Formation damage control : définition, programme et prix

Article mis à jour le : 15 octobre 2026

En médecine d'urgence, le damage control fait passer la survie du blessé grave avant la réparation complète de ses lésions. La formation damage control y prépare les soignants en 7 heures, dans le cadre de l'AFGSU spécialisée en situations sanitaires exceptionnelles.

Les grandes catastrophes comme des attentats ou des accidents climatiques ont pour conséquence des victimes parfois nombreuses. Les équipes médicales doivent savoir réagir et faire en sorte de préserver au maximum les chances de survie de chacun.

Atelier de formation damage control : pose d'un garrot sur un blessé simulé

En ayant suivi une formation damage control, les professionnels de santé augmentent leurs compétences et leur capacité à s'organiser pour prendre en charge les personnes avec un traumatisme grave.

Les points clés à retenir
  • Survie d'abord : le damage control arrête l'hémorragie et corrige la triade létale, la réparation définitive vient ensuite.
  • 7 heures : durée fixée par l'annexe 5 de l'AFGSU spécialisée SSE, consacrée à la stratégie de damage control.
  • Prérequis : le module urgences collectives et SSE de l'AFGSU 1 ou 2, attestation en cours de validité.
  • 200 à 645 € par personne pour les sessions publiques dont nous avons relevé le tarif en octobre 2026.
Sommaire
  1. Définition du damage control
  2. Les situations concernées
  3. Les raisons de se former
  4. Les professionnels concernés
  5. Les objectifs de la formation
  6. Damage control et AFGSU
  7. Où se former
  8. Le programme
  9. Durée et prix
  10. Questions fréquentes

Damage control : définition en médecine

Le damage control est une stratégie de prise en charge du blessé hémorragique grave qui rétablit d'abord ses fonctions vitales et reporte la réparation anatomique. Le terme anglais se traduit littéralement par « maîtrise des dégâts ». Cette définition est celle de l'article de référence « Damage control : concept et déclinaisons », publié en 2017 dans le Journal de chirurgie viscérale.

Origine

Le damage control est un concept provenant de la marine américaine. Elle avait mis en place des procédures pour optimiser la capacité d'un navire à contrôler les dommages subis et poursuivre malgré tout sa mission pour rentrer à son port.

En médecine

Appliqué aux soins d'urgence, le damage control correspond à la prise en charge globale multidisciplinaire d'un patient traumatisé grave, de la situation préhospitalière au centre de soins où il est généralement dirigé vers un bloc opératoire.

Priorité

Appliqué à la médecine, le damage control (DC) consiste à transférer les patients en état de choc le plus rapidement possible vers un centre de prise en charge.

Ainsi, les professionnels présents doivent être capables de mettre en place des procédures pour assurer la survie d'un patient en état hémorragique tout en contrôlant le risque infectieux.

Un objectif guide chaque étape : éviter ou corriger la triade létale, qui associe coagulopathie, hypothermie et acidose. Le module damage control de l'OMEDIT Pays de la Loire décrit quatre temps dans le parcours du blessé.

  1. 1Repérer les lésions qui saignent
  2. 2Contrôler le saignement par garrot, compression et traitement médical
  3. 3Corriger la triade létale par la réanimation et le réchauffement
  4. 4Opérer en deux temps hémostase minimale, puis chirurgie définitive

Concrètement, face à un blessé qui saigne abondamment, l'équipe ne cherche pas à tout réparer tout de suite. Une opération longue sur un patient refroidi, qui coagule mal, aggrave son état.

À noter
  • D'abord : arrêter le saignement et stabiliser les fonctions vitales
  • Ensuite : réparer complètement, quand le patient peut le supporter

Chaque équipe a son rôle dans cette chaîne :

  • Sur le terrain : SMUR et secours arrêtent les hémorragies avec garrot et pansement compressif, trient les victimes et les évacuent vite vers le bon hôpital
  • À l'accueil des urgences : l'équipe trie à nouveau, assure la traçabilité de chaque victime et lance la réanimation
  • Au bloc opératoire : le chirurgien arrête le saignement et la contamination, sans chercher la réparation définitive
  • En réanimation : l'équipe réchauffe le patient et corrige ses troubles avant une nouvelle intervention

En situation d'afflux massif, la même logique s'applique à plusieurs blessés en même temps. Les équipes médicales doivent alors trier, prioriser les gestes qui sauvent et préserver au maximum les chances de survie de chacun.

Le mot sert aussi dans la marine, la communication de crise ou les comics Marvel. Ce guide traite uniquement de son sens médical.

Damage control resuscitation

La damage control resuscitation (DCR) est la réanimation du choc hémorragique d'origine traumatique. Elle repose sur une réanimation hémostatique précoce, conduite avant et pendant la chirurgie, pour prévenir ou corriger la triade létale. Elle commence dès le terrain avec l'équipe du SMUR et se poursuit à l'accueil des urgences, au bloc puis en réanimation.

Le support de formation du CESU 21 du CHU de Dijon en cite les grands axes :

  • Transfusion précoce en cas d'hémorragie massive, selon les produits disponibles et le protocole de l'établissement
  • Réanimation adaptée au choc hémorragique, avec des objectifs qui limitent le risque de relancer le saignement
  • Réchauffement actif, l'hypothermie aggravant l'hémorragie

Damage control surgery

La damage control surgery (DCS), ou chirurgie de contrôle lésionnel, est une chirurgie écourtée. Elle arrête le saignement et la contamination, puis reporte la réparation définitive. L'article de 2017 la décrit en trois temps : chirurgie limitée au contrôle des lésions, réanimation en soins intensifs, puis reprise chirurgicale pour réparer.

Elle s'envisage chez les blessés les plus graves, quand une réparation complète immédiate serait trop longue à supporter, et en situation d'afflux massif. Elle se décline selon la spécialité : shunt temporaire en chirurgie vasculaire, fixateur externe en orthopédie, laparotomie écourtée en chirurgie viscérale.

CritèreDamage control resuscitationDamage control surgery
NatureRéanimation du choc hémorragiqueChirurgie écourtée en plusieurs temps
LieuTerrain, accueil des urgences, bloc, réanimationBloc opératoire
ObjectifPrévenir ou corriger la triade létaleContrôler saignement et contamination, réparer plus tard
ÉquipesUrgentistes, anesthésistes-réanimateurs, IADE, IDEChirurgiens, IBODE, anesthésistes-réanimateurs

Les situations où s'applique le damage control

Le damage control concerne un blessé grave isolé comme un groupe de victimes. La formation s'attache surtout aux circonstances particulières d'afflux massif de victimes :

Catastrophe naturelle
Catastrophe industrielle
Accident ferroviaire, aérien ou routier
Tuerie de masse
Attentat

Dans les événements dramatiques comme des attentats, par exemple, l'initiation de l'ensemble de la population aux gestes qui sauvent est un gain de survie pour les victimes. Le but est de développer des compétences individuelles et collectives pour prendre en charge le maximum de blessés possible.

Selon l'événement, les autorités peuvent déclencher plusieurs dispositifs, chacun avec son rôle :

  • ORSEC NOVI pour l'organisation des secours sur le terrain, avec le point de rassemblement des victimes
  • ORSAN AMAVI pour l'accueil d'un afflux massif de blessés par le système de santé, décrit par l'ARS Île-de-France
  • Le plan blanc, déclenché par chaque hôpital pour mobiliser ses lits et ses équipes
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Les raisons de se former au damage control

Par définition, la gestion d'une situation de crise est un événement exceptionnel où il faut agir dans l'urgence pour sauver des vies. Elle vise à préserver les chances de survie d'un maximum de personnes.

Le caractère inédit nécessite une formation pointue, avec des simulations et des mises en situation des professionnels qui doivent intervenir. Après un attentat, par exemple, la formation des professionnels en amont, le triage et l'entraînement collectif contribuent à mieux prendre en charge les victimes.

La préparation est aussi une attente institutionnelle. Chaque établissement de santé dispose d'un plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles, ainsi que d'un plan blanc révisé chaque année.

Ce que regarde la HAS

Lors de la certification, la HAS évalue la préparation de l'établissement aux situations sanitaires exceptionnelles. Elle regarde le dispositif de gestion de crise, la formation des équipes et leur participation aux exercices et aux retours d'expérience, selon sa fiche pédagogique sur les situations sanitaires exceptionnelles.

Les professionnels concernés par la formation damage control

La réussite du damage control d'afflux de victimes en masse dépend de la formation de chaque professionnel en présence. Ainsi, l'ensemble des professionnels de santé, qu'il s'agisse de médecins ou de professionnels paramédicaux, sont concernés par la nécessité de suivre une formation au damage control :

Médecins
Urgentistes
Anesthésistes-réanimateurs
Chirurgiens
Infirmiers IADE, IDE, IBODE
Ambulanciers
Aides-soignants

Le personnel non soignant des établissements médicaux est également concerné par une formation damage control : directeurs, cadres de CHU, responsables de la gestion de crise.

À noter

L'annexe 5 de l'arrêté AFGSU vise les professionnels de santé et les personnels des SAMU, des SMUR et des établissements de santé chargés de mettre en œuvre le damage control. Le contenu s'adapte au métier et au lieu d'exercice de chaque participant.

Les objectifs d'une formation damage control

Les objectifs généraux

Pour un professionnel de santé, suivre une formation damage control a un objectif principal : acquérir les connaissances médicales et organisationnelles adaptées à un afflux important de victimes. Les missions à atteindre grâce à une formation damage control sont les suivantes :

  • S'approprier les principes d'organisation préhospitalière et hospitalière lors d'un attentat
  • Savoir s'intégrer au dispositif en fonction de ses missions et de ses compétences
  • Optimiser le triage médical des victimes sur le lieu de rassemblement des victimes, puis lors de leur arrivée à l'hôpital
  • Connaître les gestes de damage control

Les objectifs fixés par l'annexe 5

Les catalogues du CESU 44 du CHU de Nantes et du CHU de la Réunion reprennent les objectifs du texte. À l'issue de la journée, le participant sait :

  • Trier et prendre en charge les blessés par armes de guerre et les autres blessés graves, avant et à l'hôpital
  • Situer les phases du damage control dans le parcours de soins du blessé
  • Appliquer les techniques qui relèvent de sa spécialité
  • Intégrer les contraintes de sécurité et leurs effets sur l'organisation des secours
  • Assurer la traçabilité des victimes avec SINUS et SIVIC, et l'identitovigilance
  • Repérer les troubles psychiques post-traumatiques chez les blessés et chez les soignants
  • Informer les proches et annoncer un décès
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Damage control et AFGSU : ce que prévoit la réglementation

La stratégie médicale de damage control fait l'objet d'un module de l'AFGSU spécialisée en situations sanitaires exceptionnelles, l'annexe 5, organisé sur une journée de 7 heures. Ce cadre est fixé par l'arrêté du 30 décembre 2014, modifié par l'arrêté du 1er juillet 2019.

L'enseignement de l'AFGSU 2 comporte un module 3 intitulé « urgences collectives et situations sanitaires exceptionnelles ». Ce module de 3 h 30 aborde les plans de crise et l'afflux de victimes de façon générale. Il ne forme pas aux techniques de damage control : il en est le prérequis.

CritèreModule 3 de l'AFGSU 2AFGSU SSE, annexe 5
ContenuUrgences collectives et SSE, plans de criseStratégie médicale de damage control
Durée3 h 30, dans un cursus de 21 heures7 heures
PublicProfessionnels de santéPersonnels de santé, SAMU, SMUR et établissements chargés du damage control
PrérequisAucunModule urgences collectives et SSE de l'AFGSU 1 ou 2
MaintienRecyclage de 7 heures tous les 4 ansActualisation annuelle des connaissances

L'annexe 5 fait partie des modules de l'AFGSU spécialisée SSE, enseignés et délivrés séparément. Les annexes 3 et 4 de ce même texte portent sur l'urgence collective en préhospitalier et sur l'afflux de victimes à l'hôpital.

Important
  • Prérequis vérifié à l'inscription : le CESU 44 demande une AFGSU 1 ou 2 en cours de validité, ou l'attestation « prérequis aux AFGSU spécialisées SSE » de l'EHESP.
  • Validité annuelle : selon l'article 8 de l'arrêté, la validité de chaque module SSE dépend d'une actualisation annuelle des connaissances, qui peut prendre la forme d'exercices ou d'entraînements.

L'arrêté AFGSU ne crée pas d'obligation générale de suivre ce module pour tous les soignants. Il vise les personnels appelés à mettre en œuvre le damage control. Le besoin dépend donc de vos missions et de l'organisation de votre établissement : vérifiez-le auprès de votre employeur ou du CESU.

Où suivre une formation damage control

Certains centres d'enseignement des soins d'urgence, rattachés aux centres hospitaliers, proposent le module damage control de l'AFGSU SSE. Programme, prérequis, dates et attestation délivrée se vérifient auprès de chaque centre. Les CESU mettent à disposition leur matériel de simulation pour reconstituer des événements d'ampleur. L'annuaire des centres d'enseignement des soins d'urgence permet de trouver celui de votre département.

Des organismes de formation privés conçoivent aussi leurs formations pour diversifier l'offre. Les formats varient :

  • CESU hospitalier : une journée qui délivre l'annexe 5 de l'AFGSU SSE
  • Centre universitaire de simulation : une journée centrée sur la simulation haute fidélité, avec une attestation propre au centre et non l'attestation AFGSU SSE
  • Format mixte : une partie théorique à distance, puis des ateliers en présentiel, proposé par certains CESU
  • Organisme privé : des sessions d'un à deux jours, en inter ou dans vos locaux
Bon à savoir

Avant de vous inscrire, demandez si la session délivre l'attestation AFGSU SSE annexe 5. Une formation qui ne la délivre pas reste utile, mais elle ne valide pas le module réglementaire.

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Le programme d'une formation damage control

Les notions abordées

Selon l'organisme, le programme de formation damage control peut aborder les notions suivantes :

1
Organisation des secoursPlans et alerte
  • Organisation des secours en cas de situation d'urgence : plan Vigipirate, plan blanc, état d'urgence, état de guerre, plan ORSEC, plan ORSAN
  • Risque terroriste et réaction à adopter
  • Réaction en cas d'explosion
  • Alerte des forces de l'ordre
  • Principe d'identitovigilance en contexte d'afflux massif de victimes
2
Triage et prise en chargePrincipes damage control
  • Principes de prise en charge « damage control »
  • Méthode START ABC de triage des victimes
  • Méthode MARCHE
  • Blessures par balle, arme blanche, grenade, mine, bombe, blast
  • Hiérarchisation des actions
3
Soins d'urgenceGestes et matériel
  • Soustraction au danger, hémorragie, perte de connaissance, arrêt cardiaque
  • Traumatismes graves, contexte infectieux ou épidémique
  • Trousse de secours

Les programmes de formation reposent sur des reconstitutions en situation réelle et des ateliers de simulation avec de nombreux matériels comme des mannequins. Les ateliers couvrent la pose de garrot tactique, le pansement compressif, les granulés hémostatiques, l'exsufflation et la prise en charge d'un arrêt cardio-respiratoire. Chaque participant s'exerce aux techniques qui relèvent de ses compétences et de ses missions. Le geste du garrot est détaillé dans notre fiche sur la pose d'un garrot.

Le déroulé d'une journée de formation

Les programmes publiés par les CESU de Nantes et de Vannes et par SimULyon suivent la même progression.

  1. MatinApports théoriquesOrganisation préhospitalière et hospitalière, adaptation des plans en contexte d'attentat, spécificités du blessé de guerre.
  2. AtelierSimulation procéduraleGarrot, pansement compressif, pansement israélien, exsufflation d'un pneumothorax, sur mannequin.
  3. TriageEntraînement sur tableTri d'un afflux de victimes au point de rassemblement, sur le terrain puis à l'hôpital.
  4. Après-midiMises en situationPrise en charge d'un blessé sur mannequin haute fidélité, suivie d'un débriefing en groupe.

Durée et prix d'une formation damage control

La durée de la formation

La durée d'une formation damage control est en moyenne d'une journée (7 heures). C'est la durée que fixe l'annexe 5 de l'AFGSU spécialisée SSE. Certains organismes et centres de simulation proposent des formats plus longs, sur deux jours ou en demi-journées réparties.

Le prix et le financement

Le prix d'une formation damage control va de 200 à 645 € par personne pour les sessions publiques dont nous avons relevé le tarif sur les pages des centres en octobre 2026. Les CESU hospitaliers se situent entre 200 et 250 €, le centre universitaire de simulation lyonnais plus haut. Ces tarifs peuvent évoluer : faites-les confirmer par le centre.

StructureFormatAttestation délivréeTarif
CESU 44, CHU de Nantes1 jour, prérequis AFGSU 1 ou 2 valideAFGSU SSE, module damage control224 €, 210 € pour les établissements publics
CESU 71, CH de Chalon-sur-Saône1 jour, gestes et soins d'urgence à jourNon précisée sur la page250 €
CESU 21, CHU de Dijon1 jour, ouvert sans prérequisAFGSU SSE, module damage control200 €
SimULyon, université Lyon 11 jour, 8 à 12 participantsAttestation de compétence SimULyon645 €

Quand la session répond à un besoin de l'établissement, l'employeur la finance par son plan de formation. Certaines sessions sont aussi enregistrées comme actions de DPC, comme au CESU 21 de Dijon : les conditions de prise en charge se vérifient au cas par cas.

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Questions fréquentes sur le damage control

Qu'est-ce que le damage control en médecine ?

Le damage control est une stratégie de prise en charge du blessé hémorragique grave. Elle rétablit d'abord ses fonctions vitales, en arrêtant le saignement et en corrigeant la triade létale, puis reporte la réparation définitive des lésions. Elle couvre tout le parcours du blessé, du terrain au bloc opératoire et à la réanimation.

Comment traduire damage control en français ?

Damage control se traduit littéralement par « maîtrise des dégâts ». Le terme vient de la marine américaine, où il désignait les procédures permettant à un navire endommagé de limiter les dégâts et de rentrer au port. En médecine, les équipes parlent aussi de chirurgie de contrôle lésionnel pour le volet chirurgical.

Quelle différence entre damage control resuscitation et damage control surgery ?

La damage control resuscitation est la réanimation du choc hémorragique traumatique, menée du terrain à la réanimation pour prévenir ou corriger la triade létale. La damage control surgery est une chirurgie écourtée en trois temps : contrôle des lésions, réanimation en soins intensifs, puis reprise chirurgicale pour la réparation définitive.

Qu'est-ce que la triade létale ?

La triade létale associe trois troubles chez le blessé qui saigne : la coagulopathie, l'hypothermie et l'acidose. Le damage control vise à les prévenir ou à les corriger au plus tôt, par le contrôle du saignement, la réanimation et le réchauffement, avant toute chirurgie longue.

Le damage control fait-il partie de l'AFGSU 2 ?

Non. Le module 3 de l'AFGSU 2, consacré aux urgences collectives et aux situations sanitaires exceptionnelles, dure 3 h 30 et reste général. Le damage control relève de l'AFGSU spécialisée SSE, annexe 5, d'une durée de 7 heures, dont le module SSE de l'AFGSU 1 ou 2 est le prérequis.

Quel prérequis pour suivre une formation damage control ?

L'arrêté AFGSU exige le module urgences collectives et situations sanitaires exceptionnelles de l'AFGSU 1 ou 2. Les CESU demandent une attestation en cours de validité à l'inscription. Le CESU 44 du CHU de Nantes accepte aussi l'attestation « prérequis aux AFGSU spécialisées SSE » délivrée en ligne par l'EHESP.

Qui peut suivre une formation damage control ?

La formation s'adresse aux professionnels de santé et aux personnels des SAMU, des SMUR et des établissements de santé chargés de mettre en œuvre le damage control. Elle concerne médecins urgentistes, anesthésistes-réanimateurs, chirurgiens, infirmiers IDE, IADE et IBODE, ambulanciers et aides-soignants. Directeurs et cadres impliqués dans la gestion de crise peuvent aussi la suivre.

Combien de temps dure une formation damage control ?

Une formation damage control dure en général une journée de 7 heures, la durée fixée par l'annexe 5 de l'AFGSU spécialisée SSE. Certains centres de simulation et organismes proposent des formats sur deux jours, ou une partie théorique à distance suivie d'ateliers en présentiel.

Combien coûte une formation damage control ?

Le prix va de 200 à 645 € par personne pour les sessions publiques dont le tarif était affiché en octobre 2026. Les CESU hospitaliers se situent entre 200 et 250 €, par exemple 200 € au CESU 21 de Dijon et 224 € au CESU 44 de Nantes. Le centre de simulation SimULyon facture 645 € la journée. Ces tarifs se confirment auprès de chaque centre.

La formation damage control doit-elle être renouvelée ?

Oui, chaque année. L'article 8 de l'arrêté AFGSU subordonne la validité de chaque module de l'AFGSU spécialisée SSE à une actualisation annuelle des connaissances. Elle peut prendre la forme d'exercices ou d'entraînements, et la participation effective à l'un d'eux actualise un ou plusieurs modules.

Où suivre une formation damage control ?

Le module damage control de l'AFGSU SSE se suit auprès de certains CESU, rattachés au SAMU du centre hospitalier. Des centres universitaires de simulation et des organismes privés proposent aussi des formations au damage control, avec leur propre attestation. Demandez avant l'inscription si la session délivre l'attestation AFGSU SSE annexe 5.

La formation damage control est-elle obligatoire ?

Non, pas pour tous les soignants. L'arrêté AFGSU ne crée pas d'obligation générale de suivre ce module : il vise les personnels appelés à mettre en œuvre le damage control. Le besoin dépend de vos missions et de l'organisation de votre établissement, à vérifier auprès de votre employeur ou du CESU.

À retenir
  • Vérifiez que votre AFGSU 1 ou 2 est valide avant de demander une session damage control.
  • Demandez si la session délivre l'attestation AFGSU SSE annexe 5.
  • Prévoyez un exercice ou un entraînement chaque année pour garder le module à jour.
Les documents officiels à télécharger

Notre sélection de documents de référence pour vérifier le cadre réglementaire avant votre inscription :

Arrêté AFGSU, version consolidée

Texte complet de l'arrêté du 30 décembre 2014, avec les annexes 3, 4 et 5 de l'AFGSU spécialisée SSE, publié par le CESU 13 de l'AP-HM.

Télécharger le texte
Fiche programme du CESU 44, CHU de Nantes

Programme complet de la journée damage control : objectifs, prérequis, déroulé, tarif 2026 et attestation délivrée, au format imprimable.

Télécharger la fiche programme

Rédigé par

Laurent Lugari

Fondateur de Lonasante.com, notre mission est claire : accompagner les soignants et les structures médicales dans le choix des formations, logiciels, matériels et solutions adaptés à leur quotidien. À travers des contenus clairs et accessibles, nous vous aidons à gagner du temps sur vos recherches pour que vous puissiez vous concentrer sur l'essentiel : vos patients.

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