Medtech : définition, top 30 mondial et acteurs français

Article mis à jour le : 2 août 2026

La medtech, contraction de medical technology, désigne les technologies au service du diagnostic, du traitement et de la prévention. Dispositifs implantables, robots chirurgicaux, logiciels d'aide à la décision, objets connectés de santé. Ces technologies structurent le quotidien des soignants.

Ce guide présente la définition officielle, les catégories de dispositifs et le classement des entreprises mondiales, européennes et françaises. Il détaille ensuite les acteurs de l'écosystème, le cadre réglementaire et les technologies qui transforment la pratique.

Technologies médicales utilisées par un professionnel de santé, illustration de la medtech
La medtech couvre aussi bien le consommable stérile que le robot chirurgical et le logiciel de diagnostic
Sommaire

Définition de la medtech

Définition officielle et cadre juridique

Le terme medtech désigne l'application des technologies au service de la santé. Prévention, diagnostic, traitement et suivi des patients.

Son périmètre couvre un spectre large. Il va du pansement stérile au robot chirurgical, du capteur de glycémie connecté au logiciel d'aide au diagnostic par intelligence artificielle.

Définition de l'OMS

L'Organisation mondiale de la santé décrit la technologie médicale comme l'application de connaissances et de compétences organisées. Elles prennent la forme d'appareils, de médicaments, de vaccins, de procédures et de systèmes. L'objectif est de résoudre un problème de santé et d'améliorer la qualité de vie.

En droit français, la définition ne figure plus dans le code de la santé publique. Beaucoup de sources renvoient encore à l'article L5211-1 pour définir le dispositif médical. Cette référence n'est plus exacte.

Depuis l'ordonnance n° 2022-1086 du 29 juillet 2022, le chapitre du code consacré aux dispositifs médicaux renvoie au texte européen. La définition opposable figure à l'article 2 du règlement (UE) 2017/745, dit règlement MDR.

La nuance compte pour un mémoire, un dossier de certification ou une procédure. Citer un article dans une rédaction abrogée affaiblit un document.

À noter, médicament ou dispositif médical

La distinction est fondamentale en droit de la santé. Un médicament agit par voie pharmacologique, immunologique ou métabolique. Un dispositif médical agit par voie mécanique, physique ou thermique.

Un pansement actif contenant un antiseptique bascule d'une catégorie à l'autre selon la part prépondérante de l'action revendiquée. C'est l'évaluation qui tranche en cas d'ambiguïté.

Medtech, healthtech, biotech : les différences

Ces termes appartiennent tous à l'univers de la santé. Leurs périmètres diffèrent pourtant nettement.

Medtech

Dispositifs et équipements à usage médical direct. IRM, défibrillateur, prothèse de hanche, logiciel de diagnostic par IA.

Biotech

Thérapies développées à partir du vivant. Vaccins, biothérapies, thérapie génique, anticorps monoclonaux.

E-santé

Solutions numériques de coordination. Dossier patient informatisé, téléconsultation, messagerie sécurisée.

Le terme healthtech sert de chapeau aux trois catégories. Il n'a aucune portée réglementaire.

Cette page traite de la medtech au sens réglementaire, celui du règlement MDR. L'e-santé n'y entre que lorsqu'un logiciel bascule dans le statut de dispositif médical.

La ligne de partage utile pour un soignant est fonctionnelle. Un logiciel de prise de rendez-vous relève de l'e-santé et échappe au marquage CE. Un logiciel qui propose une posologie devient un dispositif médical et bascule sous le régime MDR.

La medtech en dix repères
  • Définition opposable : article 2 du règlement (UE) 2017/745, applicable depuis le 26 mai 2021
  • Autorité de surveillance en France : ANSM, pour la matériovigilance et le contrôle du marché
  • Autorité d'évaluation : HAS, pour le service rendu et l'accès au remboursement
  • Classes de risque : I, IIa, IIb et III, selon la durée de contact et le caractère invasif
  • Marché européen : de l'ordre de 170 milliards d'euros en 2024
  • Rang de la France : deuxième marché européen, derrière l'Allemagne
  • Entreprises en Europe : environ 38 000, dont 90 % de PME
  • Emploi européen : plus de 930 000 personnes en emplois directs
  • Filière française : 1 396 entreprises et près de 84 000 emplois directs
  • Brevets : 15 700 demandes medtech déposées à l'Office européen des brevets en 2024
  • Prochaines échéances : fin de transition MDR au 31 décembre 2027 puis au 31 décembre 2028

Sources : règlement (UE) 2017/745 sur EUR-Lex. code de la santé publique, articles L5211-1 à L5211-6. MedTech Europe, The European Medical Technology in Figures, édition 2025 portant sur les données 2024. Snitem, Panorama de la filière industrielle des dispositifs médicaux, édition 2023.

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Les grandes familles de dispositifs médicaux

Plus de deux millions de technologies médicales sont référencées en Europe, réparties en plus de 7 000 groupes génériques de dispositifs. Ce décompte porte sur des références commercialisées, pas sur des unités produites.

Chaque famille obéit à des exigences de classification, de marquage et de surveillance après commercialisation qui lui sont propres.

Famille Exemples concrets Professionnels concernés
Imagerie médicale IRM, scanner, échographe, radiologie numérique Radiologues, manipulateurs, urgentistes, cardiologues
Dispositifs implantables Stimulateurs cardiaques, prothèses, stents, implants cochléaires Chirurgiens, cardiologues, orthopédistes
Monitorage et surveillance Moniteurs ECG, oxymètres, capteurs continus de glycémie Infirmiers, IDE libéraux, médecins généralistes
Diagnostic in vitro Automates d'analyse, tests rapides antigéniques, hémostase Biologistes, techniciens de laboratoire, infirmiers préleveurs
Logiciels médicaux Aide au diagnostic par IA, planification chirurgicale, prescription Toutes les professions de santé
Robotique chirurgicale Robots d'assistance opératoire, exosquelettes de rééducation Chirurgiens, anesthésistes, kinésithérapeutes
Consommables de soins Seringues, cathéters, pansements actifs, défibrillateurs automatisés Ensemble des soignants hospitaliers et libéraux
Dispositifs connectés Montres médicales, tensiomètres, télésurveillance à domicile Infirmiers, médecins de ville, HAD

Source du tableau : classification établie à partir des règles de l'annexe VIII du règlement (UE) 2017/745 et du recensement des groupes génériques publié par MedTech Europe. Répartition par profession établie par lonasante.com.

La frontière entre ces familles se brouille. Un capteur de glycémie associé à un algorithme de dosage relève du monitorage et du logiciel médical. Sa classe de risque monte en conséquence.

Top 30 mondial des entreprises de medtech

Le classement ci-dessous est indicatif. Il reprend le Top 30 annuel de la revue professionnelle Medical Product Outsourcing. Les montants portent sur l'exercice 2024, en dollars.

Deux précisions de lecture s'imposent. Les groupes diversifiés ne sont retenus que pour leur activité dispositifs médicaux. Le montant affiché ne correspond donc pas au total consolidé.

Surtout, aucun classement medtech ne fait autorité. Johnson & Johnson, Abbott, Philips, Danaher et Roche ne segmentent pas leurs revenus de la même façon. Un rang lu ici peut différer de deux à trois places ailleurs.

Le classement par chiffre d'affaires

Rang et entreprise Pays CA 2024 Activité principale
1. MedtronicÉtats-Unis33,6 Md$Cardiologie, neuromodulation, chirurgie
2. Johnson & Johnson MedTechÉtats-Unis31,9 Md$Chirurgie, orthopédie, cardiologie interventionnelle
3. AbbottÉtats-Unis28,3 Md$Diagnostic, cardiologie, capteurs de glycémie
4. Siemens HealthineersAllemagne25,0 Md$Imagerie, diagnostic de laboratoire, radiothérapie
5. StrykerÉtats-Unis22,6 Md$Orthopédie, instrumentation, robotique
6. Becton DickinsonÉtats-Unis20,2 Md$Consommables, perfusion, microbiologie
7. GE HealthCareÉtats-Unis19,7 Md$Imagerie, monitorage, produits de contraste
8. PhilipsPays-Bas18,0 Md$Imagerie, monitorage, ventilation
9. Cardinal HealthÉtats-Unis16,9 Md$Consommables médicaux et distribution
10. Boston ScientificÉtats-Unis16,8 Md$Cardiologie, endoscopie, urologie
11. EssilorLuxotticaFrance et Italie12,5 Md$Optique ophtalmique et lunetterie
12. BaxterÉtats-Unis10,6 Md$Perfusion, soins critiques, nutrition
13. AlconSuisse9,8 Md$Chirurgie ophtalmique et lentilles
14. DanaherÉtats-Unis9,8 Md$Diagnostic biologique et anatomopathologie
15. B. BraunAllemagne9,5 Md$Perfusion, dialyse, instrumentation
16. IntuitiveÉtats-Unis8,4 Md$Robotique chirurgicale
17. SolventumÉtats-Unis8,3 Md$Pansements, prévention des infections
18. Zimmer BiometÉtats-Unis7,7 Md$Prothèses articulaires
19. TerumoJapon6,9 Md$Cardiovasculaire, consommables, transfusion
20. OlympusJapon6,7 Md$Endoscopie digestive et chirurgicale
21. Smith+NephewRoyaume-Uni5,8 Md$Orthopédie, cicatrisation, arthroscopie
22. Edwards LifesciencesÉtats-Unis5,4 Md$Valves cardiaques et monitorage hémodynamique
23. MindrayChine5,0 Md$Monitorage, échographie, automates
24. ResMedÉtats-Unis4,7 Md$Ventilation et apnée du sommeil
25. FujifilmJapon4,6 Md$Imagerie et endoscopie
26. Fresenius Medical CareAllemagne4,4 Md$Dialyse et soins rénaux
27. SonovaSuisse4,4 Md$Audioprothèses et implants auditifs
28. NiproJapon4,3 Md$Dialyse et consommables
29. HologicÉtats-Unis4,0 Md$Santé de la femme et dépistage
30. DexcomÉtats-Unis4,0 Md$Capteurs continus de glycémie

Source du tableau : classement Top 30 de Medical Product Outsourcing, relayé en français par Medica Magazine et Medical Design & Outsourcing, Medtech Big 100, classement établi sur le dernier exercice fiscal publié par chaque société (exercice 2024). Conversions de devises au taux en vigueur à la date de publication du classement. Certaines lignes incluent des ventes non strictement liées aux dispositifs quand les sociétés ne détaillent pas ce périmètre.

Bon à savoir

Mindray est la première entreprise chinoise entrée dans ce top 30. Nipro y fait aussi son entrée. Ces deux arrivées signalent un déplacement progressif du centre de gravité industriel vers l'Asie.

Sur les trente sociétés classées, seules deux ont vu leurs revenus stagner ou reculer sur l'exercice.

Les chiffres 2025 des quinze premiers

Le Top 30 ci-dessus porte sur l'exercice 2024. La plupart des grands groupes ont depuis publié leurs comptes 2025, ce qui déplace plusieurs positions.

Le tableau ci-dessous reprend les quinze premiers groupes mondiaux sur leur dernier exercice clos. La variation porte sur l'exercice précédent.

Entreprise Pays CA 2025 Variation et périmètre
1. MedtronicÉtats-Unis36,4 Md$+8,5 %, exercice clos fin avril 2026
2. Johnson & Johnson MedTechÉtats-Unis33,8 Md$+6,0 %, porté par Shockwave et Abiomed
3. AbbottÉtats-Unis30,3 Md$+6,9 %, dispositifs médicaux et diagnostic
4. Medline IndustriesÉtats-Unis28,4 Md$+12,7 %, entrée en Bourse fin 2025
5. Siemens HealthineersAllemagne27,0 Md$+5,1 %, exercice clos fin septembre 2025
6. StrykerÉtats-Unis25,1 Md$+11,1 %, tirée par la robotique Mako
7. Becton DickinsonÉtats-Unis21,8 Md$+0,5 %, exercice clos fin septembre 2025
8. GE HealthCareÉtats-Unis20,6 Md$+4,7 %, imagerie et visualisation avancée
9. PhilipsPays-Bas20,5 Md$+2 % à périmètre comparable, après cession du grand public
10. Boston ScientificÉtats-Unis20,1 Md$+20,4 %, la plus forte hausse du groupe de tête
11. Roche DiagnosticsSuisse17,3 Md$-2,3 % en francs suisses, effet de change défavorable
12. B. BraunAllemagne11,3 Md$+8,7 %, groupe familial non coté
13. BaxterÉtats-Unis11,2 Md$+5,7 %, hors activité rénale Vantive cédée
14. DanaherÉtats-Unis10,2 Md$+4,1 %, segment diagnostic seul
15. Fresenius KabiAllemagne9,9 Md$+1,1 %, hors activité hospitalière Helios

Source du tableau : rapports annuels et communiqués de résultats 2025 publiés par chaque société, notamment le communiqué de résultats annuels de Medtronic, le rapport annuel 2025 de Johnson & Johnson et le rapport annuel 2025 de Boston Scientific (PDF). Conversions en dollars aux taux retenus par les groupes. Les exercices comptables ne sont pas alignés. Medtronic clôture fin avril, Siemens Healthineers et Becton Dickinson fin septembre, les autres au 31 décembre. Medline distribue du matériel médical plus qu'il n'en fabrique, ce qui explique son absence des palmarès centrés sur les seuls fabricants.

Bon à savoir

Boston Scientific signe la plus forte progression du groupe de tête sur 2025, avec 20,4 % de croissance. Elle tient surtout à deux produits, le système d'ablation par champ pulsé FARAPULSE et le dispositif de fermeture d'auricule WATCHMAN.

Cette dynamique fait entrer la société dans le club des vingt milliards de dollars. GE HealthCare et Philips l'y rejoignent.

Fusions, cessions et scissions en cours

Trois opérations engagées en 2024 et 2025 déplacent du chiffre d'affaires entre les membres du top 30.

  • La séparation de Medtronic Diabetes, rebaptisée MiniMed, retire au leader mondial une activité de plusieurs milliards de dollars
  • Le rachat de Shockwave Medical par Johnson & Johnson MedTech, pour 13,5 milliards de dollars, renforce le deuxième en cardiologie interventionnelle
  • La cession des soins critiques d'Edwards Lifesciences à Becton Dickinson, pour 4,2 milliards de dollars, déplace du chiffre d'affaires entre deux membres du top 30

Sur l'exercice 2025, Medtronic affiche 36,4 milliards de dollars et Johnson & Johnson MedTech 33,8 milliards. L'écart se resserre. La séparation de MiniMed pourrait inverser les deux premières places au prochain classement.

Sources : Medical Design & Outsourcing, Medtech Big 100, MassDevice, les dix plus grandes entreprises du secteur et Medical Design & Outsourcing, analyse des dépenses de R&D du Big 100. Rapports annuels 2025 de Medtronic et de Johnson & Johnson.

Attention aux classements trouvés en ligne

Les palmarès medtech ne sont pas comparables entre eux. Certains incluent les distributeurs comme Medline ou Henry Schein, d'autres les excluent. Certains comptent le diagnostic in vitro de Roche, d'autres le rattachent au secteur pharmaceutique.

Avant de citer un rang dans un mémoire ou un dossier, vérifiez le périmètre retenu et l'exercice comptable de référence.

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Les leaders européens de la technologie médicale

L'Europe pèse 26,4 % du marché mondial des dispositifs médicaux aux prix fabricants, contre 46,4 % pour les États-Unis. Elle occupe la deuxième place, loin derrière le marché américain.

Le marché européen en chiffres

170 Md€ Marché européen 2024
38 000 Entreprises, 90 % de PME
930 000 Emplois directs
15 700 Brevets déposés en 2024

Source des chiffres : MedTech Europe, Facts and Figures 2025, version PDF intégrale et données emploi et entreprises. Le marché est calculé aux prix fabricants, hors marges de distribution.

Les cinq premiers marchés du continent sont l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, l'Italie et l'Espagne.

La France occupe la deuxième place avec 12,8 % du marché européen des dispositifs médicaux. L'Allemagne en concentre 25,2 %.

Sur le diagnostic in vitro, la France pèse plus lourd encore, avec 16,1 % du marché européen. Elle reste deuxième derrière l'Allemagne et ses 18,9 %.

Indicateur Europe Position de la France
Marché des dispositifs médicaux170 Md€ en 20242e marché, 12,8 % du total
Marché du diagnostic in vitroAllemagne en tête avec 18,9 %2e marché, 16,1 % du total
Emploi directPlus de 930 000 personnes4e pays, 84 000 emplois
Emploi pour 10 000 habitants32 en Autriche, 25 en Allemagne12 pour 10 000 habitants
Balance commerciale des dispositifsExcédent de 5 Md€ en 2024Déficit le plus élevé d'Europe

Source du tableau : MedTech Europe, Facts and Figures 2025, graphiques 3, 4, 6, 7 et 15 (PDF). Marché calculé aux prix fabricants. Balance commerciale incluant le commerce intracommunautaire, exprimée en millions d'euros.

Le point noir français

La France affiche le déficit commercial le plus important d'Europe sur les dispositifs médicaux en 2024. Suivent l'Espagne, le Royaume-Uni et l'Italie.

À l'autre bout du classement, l'Irlande, l'Allemagne et les Pays-Bas dégagent chacun plus de six milliards d'euros d'excédent. Un pays peut donc être un grand marché de consommation sans être un grand producteur.

Un indicateur mérite l'attention. Le taux de délivrance des brevets medtech à l'Office européen atteint 70,1 % en 2024. Il tombe à 36 % pour la pharmacie et à 22 % pour la biotechnologie.

Un autre chiffre remet les débats budgétaires en perspective. Les technologies médicales représentent 7,7 % de la dépense de santé européenne, soit moins de 1 % du produit intérieur brut.

Rapporté à la population, cela fait environ 319 euros par habitant et par an. Les dispositifs médicaux et l'imagerie en captent 7,1 points, le diagnostic in vitro 0,6 point.

Source : MedTech Europe, Facts and Figures 2025, chapitre sur les dépenses de technologies médicales, calculs établis à partir des statistiques EFPIA, Eurostat, Fitch Solutions et OMS. La part de 7,7 % correspond à la moyenne européenne et varie de 5 % à 12 % selon les pays.

Les groupes européens de premier plan

Entreprise Pays Rang mondial Spécialité
Siemens HealthineersAllemagne4eImagerie, diagnostic, radiothérapie Varian
PhilipsPays-Bas8eImagerie, monitorage, ventilation
EssilorLuxotticaFrance et Italie11eVerres ophtalmiques et lunetterie
AlconSuisse13eChirurgie de la cataracte, lentilles
B. BraunAllemagne15ePerfusion, dialyse, instrumentation
Smith+NephewRoyaume-Uni21eOrthopédie et cicatrisation
Fresenius Medical CareAllemagne26eDialyse et soins rénaux
SonovaSuisse27eAudioprothèses et implants auditifs
Roche DiagnosticsSuisseHors périmètreDiagnostic in vitro, 17,3 Md$ en 2025
bioMérieuxFranceHors top 30Diagnostic des maladies infectieuses
ColoplastDanemarkHors top 30Stomie, continence, cicatrisation
GetingeSuèdeHors top 30Bloc opératoire, stérilisation, réanimation
DemantDanemarkHors top 30Audiologie et diagnostic auditif
StraumannSuisseHors top 30Implantologie dentaire
ElektaSuèdeHors top 30Radiothérapie et radiochirurgie
DrägerwerkAllemagneHors top 30Ventilation, anesthésie, monitorage
OttobockAllemagneHors top 30Prothèses externes et orthèses

Sources du tableau : rangs mondiaux issus du classement Top 30 de Medical Product Outsourcing (exercice 2024). Chiffre d'affaires Roche Diagnostics issu du rapport annuel 2025 du groupe Roche (PDF). sélection des sociétés hors top 30 établie par lonasante.com à partir des données sectorielles de MedTech Europe et des publications financières des groupes cités.

La mention « hors top 30 » ne signifie pas un poids négligeable. Elle traduit un chiffre d'affaires inférieur au seuil du classement, autour de quatre milliards de dollars. Elle peut aussi refléter un périmètre rattaché à un autre secteur.

Top 30 des entreprises françaises de medtech

La France compte des leaders mondiaux sur des niches précises. Aucune entreprise française n'atteint en revanche la taille d'un Medtronic sur le seul champ du dispositif médical.

Les vingt groupes et ETI de référence

Entreprise Spécialité Repère
1. EssilorLuxotticaVerres correcteurs, lunetterie, audiologie28,5 Md€ de CA groupe en 2025, siège franco-italien
2. bioMérieuxDiagnostic in vitro des maladies infectieuses4,07 Md€ de CA en 2025, siège à Marcy-l'Étoile
3. Air Liquide HealthcareGaz médicaux, oxygénothérapie, santé à domicileBranche santé du groupe Air Liquide
4. Sartorius Stedim BiotechÉquipements de bioproduction et de laboratoireSiège à Aubagne, coté à Paris, environ 10 300 collaborateurs
5. GuerbetProduits de contraste et imagerie interventionnelle786,4 M€ de CA en 2025, en repli de 3,5 %
6. VygonAbord vasculaire et néonatologie, usage unique423 M€ de CA en 2025, siège à Écouen, 11 usines
7. Urgo MedicalCicatrisation et pansements actifsBranche santé du groupe Urgo
8. ThuasneOrthopédie souple et compression médicaleGroupe familial français
9. Sigvaris GroupCompression veineuse médicaleGroupe implanté dans la Loire
10. InnotheraContention veineuse et pharmacieLaboratoire indépendant français
11. Groupe LépineImplants orthopédiques hanche, genou, rachisUn des plus anciens fabricants français d'implants
12. MenixProthèses de hanche et de genou, marques Serf et DedienneGroupe rhônalpin d'implants orthopédiques
13. Amplitude SurgicalOrthopédie du membre inférieur110,8 M€ de CA sur l'exercice 2024-25, siège à Valence
14. Diagnostica StagoHémostase et exploration de la coagulationActeur mondial de l'hémostase, groupe familial
15. SebiaÉlectrophorèse et diagnostic des protéinesRéférence mondiale sur sa niche
16. NemeraDispositifs d'administration de médicamentsIndustriel des systèmes d'injection et d'inhalation
17. Mauna Kea TechnologiesEndomicroscopie confocale pour le diagnostic in vivoSociété cotée à Paris
18. Bastide Le Confort MédicalPrestation de santé et matériel médical à domicileRéseau national de prestataires, société cotée
19. WinncareSupports de prévention des escarres et lits médicauxIndustriel du maintien à domicile et de l'EHPAD
20. Delmont ImagingEndoscopie gynécologique et imagerie chirurgicaleIndustriel marseillais du bloc opératoire

Sources du tableau : communiqués financiers des sociétés cotées : bioMérieux, résultats annuels 2025, Guerbet, résultats annuels 2025 du 11 mars 2026, Amplitude Surgical, chiffre d'affaires annuel 2024-25. Fiche membre French Healthcare pour Vygon et panorama French Healthcare de la meditechnologie. Rapport annuel 2025 du Snitem pour le périmètre de la filière. Sélection et ordre de présentation établis par lonasante.com selon le poids économique et l'ancrage français du siège. Les sociétés non cotées ne publient pas de chiffre d'affaires consolidé vérifiable, d'où l'absence de montant sur ces lignes.

À noter

Ce classement retient l'ancrage français du siège social et de la décision, pas seulement la présence industrielle. Medtronic, Becton Dickinson, Zimmer Biomet ou Siemens Healthineers emploient des milliers de personnes en France sans être des entreprises françaises.

Le Snitem rappelle que plus de 85 % des entreprises de la filière installée en France sont d'origine française ou européenne.

Les douze pépites françaises à suivre

Ces sociétés ne figurent dans aucun classement par chiffre d'affaires. Elles portent pourtant l'essentiel des dépôts de brevets français du secteur.

La sélection retient des acteurs dont le produit est déjà utilisé en soins, pas des projets de laboratoire.

01 Intelligence artificielle en imagerie

Gleamer

Algorithmes d'analyse des radiographies standard, orientés vers la détection des fractures et des anomalies osseuses.

  • SiègeParis
  • Champ cliniqueRadiologie, urgences, traumatologie
  • Pour le soignantUne seconde lecture automatisée sur les clichés de garde, quand le radiologue senior n'est pas sur place.
02 Intelligence artificielle en imagerie

Therapixel

Analyse assistée des mammographies de dépistage, avec un positionnement sur la double lecture organisée.

  • SiègeNice
  • Champ cliniqueSénologie et dépistage organisé
  • Pour le soignantUn appui sur les campagnes de dépistage, dans un contexte de démographie médicale tendue en radiologie.
03 Robotique interventionnelle

Quantum Surgical

Plateforme Epione, robot d'assistance au traitement percutané des tumeurs par ablation, avec fusion d'images.

  • SiègeMontpellier
  • Champ cliniqueOncologie interventionnelle
  • Pour le soignantUn accès au traitement pour des tumeurs jugées inopérables ou difficiles à atteindre.
04 Robotique interventionnelle

Robocath

Robotique d'assistance à l'angioplastie coronaire, conçue pour éloigner l'opérateur de la source de rayonnement.

  • SiègeRouen
  • Champ cliniqueCardiologie interventionnelle
  • Pour le soignantUne réduction de l'exposition aux rayons X pour l'équipe de salle de cathétérisme.
05 Robotique chirurgicale

Moon Surgical

Assistance robotisée à la chirurgie laparoscopique, pensée pour s'intégrer aux blocs opératoires existants.

  • SiègeParis
  • Champ cliniqueChirurgie viscérale et digestive
  • Pour le soignantUne aide opératoire qui ne suppose pas de reconstruire une salle entière autour du robot.
06 Robotique de rééducation

Wandercraft

Exosquelettes de marche autoéquilibrés, utilisés sans béquilles par des patients privés de la marche.

  • SiègeParis
  • Champ cliniqueRééducation neurologique et médullaire
  • Pour le soignantDes séances de verticalisation et de marche en centre de rééducation, avec un encadrement kiné.
07 Boucle fermée et diabète

Diabeloop

Algorithme d'administration automatisée de l'insuline, commercialisé sous le nom DBLG1 en Europe.

  • SiègeGrenoble
  • Champ cliniqueDiabète de type 1
  • Pour le soignantUn changement de posture éducative, l'accompagnement portant sur le système autant que sur la glycémie.
08 Dispositifs connectés

Withings

Tensiomètres, balances et montres à usage médical, avec une offre dédiée aux professionnels de santé.

  • SiègeIssy-les-Moulineaux
  • Champ cliniqueSuivi à domicile et maladies chroniques
  • Pour le soignantDes mesures relevées entre deux consultations, à condition qu'un destinataire soit identifié pour les alertes.
09 Télésurveillance médicale

Sêmeia

Plateforme de télésurveillance des maladies chroniques, inscrite dans le cadre du remboursement de droit commun.

  • SiègeParis
  • Champ cliniqueOncologie, insuffisance cardiaque, maladies chroniques
  • Pour le soignantUne organisation du suivi entre deux venues, avec une charge de traitement des alertes à répartir dans l'équipe.
10 Imagerie dermatologique

SquareMind

Imagerie robotisée de la peau, associée à une analyse par intelligence artificielle pour la cartographie des lésions.

  • SiègeParis
  • Champ cliniqueDermatologie et suivi des lésions cutanées
  • Pour le soignantUn suivi comparatif des grains de beauté dans le temps, sans dépendre de la photographie manuelle.
11 Assistant de consultation

Nabla

Assistant vocal qui transcrit la consultation et génère automatiquement le compte rendu dans le dossier patient.

  • SiègeParis
  • Champ cliniqueToutes spécialités, ville et hôpital
  • Pour le soignantDu temps administratif récupéré, sous réserve d'une relecture systématique avant validation.
Notre fiche sur Nabla
12 Aide à la prescription

Posos

Moteur de recherche médicamenteuse qui répond à une question de prescription en tenant compte du profil du patient.

  • SiègeParis
  • Champ cliniquePrescription, pharmacie clinique, iatrogénie
  • Pour le soignantUne réponse contextualisée sur les interactions et les adaptations posologiques au lit du patient.
Notre fiche sur Posos

Source de la sélection : recensement lonasante.com établi à partir des communications publiques des sociétés, du Panorama France HealthTech 2026 analysé par Medtech France, du Panorama France Biotech (PDF) et des levées de fonds relayées par la presse spécialisée au premier semestre 2026. Les sièges et les champs cliniques proviennent des sites officiels des sociétés. Aucune de ces sociétés n'est partenaire de lonasante.com. Cette liste ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation d'achat de dispositif médical.

À noter

Un produit cité ici n'est utilisable en soins que s'il porte un marquage CE correspondant à sa destination. Vérifiez la classe et le numéro d'organisme notifié avant tout usage clinique.

La présence dans une liste de pépites ne dit rien du niveau de démonstration clinique ni du statut de remboursement.

Les défaillances absentes des classements

Un palmarès valorise les entreprises qui tiennent. Il masque celles qui tombent, alors que ces échecs racontent la réalité du secteur.

Le cas Carmat, à connaître avant de le citer

Carmat, concepteur du cœur artificiel total, figurait dans toutes les listes de fleurons français. La société a déclaré sa cessation des paiements le 30 juin 2025. Le redressement judiciaire a été ouvert le 1er juillet 2025.

Le tribunal des activités économiques de Versailles a arrêté un plan de cession le 1er décembre 2025. Il a prononcé la liquidation de Carmat SA le 6 janvier 2026. L'activité se poursuit au sein d'une nouvelle structure, Carmat SAS. L'action a été retirée de la cote.

Les documents antérieurs à 2026 présentent encore Carmat comme une société cotée. Vérifiez la date de vos sources avant de reprendre cet exemple dans un mémoire.

Sources : Euronext, communiqué Carmat du 6 janvier 2026 et DILA, publication AMF du communiqué Carmat (PDF).

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Les acteurs et organisations clés de la medtech en France

L'écosystème medtech français repose sur un réseau structuré. Syndicats professionnels, associations d'entreprises, médias spécialisés et autorités de contrôle.

Comprendre le rôle de chacun aide les soignants à savoir à qui s'adresser selon la question posée.

Syndicat professionnel

Snitem

Fondé en 1987, le Syndicat national de l'industrie des technologies médicales est la première organisation professionnelle du secteur en France. Il fédère plus de 630 entreprises adhérentes, dont une majorité de PME et d'ETI.

Il siège dans les instances de concertation et négocie avec le CEPS les tarifs de remboursement. Il publie aussi le panorama bisannuel de référence de la filière.

Consulter le site du Snitem
Association d'entreprises

MedTech in France

Fondée en 2013, cette association regroupe une soixantaine d'entreprises françaises. Elles interviennent dans la recherche, la production ou la distribution de technologies médicales.

Elle se distingue du Snitem par sa vocation entrepreneuriale. Son axe est l'émergence de champions à l'international et le portage du plan Dispositifs médicaux de France 2030.

Consulter le site de MedTech in France
Média spécialisé

Medtech France

À ne pas confondre avec l'association MedTech in France. Medtech France est un média d'information indépendant dédié aux technologies médicales.

Sa rédaction couvre l'actualité du secteur, les nouvelles technologies, l'analyse réglementaire et les tendances de l'IA médicale.

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Niveau européen

MedTech Europe

MedTech Europe est l'association professionnelle européenne. Elle regroupe les associations nationales du secteur des dispositifs médicaux et du diagnostic in vitro, dont le Snitem.

Elle représente la filière auprès des institutions de l'Union et publie chaque année les données de référence du marché européen.

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Autorité compétente

ANSM

L'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé est l'autorité compétente en France. Elle surveille les dispositifs médicaux après leur mise sur le marché.

Elle pilote la matériovigilance, traite les signalements d'incidents, décide des retraits et contrôle la conformité des produits en circulation.

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Autorité d'évaluation

HAS

La Haute Autorité de santé évalue les dispositifs médicaux pour déterminer leur service attendu et leur amélioration du service attendu.

Elle évalue aussi les dispositifs médicaux numériques via son référentiel dédié et définit les orientations nationales du DPC.

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Sources des fiches : statuts et publications institutionnelles de chaque organisme, accessibles depuis les liens de chaque carte. Le nombre d'adhérents du Snitem provient de ses communiqués de presse de 2025. Le périmètre de la matériovigilance provient des pages de référence de l'ANSM.

À noter, Snitem ou MedTech in France

Le Snitem est le syndicat institutionnel. Rôle réglementaire et tarifaire auprès du CEPS et de l'ANSM, plus de 630 membres.

MedTech in France est une association entrepreneuriale plus resserrée, centrée sur la promotion des start-up françaises à l'international. Les deux structures sont complémentaires et n'interviennent pas sur les mêmes leviers.

La filière medtech en France : chiffres clés

Un tissu de PME en contraction

Le Snitem publie tous les deux ans un panorama de la filière industrielle des dispositifs médicaux. L'édition la plus récente a été présentée en février 2024 et porte sur les données 2023.

Le chiffre le plus parlant de ce panorama n'est pas un montant. C'est une baisse. La France comptait 1 476 entreprises de dispositifs médicaux en 2021 et 1 396 en 2023.

Quatre-vingts sociétés ont donc disparu du recensement en deux ans, dans un secteur présenté comme porteur.

1 396 Entreprises en 2023
84 000 Emplois directs
93 % De PME
408 Sites de production

Source des chiffres : Snitem, Panorama de la filière industrielle des dispositifs médicaux en France, édition 2023, étude réalisée par D&Consultants en partenariat avec la Direction générale des entreprises, Bpifrance et Eurazeo, présentée le 5 février 2024. Périmètre retenu par le Snitem : les entreprises dont l'activité relève du dispositif médical, diagnostic in vitro et dispositifs d'e-santé inclus, sièges sociaux implantés en France. Les données portent sur l'exercice 2023. L'édition suivante, attendue sur les données 2025, n'était pas publiée au 2 août 2026.

Neuf entreprises sur dix se consacrent exclusivement au dispositif médical. En incluant la sous-traitance, la filière approche 100 000 emplois et 34 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

L'Île-de-France concentre 36 % des sièges sociaux et Auvergne-Rhône-Alpes 18 %. Ces deux régions accueillent aussi plus du tiers des sites de production identifiés.

Des tensions structurelles persistantes

La régulation budgétaire touche directement la disponibilité des dispositifs dans les services.

La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 a fixé un nouveau seuil. La clause de sauvegarde des dispositifs médicaux se déclenche désormais à 2,19 milliards d'euros. Soit 70 millions de moins qu'en 2025.

Le Snitem chiffre à 150 millions d'euros la charge supplémentaire pour les entreprises du secteur.

Important, l'impact pour les établissements de santé

Le montant Z est le seuil au-delà duquel les fabricants reversent une contribution à l'Assurance maladie. Son abaissement répété fonctionne comme une taxe sur la croissance du secteur.

Le Snitem chiffre l'impact d'un déclenchement. Une entreprise reverse en moyenne près de 25 % de ses dépenses salariales. Ou 35 % de son budget de recherche.

Quand un fabricant renonce au marché français, les équipes perdent une alternative thérapeutique. La conséquence se voit d'abord en cardiologie interventionnelle et en oncologie. Les dispositifs de la liste en sus y sont les premiers visés.

Sources : Sénat, rapport sur le PLFSS pour 2026 et Snitem Info n° 239, dossier PLFSS 2026 (PDF), pour le montant Z de l'article L. 138-19-8 du code de la sécurité sociale. communiqués du Snitem sur le PLFSS 2026, octobre et décembre 2025.

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Les technologies qui transforment la pratique

Malgré un contexte économique sous tension, le niveau d'innovation reste élevé. Quatre axes structurent aujourd'hui la transformation du secteur.

L'intelligence artificielle en médecine

Les algorithmes s'imposent dans les pratiques diagnostiques. Ils analysent des volumes de données inaccessibles à la lecture humaine seule. Images radiologiques, résultats biologiques, données génomiques.

Sur le plan réglementaire, les logiciels d'aide à la décision clinique intégrant de l'IA sont qualifiés de dispositifs médicaux logiciels. Ils relèvent du règlement MDR dès qu'ils poursuivent une finalité médicale.

La règle pratique tient en une phrase. Un logiciel qui archive ou affiche une donnée n'est pas un dispositif médical. Un logiciel qui interprète, calcule un risque ou propose une conduite en devient un.

Important, l'IA ne remplace pas le jugement clinique

Même lorsqu'un logiciel détecte une anomalie avec une précision supérieure à celle d'un soignant, la décision finale relève du praticien.

Une erreur diagnostique fondée sur une recommandation non vérifiée engage la responsabilité du professionnel. Celle de l'établissement peut l'être conjointement.

La robotique chirurgicale et interventionnelle

La robotique sort du bloc de chirurgie viscérale et urologique. Elle gagne la radiologie interventionnelle, la cardiologie et l'orthopédie.

La conséquence organisationnelle reste peu anticipée. Chaque plateforme robotisée impose un parcours de formation propre et des consommables dédiés. Elle suppose aussi une équipe de bloc entraînée.

Bon à savoir, la formation par simulation

Les centres de formation chirurgicale par simulation permettent d'effectuer des centaines de gestes sur simulateur avant toute intervention sur patient.

Ce modèle, longtemps réservé à la chirurgie digestive, se généralise à l'urologie et à la cardiologie interventionnelle.

Les dispositifs connectés et la télésurveillance

Capteurs continus de glycémie, tensiomètres connectés, télésurveillance de l'insuffisance cardiaque. Ces outils déplacent une partie de la surveillance vers le domicile.

Pour les infirmiers et les médecins traitants, l'enjeu tient moins à la technologie qu'au traitement des alertes. Un dispositif qui remonte des données sans destinataire identifié génère du risque plutôt qu'il n'en retire.

La médecine personnalisée

L'intégration des données génétiques dans les tests diagnostiques ouvre des stratégies thérapeutiques ajustées au patient.

Les applications les plus avancées concernent l'oncologie et les maladies rares. Elles reposent sur des automates de biologie moléculaire et sur des logiciels d'interprétation, deux catégories de dispositifs distinctes.

Impact de la medtech sur les professionnels de santé

Les technologies médicales structurent le quotidien des soignants, de la chambre d'hôpital au cabinet libéral.

Elles créent trois obligations concrètes. Se former, signaler, tracer.

La montée en compétence continue

La formation initiale n'anticipe pas les équipements qui arriveront dans le service dix ans plus tard. Pompe à perfusion intelligente, moniteur multiparamétrique, défibrillateur de nouvelle génération.

Le développement professionnel continu, financé par l'Agence nationale du DPC, reste le levier principal pour combler cet écart. Les orientations nationales couvrent l'ECG, l'échographie clinique, la ventilation non invasive et la télésurveillance.

Pour les équipements liés aux gestes d'urgence, l'AFGSU 2 constitue la formation de référence. Elle couvre le défibrillateur automatisé externe, le matériel de réanimation cardio-pulmonaire et les dispositifs de maintien des voies aériennes. Elle se renouvelle tous les quatre ans.

Le rôle de l'ingénieur biomédical

Dans les établissements, l'ingénieur biomédical assure le lien entre les équipes cliniques et les fabricants.

  • Sélection des équipements, avec participation aux marchés publics et à l'analyse des offres techniques
  • Installation et mise en service, avec validation des paramètres et tests de conformité à la réception
  • Maintenance préventive et corrective, avec planification des contrôles qualité et gestion des pannes
  • Formation des équipes soignantes, avec des sessions d'utilisation sécurisée pour les nouveaux équipements
  • Matériovigilance, avec gestion des signalements et interface avec l'ANSM

Pour l'équipement d'un cabinet de ville, notre guide du matériel médical professionnel détaille les critères de sélection et les circuits d'achat.

La matériovigilance, une obligation légale souvent méconnue

Tout professionnel de santé qui constate un incident ou un risque d'incident grave lié à un dispositif médical doit le signaler. L'obligation figure à l'article L5212-2 du code de la santé publique.

En établissement, le signalement passe par la personne de contact en matériovigilance, qui transmet à l'ANSM. En libéral, la déclaration se fait directement auprès de l'agence.

Les délais de déclaration à connaître

Le règlement MDR fixe des délais différents selon la gravité. Deux jours au plus tard pour une menace grave pour la santé publique. Dix jours pour un décès ou une dégradation inattendue de l'état de santé. Quinze jours pour les autres incidents graves.

Ne pas signaler un incident grave constitue un manquement aux obligations légales. Si le même équipement provoque un accident ultérieur, l'absence de signalement antérieur pèse dans l'analyse des responsabilités.

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Cadre réglementaire : règlement MDR et marquage CE

En Europe, la mise sur le marché d'un dispositif médical relève du règlement (UE) 2017/745. Ce texte est applicable depuis le 26 mai 2021. Il a remplacé les directives 90/385/CEE et 93/42/CEE.

Les dispositifs de diagnostic in vitro relèvent d'un texte distinct, le règlement IVDR (UE) 2017/746.

Classification des dispositifs médicaux

Classe MDR Risque Exemples Exigences
Classe I Faible Béquilles, compresses, lunettes non correctrices Auto-déclaration, sauf produits stériles, de mesure ou réutilisables chirurgicaux
Classe IIa Modéré Lentilles de contact, aiguilles, cathéters courts Intervention d'un organisme notifié
Classe IIb Modéré à élevé Défibrillateurs, ventilateurs, stents vasculaires Organisme notifié et dossier technique renforcé
Classe III Élevé Stimulateurs cardiaques, valves, implants rachidiens Organisme notifié, évaluation clinique et surveillance continue

Source du tableau : règles de classification de l'annexe VIII du règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux. Les exemples sont donnés à titre indicatif. La classe réelle d'un produit dépend de sa destination revendiquée par le fabricant, de la durée de contact et du caractère invasif.

Marquage CE et remboursement sont deux choses différentes

Le marquage CE atteste la conformité aux exigences de sécurité du règlement MDR. Il autorise la mise sur le marché européen. Il n'implique aucune prise en charge par l'Assurance maladie.

Le remboursement est conditionné à l'inscription sur la liste des produits et prestations. Elle intervient après évaluation par la HAS et négociation tarifaire avec le CEPS. Cette procédure est distincte et souvent longue.

Remboursement et accès au marché en France

En France, la prise en charge des dispositifs médicaux peut emprunter trois voies.

  • Inscription sur la liste des produits et prestations, voie principale, instruite par le CEPS sur la base de l'évaluation de la Haute Autorité de santé
  • Forfait innovation, accès précoce pour les dispositifs dont l'évaluation définitive est en cours
  • Valorisation dans la CCAM, pour les actes associés à l'utilisation d'un équipement

Un dispositif marqué CE et cliniquement pertinent peut donc rester inaccessible en pratique courante, faute d'inscription tarifaire.

Perspectives 2027 et au-delà

Trois calendriers se superposent pour les années qui viennent. Les échéances de transition du MDR et de l'IVDR d'abord. La révision de ces deux règlements ensuite. L'entrée en application de l'AI Act enfin.

Aucun de ces textes ne concerne uniquement les industriels. Chacun produit des effets directs sur la disponibilité du matériel dans les services.

Le calendrier réglementaire jusqu'en 2029

Échéance Ce qui change Qui est concerné
Depuis le 28 mai 2026Quatre modules EUDAMED sont d'usage obligatoire, les acteurs, les IUD et dispositifs, les organismes notifiés et certificats, la surveillance du marchéTout nouvel acteur économique et tout nouveau dispositif mis sur le marché
28 novembre 2026Date limite d'enregistrement dans EUDAMED des dispositifs déjà présents sur le marché avant le 28 mai 2026Fabricants et mandataires, y compris pour les dispositifs déjà enregistrés au niveau national auprès de l'ANSM
2 décembre 2027Obligations de l'AI Act pour les systèmes d'intelligence artificielle à haut risque autonomes de l'annexe IIIÉditeurs de logiciels de santé non couverts par le marquage CE dispositif médical
31 décembre 2027Fin de la période transitoire MDR pour la classe III et la classe IIb implantable, hors technologies bien établiesFabricants d'implants, blocs opératoires, cardiologie et orthopédie
31 décembre 2027Fin de la période transitoire IVDR pour les dispositifs de classe DLaboratoires de biologie médicale et établissements transfusionnels
2 août 2028Obligations de l'AI Act pour les systèmes d'IA intégrés à des produits couverts par le MDRFabricants de dispositifs médicaux logiciels et établissements utilisateurs
31 décembre 2028Fin de la période transitoire MDR pour la classe IIb non implantable, la classe IIa, la classe I stérile ou à fonction de mesurage et les technologies bien établiesL'ensemble des fabricants et des services acheteurs
31 décembre 2028Fin de la période transitoire IVDR pour les dispositifs de classe CLaboratoires et fabricants de tests
31 décembre 2029Fin de la période transitoire IVDR pour la classe B et la classe A stérileFabricants de réactifs et de consommables de laboratoire

Sources du tableau : règlement (UE) 2023/607 pour les échéances MDR. règlement (UE) 2024/1860 pour les échéances IVDR et le déploiement progressif d'EUDAMED. FAQ EUDAMED de l'ANSM et décision (UE) 2025/2371 du 27 novembre 2025 pour les dates d'enregistrement. Règlement (UE) 2026/1744, dit omnibus numérique sur l'intelligence artificielle, pour le report des obligations de l'AI Act. Calendrier consolidé par lonasante.com au 2 août 2026.

À noter, les technologies bien établies

Le règlement (UE) 2023/607 sort une liste de produits du couperet de 2027 pour les basculer à 2028. Sutures, agrafes, produits d'obturation dentaire, appareils orthodontiques, couronnes dentaires, vis, cales, plaques, guides, broches, clips et dispositifs de connexion.

Un implant de classe IIb n'a donc pas forcément la même date limite que son voisin de plateau. La distinction se joue sur la nature du produit, pas sur sa classe.

Le bénéfice du délai n'est pas automatique

Les périodes transitoires ne s'appliquent qu'à des conditions cumulatives. Le dispositif devait disposer d'un certificat valide au 26 mai 2021. Il ne devait pas avoir subi de changement significatif ni présenter de risque inacceptable.

Le fabricant devait aussi déposer une demande auprès d'un organisme notifié désigné MDR avant le 26 mai 2024. L'accord devait être signé avant le 26 septembre 2024. Sans cela, la date limite est déjà passée.

Attention, ces échéances ne sont pas suspendues

La proposition de simplification du MDR n'a pas repoussé les dates de fin de transition. Elles restent fixées à décembre 2027 et décembre 2028.

Un fabricant qui attend la réforme pour engager la certification d'une gamme prend un risque. Son certificat peut expirer avant l'entrée en vigueur du nouveau texte.

La révision du MDR et de l'IVDR

La Commission européenne a présenté le 16 décembre 2025 une proposition de simplification des deux règlements. Elle porte la référence COM(2025) 1023 final, procédure 2025/0404.

Cinq axes structurent le texte.

  • Numérisation des outils de conformité, avec déclaration de conformité électronique et notices dématérialisées pour certains produits
  • Cybersécurité, intégrée plus explicitement aux exigences générales de sécurité et de performance
  • Assouplissement des dispositifs fabriqués en interne par les établissements de santé, avec transfert possible entre structures sous conditions
  • Voie accélérée pour les dispositifs de rupture et les dispositifs orphelins, avec des critères d'évaluation adaptés
  • Coordination renforcée entre autorités nationales, organismes notifiés et instances européennes

Le texte prévoit aussi d'articuler le MDR avec le règlement sur l'intelligence artificielle. L'objectif affiché est d'éviter une double procédure d'évaluation de conformité.

Le calendrier d'adoption n'est pas arrêté. La proposition est en cours d'examen par le Parlement européen et le Conseil. Une consultation publique a été ouverte début 2026.

Source : proposition de règlement COM(2025) 1023 final du 16 décembre 2025, dossier interinstitutionnel 2025/0404 (COD), texte de la proposition COM(2025) 1023 final, Commission européenne (PDF). Ce texte reste une proposition. Il n'est pas applicable en l'état.

Les conséquences pour les services de soins

Quatre effets concrets se dessinent pour la période 2027-2029.

Des retraits de gammes avant fin 2028

Un fabricant qui renonce à repasser un dispositif ancien sous MDR le retire du marché. Anticipez avec l'équipe biomédicale les références sensibles de votre service.

Une supervision humaine documentée pour l'IA

L'AI Act impose une supervision humaine des systèmes à haut risque. Le soignant utilisateur devient un maillon tracé de la chaîne de conformité.

Une vérification publique dans EUDAMED

À mesure que la base se remplit, il devient possible de vérifier un dispositif avant l'achat. Son existence et son organisme notifié y figurent.

Des formations à réactualiser

Chaque remplacement d'équipement impose une reprise de formation. Le recyclage périodique reste le point d'ancrage le plus simple à planifier.

Source de l'analyse : lecture croisée par lonasante.com du règlement (UE) 2017/745, du règlement (UE) 2024/1689 sur l'intelligence artificielle et de la proposition COM(2025) 1023 final. Ces effets sont des conséquences opérationnelles attendues et non des obligations posées par un texte unique.

Les trajectoires de marché à horizon 2030

Le marché européen des dispositifs médicaux a progressé de 6,0 % par an en moyenne sur les dix dernières années. Ce rythme sert de référence pour les projections.

Les cabinets d'études situent le marché mondial autour de 590 milliards de dollars en 2025. Les projections les plus citées le portent au-delà de 900 milliards en 2030.

Ces chiffres viennent de sociétés d'études privées et non d'une autorité publique. Les périmètres diffèrent d'un cabinet à l'autre. Ils indiquent une tendance, pas une valeur de référence.

En France, deux variables commanderont la trajectoire jusqu'en 2028. Le niveau du montant Z de la clause de sauvegarde et le rythme des radiations de la liste en sus.

L'édition suivante du Panorama du Snitem, attendue sur les données 2025, dira si la contraction du nombre d'entreprises se poursuit.

Sources : taux de croissance décennal du marché européen publié par MedTech Europe dans ses données de marché. Projections mondiales issues de cabinets d'études privés, citées à titre indicatif et sans valeur officielle. Éléments français issus des communiqués du Snitem sur le PLFSS 2026 et du Panorama 2023.

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Les ressources officielles à consulter

Quatre sources permettent de vérifier une information sur un dispositif médical sans passer par la communication des fabricants.

WEB
Les démarches applicables aux opérateurs, aux dispositifs et au correspondant de matériovigilance, avec les formulaires officiels.
WEB
Commission européenne. Enregistrement des fabricants, des dispositifs et des organismes notifiés. Le déploiement se fait par modules successifs.
WEB
Les avis de la commission d'évaluation, les référentiels applicables aux dispositifs numériques et les conditions d'inscription au remboursement.
PDF
La synthèse des grands chiffres du secteur en France, la répartition des sites de production et les freins identifiés par les industriels.
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Questions fréquentes sur la medtech

Qu'est-ce que la medtech

La medtech, pour medical technology, regroupe les technologies utilisées pour prévenir, diagnostiquer, traiter et surveiller les maladies. Elle couvre les dispositifs médicaux au sens du règlement (UE) 2017/745, du consommable stérile au robot chirurgical, en passant par les logiciels à finalité médicale. Le critère distinctif tient au mode d'action. Un dispositif médical agit par voie mécanique, physique ou thermique, quand le médicament agit par voie pharmacologique, immunologique ou métabolique. Un produit combinant les deux est classé selon l'action principale revendiquée par le fabricant.

Quelle différence entre medtech, biotech et healthtech

La medtech désigne les dispositifs et équipements à usage médical direct, comme une IRM, une prothèse ou un logiciel de diagnostic. La biotech développe des thérapies issues du vivant, vaccins, biothérapies et thérapie génique. L'e-santé regroupe les outils numériques de coordination, dossier patient informatisé, téléconsultation et messagerie sécurisée. La healthtech sert de terme chapeau aux trois catégories et n'a aucune portée réglementaire. Seule la medtech, et la partie de l'e-santé qualifiée de dispositif médical, relève du marquage CE au titre du règlement MDR.

Quelle est la première entreprise de medtech au monde

Medtronic occupe la première place des classements mondiaux par chiffre d'affaires en dispositifs médicaux, avec 33,6 milliards de dollars sur l'exercice 2024 et 36,4 milliards sur l'exercice 2025. Johnson & Johnson MedTech suit avec 31,9 puis 33,8 milliards de dollars. Cette hiérarchie pourrait s'inverser. Medtronic prépare la séparation de son activité diabète, rebaptisée MiniMed, ce qui retirera plusieurs milliards de dollars de son périmètre. Les classements varient aussi selon qu'ils intègrent ou non les distributeurs comme Medline et Cardinal Health.

Quelles sont les principales entreprises de medtech en France

EssilorLuxottica domine le marché mondial des verres ophtalmiques, avec un chiffre d'affaires groupe de 28,5 milliards d'euros en 2025. bioMérieux est un acteur mondial du diagnostic in vitro, avec 4,07 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2025 et un siège à Marcy-l'Étoile. Suivent Air Liquide Healthcare pour les gaz médicaux et Sartorius Stedim Biotech pour la bioproduction. Guerbet a réalisé 841 millions d'euros en 2024 sur les produits de contraste, et Vygon 418 millions sur l'abord vasculaire. Le tissu français compte aussi Urgo Medical, Thuasne, Diagnostica Stago, Sebia, le Groupe Lépine et Amplitude Surgical.

Quelles sont les quatre classes de dispositifs médicaux

Le règlement MDR retient quatre classes de risque croissant. La classe I couvre les dispositifs à faible risque, béquilles et compresses. Le fabricant procède par auto-déclaration, sauf pour les produits stériles, de mesure ou réutilisables chirurgicaux. La classe IIa concerne un risque modéré, lentilles de contact et cathéters courts, et impose l'intervention d'un organisme notifié. La classe IIb correspond à un risque plus élevé, défibrillateurs, ventilateurs et stents, avec un dossier technique renforcé. La classe III regroupe les dispositifs à risque élevé, stimulateurs cardiaques, valves et implants rachidiens, avec évaluation clinique et surveillance continue.

Un logiciel peut-il être un dispositif médical

Oui. Le règlement (UE) 2017/745 reconnaît le logiciel comme dispositif médical dès lors qu'il poursuit une finalité médicale définie par son fabricant. On parle alors de dispositif médical logiciel. Il est soumis aux mêmes règles de classification, de marquage CE et de surveillance que les dispositifs physiques. La ligne de partage est fonctionnelle. Un logiciel qui archive, transmet ou affiche une donnée sans l'interpréter reste hors périmètre. Un logiciel qui calcule une posologie, évalue un risque ou propose une conduite diagnostique entre dans le champ du règlement.

Le marquage CE signifie-t-il que le dispositif est remboursé

Non, les deux procédures sont indépendantes. Le marquage CE atteste la conformité aux exigences de sécurité et de performance du règlement MDR et autorise la commercialisation dans l'Union européenne. Le remboursement en France suppose une inscription sur la liste des produits et prestations. Elle intervient après évaluation par la Haute Autorité de santé, puis négociation tarifaire avec le Comité économique des produits de santé. Deux voies complémentaires existent, le forfait innovation et la valorisation de l'acte associé dans la classification commune des actes médicaux.

Comment vérifier qu'un dispositif médical est conforme

Tout dispositif légalement commercialisé en Europe porte le marquage CE. Pour les classes IIa, IIb et III, ce marquage est suivi du numéro à quatre chiffres de l'organisme notifié qui a certifié le produit. Un marquage CE sans numéro sur un dispositif de classe IIa ou supérieure doit alerter. La base européenne EUDAMED centralise progressivement l'enregistrement des fabricants, des dispositifs et des organismes notifiés. En cas de doute sur un produit en circulation, l'ANSM est l'autorité compétente à contacter en France.

Que doit faire un soignant devant un incident lié à un dispositif

Le signalement est une obligation légale prévue à l'article L5212-2 du code de la santé publique. Il faut d'abord mettre le dispositif en sécurité et le conserver en l'état, sans le nettoyer ni le réparer, car il constitue un élément de l'enquête. En établissement, le signalement passe par la personne de contact en matériovigilance, qui transmet à l'ANSM. En libéral, la déclaration se fait directement auprès de l'agence. Les délais fixés par le règlement MDR vont de deux jours pour une menace grave pour la santé publique à quinze jours pour les autres incidents graves.

Quelle formation suivre pour utiliser le matériel d'urgence

L'attestation de formation aux gestes et soins d'urgence de niveau 2, ou AFGSU 2, est la formation de référence. Elle vise les professionnels de santé inscrits dans la quatrième partie du code de la santé publique. Elle porte notamment sur le défibrillateur automatisé externe, le matériel de réanimation cardio-pulmonaire, l'oxygénothérapie et les dispositifs de maintien des voies aériennes. Elle se déroule sur trois jours et se renouvelle tous les quatre ans par une session de recyclage. Elle est délivrée par les centres d'enseignement des soins d'urgence et par les organismes autorisés par les ARS.

Quelles sont les échéances réglementaires de la medtech en 2027 et 2028

Le 28 novembre 2026 est la date limite d'enregistrement dans EUDAMED des dispositifs déjà présents sur le marché. Le 31 décembre 2027 marque la fin de la transition MDR pour la classe III et la classe IIb implantable, hors technologies bien établies comme les sutures, les agrafes et les vis, ainsi que la fin de la transition IVDR pour la classe D. Le 31 décembre 2028 clôt la transition MDR pour la classe IIb non implantable, la classe IIa, la classe I stérile ou à fonction de mesurage et ces technologies bien établies, ainsi que la transition IVDR pour la classe C. Le 2 août 2028 déclenche les obligations de l'AI Act pour l'intelligence artificielle intégrée à des produits couverts par le MDR. La classe B et la classe A stérile du diagnostic in vitro vont jusqu'au 31 décembre 2029. Ces échéances restent fermes malgré la proposition de simplification déposée en décembre 2025.

Comment le marché de la medtech va-t-il évoluer d'ici 2030

Le marché européen des dispositifs médicaux a progressé de 6,0 % par an en moyenne sur les dix dernières années, selon MedTech Europe. Les cabinets d'études privés situent le marché mondial autour de 590 milliards de dollars en 2025 et le projettent au-delà de 900 milliards en 2030. Ces projections varient fortement selon le périmètre retenu et ne constituent pas une donnée officielle. Trois moteurs reviennent dans toutes les analyses. L'intelligence artificielle appliquée au diagnostic, la robotique chirurgicale et la télésurveillance des maladies chroniques. En France, la trajectoire dépendra du niveau de la clause de sauvegarde et du rythme des radiations de la liste en sus.

Rédigé par

Laurent Lugari

Fondateur de Lonasante.com, notre mission est claire : accompagner les soignants et les structures médicales dans le choix des formations, logiciels, matériels et solutions adaptés à leur quotidien. À travers des contenus clairs et accessibles, nous vous aidons à gagner du temps sur vos recherches pour que vous puissiez vous concentrer sur l'essentiel : vos patients.

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