Mesurer le taux de glycémie est un examen souvent demandé lors d'analyses sanguines de routine. La mesure du taux de glucose dans le sang sert à la prévention du diabète, mais aussi au repérage d'autres pathologies.
Pour évaluer correctement le taux de glycémie, il est utile de connaître le tableau des taux de glycémie pour une conversion juste des mmol/L en g/L et inversement.

- mmol/L x 0,18 = g/L : une seule multiplication suffit, et 5,55 dans l'autre sens.
- 0,70 à 1,09 g/L à jeun : plage attendue chez l'adulte, soit 3,9 à 6,0 mmol/L.
- 1,26 g/L, soit 7,0 mmol/L : seuil du diabète, sur deux prélèvements veineux à jeun.
- Norme ISO 15197 : un lecteur capillaire ne remplace pas la glycémie veineuse de laboratoire.
Sommaire
Glycémie : définition
La glycémie correspond au taux de glucose, ou taux de sucre, dans le sang. Son équilibre dépend de nombreuses hormones, elles-mêmes régulées par un grand nombre de facteurs :
- l'alimentation
- l'activité physique
- le stress
- les médicaments
Le pancréas agit comme un régulateur en produisant et en libérant de l'insuline, ce qui permet de maintenir la glycémie à l'équilibre.
La glycémie varie fortement selon les situations. Ainsi, une activité physique entraîne une baisse de la glycémie. À l'inverse, des émotions fortes ou une infection la font augmenter.
Les normes de la glycémie
La glycémie est mesurée selon deux types de valeurs :
- en mmol/L, millimoles par litre
- en g/L, gramme par litre
La glycémie varie selon le moment de la journée. Elle ne sera pas la même à jeun ou après un repas, par exemple.
Être à jeun signifie ne pas avoir mangé ni bu pendant les 8 heures au moins qui précèdent le prélèvement sanguin. Pour un test de dépistage, la synthèse HAS de juin 2025 sur le parcours du patient diabétique de type 2 demande un jeûne nocturne de 10 à 12 heures.
Glycémie à jeun
La glycémie est considérée comme normale ou anormale en fonction de normes chiffrées :
- glycémie inférieure à 0,70 g/L : hypoglycémie
- entre 0,70 g/L et 1,09 g/L à jeun : glycémie normale
- entre 1,10 g/L et 1,25 g/L à jeun : hyperglycémie modérée à jeun
- 1,26 g/L et plus à jeun, sur deux dosages : diabète
Une glycémie veineuse à jeun comprise entre 0,70 et 1,09 g/L, soit 3,9 à 6,0 mmol/L, correspond à la plage attendue chez l'adulte. Les bornes ci-dessous viennent du référentiel de la Haute Autorité de santé sur le dépistage du diabète, publié en octobre 2014. La HAS y reprend les critères de l'Organisation mondiale de la santé.
| Situation à jeun | g/L | mmol/L |
|---|---|---|
| Hypoglycémie | moins de 0,70 | moins de 3,9 |
| Glycémie attendue | 0,70 à 1,09 | 3,9 à 6,0 |
| Hyperglycémie modérée à jeun | 1,10 à 1,25 | 6,1 à 6,9 |
| Diabète, sur deux dosages | 1,26 et plus | 7,0 et plus |
Concrètement, pour avoir un taux de sucre normal, il faut avoir un taux de glycémie compris entre 0,70 g/L et 1,09 g/L à jeun. En deçà ou au-delà de ces valeurs, la glycémie relève de l'hypoglycémie ou de l'hyperglycémie. Après un repas, aucun seuil diagnostique ne permet de qualifier un résultat de normal, comme expliqué plus bas.
Beaucoup de tableaux en circulation annoncent une glycémie normale « de 0,70 à 1,10 g/L », puis un prédiabète « de 1,10 à 1,25 g/L ». La valeur 1,10 se retrouve alors dans deux cases à la fois.
Le référentiel HAS lève l'ambiguïté, l'hyperglycémie modérée à jeun commence à 1,10 g/L. Un résultat affiché à 1,10 g/L sort donc de la plage attendue.
La zone comprise entre 1,10 et 1,25 g/L porte un nom précis dans les textes, l'hyperglycémie modérée à jeun. Elle relève du prédiabète et non du diabète. La HAS prévoit dans ce cas un nouveau dosage un an plus tard, contre un à trois ans sous 1,10 g/L.
La synthèse HAS de juin 2025 ajoute un point que les tableaux de référence ignorent. Elle demande de ne pas banaliser une glycémie inférieure à 1,26 g/L, ni même une valeur située entre 1,00 et 1,10 g/L. Cette dernière plage appelle une attention particulière en cas de projet de grossesse ou de traitement susceptible d'induire un diabète.
Glycémie après un repas
Le repère chiffré opposable ne vient pas d'un repas ordinaire mais d'un test standardisé, l'hyperglycémie provoquée par voie orale. Ce test mesure la glycémie deux heures après l'ingestion de 75 g de glucose.
Les trois bornes ci-dessous sont celles fixées par l'Organisation mondiale de la santé, reprises telles quelles dans le référentiel HAS d'octobre 2014.
| Résultat à 2 heures | g/L | mmol/L |
|---|---|---|
| Tolérance au glucose normale | moins de 1,40 | moins de 7,8 |
| Intolérance au glucose | 1,40 à 1,99 | 7,8 à 11,0 |
| Diabète | 2,00 et plus | 11,1 et plus |
Point souvent mal compris, ce seuil de 1,40 g/L appartient au test standardisé et non au repas de tous les jours. Aucun texte ne définit de glycémie normale deux heures après un repas ordinaire, dont la composition et la quantité varient d'une fois sur l'autre.
La valeur de 1,40 g/L circule comme repère indicatif, sans statut diagnostique. Le même principe vaut pour les autres normes des constantes chez un patient, où les conditions de mesure font partie du résultat.
Tableau de conversion des taux de glycémie
Le taux de glycémie est mesuré en mmol/L ou en g/L. Il est important de pouvoir convertir les taux selon les valeurs de mesure.
Les formules de conversion
Les formules de calcul pour la conversion des taux de glycémie sont les suivantes :
- g/L x 5,55 = mmol/L. Exemple, 1,26 g/L x 5,55 = 7,0 mmol/L.
- mmol/L x 0,18 = g/L. Exemple, 7 mmol/L x 0,18 = 1,26 g/L.
Le coefficient 5,55 n'est pas une convention mais un calcul. Il vient de la masse molaire du glucose, environ 180 g par mole. Un gramme de glucose par litre de sang représente 1 divisé par 180, soit 0,00555 mole par litre.
Le chiffre de 5,5 souvent cité est un arrondi qui décale le résultat d'environ 1 %.
Convertisseur de glycémie
Saisissez votre valeur, choisissez son unité, les deux autres s'affichent aussitôt.
Ce convertisseur est en version bêta. Il applique une conversion arithmétique et ne pose aucun diagnostic. Le résultat ne remplace pas la lecture d'un compte rendu de laboratoire par un professionnel de santé.
Les valeurs en mmol/L les plus consultées
Ces valeurs reviennent souvent sur les comptes rendus rendus en mmol/L. Le tableau donne leur équivalent direct.
| mmol/L | g/L | mg/dL |
|---|---|---|
| 4,2 | 0,76 | 76 |
| 5,1 | 0,92 | 92 |
| 5,2 | 0,94 | 94 |
| 5,4 | 0,97 | 97 |
| 5,5 | 0,99 | 99 |
| 5,7 | 1,03 | 103 |
| 5,8 | 1,04 | 104 |
| 5,9 | 1,06 | 106 |
| 6,2 | 1,12 | 112 |
| 6,4 | 1,15 | 115 |
| 6,5 | 1,17 | 117 |
| 6,6 | 1,19 | 119 |
| 6,8 | 1,22 | 122 |
| 8,0 | 1,44 | 144 |
| 16,0 | 2,88 | 288 |
| 17,0 | 3,06 | 306 |
Tableau d'équivalence complet
Vous trouverez ci-dessous le tableau d'équivalence des taux de glycémie, désormais complété par la colonne mg/dL. Il se lit dans les deux sens.
| mmol/L | g/L | mg/dL |
|---|---|---|
| 0,6 | 0,10 | 10 |
| 0,8 | 0,15 | 15 |
| 1,1 | 0,20 | 20 |
| 1,4 | 0,25 | 25 |
| 1,7 | 0,30 | 30 |
| 1,9 | 0,35 | 35 |
| 2,2 | 0,40 | 40 |
| 2,5 | 0,45 | 45 |
| 2,8 | 0,50 | 50 |
| 3,1 | 0,55 | 55 |
| 3,3 | 0,60 | 60 |
| 3,6 | 0,65 | 65 |
| 3,9 | 0,70 | 70 |
| 4,2 | 0,75 | 75 |
| 4,4 | 0,80 | 80 |
| 4,7 | 0,85 | 85 |
| 5,0 | 0,90 | 90 |
| 5,3 | 0,95 | 95 |
| 5,6 | 1,00 | 100 |
| mmol/L | g/L | mg/dL |
|---|---|---|
| 6,1 | 1,10 | 110 |
| 6,7 | 1,20 | 120 |
| 7,2 | 1,30 | 130 |
| 7,8 | 1,40 | 140 |
| 8,3 | 1,50 | 150 |
| 8,9 | 1,60 | 160 |
| 9,4 | 1,70 | 170 |
| 10,0 | 1,80 | 180 |
| 10,5 | 1,90 | 190 |
| 11,1 | 2,00 | 200 |
| 11,7 | 2,10 | 210 |
| 12,2 | 2,20 | 220 |
| 12,8 | 2,30 | 230 |
| 13,3 | 2,40 | 240 |
| 13,9 | 2,50 | 250 |
| 14,4 | 2,60 | 260 |
| 15,0 | 2,70 | 270 |
| 15,5 | 2,80 | 280 |
| 16,1 | 2,90 | 290 |
| mmol/L | g/L | mg/dL |
|---|---|---|
| 16,7 | 3,00 | 300 |
| 17,8 | 3,20 | 320 |
| 18,9 | 3,40 | 340 |
| 20,0 | 3,60 | 360 |
| 21,1 | 3,80 | 380 |
| 22,2 | 4,00 | 400 |
| 23,3 | 4,20 | 420 |
| 24,4 | 4,40 | 440 |
| 25,5 | 4,60 | 460 |
| 26,7 | 4,80 | 480 |
| 27,8 | 5,00 | 500 |
| 28,9 | 5,20 | 520 |
| 30,0 | 5,40 | 540 |
| 31,1 | 5,60 | 560 |
| 32,2 | 5,80 | 580 |
| 33,3 | 6,00 | 600 |
| 36,1 | 6,50 | 650 |
| 38,9 | 7,00 | 700 |
| 44,4 | 8,00 | 800 |
Téléchargez le tableau de conversion des taux de glycémie en PDF.
La glycémie en mg/dL
Pour convertir des mg/dL en g/L, divisez par 100. Une glycémie de 126 mg/dL vaut donc 1,26 g/L. Pour passer des mg/dL aux mmol/L, divisez plutôt par 18.
Le taux de glucose dans le sang s'évalue aussi en mg/dL, milligrammes par décilitre. Les laboratoires français rendent le résultat en g/L, grammes par litre, mais le mg/dL n'a pas disparu pour autant. Il reste la norme aux États-Unis et sur de nombreux lecteurs de glycémie.
Le tableau ci-dessous reprend les mêmes seuils du référentiel HAS d'octobre 2014, simplement convertis en mg/dL.
| Seuil | mg/dL | g/L |
|---|---|---|
| Hypoglycémie | moins de 70 | moins de 0,70 |
| Glycémie attendue à jeun | 70 à 109 | 0,70 à 1,09 |
| Hyperglycémie modérée à jeun | 110 à 125 | 1,10 à 1,25 |
| Diabète à jeun | 126 et plus | 1,26 et plus |
| Diabète à tout moment | 200 et plus | 2,00 et plus |
Sur un lecteur de glycémie, l'unité relève de la prescription. La fiche HAS de bon usage d'avril 2011 sur l'autosurveillance glycémique demande au prescripteur de préciser mg/dL ou mmol/L, et impose que l'affichage reste bloqué sur l'unité choisie. Un résultat lu dans la mauvaise unité fausse toute comparaison avec les seuils.
Les causes d'un taux de glycémie anormal
Selon les données de surveillance de Santé publique France, 3,8 millions de personnes étaient traitées pour un diabète en 2023, soit 5,6 % de la population.
L'enquête Esteban, menée par la même agence entre 2014 et 2016 chez les adultes de 18 à 74 ans, estimait qu'à cette période 23 % des personnes diabétiques ignoraient leur diagnostic.
Taux de glycémie trop bas
Une glycémie trop basse est un motif de consultation en urgence, car elle peut provoquer un coma. Il est important de consulter rapidement afin d'être pris en charge. Il est également recommandé d'apporter à l'organisme une dose de sucres rapides, jus de fruits ou sucreries.
Le seuil retenu diffère selon le contexte. Le collège des enseignants d'endocrinologie de la Société française d'endocrinologie, dans son item 240 consacré à l'hypoglycémie, retient deux valeurs distinctes :
- personne diabétique : valeur d'alerte à 0,70 g/L, soit 3,9 mmol/L
- personne non diabétique : seuil habituellement retenu autour de 0,50 g/L, soit 2,75 mmol/L
L'écart s'explique par la contre-régulation, l'organisme corrigeant seul les baisses modérées. Ce repère reste indicatif, le niveau auquel les symptômes apparaissent variant d'une personne à l'autre.
Chez la personne diabétique, les Standards of Care de l'American Diabetes Association découpent l'hypoglycémie en trois niveaux, une classification reprise dans les recommandations françaises de prise en charge.
| Niveau | Seuil en g/L | Ce qu'il signale |
|---|---|---|
| Niveau 1 | moins de 0,70 et 0,54 ou plus | Valeur d'alerte, resucrage indiqué |
| Niveau 2 | moins de 0,54 | Correction immédiate requise |
| Niveau 3 | pas de seuil chiffré | Aide d'un tiers nécessaire pour corriger |
Le niveau 3 se définit par la situation clinique et non par un chiffre. Une personne qui ne parvient plus à se resucrer seule relève de ce niveau, quelle que soit la valeur affichée au lecteur. Ces bornes servent de repères d'action, pas de frontières où les symptômes apparaîtraient au même moment chez tout le monde.
Taux de glycémie trop élevé
Lorsqu'une hyperglycémie est détectée, c'est-à-dire du sucre présent en trop grande quantité dans le sang, un diabète est suspecté.
Le diabète est une maladie chronique qui correspond à un taux de sucre trop élevé dans le sang. Le diabète est diagnostiqué lorsque le taux de glycémie à jeun est égal ou supérieur à 1,26 g/L. Cette valeur doit avoir été mesurée lors de deux dosages successifs.
Il existe deux types de diabète :
- Le diabète de type 1 est décelé quand le pancréas sécrète de l'insuline en quantité insuffisante. Le référentiel HAS en attribue l'origine à une destruction auto-immune des cellules bêta du pancréas.
- Le diabète de type 2 révèle un pancréas qui n'arrive plus à réguler le taux de glucose dans le sang. Deux mécanismes s'y associent selon la HAS, une résistance des tissus à l'action de l'insuline et un déficit progressif de sa sécrétion. C'est la forme la plus fréquente de diabète.
D'autres causes entraînent une glycémie trop élevée, comme une inflammation ou un trouble hépatique. Le référentiel HAS cite aussi des diabètes dits secondaires :
- une maladie du pancréas
- une hémochromatose
- un traitement inducteur, corticoïdes et antipsychotiques atypiques en tête
Le suivi mobilise plusieurs professionnels autour du patient, du médecin traitant à l'endocrinologue. Pour davantage d'informations, consultez notre dossier complet sur les formations sur le diabète.

Le taux dangereux ne figure dans aucun texte
Aucun texte officiel français ne fixe de valeur unique au-delà de laquelle une glycémie serait dangereuse. Les valeurs de 1,26 g/L et de 2 g/L qui circulent sont des critères de diagnostic, pas des seuils d'urgence. Quatre notions se confondent souvent, le critère diagnostique, le niveau d'hyperglycémie, l'objectif fixé à un patient suivi et l'urgence métabolique.
Une glycémie élevée n'est pas anodine pour autant. Devant une glycémie fortement élevée, la synthèse HAS de juin 2025 demande de rechercher une autre cause, de mesurer la cétonurie ou la cétonémie et de solliciter un avis spécialisé en cas de doute.
Le référentiel HAS décrit deux complications aiguës à connaître, l'acidocétose et le coma hyperosmolaire. Elles surviennent le plus souvent lors d'une infection, d'un arrêt de traitement ou d'une déshydratation.
Associés à une glycémie élevée, ces signes relèvent du 15, sans attendre un seuil précis :
- des vomissements
- une respiration rapide
- une somnolence
- une confusion
Les valeurs citées décrivent des seuils de population générale. Les objectifs glycémiques d'une personne suivie pour un diabète sont fixés individuellement par son médecin. Ils diffèrent souvent de ces bornes, notamment après 75 ans, pendant une grossesse ou en cas d'insuffisance rénale.
Taux de glycémie et âge
Les seuils de diagnostic qui définissent le prédiabète et le diabète sont identiques à 30, 60 ou 80 ans. Le référentiel HAS ne module aucune de ces bornes selon l'âge. Ce qui change avec l'âge, ce sont les objectifs fixés à une personne déjà suivie pour un diabète.
Les seuils de diagnostic ne changent pas avec l'âge
Une glycémie veineuse à jeun à 1,26 g/L signe un diabète à 45 ans comme à 85 ans, après confirmation sur un second dosage. Les recherches du type « taux normal de glycémie à 60 ans » ou « à 75 ans » n'ont donc pas de réponse chiffrée propre. La plage attendue reste 0,70 à 1,09 g/L à jeun.
L'âge intervient ailleurs, dans le dépistage. Le référentiel HAS d'octobre 2014 recommande de rechercher un diabète après 45 ans, en présence d'au moins un facteur de risque parmi :
- un surpoids
- une sédentarité
- un antécédent familial de diabète au premier degré
- une hypertension artérielle traitée
- un antécédent de diabète gestationnel
Les objectifs du patient diabétique après 75 ans
Pour une personne déjà diabétique, la cible se raisonne en hémoglobine glyquée et non en glycémie ponctuelle. Le tableau reprend les objectifs de la recommandation HAS de 2013, publiés dans le référentiel de 2014. La dernière colonne donne la glycémie moyenne estimée correspondante, calculée avec la formule ADAG présentée plus bas.
| Profil du patient | HbA1c cible | Glycémie moyenne estimée |
|---|---|---|
| Diabète récent, sans atteinte cardiovasculaire | 6,5 % ou moins | environ 1,40 g/L |
| Majorité des patients | 7 % ou moins | environ 1,54 g/L |
| Plus de 75 ans, autonome | 7 % ou moins | environ 1,54 g/L |
| Personne âgée fragile | 8 % ou moins | environ 1,83 g/L |
| Personne âgée dépendante | moins de 9 % | environ 2,12 g/L |
Pour le profil dépendant, la recommandation de 2013 ajoute un repère direct, des glycémies capillaires préprandiales comprises entre 1 et 2 g/L.
La fiche HAS de bon usage d'avril 2011 donne pour sa part les repères d'autosurveillance chez le patient diabétique de type 2 :
- avant les repas, 70 à 120 mg/dL, soit 0,70 à 1,20 g/L
- deux heures après le repas, moins de 180 mg/dL, soit moins de 1,80 g/L
Une cible plus haute chez une personne âgée fragile ne traduit pas un relâchement. Elle protège de l'hypoglycémie, dont les conséquences sont plus lourdes à cet âge, chute et confusion en tête. Ces objectifs sont fixés par le médecin, patient par patient.
Ces cibles datent de 2013 et restent la référence française publiée. Elles ne résument pas à elles seules la prise en charge actuelle.
- La HAS a publié en juin 2025 une synthèse du parcours de soins du patient diabétique de type 2.
- Ce document annonce une recommandation à venir sur les principes de dépistage.
- En cas de grossesse ou de projet de grossesse, la HAS demande d'orienter la patiente vers un médecin spécialisé en diabétologie.
Dextro et prise de sang, pourquoi les chiffres diffèrent
Un lecteur de glycémie affiche 1,20 g/L, le laboratoire rend 1,05 g/L le lendemain. Cet écart de 0,15 g/L reste dans la marge que la norme applicable aux lecteurs autorise. Elle vaut la peine d'être connue avant de convertir une valeur et de la comparer à un seuil.
La tolérance admise par la norme ISO 15197
La norme ISO 15197:2013, reprise en Europe sous la référence EN ISO 15197:2015, fixe les exigences d'exactitude des systèmes d'autosurveillance glycémique. Elle pose deux critères distincts, qui se cumulent.
- Critère d'exactitude : au moins 95 % des résultats dans une marge de 0,15 g/L avec la méthode de référence sous 1 g/L, et de 15 % à partir de 1 g/L.
- Critère de sécurité clinique : au moins 99 % des résultats dans les zones A et B de la grille de consensus, celles où un écart ne conduit pas à une décision dangereuse.
La révision de 2013 a resserré la première marge, qui s'établissait à 20 % dans la version de 2003. Appliquée à des lectures courantes, elle donne les plages suivantes. Ces plages illustrent le critère d'exactitude, elles ne décrivent pas un écart autorisé entre un lecteur et un laboratoire.
| Valeur lue au lecteur | Tolérance applicable | Plage possible au laboratoire |
|---|---|---|
| 0,60 g/L | 0,15 g/L | 0,45 à 0,75 g/L |
| 0,90 g/L | 0,15 g/L | 0,75 à 1,05 g/L |
| 1,20 g/L | 15 % | 1,02 à 1,38 g/L |
| 1,80 g/L | 15 % | 1,53 à 2,07 g/L |
| 2,50 g/L | 15 % | 2,13 à 2,88 g/L |
Une lecture à 1,20 g/L couvre donc une réalité comprise entre 1,02 et 1,38 g/L. Cette plage traverse le seuil diagnostique de 1,26 g/L. Un dextro converti en mmol/L ne suffit donc ni à poser ni à écarter un diabète, même quand le chiffre tombe pile sur une borne du tableau. Le diagnostic repose sur la glycémie veineuse de laboratoire.
Capillaire ou veineux, deux prélèvements différents
Le lecteur analyse une goutte de sang capillaire prélevée au doigt. Le laboratoire, lui, dose le glucose sur plasma veineux, après centrifugation.
Les deux compartiments ne contiennent pas la même concentration de glucose. L'écart se creuse surtout après un repas, quand le sang capillaire arrive chargé en sucre avant son passage dans les tissus.
L'ANSM, dans son document sur le bon usage des lecteurs de glycémie publié en 2017, donne l'explication technique. Le laboratoire dose le glucose dans le plasma, alors que le lecteur analyse une goutte de sang total, plasma et globules rouges mélangés. La concentration dans le plasma peut dépasser de 20 % celle du sang total, et certains lecteurs compensent cet écart par programmation.
La fiche HAS de 2011 précitée en tire une conséquence pratique. Elle prévoit qu'un dosage de la glycémie sur plasma veineux, tous les six mois en laboratoire, peut servir à contrôler la qualité des mesures capillaires.
L'Assurance Maladie rappelle de son côté, sur sa page consacrée au diagnostic du diabète que le contrôle se fait à un mois d'intervalle, sur prélèvement veineux.
HbA1c et glycémie moyenne
Une HbA1c de 7 % correspond à une glycémie moyenne estimée d'environ 1,54 g/L, soit 8,6 mmol/L, sur les deux à trois mois précédents. La correspondance vient de l'étude ADAG, publiée par Nathan et ses coauteurs dans Diabetes Care en 2008. Sa formule s'écrit ainsi, glycémie moyenne en mg/dL égale 28,7 multiplié par l'HbA1c moins 46,7.
| HbA1c | Glycémie moyenne en g/L | En mmol/L |
|---|---|---|
| 5,0 % | 0,97 | 5,4 |
| 5,5 % | 1,11 | 6,2 |
| 6,0 % | 1,26 | 7,0 |
| 6,5 % | 1,40 | 7,8 |
| 7,0 % | 1,54 | 8,6 |
| 7,5 % | 1,69 | 9,4 |
| 8,0 % | 1,83 | 10,2 |
| 9,0 % | 2,12 | 11,7 |
| 10,0 % | 2,40 | 13,3 |
| 11,0 % | 2,69 | 14,9 |
| 12,0 % | 2,98 | 16,5 |
Retenez l'ordre de grandeur, un point d'HbA1c en plus représente environ 0,30 g/L de glycémie moyenne supplémentaire. La conversion reste statistique et donne une estimation, pas une mesure. Deux personnes affichant la même HbA1c ont parfois des moyennes glycémiques réelles éloignées.
Un point mérite d'être connu. L'American Diabetes Association retient une HbA1c supérieure ou égale à 6,5 % comme seuil diagnostique, alors que le référentiel HAS d'octobre 2014 désigne la glycémie veineuse à jeun comme test de dépistage recommandé.
La lecture croisée d'une valeur instantanée et d'une moyenne sur trois mois se retrouve aussi sur d'autres paramètres biologiques, comme le TP et l'INR.

Questions fréquentes sur la glycémie
Comment convertir une glycémie de mmol/L en g/L ?
Multipliez la valeur en mmol/L par 0,18. Une glycémie de 6,1 mmol/L donne 1,10 g/L, une glycémie de 7,0 mmol/L donne 1,26 g/L. Ce coefficient vient de la masse molaire du glucose, 180 g par mole.
Comment passer des g/L aux mmol/L ?
Multipliez la valeur en g/L par 5,55. Une glycémie de 0,90 g/L correspond à 5,0 mmol/L, une glycémie de 2,00 g/L correspond à 11,1 mmol/L.
La glycémie normale change-t-elle avec l'âge ?
Non, pas les seuils de diagnostic. Ils sont identiques à 30, 60 ou 80 ans, et le référentiel de la Haute Autorité de santé ne les module pas selon l'âge. La plage attendue à jeun reste 0,70 à 1,09 g/L, et le seuil du diabète 1,26 g/L. Ce qui varie avec l'âge, ce sont les objectifs d'hémoglobine glyquée fixés à une personne déjà suivie pour un diabète.
Quel taux de glycémie ne faut-il pas dépasser ?
Aucun texte officiel français ne fixe de valeur unique. Les chiffres de 1,26 g/L à jeun sur deux dosages et de 2 g/L à tout moment avec symptômes sont des critères de diagnostic, pas des seuils d'urgence. La gravité dépend du contexte. Des vomissements, une respiration rapide, une somnolence ou une confusion associés à une glycémie élevée relèvent du 15.
Comment convertir des mg/dL en g/L ?
Divisez la valeur en mg/dL par 100. Une glycémie de 126 mg/dL vaut 1,26 g/L. Pour obtenir des mmol/L à partir de mg/dL, divisez plutôt par 18.
Pourquoi certains résultats sont-ils en mmol/L et d'autres en g/L ?
La mmol/L appartient au Système international et sert de référence dans une grande partie de l'Europe. Les laboratoires français rendent généralement le résultat en g/L. Le mg/dL domine aux États-Unis et dans de nombreuses publications scientifiques. Sur un lecteur, la fiche HAS de bon usage d'avril 2011 impose que l'affichage soit bloqué sur l'unité choisie par le prescripteur.
Quelle est la glycémie normale à jeun ?
La plage attendue chez l'adulte va de 0,70 à 1,09 g/L, soit 3,9 à 6,0 mmol/L, après un jeûne d'au moins 8 heures. Entre 1,10 et 1,25 g/L, le référentiel de la Haute Autorité de santé parle d'hyperglycémie modérée à jeun, un état de prédiabète.
Quelle est la glycémie normale 2 heures après un repas ?
Aucun texte ne définit de seuil de normalité après un repas ordinaire. Le repère de 1,40 g/L, soit 7,8 mmol/L, appartient au test d'hyperglycémie provoquée par voie orale, mesuré deux heures après l'ingestion de 75 g de glucose. Entre 1,40 et 1,99 g/L à ce test, les textes parlent d'intolérance au glucose, et à partir de 2,00 g/L de diabète.
À partir de quel taux parle-t-on de diabète ?
Le diabète est retenu à partir de 1,26 g/L, soit 7,0 mmol/L, sur deux glycémies veineuses à jeun. Un dosage isolé égal ou supérieur à 2 g/L, soit 11,1 mmol/L, accompagné de symptômes comme une soif intense ou des urines abondantes, suffit également.
À partir de quel taux parle-t-on d'hypoglycémie ?
Selon l'item 240 de la Société française d'endocrinologie, la valeur retenue est de 0,70 g/L, soit 3,9 mmol/L, chez une personne diabétique, et de 0,50 g/L, soit 2,75 mmol/L, chez une personne non diabétique. En dessous de 0,54 g/L, la correction devient urgente, même si le niveau auquel les symptômes se manifestent varie d'une personne à l'autre.
Pourquoi le dextro ne donne-t-il pas le même résultat que la prise de sang ?
Deux raisons se cumulent. La norme ISO 15197:2013 demande que 95 % des résultats d'un lecteur restent dans une marge de 0,15 g/L sous 1 g/L, et de 15 % au-delà, face à la méthode de référence. Et selon l'ANSM, le lecteur analyse du sang total quand le laboratoire dose le plasma, dont la concentration en glucose peut dépasser de 20 % celle du sang total.
Que vaut une HbA1c de 7 % en glycémie moyenne ?
Une HbA1c de 7 % correspond à une glycémie moyenne d'environ 1,54 g/L, soit 8,6 mmol/L, sur les deux à trois mois précédents. Un point d'HbA1c supplémentaire représente environ 0,30 g/L de plus.
- Multipliez par 0,18 pour aller des mmol/L aux g/L, par 5,55 dans l'autre sens, divisez par 100 pour passer des mg/dL aux g/L.
- La plage attendue à jeun va de 0,70 à 1,09 g/L, le prédiabète de 1,10 à 1,25 g/L.
- Le seuil du diabète est fixé à 1,26 g/L, confirmé sur deux prélèvements veineux.
- Une valeur lue au lecteur capillaire ne se compare pas aux seuils de diagnostic, qui reposent sur la glycémie veineuse.
- Seuils à jeun, prédiabète, diabète, facteurs de risque, dépistage après 45 ans, mécanismes des diabètes de type 1 et 2, diabètes secondaires, complications aiguës, objectifs d'HbA1c par profil. Haute Autorité de santé, référentiel de pratiques de l'examen périodique de santé, prévention et dépistage du diabète de type 2 et des maladies liées au diabète, octobre 2014, reprenant les critères de l'Organisation mondiale de la santé de 2006 et la recommandation HAS de 2013 sur les objectifs glycémiques.
- Jeûne nocturne de 10 à 12 heures, zone 1,00 à 1,10 g/L à ne pas banaliser, conduite devant une glycémie fortement élevée, orientation en cas de grossesse. Haute Autorité de santé, parcours de soins du patient adulte vivant avec un diabète de type 2, les points critiques du parcours, synthèse validée par le Collège le 26 juin 2025.
- Unité d'affichage des lecteurs, repères d'autosurveillance, contrôle semestriel au laboratoire. Haute Autorité de santé, fiche de bon usage des technologies de santé, l'autosurveillance glycémique dans le diabète de type 2, avril 2011.
- Diagnostic sur deux dosages veineux, seuil de 2 g/L avec symptômes. Assurance Maladie, symptômes et diagnostic du diabète.
- Prévalence du diabète traité en 2023, prédiabète et diabète non diagnostiqué. Santé publique France, données de surveillance du diabète, mise à jour du 12 décembre 2025, et enquête Esteban 2014-2016.
- Critères d'exactitude des lecteurs de glycémie. Organisation internationale de normalisation, ISO 15197:2013 et sa reprise européenne EN ISO 15197:2015, exigences relatives aux systèmes d'autosurveillance de la glycémie destinés à la prise en charge du diabète sucré.
- Différence entre sang total et plasma, écart entre deux mesures. Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, points importants à prendre en compte pour une bonne utilisation des lecteurs de glycémie, 2017.
- Seuils d'hypoglycémie chez la personne diabétique et non diabétique. Société française d'endocrinologie, item 240, hypoglycémie chez l'adulte et l'enfant, référentiel du collège des enseignants d'endocrinologie.
- Classification de l'hypoglycémie en trois niveaux, seuil d'HbA1c à 6,5 %. American Diabetes Association, Standards of Care in Diabetes.
- Correspondance entre HbA1c et glycémie moyenne estimée. Nathan D. M. et coll., Translating the A1C Assay Into Estimated Average Glucose Values, Diabetes Care, 2008.
- Coefficients de conversion. Calculés à partir de la masse molaire du glucose, environ 180 g par mole.
