Formation premiers secours en entreprise : les obligations

Article mis à jour le : 7 septembre 2026

Former ses salariés aux gestes d'urgence relève de deux logiques. Une obligation réglementaire d'abord, limitée à des cas précis. Une obligation générale de sécurité ensuite, beaucoup plus large, qui engage l'employeur bien au-delà de ces cas.

Ce guide fait le tri entre ce que la loi impose, ce qu'elle recommande, ce que coûtent les formations et comment les financer.

Session de formation aux premiers secours organisée dans une entreprise
La formation aux gestes d'urgence se déroule sur le temps de travail, aux frais de l'employeur
Repères réglementaires
  • Formation obligatoire : un salarié formé dans chaque atelier à travaux dangereux et sur chaque chantier de 20 travailleurs pendant plus de 15 jours
  • Formation de référence : le SST, 14 heures, certificat valable 24 mois, recyclage de 7 heures
  • Aucun diplôme imposé hors de ces cas, mais l'organisation des secours doit être écrite et tenue à disposition de l'inspection du travail
  • Budget observé : de 150 à 300 € par salarié en session collective, financement OPCO possible
  • Textes de référence : articles R4224-14 à R4224-16 et L4121-1 du Code du travail
Sommaire

Ce que la loi impose et ce qu'elle n'impose pas

Contrairement à une idée répandue, le Code du travail n'impose pas de former tous les salariés aux premiers secours. Il impose deux choses distinctes.

D'abord une obligation ciblée. L'article R4224-15 prévoit qu'un membre du personnel reçoit la formation de secouriste nécessaire dans chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et sur chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours où sont réalisés des travaux dangereux. Le même article précise que ces salariés ne remplacent pas les infirmiers.

Ensuite une obligation générale. L'article L4121-1 impose de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs. L'article R4224-16 ajoute qu'en l'absence d'infirmier, ou quand leur nombre ne permet pas une présence permanente, l'employeur prend les mesures nécessaires pour assurer les premiers secours, après avis du médecin du travail et en liaison avec les services de secours extérieurs.

Le point que les employeurs oublient

Ces mesures doivent être adaptées aux risques et consignées dans un document tenu à la disposition de l'inspection du travail. Une entreprise de bureaux qui n'a formé personne n'est pas nécessairement en faute. En revanche, ne rien avoir écrit sur son organisation des secours expose à un manquement à cette obligation, quelle que soit l'activité.

Chaque année, plus d'un million de salariés suivent une formation ou un recyclage de sauveteur secouriste du travail, selon le document de référence du dispositif. L'obligation ciblée ne concerne donc qu'une petite partie de ces sessions, la grande majorité relève d'un choix de prévention.

Trois autres textes complètent le dispositif :

  1. R4224-14, le matériel de premiers secours adapté aux risques, accessible et signalé par des panneaux
  2. R4141-17 et R4141-20, la formation à la conduite à tenir en cas d'accident, dispensée dans le mois qui suit l'affectation du travailleur à son emploi
  3. D4711-1, l'affichage des adresses et numéros des services de secours

L'évaluation des risques consignée dans le document unique sert de point de départ à tout le reste. C'est elle qui détermine combien de personnes former et où placer les moyens.

Sauveteur secouriste et référent prévention, deux rôles distincts

L'article L4644-1 impose à tout employeur de désigner un salarié compétent pour s'occuper des activités de protection et de prévention des risques. Ce référent prévention n'est pas le sauveteur secouriste du travail. Le premier construit la démarche de prévention, le second intervient sur l'accident et fait remonter les situations dangereuses. Rien n'interdit de confier les deux rôles à la même personne, à condition de lui en donner le temps.

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Panorama des formations aux gestes de premiers secours en entreprise
Les principales formations aux gestes de premiers secours accessibles aux salariés

Combien de salariés former

Aucun texte ne fixe de ratio national. La réponse se construit à partir de trois éléments : les risques de l'activité, l'organisation du travail et la continuité de la présence.

Le raisonnement retenu par la plupart des services de prévention consiste à garantir qu'un salarié formé est présent sur chaque plage horaire travaillée, sur chaque site et sur chaque zone à risque. En pratique, cela impose de multiplier le nombre théorique par les équipes, les congés et les absences.

Situation Ce qui est exigé Ce qui est conseillé
Atelier à travaux dangereuxUn salarié formé par atelierUn par équipe et par roulement
Chantier de 20 travailleurs, plus de 15 joursUn salarié formé en permanenceDeux, pour couvrir les absences
Bureaux et tertiaireAucune obligation chiffréeEnviron un salarié formé pour 15 à 20 personnes
Site multi-étages ou multi-bâtimentsAucune obligation chiffréeAu moins un par étage ou par bâtiment
Travail isolé ou de nuitAucune obligation chiffréeDispositif d'alerte renforcé, formation systématique

Ce ratio d'un salarié formé pour 15 à 20 personnes ne figure dans aucun texte en vigueur. Il vient d'une règle ancienne : en 1946, le Code du travail imposait de former une personne aux soins d'urgence pour 20 salariés. Cette obligation chiffrée a disparu, la référence est restée dans les pratiques de prévention.

À ajuster selon l'implantation des locaux. Un plateau de 40 personnes sur un seul niveau n'appelle pas la même réponse qu'une entreprise de 40 salariés répartie sur quatre étages.

Tableau comparatif des formations au secourisme et de leurs publics
Les formations au secourisme se répartissent entre filière du travail, filière citoyenne et filière opérationnelle

SST, PSC ou GQS, laquelle choisir

Trois formations couvrent la quasi-totalité des besoins en entreprise. Elles ne se valent pas et ne répondent pas aux mêmes situations.

Formation Durée Contenu prévention Validité Coût observé
SST14 h sur 2 joursOui, volet prévention des risques professionnels24 mois, recyclage de 7 h150 à 300 €
PSC, ex-PSC17 h sur 1 jourNonPas d'expiration nationale50 à 90 €
GQS2 hNonPas d'expiration20 à 50 €

La différence tient en une phrase. Le SST est la seule des trois à intégrer un volet de prévention des risques propres à l'entreprise, ce qui en fait la référence recommandée par l'INRS. Le PSC transmet les mêmes gestes dans un cadre citoyen, sans ce volet. Les gestes qui sauvent se limitent à deux heures sur les urgences vitales.

À noter

Un salarié titulaire du certificat SST et à jour de ses obligations de formation continue est réputé détenir le PSC, en application de l'arrêté du 5 décembre 2002. Inutile donc de lui faire passer le PSC en parallèle. L'inverse ne fonctionne pas, un titulaire du PSC devra bien suivre une formation SST, allégée le cas échéant.

Le SST en détail

La formation de sauveteur secouriste du travail se déroule sur deux journées, sous le pilotage de l'INRS et du réseau Assurance Maladie Risques professionnels. Le certificat est national et reconnu dans toutes les entreprises.

Le document de référence du dispositif fixe trois paramètres que peu d'employeurs vérifient sur un devis :

  1. la durée, 14 heures en présentiel, à laquelle s'ajoute le temps de traiter les risques spécifiques de l'entreprise, définis par le médecin du travail
  2. l'effectif, de 4 personnes minimum à 10 maximum
  3. le matériel, avec un défibrillateur de formation et des mannequins adulte, enfant et nourrisson

Ce que le salarié apprend

  • Protéger, examiner, alerter et secourir face à un accident du travail
  • Réagir devant un saignement, un étouffement, un malaise, un arrêt cardiaque
  • Utiliser un défibrillateur automatisé externe
  • Repérer les situations dangereuses et les faire remonter
  • Participer aux actions de prévention de son entreprise

Les allègements possibles

Un salarié qui détient déjà une qualification de secourisme peut suivre une formation allégée, définie avec l'organisme après vérification de ses compétences. Trois titres ouvrent cette possibilité :

  1. le PSC de moins de trois ans, ou à jour de sa mise à niveau
  2. l'AFGSU de niveau 1 ou de niveau 2
  3. le PSE1, et par extension le PSE2

Un cas voisin mérite d'être connu. Les titulaires d'un certificat d'acteur prévention secours, l'APS délivré dans l'aide à domicile et le transport, sont réputés détenir le certificat SST. Ils rejoignent directement une session de maintien des compétences, sans repasser la formation initiale.

L'allègement porte sur le temps de formation, jamais sur la certification. Le stagiaire passe les mêmes épreuves que les autres et doit valider les huit compétences du référentiel.

Le maintien du certificat

La validité court sur 24 mois. Avant l'échéance, le salarié suit un maintien et actualisation des compétences de 7 heures, souvent appelé recyclage SST. Cette session repart pour 24 mois.

Passé la date, le salarié ne peut plus exercer sa mission de sauveteur. Il reste possible de suivre un maintien des compétences pour retrouver la certification, à condition que le délai écoulé ne compromette pas la réussite aux épreuves. Au-delà, le document de référence conseille de reprendre une formation initiale complète.

Le prix d'une formation

Aucun tarif n'est réglementé. Le prix affiché varie du simple au triple selon le format, ce qui rend la comparaison de devis incontournable.

Format Prix observé Pour qui
SST en inter-entreprise150 à 300 € par salariéUne à trois personnes à former
SST en intra-entreprise800 à 1 400 € la session complèteGroupe de 4 à 10 salariés
Recyclage SST80 à 180 € par salariéCertificats arrivant à échéance
PSC en entreprise50 à 90 € par salariéSensibilisation large sans volet prévention
Gestes qui sauvent20 à 50 € par salariéAction courte, tout le personnel

Quatre facteurs expliquent la plus grande partie des écarts :

  1. le nombre de participants, une session intra se facturant au forfait quel que soit l'effectif présent dans la limite du groupe
  2. le lieu, un déplacement du formateur dans vos locaux s'ajoutant parfois au prix affiché
  3. la région, avec des écarts nets entre grandes métropoles et zones rurales
  4. les services inclus, matériel pédagogique, gestion administrative du dossier OPCO, suivi des échéances de recyclage

Le calcul bascule vite. Le seuil souvent observé se situe autour de quatre à cinq salariés : au-delà, une session dans vos locaux revient généralement moins cher qu'autant d'inscriptions individuelles, sans compter le temps de trajet évité. Ce point se tranche devis en main, pas sur une règle générale.

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Calcul du budget d'une formation aux premiers secours pour une entreprise
Le coût réel se mesure après prise en charge par l'opérateur de compétences

Formation gratuite et financements

La recherche d'une formation aux premiers secours gratuite arrive en tête des requêtes sur ce sujet. La réponse dépend de qui pose la question.

Pour un salarié, la formation SST est effectivement gratuite. Elle est prise en charge par l'employeur, se déroule sur le temps de travail et le salaire est maintenu. Le salarié n'avance rien et ne mobilise pas son compte personnel de formation.

Pour l'employeur, la prise en charge va parfois jusqu'à la totalité du coût pédagogique. Restent en revanche les coûts que personne ne finance : le temps de travail des salariés formés, leur remplacement éventuel et l'organisation des sessions. Trois leviers se cumulent rarement mais s'examinent dans cet ordre :

  1. l'opérateur de compétences. Ces formations relèvent de la formation professionnelle continue. Selon la branche, la prise en charge va d'une participation partielle à 100 % du coût pédagogique.
  2. le plan de développement des compétences. Budgétiser les sessions à l'année, recyclages compris, évite d'avoir à tout caler dans l'urgence quand un certificat expire.
  3. les aides des services de prévention. Certaines caisses régionales soutiennent les actions de prévention des petites entreprises, sous conditions de branche et d'effectif.
Bon à savoir

Des sessions de sensibilisation aux gestes qui sauvent sont organisées à titre gratuit dans certains départements, par des associations agréées, des services d'incendie et de secours ou des communes. L'offre varie fortement d'un territoire à l'autre, renseignez-vous localement. Ces deux heures ne délivrent pas le certificat SST et ne remplissent pas l'obligation de l'article R4224-15.

Intra ou inter-entreprise

Le choix du format pèse autant sur le budget que sur la qualité de la formation.

Critère Intra-entreprise Inter-entreprise
LieuVos locauxCentre de formation
Seuil de rentabilitéÀ partir de 4 à 5 salariés1 à 3 salariés
Cas concretsAdaptés à vos postes et à vos risques réelsGénériques, tous secteurs confondus
OrganisationDates choisies, zéro déplacementDates imposées, temps de trajet
ContrainteSalle disponible et espace pour les mises en situationEffectif dispersé sur plusieurs sessions

L'argument décisif n'est pas le prix mais les cas concrets. Une session dans vos locaux permet de jouer l'accident sur le poste réel, avec le chariot, la machine ou le produit chimique concerné. C'est ce qui transforme une formation réglementaire en réflexe utilisable.

Secteurs à risque et cas particuliers

Tous les secteurs sont concernés, certains appellent une vigilance renforcée. Le BTP, l'industrie chimique, la métallurgie, le transport et l'agriculture concentrent les accidents graves. Les établissements recevant du public, l'hôtellerie-restauration et le commerce cumulent un autre risque, celui du malaise d'un client dans un lieu où personne n'est formé.

Le cas du secteur sanitaire et médico-social

Les établissements de santé relèvent d'un régime distinct. Le personnel soignant doit détenir l'AFGSU 2, valable 4 ans, et le personnel non soignant l'AFGSU 1. Ces attestations ne se substituent pas au SST pour les salariés qui ne sont pas rattachés à un établissement de santé, et le SST ne remplace jamais l'AFGSU dans un établissement de soins.

Les risques psychosociaux et la santé mentale

Le malaise au travail n'est pas toujours physique. Les premiers secours en santé mentale forment à repérer une personne en souffrance psychique et à l'orienter. Cette formation ne remplit aucune obligation réglementaire de secourisme, elle complète le dispositif sur un risque que le SST ne couvre pas.

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Intérimaires, alternants et sous-traitants

Trois situations reviennent en permanence et méritent une réponse claire :

  1. L'intérimaire. L'agence reste son employeur, mais l'entreprise utilisatrice assure l'accueil et la formation à la sécurité au poste occupé. Sur un poste à risque, cette formation est renforcée.
  2. L'alternant et le stagiaire. Beaucoup arrivent déjà titulaires du SST, la formation figurant dans plusieurs référentiels de CAP, bac professionnel et BTS. Vérifiez la date, un certificat scolaire de trois ans n'est plus valide.
  3. Le sous-traitant. Le seuil de vingt travailleurs vise les personnes présentes sur le chantier, sans distinguer leur employeur. Le plan de prévention règle qui forme qui, à écrire avant le démarrage.

La sensibilisation avant le départ à la retraite

C'est l'obligation la plus méconnue, et elle s'applique à toutes les entreprises, sans condition d'effectif.

L'article L1237-9-1 du Code du travail, issu de la loi du 3 juillet 2020 sur le statut de citoyen sauveteur, prévoit que les salariés bénéficient d'une sensibilisation à la lutte contre l'arrêt cardiaque et aux gestes qui sauvent préalablement à leur départ à la retraite.

Le décret du 19 avril 2021, codifié aux articles D1237-2-2 et D1237-2-3, fixe le contenu et impose que l'action se déroule pendant l'horaire normal de travail. Il ne fixe pas de durée. En pratique, cette sensibilisation prend la forme d'une sensibilisation aux gestes qui sauvent, dont le référentiel prévoit deux heures minimum en présentiel.

Point Règle
QuiTout salarié en départ volontaire à la retraite, dans toute entreprise
QuandAvant la sortie des effectifs
DuréeNon fixée par le décret. Deux heures minimum quand l'action prend la forme d'une sensibilisation aux gestes qui sauvent
StatutPendant l'horaire normal, temps assimilé à du temps de travail
ContenuAssurer sa sécurité et alerter, réagir face à une hémorragie externe, réagir face à un arrêt cardiaque et utiliser un défibrillateur

L'employeur doit proposer cette action. Le salarié reste libre de l'accepter ou non, mais la proposition doit pouvoir être justifiée.

Organisation des secours et affichage des consignes d'urgence dans une entreprise
L'organisation des secours combine des personnes formées, des consignes écrites et du matériel signalé

Organiser les secours dans l'entreprise

Former des salariés ne suffit pas. L'organisation des secours repose sur trois piliers indissociables : des moyens humains formés, des consignes écrites portées à la connaissance de tous, un dispositif d'alerte et du matériel adapté.

Les quatre étapes de mise en place

  1. Identifier les risques. Types d'activité, zones dangereuses, travail isolé ou de nuit. Ce diagnostic détermine le nombre de personnes à former et l'emplacement des moyens.
  2. Planifier les sessions. Choisir un organisme habilité, caler les dates sur les roulements, inscrire les recyclages à 24 mois au plan de développement des compétences.
  3. Afficher et équiper. Numéros d'urgence dans chaque zone, liste des salariés formés avec leur poste, trousse de secours vérifiée, défibrillateur signalé.
  4. Tester et mettre à jour. Un exercice une à deux fois par an, une révision des procédures dès qu'un salarié formé part ou que l'organisation change.

Les documents à tenir à jour

Document Contenu attendu Référence
Organisation des secoursConduite à tenir en cas d'accident, personnes formées, moyens d'alerteArticle R4224-16
Document uniqueÉvaluation des risques incluant l'organisation des premiers secoursArticle R4121-1
Affichage des numéros15, 18, 112 et adresses des services de secoursArticle D4711-1
Signalisation du matérielPanneaux indiquant l'emplacement du matériel de secoursArticles R4224-14 et R4224-23

Le seuil de l'infirmier et du local de secours

Au-delà du secourisme, deux seuils d'effectif déclenchent des obligations lourdes, fixées par l'article R4623-32.

Type d'établissement Effectif Présence d'un infirmier
Industriel, chantiers assimilésMoins de 200 salariésSur demande du médecin du travail et du CSE
Industriel200 à 800 salariésAu moins un infirmier
IndustrielPlus de 800 salariésUn infirmier supplémentaire par tranche de 600
Autres établissementsMoins de 500 salariésSur demande du médecin du travail et du CSE
Autres établissements500 à 1 000 salariésAu moins un infirmier, puis un par tranche de 1 000

Les salariés formés au secourisme ne remplacent jamais un infirmier, le Code du travail le précise expressément.

Un second seuil suit la même logique. L'article R4214-23 impose un local dédié aux premiers secours à partir de 200 salariés dans les établissements industriels et de 500 dans les autres. Ce local doit rester accessible avec un brancard, contenir le matériel et porter une signalisation.

Le défibrillateur, une confusion fréquente

L'obligation d'équipement en défibrillateur vise les établissements recevant du public, pas les lieux de travail en général. Un site industriel fermé au public n'y est pas soumis, ce qui n'empêche pas d'en installer un au titre de la prévention. Notre page sur l'obligation d'équipement en défibrillateur détaille les catégories concernées.

Tracer les formations et les accidents

Depuis 2026, la conformité ne se prouve plus seulement par des attestations rangées dans un classeur. Deux dispositifs organisent la traçabilité.

Le passeport de prévention

Créé par la loi Santé au travail de 2021, il centralise les formations en santé et sécurité suivies par chaque travailleur. L'espace de déclaration employeur est accessible depuis le 16 mars 2026 sur le portail dédié. Les formations obligatoires, dont le SST, y sont déclarées, y compris pour les intérimaires, les alternants et les stagiaires.

Un régime transitoire prolongé jusqu'à fin 2026 laisse neuf mois pour déclarer, à compter de la fin du trimestre concerné. Les formations financées par un opérateur de compétences remontent automatiquement, celles dispensées en interne sont à saisir.

Le registre des accidents bénins

Il permet de remplacer la déclaration d'un accident sans arrêt ni soins médicaux par une simple inscription. Le décret du 29 avril 2021 a supprimé l'autorisation préalable de la caisse régionale, l'employeur informe désormais l'organisme sans délai et conserve le registre cinq ans.

Un détail relie directement ce registre au secourisme. Sa tenue suppose la présence permanente d'un médecin, d'un pharmacien, d'un infirmier diplômé d'État, ou d'une personne chargée d'une mission d'hygiène et de sécurité titulaire d'un diplôme de secouriste complété par le certificat SST. Sans cette présence, tout accident doit être déclaré à la caisse primaire.

Ce que risque l'employeur

Deux niveaux de risque coexistent, et le second pèse bien plus lourd que le premier.

  1. La sanction administrative et pénale. Le manquement aux règles de santé et sécurité est puni d'une amende au titre de l'article L4741-1 du Code du travail, appliquée autant de fois qu'il y a de salariés concernés.
  2. La faute inexcusable. En cas d'accident, l'absence d'organisation des secours pèse dans l'appréciation de la responsabilité de l'employeur, avec à la clé une majoration de la rente versée à la victime.

C'est la raison pour laquelle le document d'organisation des secours compte autant que les formations elles-mêmes. Sans lui, rien ne prouve que les mesures ont été prises.

Le protocole PEAS

Toutes les formations reposent sur la même séquence, retenue sous l'acronyme PEAS. La connaître ne remplace pas une formation, elle aide à comprendre ce que vos salariés vont apprendre.

Étape Actions
1. ProtégerNe pas se mettre en danger, protéger la victime et l'entourage, ne déplacer un blessé qu'en cas de nécessité absolue
2. ExaminerApprécier l'état de conscience, vérifier la respiration, repérer les blessures visibles
3. AlerterAppeler le 15, le 18 ou le 112, donner le lieu exact, la nature de l'accident et l'état de la victime
4. SecourirRéaliser les gestes selon les consignes du régulateur, rassurer la victime, se protéger avec des gants à usage unique

Choisir son organisme

Le marché de la formation au secourisme est fragmenté, avec des écarts de qualité importants. Cinq vérifications avant de signer :

  1. L'habilitation. Pour le SST, l'organisme doit être habilité par le réseau Assurance Maladie Risques professionnels et l'INRS. Demandez le numéro d'habilitation.
  2. La certification Qualiopi. Elle conditionne l'accès aux financements publics et mutualisés, dont ceux de votre opérateur de compétences.
  3. Le formateur. Son certificat est valable 3 ans et se maintient par une session de 21 heures. Demandez sa date de validité, un point rarement contrôlé par les entreprises.
  4. Le matériel. Mannequins adulte, enfant et nourrisson et défibrillateur de formation sont obligatoires. L'aide-mémoire de l'INRS, référence ED 4085, doit être remis à chaque participant en fin de formation.
  5. L'enregistrement de la session. Toute session SST est déclarée dans l'outil national FORPREV, au plus tard 15 jours avant son démarrage. Un organisme qui esquive la question mérite d'être écarté.
  6. Le suivi des échéances. Les meilleurs organismes préviennent avant l'expiration des certificats, ce qui évite de repartir sur une formation complète.
Attention

Une offre de SST intégralement à distance n'est pas conforme. Les épreuves certificatives s'évaluent en présentiel, avec un formateur habilité et du matériel. Un devis nettement en dessous du marché cache le plus souvent un groupe surchargé ou une durée raccourcie.

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Les formations hors entreprise

D'autres parcours existent en dehors du cadre professionnel, souvent recherchés par les salariés eux-mêmes. L'initiation aux premiers secours ouvre les bases dès 10 ans. La filière opérationnelle, avec le PSE1 et le PSE2, s'adresse aux secouristes d'association. Le parcours de formateur concerne ceux qui veulent enseigner.

Un mot sur une confusion fréquente. Le PSC2 n'existe pas, aucune formation ne porte cet intitulé. Si un organisme vous le propose, demandez le libellé exact qui figurera sur l'attestation.

Questions fréquentes

La formation aux premiers secours est-elle obligatoire en entreprise ?

Elle l'est dans deux cas précis, fixés par l'article R4224-15 : chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux, et chaque chantier employant vingt travailleurs au moins pendant plus de quinze jours. Hors de ces cas, aucun nombre de salariés formés n'est imposé, mais l'employeur reste tenu d'organiser les secours et de consigner cette organisation par écrit.

Combien de salariés faut-il former ?

Aucun ratio légal n'existe. La pratique consiste à garantir la présence d'un salarié formé sur chaque plage horaire travaillée, sur chaque site et chaque zone à risque. Beaucoup d'entreprises tertiaires retiennent un salarié formé pour 15 à 20 personnes, à ajuster selon le nombre d'étages, les roulements et les absences.

Quelle est la différence entre le PSC1 et le SST ?

Les gestes enseignés sont proches. Le SST dure 14 heures et ajoute un volet de prévention des risques professionnels propre à l'entreprise, avec un certificat à recycler tous les 24 mois. Le PSC, ex-PSC1, dure 7 heures, s'adresse à tout citoyen et ne comporte pas ce volet prévention. En entreprise, le SST est la formation de référence.

La formation est-elle gratuite pour le salarié ?

Oui. Elle est financée par l'employeur, se déroule sur le temps de travail et le salaire est maintenu. Le salarié n'avance aucun frais et ne mobilise pas son compte personnel de formation. Pour l'employeur, la prise en charge par l'opérateur de compétences peut couvrir tout ou partie du coût pédagogique.

Combien coûte une formation premiers secours en entreprise ?

Entre 150 et 300 € par salarié pour un SST en session collective, de 800 à 1 400 € pour une session complète dans vos locaux, et de 80 à 180 € pour un recyclage. Ces montants sont des ordres de grandeur observés, jamais des tarifs réglementés. À partir de quatre ou cinq salariés, le format intra devient généralement plus économique.

Le certificat SST est valable combien de temps ?

24 mois. Avant l'échéance, le salarié suit un maintien et actualisation des compétences de 7 heures qui repart pour 24 mois. Passé la date, il ne peut plus exercer comme sauveteur. Un maintien des compétences reste possible si le délai écoulé n'est pas trop long, sinon le document de référence de l'INRS conseille une nouvelle formation initiale.

Une entreprise de bureaux doit-elle former quelqu'un ?

Aucun texte ne l'impose si l'activité ne comporte pas de travaux dangereux. L'obligation générale de sécurité s'applique malgré tout : il faut organiser les secours, écrire les consignes, afficher les numéros d'urgence et prévoir du matériel accessible. Former au moins un salarié par étage reste la réponse la plus simple pour démontrer que cette obligation est prise au sérieux.

Peut-on faire la formation SST à distance ?

Non. Les épreuves certificatives portent sur des gestes évalués en présentiel, avec un formateur habilité et du matériel de simulation. Une offre annoncée comme intégralement en ligne ne délivre pas un certificat SST valide.

Quelle formation choisir pour un établissement de santé ?

L'AFGSU, et non le SST. Le niveau 2 concerne les professionnels de santé, le niveau 1 le personnel non soignant de l'établissement. Ces attestations sont valables 4 ans avec un recyclage de 7 heures. Le SST ne les remplace pas.

Faut-il former les salariés qui partent à la retraite ?

L'employeur doit leur proposer une sensibilisation à la lutte contre l'arrêt cardiaque et aux gestes qui sauvent, avant leur sortie des effectifs et sur le temps de travail. L'obligation vient de l'article L1237-9-1 du Code du travail et s'applique à toutes les entreprises. Le décret ne fixe pas de durée, mais l'action prend en pratique la forme d'une sensibilisation de deux heures.

Qui contrôle le respect de ces obligations ?

L'inspection du travail, qui peut demander le document consignant l'organisation des secours. En cas d'accident, l'absence de dispositif organisé pèse lourd dans l'appréciation de la responsabilité de l'employeur, au titre de son obligation de sécurité.

Un salarié formé remplace-t-il un infirmier ?

Non, l'article R4224-15 l'exclut expressément. La présence d'un infirmier est obligatoire dans les établissements industriels à partir de 200 salariés et dans les autres établissements à partir de 500 salariés, selon l'article R4623-32.

Pour aller plus loin

Rédigé par

Laurent Lugari

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