Cancérologue (oncologue) : métier, études et salaire 2026

Article mis à jour le : 26 septembre 2026

Le cancérologue, aussi appelé oncologue, est le médecin spécialiste du diagnostic, du traitement et du suivi des cancers. Le terme recouvre plusieurs profils : oncologue médical, oncologue radiothérapeute, mais aussi chirurgien ou spécialiste d'organe formé à la cancérologie.

Deux voies mènent au métier : le DES d'oncologie, en cinq ans d'internat, ou une formation spécialisée en cancérologie pour le médecin d'une autre spécialité. Le cancérologue exerce ensuite à l'hôpital, en centre de lutte contre le cancer, en clinique ou en libéral.

Médecin oncologue analysant un dossier de cancérologie en consultation
Le cancérologue allie expertise scientifique et accompagnement humain dans une discipline en évolution constante.© lonasante.com
Les points clés à retenir
  • 11 ans d'études après le bac, dont 5 ans d'internat dans le DES d'oncologie.
  • 4 634 € brut par mois pour un praticien hospitalier débutant, 9 368 € au dernier échelon.
  • 1 662 oncologues médicaux et 1 131 radiothérapeutes exerçaient en France en 2024.
  • Depuis février 2026, un référentiel de certification périodique propre à l'oncologie s'applique.
Sommaire
  1. Le métier de cancérologue en France
  2. Le quotidien d'un cancérologue
  3. La formation pour devenir cancérologue
  4. Évolution de carrière du cancérologue
  5. La formation continue du cancérologue
  6. La certification périodique du cancérologue
  7. Les institutions et associations
  8. Documents officiels
  9. Questions fréquentes

Le métier de cancérologue en France

Définition du cancérologue

Le cancérologue est un médecin spécialiste du diagnostic, du traitement et du suivi des cancers. Son champ d'intervention couvre les tumeurs malignes solides et l'ensemble des cancers à l'exception des hémopathies malignes (leucémies, lymphomes, myélomes), prises en charge par l'hématologue.

Deux situations conduisent un patient à consulter un cancérologue :

  • Une orientation par le médecin généraliste après suspicion clinique ou biologique de cancer, en lien avec un dépistage organisé ou opportuniste
  • Un suivi régulier dans le cadre du parcours de soins après un diagnostic confirmé, pendant les traitements et en surveillance post-thérapeutique

Cancérologue ou oncologue : la différence

Il n'y a aucune différence de compétence entre un cancérologue et un oncologue : l'Institut national du cancer emploie les deux mots comme synonymes. La distinction est uniquement étymologique : « oncologie » provient du grec onco (masse, tumeur), tandis que « cancérologie » dérive du latin cancri (crabe). Le diplôme officiel reconnu par l'arrêté du 3 mars 2022 porte désormais le nom de DES d'oncologie, avec deux options précoces réglementaires : l'oncologie médicale et l'oncologie radiothérapie.

Oncologue médical, radiothérapeute, chirurgien : les profils

Le glossaire de l'Institut national du cancer range sous le mot cancérologue tout médecin qui traite des cancers. Cinq profils se partagent cette prise en charge :

ProfilFormationCe qu'il traite
Oncologue médicalDES d'oncologie, option oncologie médicaleChimiothérapie, immunothérapie, thérapies ciblées, hormonothérapie
Oncologue radiothérapeuteDES d'oncologie, option oncologie radiothérapieRadiothérapie externe et curiethérapie
Chirurgien cancérologueDES de la spécialité chirurgicale, dans un établissement autorisé en chirurgie oncologiqueBiopsie chirurgicale et exérèse des tumeurs solides
Spécialiste d'organeDES de la spécialité (pneumologie, gastro-entérologie, gynécologie…) et FST cancérologieTraitements médicaux des cancers de son organe
HématologueDES d'hématologieLeucémies, lymphomes, myélomes

Les chirurgiens forment une part importante de la filière. Selon l'Institut national du cancer, 58 % des urologues détiennent un diplôme en cancérologie et 43 % consacrent plus de la moitié de leur temps à cette activité. Les cancers du sang relèvent de l'hématologue.

Les missions du cancérologue

L'activité du cancérologue se structure autour de cinq grands champs qui couvrent l'intégralité du parcours patient, du dépistage à la coordination des soins.

1. Diagnostic et dépistageExamen clinique, analyse des examens préalables, prescription des examens complémentaires (scanner, IRM, TEP, biopsie), diagnostic et stade selon la classification TNM
2. TraitementsChoix et coordination des traitements (chimiothérapie, immunothérapie, thérapies ciblées, hormonothérapie, radiothérapie, chirurgie), gestion des effets secondaires, soins de support et palliatifs
3. Information du patientProgramme personnalisé de soins (PPS), explication des risques et bénéfices, accompagnement du patient et de sa famille, conseils contre la récidive
4. RechercheProgrammes de recherche fondamentale ou clinique, inclusion de patients dans les essais thérapeutiques, publications scientifiques
5. Travail en équipeCollaboration avec chirurgiens, radiothérapeutes, anatomopathologistes et biologistes, participation aux réunions de concertation pluridisciplinaires (RCP), lien avec le médecin traitant

Les qualités attendues

Le métier demande des qualités scientifiques et humaines :

  • Rigueur : conscience professionnelle et méthode scientifique
  • Écoute : empathie et capacité à accompagner sur la durée
  • Endurance : résistance physique et gestion du stress
  • Pédagogie avec les patients et leurs familles
  • Travail d'équipe en réunion pluridisciplinaire
Bon à savoir

Le dispositif d'annonce structuré par l'INCa repose sur quatre temps : médical, soignant, accompagnement social et articulation avec la médecine de ville. Le cancérologue intervient sur les temps médicaux, en lien avec une infirmière coordinatrice formée à l'annonce.

Les lieux d'exercice

L'exercice de la cancérologie est encadré par un régime d'autorisations. Le décret n° 2022-689 du 26 avril 2022 a redéfini les conditions d'implantation et les conditions techniques de fonctionnement de l'activité de soins de traitement du cancer. Les établissements doivent désormais détenir une autorisation pour la chirurgie oncologique, les traitements médicamenteux systémiques ou la radiothérapie. En 2024, 826 établissements détenaient cette autorisation, selon l'Institut national du cancer. Le cancérologue exerce dans :

  • Les centres hospitaliers universitaires (CHU) et centres hospitaliers (CH) titulaires d'autorisations oncologiques
  • Les centres de lutte contre le cancer (CLCC) regroupés au sein du réseau Unicancer
  • Les cliniques privées disposant d'une autorisation pour le traitement du cancer (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie)
  • Les cabinets libéraux et les centres de chimiothérapie ambulatoire
  • Les entreprises de l'industrie pharmaceutique, dans la recherche clinique ou les affaires médicales
  • Les laboratoires de recherche publique (INSERM, CNRS) ou les Sites de Recherche Intégrée sur le Cancer (SIRIC)
  • Les universités, en tant qu'enseignant-chercheur (PU-PH, MCU-PH)

Le métier de cancérologue en chiffres

Le Panorama des cancers en France, édition 2026, publié par l'Institut national du cancer en juillet 2026, donne les repères les plus récents :

433 136Nouveaux cas de cancer estimés en 2023
1,4 MPersonnes traitées à l'hôpital en 2024, +2,5 % en un an
1 662Oncologues médicaux en activité en 2024
1 131Oncologues radiothérapeutes en activité en 2024

Ils étaient respectivement 523 et 613 en 2003. Les effectifs d'oncologues médicaux ont donc plus que triplé en vingt ans. Côté démographie, l'Institut national du cancer relève :

  • 47 ans d'âge moyen pour les oncologues médicaux, 48 ans pour les radiothérapeutes
  • 24 % des oncologues médicaux et 35 % des radiothérapeutes ont 55 ans ou plus
  • 90 466 patients traités par immunothérapie (inhibiteurs de points de contrôle) en 2023, +21 % en un an
Une mortalité par cancer en recul

Entre 2019 et 2023, le taux de mortalité standardisé par cancer a baissé de 1,61 % par an chez les hommes et de 0,76 % par an chez les femmes, selon le Panorama 2026. Plus de 60 000 patients ont été inclus dans des essais cliniques en cancérologie en 2023, 2,8 fois plus qu'il y a vingt ans, d'après l'édition 2025.

Le salaire du cancérologue

Un cancérologue praticien hospitalier débutant gagne 4 634 € brut par mois, hors primes et gardes. Le salaire dépend ensuite de l'ancienneté, du statut (hospitalier, salarié du privé, libéral) et de l'activité de garde.

4 634 €Brut mensuel du praticien hospitalier au 1er échelon, soit 55 608 € par an
9 368 €Brut mensuel au 13e et dernier échelon, soit 112 417 € par an
1 010 €IESPE brute par mois, sans activité libérale
422,03 €Brut par garde de nuit, dimanche ou jour férié

Ces montants suivent la grille des émoluments des praticiens hospitaliers, dont les valeurs sont en vigueur depuis le 1er juillet 2023. Le 13e échelon s'atteint après une trentaine d'années de carrière. S'y ajoutent :

  • L'IESPE, indemnité d'engagement de service public exclusif, de 1 010 € brut par mois pour le praticien qui renonce à toute activité libérale
  • Les gardes : 422,03 € brut par nuit, dimanche ou jour férié dans les obligations de service
  • La prime Ségur et les primes liées à des fonctions particulières

En libéral, les revenus dépendent du volume d'activité et du secteur conventionnel. Aucune grille nationale ne les fixe.

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Le quotidien d'un cancérologue

La cancérologie combine recherche, technicité et accompagnement humain sur la durée. Le métier est exigeant, sur le plan intellectuel comme émotionnel.

Les avantages

La cancérologie attire par sa richesse intellectuelle, le lien tissé avec les patients et les débouchés ouverts après l'internat.

Une discipline en évolution permanenteL'oncologie progresse rapidement, avec l'arrivée régulière de thérapies ciblées, d'immunothérapies et de la médecine de précision. La veille scientifique fait partie intégrante du métier.
Un travail pluridisciplinaire enrichissantLa collaboration avec chirurgiens, radiothérapeutes, biologistes et anatomopathologistes apporte une richesse intellectuelle au quotidien et soutient la qualité des décisions thérapeutiques.
Une relation patient au long coursLa prise en charge personnalisée se construit dans la durée. Les liens entre le cancérologue et ses patients sont souvent forts, marqués par une dimension humaine intense.
Sécurité de l'emploi et carrière diversifiéeForte demande de recrutement, niveau de rémunération élevé et possibilités multiples : recherche, enseignement, industrie, libéral, postes de responsabilité hospitalière.

Les difficultés du métier

La spécialité expose aussi à une charge émotionnelle forte et à des situations cliniques difficiles, à apprivoiser tout au long de la carrière.

Annonces difficiles à porterAnnoncer un diagnostic de cancer, l'inefficacité d'un traitement ou des chances de guérison limitées exige une préparation et un accompagnement professionnel pour ne pas s'épuiser émotionnellement.
Charge émotionnelle au long coursLe suivi prolongé des patients, parfois des proches, demande une distance professionnelle protectrice tout en préservant l'humanité et l'empathie nécessaires à la qualité de la relation.
Risque d'épuisementL'épuisement professionnel est un risque reconnu : la santé du praticien forme l'un des quatre axes de la certification périodique.
Volume d'activité en haussePrès de 1,4 million de personnes ont été traitées pour un cancer à l'hôpital en 2024, 2,5 % de plus qu'en 2023. La pression reste forte malgré le triplement des effectifs d'oncologues médicaux depuis 2003.

Les services de santé au travail hospitaliers et les associations de spécialité comme l'AERIO proposent des dispositifs de soutien dédiés aux professionnels en difficulté.

Le métier vu de l'intérieur

Deux ressources montrent la pratique réelle avant de s'engager dans le DES d'oncologie :

Pour une immersion plus longue, plusieurs centres du réseau Unicancer accueillent des étudiants de deuxième cycle en stage d'observation. La demande passe par la faculté de rattachement.

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La formation pour devenir cancérologue

Pour exercer le métier d'oncologue, il faut avoir suivi des études de médecine avec une spécialisation en cancérologie. Le parcours est long mais bien balisé.

Les études pour devenir cancérologue

La formation d'un médecin cancérologue est longue puisqu'elle nécessite onze années d'études supérieures. Pour devenir cancérologue, il faut :

  • Obtenir un baccalauréat (parcours scientifique recommandé)
  • Suivre six années d'études de médecine : trois ans de premier cycle, puis trois ans jusqu'au DFASM (diplôme de formation approfondie en sciences médicales)
  • Se spécialiser en cancérologie pour obtenir un diplôme d'études spécialisées (DES) d'oncologie d'une durée de cinq ans (10 semestres) durant l'internat de médecine
À noter

Depuis la rentrée 2020, les bacheliers ont la possibilité de choisir entre deux parcours pour réaliser leurs études de médecine : la L.AS (Licence Accès Santé) ou le PASS (Parcours Accès Santé Spécifique). Une réforme du deuxième cycle a remplacé les ECN par les EDN (épreuves dématérialisées nationales), couplées aux ECOS (examens cliniques objectifs structurés).

Le DES d'oncologie : programme et options

C'est à partir de la 7e année en faculté de médecine, pendant son internat, que l'étudiant se spécialise en cancérologie. Pour cela, il choisit entre deux options précoces définies au niveau réglementaire :

  • DES option oncologie médicale : centré sur les traitements systémiques (chimiothérapie, immunothérapie, thérapies ciblées)
  • DES option oncologie radiothérapie : centré sur la planification et la délivrance des traitements par rayonnements

Le DES d'oncologie dure 10 semestres, selon la maquette fixée par l'arrêté du 21 avril 2017 :

  • Phase socle, 2 semestres : un stage en oncologie médicale et un stage en oncologie radiothérapie, puis choix de l'option
  • Phase d'approfondissement, 6 semestres : stages dans l'option choisie et dans des spécialités voisines (hématologie, anatomopathologie, imagerie…)
  • Phase de consolidation, 2 semestres : un an comme Docteur Junior dans l'option

L'étudiant soutient sa thèse d'exercice de docteur en médecine pendant l'internat.

La FST cancérologie pour les spécialistes d'organe

La formation spécialisée transversale (FST) cancérologie permet à un interne d'une autre spécialité de traiter médicalement les cancers de son organe. Un pneumologue, un gastro-entérologue ou un gynécologue devient ainsi cancérologue sans passer par le DES d'oncologie. L'arrêté du 3 mars 2022 en fixe deux déclinaisons :

  • Traitements médicaux des cancers, déclinaison cancérologie de l'adulte
  • Hémato-cancérologie pédiatrique, pour les pédiatres

La FST adulte comprend un stage d'un semestre en oncologie médicale et un stage en oncologie radiothérapie. La maquette rend ce second stage obligatoire en hépato-gastro-entérologie, pneumologie, neurologie, gynécologie et ORL.

La reconnaissance du diplôme à l'étranger

Dans l'Union européenne, le diplôme français d'oncologue est reconnu en application de la directive 2005/36/CE, après inscription auprès de l'autorité du pays d'accueil. Au Québec, un arrangement de reconnaissance mutuelle en vigueur depuis 2010 ouvre un permis d'exercice après un stage d'adaptation de douze semaines, selon les articles D4111-22 à D4111-32 du Code de la santé publique.

Trois livres pour préparer le métier

Référentiel Collège de Cancérologie R2C (4e édition)Collège National des Enseignants en Cancérologie (CNEC), coordonné par les Pr Philippe Giraud et Pr Jean Trédaniel. Éditions MED-LINE, 2024. L'ouvrage de référence pour les étudiants du DFASM, conforme à la R2C, rédigé par près de 100 enseignants de la spécialité.
Pharmacie clinique pratique en oncologie (2e édition)Gilles Aulagner, Jean-Louis Cazin, François Lemare, Samuel Limat (ANEPC). Éditions Elsevier Masson, 2020. Référence pour la prescription, la gestion médicamenteuse et la pharmacologie oncologique, organisée en 37 chapitres.
Oncologie : dossiers format iECNAntoine Schernberg. Éditions Ellipses, collection Les dossiers de l'iECN. Cas cliniques inspirés de patients réels couvrant les principales situations rencontrées en oncologie et radiothérapie.

Le coût des études de cancérologie

Les droits universitaires restent modestes pour 2026-2027 :

Le logement et la vie courante pèsent bien plus lourd. Bourse du CROUS, APL et contrat d'engagement de service public (CESP) allègent la note : notre dossier sur les aides à la formation les détaille.

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Évolution de carrière du cancérologue

En exercice, le cancérologue peut se former pour actualiser ses connaissances ou se spécialiser sur un type de cancer ou une technique. Notre dossier sur la formation en oncologie détaille les programmes accessibles aux soignants impliqués dans la prise en charge.

Les diplômes universitaires permettent de se spécialiser : immuno-oncologie, oncogériatrie, douleur en oncologie ou médecine moléculaire. Les perspectives de carrière sont nombreuses :

Direction de service hospitalierDevenir chef d'un service hospitalier ou responsable d'unité dans un CHU ou un CLCC
Enseignement universitaireAccéder aux postes de PU-PH ou MCU-PH avec une activité mixte clinique et académique
RechercheRejoindre l'INSERM, le CNRS ou un SIRIC pour mener des projets de recherche fondamentale ou translationnelle
Industrie pharmaceutiqueExercer dans la recherche clinique, les affaires médicales ou le développement de nouveaux traitements
Changement d'environnementÉvoluer entre hôpitaux, cliniques privées, CHU ou centres de référence selon le projet professionnel
Reconversion médicaleEnvisager une reconversion vers la santé numérique, l'IA appliquée ou la médecine de l'innovation

La formation continue du cancérologue

Deux obligations s'appliquent au cancérologue en exercice : le DPC, sur trois ans, et la certification périodique, sur six ans. Les actions de DPC comptent dans la certification.

  • DPC : 21 heures de formation prises en charge en 2026 pour un libéral conventionné, frais pédagogiques et indemnisation compris
  • ANDPC : sa fermeture est annoncée, mais le financement 2026 reste garanti, détails dans notre guide de l'Agence nationale du DPC
  • Autres financements : FIF PL pour les libéraux, ANFH à l'hôpital public, OPCO Santé dans le privé non lucratif, CPF pour tous

Pour choisir un organisme, notre guide des organismes de formation DPC les recense par profession.

Formations DPC en ligne
Le catalogue lonasanteformation.fr.
Voir le catalogue

La certification périodique du cancérologue

Depuis le 1er janvier 2023, chaque médecin inscrit à l'Ordre doit prouver, tous les six ans, qu'il actualise ses compétences : c'est la certification périodique, créée par l'ordonnance du 19 juillet 2021. Le référentiel de l'oncologie figure parmi les 52 référentiels publiés par l'arrêté du 26 février 2026.

Les quatre axes du référentiel oncologie

Le référentiel de certification périodique des cancérologues, validé par le CNP de spécialité, structure les actions à réaliser autour de quatre objectifs définis par le code de la santé publique :

Axe 1 : Renforcer la qualité des pratiques professionnellesUne action obligatoire portant sur l'évaluation des pratiques professionnelles (EPP), la gestion des risques (GDR) ou l'analyse des pratiques (APP), plus une action au choix.
Axe 2 : Maintenir et actualiser les connaissancesAu moins deux actions de formation continue, en lien avec les recommandations de bonnes pratiques cliniques validées par la HAS.
Axe 3 : Améliorer la relation avec les patientsDeux actions au choix portant sur la communication, l'annonce diagnostique, la décision médicale partagée ou l'accompagnement des proches.
Axe 4 : Améliorer la santé personnelle du professionnelDeux actions portant sur la prévention de l'épuisement, la qualité de vie au travail ou la gestion du stress en oncologie.

Les modalités pratiques de validation

  • Six ans pour réaliser au moins deux actions par axe, neuf ans pour les médecins déjà en exercice au 1er janvier 2023, selon le décret du 22 mars 2024
  • Actions valorisées : DPC, formations continues, accréditation
  • Contrôle par l'Ordre des médecins, via le téléservice Ma Certif'Pro Santé
Bon à savoir

Le téléservice est annoncé pour fin 2026 par l'Agence du numérique en santé. En attendant, conservez les attestations des formations et des évaluations de pratiques suivies depuis janvier 2023 : elles seront reprises dans votre dossier.

Les institutions et associations pour les cancérologues

Quatre structures accompagnent les cancérologues, de l'internat à la fin de carrière :

CNEC : Collège national des enseignants en cancérologieCoordonne l'enseignement de la cancérologie et publie le référentiel des étudiants du deuxième cycle.
SFC : Société française du cancerSociété savante fondée il y a près de 120 ans, qui réunit chercheurs et cliniciens et publie le Bulletin du cancer.
AERIO : internes en oncologieAssociation des internes en oncologie : soirées de formation, congrès, défense des internes. Site : aerio-oncologie.org
La Ligue contre le cancerAssociation reconnue d'utilité publique, créée en 1918, qui finance la recherche et accompagne les patients. Site : ligue-cancer.net

Les documents officiels à consulter

Ces ressources publiques complètent la fiche métier.

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Panorama des cancers en FranceLes chiffres de référence de l'INCa, édition 2026 et éditions précédentes.Source : Institut national du cancer
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Carte des établissements de soins en cancérologieLes établissements autorisés par l'ARS à traiter le cancer, par région.Source : Institut national du cancer
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Épidémiologie des cancersIncidence, mortalité et survie par localisation.Source : Institut national du cancer
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Recommandations de l'INCa relayées par la HASRéférentiels et outils d'aide à la pratique en cancérologie.Source : Haute Autorité de santé
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Questions fréquentes

Combien d'années d'études faut-il pour devenir cancérologue ?

Onze années après le baccalauréat. Le cursus comprend trois années de premier cycle (dont le PASS ou la L.AS), trois années jusqu'au DFASM, puis cinq années d'internat dans le DES d'oncologie, option oncologie médicale ou oncologie radiothérapie. La thèse est soutenue pendant l'internat.

Quand consulter un cancérologue ?

Le patient rencontre un cancérologue sur orientation de son médecin traitant ou d'un spécialiste, lorsqu'un cancer est suspecté ou confirmé. La proposition de traitement est ensuite discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire, puis remise au patient sous forme de programme personnalisé de soins.

Quels cancers soigne un oncologue ?

L'oncologue médical traite les tumeurs solides : sein, poumon, côlon, prostate, pancréas, ovaire et autres. Les leucémies, lymphomes et myélomes relèvent en général de l'hématologue. Les cancers d'un organe peuvent aussi être traités par le spécialiste de cet organe titulaire de la FST cancérologie.

Un chirurgien peut-il être cancérologue ?

Oui. L'Institut national du cancer range le chirurgien spécialisé en cancérologie parmi les cancérologues. Il opère dans un établissement autorisé en chirurgie oncologique par l'ARS. Selon l'Institut national du cancer, 58 % des urologues détiennent un diplôme en cancérologie.

Quelle est la différence entre cancérologue et oncologue ?

Aucune différence sur le fond. Les deux termes désignent le même médecin spécialiste des cancers solides. La différence est purement étymologique : oncologie vient du grec onkos (masse), cancérologie du latin cancri (crabe). Le diplôme officiel s'intitule DES d'oncologie.

Quel est le salaire moyen d'un cancérologue en France ?

Un cancérologue praticien hospitalier débutant perçoit 4 634 € brut par mois au 1er échelon, soit 55 608 € par an. Au 13e échelon, il atteint 9 368 € brut par mois hors primes. S'y ajoutent l'IESPE de 1 010 € brut par mois, 422,03 € brut par garde de nuit et la prime Ségur. En libéral, les revenus dépendent de l'activité et du secteur conventionnel.

Le DPC est-il obligatoire pour les cancérologues ?

Oui. Le cancérologue reste soumis à l'obligation triennale de DPC en 2026, et à la certification périodique sur six ans. Les actions de DPC comptent dans la certification. Le dispositif prévu pour 2027 doit rapprocher les deux obligations.

Quelles différences entre oncologie médicale et oncologie radiothérapie ?

L'oncologie médicale est centrée sur les traitements systémiques (chimiothérapie, immunothérapie, thérapies ciblées). L'oncologie radiothérapie se concentre sur la planification et la délivrance des traitements par rayonnements. Le choix entre ces deux options se fait avant la fin de la phase socle de l'internat.

Le diplôme français est-il reconnu à l'étranger ?

Oui dans tous les pays de l'Union européenne, en application de la directive 2005/36/CE. Hors UE, les conditions varient. Un arrangement de reconnaissance mutuelle (ARM) existe avec le Québec depuis 2010, sous condition de validation d'un stage d'adaptation.

Quelle différence entre un oncologue et un hématologue ?

L'oncologue traite les tumeurs solides : sein, poumon, côlon, prostate. L'hématologue traite les cancers du sang : leucémies, lymphomes, myélomes. Les deux se forment par des DES distincts, le DES d'oncologie et le DES d'hématologie, et se retrouvent en réunion de concertation pluridisciplinaire.

Un spécialiste d'organe peut-il devenir cancérologue ?

Oui. Un interne d'une spécialité d'organe (pneumologie, gastro-entérologie, gynécologie, dermatologie…) peut suivre la FST cancérologie, prévue par l'arrêté du 3 mars 2022. Elle comprend un stage en oncologie médicale et un stage en oncologie radiothérapie, et lui permet de traiter médicalement les cancers de son organe.

Où travaille un cancérologue ?

Dans un établissement autorisé par l'ARS à traiter le cancer : CHU, centre hospitalier, centre de lutte contre le cancer ou clinique privée. 826 établissements détenaient une autorisation en 2024 selon l'Institut national du cancer. Le cancérologue peut aussi exercer en cabinet libéral, en recherche ou dans l'industrie pharmaceutique.

Rédigé par

Laurent Lugari

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