L'Indice de Masse Grasse (IMG) estime le pourcentage de graisse corporelle par rapport au poids total. Contrairement à l'IMC qui ne fait pas la distinction entre masse musculaire et masse grasse, l'IMG donne une vision plus fine de votre composition corporelle.
Utilisez notre calculateur gratuit pour estimer votre IMG selon la formule de Deurenberg (1991), puis découvrez comment interpréter votre résultat.
Calculateur IMG gratuit
Renseignez votre poids, votre taille, votre âge et votre sexe pour obtenir une estimation de votre pourcentage de masse grasse. Le calcul s'effectue côté navigateur : aucune donnée n'est transmise.
Les résultats sont fournis à titre indicatif uniquement et ne remplacent pas l'avis d'un médecin, d'un diététicien-nutritionniste ou d'un professionnel de santé. Pour un diagnostic précis de votre composition corporelle, consultez un praticien qui pourra utiliser des méthodes de mesure plus précises (impédancemétrie, DEXA).
Qu'est-ce que l'Indice de Masse Grasse (IMG) ?
L'Indice de Masse Grasse (IMG), ou Body Fat Percentage en anglais, est un indicateur exprimé en pourcentage qui estime la proportion de tissu adipeux dans le corps. Il a été développé par le scientifique néerlandais Paul Deurenberg en 1991 (publication dans le British Journal of Nutrition).
Le corps humain se compose de deux grandes masses : la masse maigre (muscles, os, organes, eau) et la masse grasse (tissu adipeux). Un certain niveau de graisse corporelle est physiologiquement nécessaire : il protège les organes, régule la température, soutient la production hormonale et constitue une réserve d'énergie. Les femmes ont naturellement un pourcentage de graisse plus élevé que les hommes, en raison des fonctions reproductives et des différences hormonales.
Le tissu adipeux se répartit en deux catégories. La graisse sous-cutanée, stockée sous la peau (hanches, cuisses, bras), et la graisse viscérale, qui entoure les organes dans la cavité abdominale. C'est cette graisse viscérale qui représente le plus grand risque pour la santé cardiovasculaire.
Formule de Deurenberg : comment calculer son IMG ?
La formule la plus utilisée pour estimer l'IMG a été publiée par Deurenberg, Weststrate et Seidell en 1991. Elle s'appuie sur trois variables : l'IMC, l'âge et le sexe.
Avec :
- IMC = poids (kg) / taille² (m). Exemple : 70 kg / (1,70 m)² = 24,2
- Âge exprimé en années
- Sexe = 0 pour une femme, 1 pour un homme
Exemple de calcul
Prenons une femme de 40 ans, mesurant 1,63 m et pesant 60 kg :
- IMC = 60 / (1,63)² = 60 / 2,6569 = 22,58
- IMG = (1,20 x 22,58) + (0,23 x 40) - (10,8 x 0) - 5,4
- IMG = 27,10 + 9,20 - 0 - 5,4 = 30,9 %
Ce résultat se situe dans la fourchette normale pour une femme de cet âge (25 à 30 %).
Pourquoi le sexe intervient dans le calcul ?
Les femmes présentent naturellement un pourcentage de masse grasse plus élevé que les hommes : en moyenne 20 à 30 % contre 10 à 20 % chez l'homme, soit 8 à 12 points de différence à âge et poids comparables. Cette différence physiologique est liée aux fonctions reproductives et à la production hormonale. La variable "sexe" dans la formule (qui retranche 10,8 points chez l'homme) corrige cet écart.
Interprétation des résultats
L'interprétation de l'IMG diffère selon le sexe. Les seuils ci-dessous correspondent aux recommandations de Deurenberg et de l'American Council on Exercise (ACE).
Grille d'interprétation classique (Deurenberg)
| Interprétation | Femme | Homme |
|---|---|---|
| Masse grasse trop faible | Inférieur à 25 % | Inférieur à 15 % |
| Masse grasse normale | Entre 25 et 30 % | Entre 15 et 20 % |
| Masse grasse trop élevée | Supérieur à 30 % | Supérieur à 20 % |
Grille détaillée ACE (American Council on Exercise)
| Catégorie | Femme | Homme |
|---|---|---|
| Graisse vitale (minimum physiologique) | 10 - 13 % | 2 - 5 % |
| Athlète | 14 - 20 % | 6 - 13 % |
| Forme physique (fitness) | 21 - 24 % | 14 - 17 % |
| Acceptable | 25 - 31 % | 18 - 24 % |
| Excès de graisse (obésité) | Supérieur à 32 % | Supérieur à 25 % |
Descendre en dessous de la graisse vitale (10-13 % chez la femme, 2-5 % chez l'homme) met l'organisme en danger. Les fonctions hormonales, immunitaires et cérébrales sont perturbées. Chez la femme, un IMG trop bas peut provoquer une aménorrhée (arrêt des règles) et des troubles de la fertilité.
IMG vs IMC : quelles différences ?
L'IMC (Indice de Masse Corporelle) et l'IMG sont deux indicateurs complémentaires, mais ils ne mesurent pas la même chose.
| Critère | IMC | IMG |
|---|---|---|
| Ce qu'il mesure | Rapport poids / taille² (corpulence globale) | Pourcentage de graisse corporelle estimé |
| Variables | Poids et taille | Poids, taille, âge et sexe |
| Distingue muscle et graisse ? | Non | Partiellement (estimation) |
| Fiabilité pour les sportifs | Faible (surestimation du surpoids) | Meilleure, mais reste une estimation |
| Marge d'erreur | Aucune (calcul exact) | Environ ± 4 % par rapport aux méthodes de référence |
Prenons l'exemple d'un rugbyman de 1,80 m pour 100 kg. Son IMC est de 30,9 (catégorie "obésité" selon l'OMS). Pourtant, sa masse musculaire est très développée et sa masse grasse réelle peut ne pas dépasser 15 %. L'IMC seul donne une image trompeuse. L'IMG, en tenant compte de l'âge et du sexe, corrige partiellement cette limite.
Pour une évaluation complète, les professionnels de santé combinent l'IMC, l'IMG, le tour de taille (supérieur à 80 cm chez la femme ou 94 cm chez l'homme = obésité abdominale selon l'OMS) et parfois le rapport taille/hanches.
Autres méthodes de mesure de la masse grasse
La formule de Deurenberg n'est qu'une estimation. Pour une mesure plus précise, les professionnels de santé disposent de plusieurs outils.
Impédancemétrie bioélectrique (BIA)
Un courant électrique de très faible intensité traverse le corps. La graisse offrant une résistance différente de celle du muscle et de l'eau, la balance ou l'appareil en déduit la composition corporelle. Précision : ± 3 à 5 %. Les résultats varient selon l'état d'hydratation. Les balances grand public avec capteurs aux pieds sont les moins précises. Les appareils professionnels à 8 électrodes (pieds et mains) donnent de meilleurs résultats.
Absorptiométrie biphotonique (DEXA)
La méthode de référence en milieu hospitalier. Un faisceau de rayons X à deux niveaux d'énergie balaye l'ensemble du corps pour séparer masse calcique, masse maigre et masse grasse. Précision : ± 1 à 2 %. Examen rapide (10-15 minutes), peu irradiant, mais nécessite un équipement hospitalier. Le DEXA est la méthode privilégiée en recherche clinique et en médecine du sport.
Mesure des plis cutanés (adipomètre)
Un compas spécial de type Harpenden mesure l'épaisseur des plis de peau à plusieurs endroits du corps (triceps, biceps, sous-scapulaire, supra-iliaque). Les résultats sont ensuite convertis en pourcentage de masse grasse via des équations de régression (formules de Durnin et Womersley, de Carter). Méthode courante en médecine du sport et en diététique. Précision : ± 3,5 %, mais très dépendante de l'expérience du praticien.
Pesée hydrostatique (densitométrie)
Le sujet est pesé dans l'air puis immergé dans l'eau. La différence de poids permet de calculer la densité corporelle, puis d'en déduire le pourcentage de masse grasse (formule de Siri). Méthode très précise (± 1,5 %) mais peu pratique : elle nécessite un bassin spécial et une immersion complète en expiration forcée. Rarement utilisée en dehors de la recherche.
Limites de la formule de Deurenberg
La formule de Deurenberg donne une estimation utile dans les cas généraux, mais elle comporte des biais qu'il faut connaître.
- Enfants et adolescents de moins de 15 ans : la formule adulte ne s'applique pas. Deurenberg a proposé une formule distincte pour les enfants : IMG = (1,51 x IMC) - (0,70 x âge) - (3,6 x sexe) + 1,4.
- Personnes de plus de 50 ans : avec l'âge, la masse grasse augmente naturellement (sarcopénie : perte de masse musculaire). La formule tend à sous-estimer la masse grasse chez les seniors.
- Personnes très musclées : un sportif avec une masse musculaire élevée aura un IMC (et donc un IMG) surestimé. L'exemple de Tony Yoka (1,98 m, 105 kg) donne un IMG de 21,7 % qui le classe "trop gras" alors qu'il est champion olympique de boxe.
- Femmes enceintes : les modifications hormonales et la rétention d'eau rendent la formule inapplicable.
- Variabilité selon les populations : la formule a été développée et validée sur une population majoritairement européenne. Deurenberg lui-même a publié en 1998 une méta-analyse montrant que la relation entre IMC et masse grasse varie selon les populations. La précision de l'estimation peut donc être réduite pour les personnes d'origines géographiques différentes.
- Marge d'erreur : environ ± 4 % par rapport aux méthodes de référence (DEXA, pesée hydrostatique).
L'IMG calculé par la formule de Deurenberg ne constitue pas un diagnostic médical. Si votre résultat vous préoccupe, consultez votre médecin traitant ou un diététicien-nutritionniste qui pourra réaliser une mesure plus précise et vous accompagner.
Comment réduire sa masse grasse ?
Réduire la masse grasse n'est pas la même chose que perdre du poids. L'objectif est de diminuer le tissu adipeux tout en préservant (ou en augmentant) la masse musculaire. Quelques principes validés par la recherche :
Alimentation
Un déficit calorique modéré (300 à 500 kcal/jour) est la base. Augmentez vos apports en protéines pour protéger la masse musculaire pendant la perte de poids : 1,2 à 1,6 g/kg/jour en cas de régime modéré, jusqu'à 2 g/kg/jour si vous pratiquez la musculation (recommandations ACSM). Réduisez les graisses saturées et les sucres raffinés. Favorisez les graisses végétales (huile d'olive, colza) et les oméga-3 (poissons gras, graines de lin). Pour un accompagnement personnalisé, consultez un médecin nutritionniste.
Activité physique
La combinaison musculation + cardio donne les meilleurs résultats pour réduire la masse grasse. La musculation maintient la masse musculaire et le métabolisme actif. Le cardio (marche rapide, course, vélo, natation) augmente la dépense énergétique. Visez 150 à 300 minutes d'activité modérée par semaine (recommandations OMS). Comptez 8 à 12 semaines pour observer des changements mesurables sur votre composition corporelle.
Visez une perte de 0,5 à 1 % de masse grasse par mois. Une perte plus rapide s'accompagne souvent d'une fonte musculaire. Si vous êtes suivi par un professionnel de santé, demandez-lui de contrôler votre composition corporelle régulièrement (impédancemétrie ou plis cutanés).
Questions fréquentes
L'IMC (Indice de Masse Corporelle) mesure le rapport poids/taille² sans distinguer muscle et graisse. L'IMG (Indice de Masse Grasse) estime le pourcentage de graisse corporelle en tenant compte de l'âge et du sexe. L'IMG est plus informatif pour évaluer la composition corporelle.
Pour une femme adulte, un IMG compris entre 25 et 30 % est considéré comme normal (Deurenberg). Selon l'ACE, la fourchette "acceptable" va de 25 à 31 %, tandis qu'un profil "fitness" se situe entre 21 et 24 %. En dessous de 10-13 %, les fonctions hormonales et reproductives sont perturbées.
Pour un homme adulte, un IMG compris entre 15 et 20 % est considéré comme normal (Deurenberg). La fourchette ACE "acceptable" va de 18 à 24 %. Un profil "athlète" se situe entre 6 et 13 %. En dessous de 2-5 % (graisse vitale), la santé est menacée.
La formule donne une estimation avec une marge d'erreur d'environ ± 4 % par rapport aux méthodes de référence (DEXA, pesée hydrostatique). Elle n'est pas applicable aux enfants de moins de 15 ans, aux personnes de plus de 50 ans, aux femmes enceintes, ni aux personnes très musclées. Pour plus de précision, consultez un professionnel de santé.
Deurenberg a proposé une formule distincte pour les enfants de 15 ans ou moins : IMG = (1,51 x IMC) - (0,70 x âge) - (3,6 x sexe) + 1,4. Cette formule est moins couramment utilisée et les résultats doivent être interprétés par un pédiatre ou un médecin.
C'est une adaptation physiologique liée à la reproduction. Le corps féminin stocke plus de graisse pour assurer les réserves énergétiques nécessaires à la grossesse et à l'allaitement. Cette graisse gynoïde (hanches, cuisses, seins) est riche en acides gras polyinsaturés favorables au développement du système nerveux du fœtus.
Oui. En dessous de la graisse vitale (10-13 % chez la femme, 2-5 % chez l'homme), les fonctions hormonales, immunitaires et cérébrales sont perturbées. Chez la femme, cela peut provoquer une aménorrhée et des troubles de la fertilité. Chez l'homme, une baisse de testostérone et des troubles de la thermorégulation peuvent apparaître.
L'absorptiométrie biphotonique (DEXA) est la méthode de référence en milieu hospitalier, avec une précision de ± 1 à 2 %. La pesée hydrostatique est aussi très précise mais peu pratique. L'impédancemétrie professionnelle (8 électrodes) offre un bon compromis entre précision (± 3-5 %) et accessibilité.
- Surpoids et obésité de l'adulte : définition, causes et risques — Ameli.fr (Assurance Maladie).
- Surpoids et obésité : prise en charge médicale de premier recours — HAS (Haute Autorité de Santé), recommandation de bonne pratique.
- Calcul d'IMC, tour de taille et bilan médical — Ameli.fr.
- Deurenberg P, Weststrate JA, Seidell JC. Body mass index as a measure of body fatness: age- and sex-specific prediction formulas. Br J Nutr. 1991;65(2):105-14. PubMed 2043597.