maxillo-faciale | Chirurgicale | 6 ans |
| Chirurgie orale | Chirurgicale | 6 ans |
| Chirurgie orthopédique et traumatologique | Chirurgicale | 6 ans |
| Chirurgie pédiatrique | Chirurgicale | 6 ans |
| Chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique | Chirurgicale | 6 ans |
| Chirurgie thoracique et cardio-vasculaire | Chirurgicale | 6 ans |
| Chirurgie vasculaire | Chirurgicale | 6 ans |
| Chirurgie viscérale et digestive | Chirurgicale | 6 ans |
| Dermatologie et vénéréologie | Médicale | 4 ans |
| Endocrinologie, diabétologie et nutrition | Médicale | 4 ans |
| Génétique médicale | Médicale | 4 ans |
| Gériatrie | Médicale | 4 ans |
| Gynécologie médicale | Médicale | 4 ans |
| Gynécologie-obstétrique | Chirurgicale | 6 ans |
| Hématologie | Médicale | 4 ans |
| Hépato-gastro-entérologie | Médicale | 4 ans |
| Maladies infectieuses et tropicales | Médicale | 4 ans |
| Médecine cardio-vasculaire (cardiologie) | Médicale | 5 ans |
| Médecine du travail | Médicale | 4 ans |
| Médecine d'urgence | Médicale | 4 ans |
| Médecine générale | Médicale | 4 ans |
| Médecine intensive-réanimation | Médicale | 5 ans |
| Médecine interne et immunologie clinique | Médicale | 5 ans |
| Médecine légale et expertises médicales | Médicale | 4 ans |
| Médecine nucléaire | Médicale | 4 ans |
| Médecine physique et de réadaptation | Médicale | 4 ans |
| Médecine vasculaire | Médicale | 4 ans |
| Néphrologie | Médicale | 4 ans |
| Neurochirurgie | Chirurgicale | 6 ans |
| Neurologie | Médicale | 4 ans |
| Oncologie | Médicale | 5 ans |
| Ophtalmologie | Chirurgicale | 6 ans |
| ORL et chirurgie cervico-faciale | Chirurgicale | 6 ans |
| Pédiatrie | Médicale | 5 ans |
| Pneumologie | Médicale | 4 ans |
| Psychiatrie | Médicale | 5 ans |
| Radiologie et imagerie médicale | Médicale | 5 ans |
| Rhumatologie | Médicale | 4 ans |
| Santé publique | Médicale | 4 ans |
| Urologie | Chirurgicale | 6 ans |
Les durées sont issues des maquettes officielles annexées à l'arrêté du 21 avril 2017 modifié. Le DES de médecine générale est passé de 3 à 4 ans à la rentrée 2023 par l'arrêté du 3 août 2023, la quatrième année introduisant la phase de Docteur Junior. Le DES de psychiatrie est passé à 5 ans depuis novembre 2022.
Les trois phases du DES
Depuis la réforme du troisième cycle de 2017, l'internat est structuré en trois phases successives. Chaque phase a ses objectifs pédagogiques, ses modalités de validation et son statut.
Acquisition des bases de la spécialité. Stages semestriels dans la spécialité ou les disciplines connexes. Validation par le contrôle continu, l'évaluation des compétences et un entretien avec la commission locale.
Approfondissement des connaissances et autonomie progressive. Possibilité de réaliser un stage hors subdivision ou à l'étranger. Soutenance de la thèse et obtention du titre de docteur en médecine pendant cette phase.
L'interne devient Docteur Junior et bascule vers une autonomie supervisée. Inscription au Conseil départemental de l'Ordre des médecins. Validation par la soutenance d'un mémoire et obtention finale du DES.
La phase de consolidation est récente (créée par la réforme de 2017) et correspond à la transition vers l'exercice en pleine responsabilité. Le statut de Docteur Junior permet à l'interne de réaliser des actes médicaux en autonomie sous supervision indirecte d'un sénior. Pour les spécialités chirurgicales en 6 ans, cette phase dure 2 ans ; pour les spécialités médicales en 4 ou 5 ans, elle dure 1 an. Le DES de médecine générale n'a pas de phase 3 distincte.
Spécialités les plus longues et les plus courtes
La durée totale d'études (DFGSM + DFASM + internat) varie de 9 à 12 ans selon la spécialité visée.
- Médecine générale (depuis 2023)
- Médecine d'urgence
- Médecine du travail
- Santé publique
- Gériatrie
- Médecine vasculaire
- Allergologie
- Biologie médicale
- Neurochirurgie
- Chirurgie orthopédique et traumatologique
- Chirurgie viscérale et digestive
- Chirurgie thoracique et cardio-vasculaire
- Chirurgie pédiatrique
- Ophtalmologie
- ORL et chirurgie cervico-faciale
- Gynécologie obstétrique
Les spécialités intermédiaires : 5 ans d'internat
Plusieurs spécialités médicales nécessitent 5 ans d'internat, soit 11 ans de cursus total : anesthésie-réanimation, médecine intensive-réanimation, médecine cardio-vasculaire (cardiologie), médecine interne et immunologie clinique, oncologie, pédiatrie, psychiatrie (depuis 2022), radiologie et imagerie médicale, anatomie et cytologie pathologiques.
Choisir une spécialité courte ou longue
La durée du DES n'est pas le seul critère de choix. Les spécialités plus longues offrent généralement plus de techniques (gestes interventionnels), une rémunération de fin de cursus supérieure et un statut hospitalo-universitaire plus accessible. Les spécialités plus courtes permettent une installation rapide en libéral, une meilleure conciliation vie professionnelle / vie personnelle, et une diversité d'exercices (cabinet, hôpital, salariat).
Pour explorer les métiers spécifiques, consultez nos fiches sur le chirurgien et le cardiologue.
Droit au remords et réorientation
L'interne dispose d'un droit au remords lui permettant de changer de spécialité dans certaines limites, prévues par le code de l'éducation. Cette disposition vise à corriger un choix initial inadapté sans imposer de repasser l'EDN. Pour les conditions précises et la procédure complète, consultez notre fiche dédiée au droit au remords en médecine.
Conditions du droit au remords
- Le changement n'est possible qu'au cours des deux premières années de l'internat (avant la fin de la phase socle ou de la première année d'approfondissement)
- L'interne doit avoir été classé en rang utile pour la spécialité visée l'année où il a passé ses EDN, dans la même subdivision territoriale
- Le droit au remords ne peut être exercé qu'une seule fois sur l'ensemble du cursus d'internat
- Au sein d'une même discipline (médicale, chirurgicale ou biologique), l'interne peut changer de DES une fois pendant les deux premières années sans nécessairement justifier d'un classement
La césure et les parcours de recherche
Au-delà du droit au remords, plusieurs dispositifs permettent de personnaliser le parcours :
- Année de césure : possibilité de suspendre temporairement l'internat pour réaliser un projet personnel, professionnel ou académique
- Cursus médecine-sciences : doubles cursus proposés à l'ENS (École Normale Supérieure) Ulm, ENS Lyon ou via l'École de l'INSERM (Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale), qui combinent études de médecine et formation à la recherche
- Master 2 et thèse d'université : peuvent être réalisés en parallèle de l'internat ou pendant une année de césure, ouvrant la voie aux carrières hospitalo-universitaires
Prix et financement des études de médecine
Les études de médecine en France restent largement subventionnées par l'État. Les frais d'inscription sont alignés sur les tarifs nationaux de l'enseignement supérieur public, fixés chaque année par arrêté.
Frais d'inscription année par année
Pour l'année universitaire 2025-2026, les droits d'inscription sont fixés par l'arrêté du 19 avril 2019 modifié :
| Niveau | Année universitaire | Montant 2025-2026 |
|---|---|---|
| Licence | PASS, LAS, DFGSM 2 et 3 | 178 € |
| Master | DFASM 1, 2, 3 et internat | 254 € |
| Doctorat | Thèse d'exercice | 397 € |
| CVEC | Contribution Vie Étudiante et de Campus (toutes années) | 105 € |
Sur l'ensemble du cursus, les frais d'inscription cumulés se situent autour de 2 000 € à 2 500 € selon la durée du DES choisi. Les étudiants boursiers du gouvernement français sur critères sociaux sont exonérés des droits d'inscription et de la CVEC.
Coûts annexes : prépa, ouvrages, matériel
Les dépenses réellement engagées peuvent dépasser largement les seuls frais universitaires :
- Prépa privée première année santé : plusieurs milliers d'euros par an selon la formule (annuelle, stages intensifs)
- Prépa EDN en sixième année : abonnements à des plateformes en ligne et conférences de préparation
- Ouvrages et matériel : référentiels du Collège, livres de spécialité, stéthoscope
- Logement et vie quotidienne : poste de dépense principal, particulièrement dans les grandes villes universitaires
Bourses et aides au financement
Plusieurs dispositifs publics aident au financement :
- Bourses sur critères sociaux du CROUS (Centre Régional des Œuvres Universitaires et Scolaires), attribuées en fonction des revenus du foyer fiscal
- Aide au mérite pour les étudiants ayant obtenu la mention la plus élevée au baccalauréat
- Fonds de solidarité et de développement des initiatives étudiantes (FSDIE) géré par les universités
- Aides spécifiques d'aide ponctuelle pour les étudiants en difficulté financière
Le contrat d'engagement de service public (CESP)
Le CESP a été créé par la loi HPST (Hôpital, Patients, Santé, Territoires) du 21 juillet 2009 pour favoriser l'installation de jeunes médecins dans les zones sous-denses. Il propose une allocation mensuelle brute de 1 200 € versée jusqu'à la fin des études de médecine.
Ouvert aux étudiants à partir de la 4e année (DFASM 1) et jusqu'à la dernière année d'internat. En contrepartie, le bénéficiaire s'engage à exercer en zone sous-dense pendant une durée égale à celle de versement de l'allocation. Depuis le 1er janvier 2026, la gestion est assurée par l'Agence de Services et de Paiement (ASP).
En cas de rupture du contrat avant la fin de l'engagement, l'étudiant doit rembourser l'intégralité des allocations perçues, augmentées d'une pénalité de 200 € par mois de versement, avec un plancher fixé à 2 000 €.
Reprendre des études de médecine
Reprendre des études de médecine après 25, 30 ou 40 ans est juridiquement possible en France. Deux voies coexistent, avec des modalités, des durées et des taux d'admission sensiblement différents.
Voie 1 : repasser par le PASS ou la LAS
Tout candidat, quel que soit son âge, peut s'inscrire en première année santé via Parcoursup. Les conditions sont identiques à celles d'un lycéen : sélection sur dossier en première année, puis sélection en fin d'année pour intégrer la deuxième année de médecine.
Cette voie présente toutefois des contraintes lourdes : pas de redoublement autorisé en cas d'échec, deux candidatures maximum sur l'ensemble du cursus, charge de travail incompatible avec une activité professionnelle parallèle, et nécessité de financer plusieurs années sans rémunération.
Voie 2 : la procédure passerelle (admission directe)
La procédure passerelle, encadrée par l'arrêté du 24 mars 2017 modifié, permet d'intégrer directement la deuxième ou la troisième année des études médicales sans passer par PASS ou LAS. Elle s'adresse à des profils déjà diplômés.
Diplômes éligibles à la passerelle
- Tout diplôme conférant le grade de master (master universitaire, écoles d'ingénieur)
- Diplôme national de doctorat (PhD) ou titre étranger équivalent
- Diplôme d'État de docteur en pharmacie, chirurgie dentaire, médecine vétérinaire ou de sage-femme
- Diplôme d'État d'auxiliaire médical sanctionnant au moins 3 années d'études (infirmier, kinésithérapeute, orthophoniste, ergothérapeute)
- Titre d'ingénieur diplômé
- Anciens élèves d'une école normale supérieure ayant validé une première année de master
Le candidat ne peut postuler qu'à une seule filière (médecine, maïeutique, odontologie ou pharmacie) dans une seule université au titre d'une année donnée. Le nombre total de candidatures est limité à deux fois sur l'ensemble du cursus de santé. La date limite habituelle de dépôt de dossier est mi-mars.
Sélection et taux d'admission
Le nombre de places offertes par chaque université correspond à environ 5 % de sa capacité d'accueil. La sélection se déroule en deux phases : examen du dossier (lettre de motivation, CV, justificatifs de diplômes), puis entretien oral devant un jury pour les candidats admissibles. Les profils retenus présentent généralement un projet professionnel cohérent et une motivation argumentée pour la pratique médicale.
Les candidats admis en DFGSM 2 doivent valider un stage infirmier de quatre semaines à temps plein avant la rentrée. Une fois intégrés, ils suivent le cursus normal sans aménagement particulier de durée.
Reprendre après une longue interruption
Pour les anciens étudiants en médecine ayant interrompu leurs études (par exemple après une PACES validée mais sans suite, ou après quelques années d'externat), la procédure passerelle reste accessible si les conditions d'éligibilité sont remplies. Une demande d'équivalence peut également être déposée auprès de la commission pédagogique de la faculté visée.
- Rédiger un projet professionnel cohérent : la spécialité visée, le mode d'exercice envisagé, les liens avec votre parcours antérieur
- Soigner la lettre de motivation : le jury attend une démarche réfléchie, pas une rupture brutale
- Prendre contact avec un médecin pour des stages d'observation et démontrer la connaissance du métier
- Cibler 1 à 2 universités plutôt que candidater en double : la règle d'une seule candidature par an s'applique
- Anticiper le financement : les études durent au minimum 5 années supplémentaires sans rémunération de stage avant l'internat
- Sous-estimer la charge de travail : les études sont à temps plein, incompatibles avec une activité salariée
- Compter sur un argument d'expérience seul : le jury évalue avant tout la motivation et la cohérence du projet
- Postuler à plusieurs filières simultanément (interdit par l'arrêté du 24 mars 2017)
- Oublier de valider le stage infirmier obligatoire avant la rentrée en DFGSM 2
- Compter sur 2 chances : seulement 2 candidatures sont autorisées sur l'ensemble du cursus santé
Après le DES : thèse, post-internat, exercice
L'obtention du DES ne marque pas la fin du parcours. Plusieurs étapes restent à franchir avant l'exercice autonome de la médecine.
Thèse d'exercice et Diplôme d'État de docteur en médecine
La thèse d'exercice est le travail universitaire qui clôture les études de médecine. Elle est généralement soutenue pendant la phase de consolidation (Docteur Junior) ou dans les mois qui suivent. Elle peut prendre plusieurs formes : revue de la littérature, étude observationnelle, série de cas, mémoire de recherche.
Sa soutenance permet la délivrance du Diplôme d'État de docteur en médecine, requis pour s'inscrire au Conseil départemental de l'Ordre des médecins et exercer la profession.
Post-internat et carrières hospitalo-universitaires
Après le DES, plusieurs trajectoires sont possibles selon le projet professionnel :
- Installation libérale : démarches d'inscription au Conseil de l'Ordre, choix d'un statut (collaboration, association, exercice individuel), conventionnement avec l'Assurance maladie
- Exercice salarié hospitalier : poste d'assistant spécialiste des hôpitaux pour deux ans, puis recrutement comme praticien hospitalier après concours
- Carrière hospitalo-universitaire : passage par les grades de Chef de Clinique-Assistant des Hôpitaux (CCA), Maître de Conférences des Universités-Praticien Hospitalier (MCU-PH), Professeur des Universités-Praticien Hospitalier (PU-PH)
- Médecine du travail, santé publique, médecine légale : exercice salarié dans des structures publiques ou privées, fonction publique d'État ou hospitalière
- Recherche : carrière INSERM, CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique), ou recherche industrielle pharmaceutique
Inscription à l'Ordre et obligations professionnelles
Tout médecin exerçant en France doit être inscrit au tableau du Conseil départemental de l'Ordre des médecins. Cette inscription nécessite la production du Diplôme d'État de docteur en médecine, l'attestation d'AFGSU 2, et un certificat de bonne moralité. Les médecins exerçant en libéral doivent également souscrire une assurance responsabilité civile professionnelle.
Le développement professionnel continu (DPC) est une obligation déontologique : tout médecin doit suivre un parcours de formation triennal validé par l'Agence nationale du DPC.
Démographie médicale et débouchés
Le nombre de postes ouverts à l'internat est fixé chaque année par arrêté ministériel, sur avis de l'Observatoire national de la démographie des professions de santé (ONDPS). Pour l'année universitaire 2025-2026, l'arrêté du 30 juillet 2025 a fixé 8 919 postes au total (dont 312 CESP), avec par exemple 3 314 places en médecine générale, 554 en psychiatrie, 479 en anesthésie-réanimation et 448 en médecine d'urgence.
Les spécialités les plus demandées
Plusieurs spécialités attirent traditionnellement les meilleurs classements : ophtalmologie, néphrologie, médecine cardio-vasculaire, médecine interne, dermatologie, radiologie, chirurgie plastique reconstructrice et esthétique. Ces choix combinent une bonne qualité de vie professionnelle, une rémunération attractive et un nombre limité de places. La médecine générale reste la spécialité avec le plus grand contingent de postes ouverts et accueille des étudiants de tous rangs de classement.
Les spécialités où des postes restent vacants
À l'inverse, certaines spécialités peinent à attirer suffisamment de candidats. La psychiatrie, la médecine du travail, la santé publique et la biologie médicale figurent régulièrement parmi les disciplines où des postes restent vacants en fin de procédure d'appariement. Ces spécialités peuvent toutefois offrir d'excellentes perspectives de carrière et un mode d'exercice plus prévisible.
Les outils officiels pour s'orienter
Plusieurs sites institutionnels gratuits permettent de vérifier les informations, suivre son dossier ou simuler son parcours. Aucune prépa privée ne remplace ces ressources de référence.
Compte personnel obligatoire pour s'inscrire aux EDN, suivre les notifications, consulter ses notes et formuler les vœux d'appariement. Accès officiel via cng.sante.fr.
Cartographie complète du cursus, fiches sur chaque DES, témoignages d'étudiants, postes ouverts annuellement par spécialité. Études de médecine sur Onisep.
Source primaire pour vérifier les arrêtés en vigueur : organisation des EDN, maquettes des DES, procédure d'appariement. À consulter avant toute information vue sur des forums.
Plateforme d'orientation post-bac obligatoire pour candidater en première année santé. Contient les attendus, capacités d'accueil et calendriers de chaque université.
Depuis le 1er janvier 2026, l'Agence de Services et de Paiement gère les contrats d'engagement de service public et le versement des allocations mensuelles de 1 200 €.
Bourses sur critères sociaux, demande de logement universitaire, restauration. Demandes via le Dossier Social Étudiant (DSE) à déposer entre janvier et mai pour l'année suivante.
Questions fréquentes sur les études de médecine
Combien de temps durent les études de médecine en France ?
Quelle est la différence entre l'EDN et l'ancienne ECN ?
Combien coûtent les études de médecine en France ?
Peut-on reprendre des études de médecine à 30 ou 40 ans ?
Quel est le diplôme final des études de médecine ?
Quelle note minimale faut-il obtenir aux EDN ?
Que se passe-t-il en cas d'échec aux deux sessions ?
Combien de spécialités peut-on choisir aux EDN ?
Combien de temps dure l'internat de médecine générale ?
Quelle est la spécialité la plus longue ?
Comment fonctionne le droit au remords ?
Comment maximiser sa note de parcours ?
Peut-on redoubler la première année de médecine ?
Quelles sont les dates des EDN 2026 ?
