Le plan blanc est le plan de crise d'un hôpital ou d'une clinique. Le directeur le déclenche quand une situation sanitaire exceptionnelle dépasse les capacités habituelles de l'établissement : afflux massif de victimes, épidémie, cyberattaque, canicule.
Pour les équipes, le déclenchement change l'organisation du jour : rappel du personnel, cellule de crise, déprogrammation, nouvelles affectations. Dans les EHPAD, son équivalent s'appelle le plan bleu.

- Niveau 2 du plan de gestion des tensions : le plan blanc mobilise tout l'hôpital, après un niveau 1 de mobilisation interne.
- Directeur ou ARS : seul le directeur déclenche le plan blanc, de lui-même ou à la demande de l'ARS.
- 45 minutes : délai attendu par la HAS pour rendre la cellule de crise opérationnelle après l'alerte.
- Rappel du personnel : prévu par le plan de chaque établissement, dans le cadre du statut de chaque soignant.
Sommaire
- Plan blanc à l'hôpital : définition
- La réglementation du plan blanc
- Quand déclencher un plan blanc
- Qui déclenche un plan blanc
- Le plan blanc et les autres plans d'urgence
- Qui est concerné, secteur par secteur
- Ce que le plan blanc change pour le soignant
- Historique des déclenchements
- Le contenu d'un plan blanc
- Concevoir un plan blanc
- Exemples de plan blanc hospitalier en PDF
- Les étapes pour élaborer un plan blanc
- Les logiciels de gestion du plan blanc
- Les documents officiels à télécharger
- Questions fréquentes
Plan blanc à l'hôpital : définition
Le plan blanc est un dispositif d'urgence propre aux établissements de santé, destiné à organiser une réponse rapide et coordonnée en cas de situation sanitaire exceptionnelle (SSE).
Le plan blanc hospitalier permet de mobiliser immédiatement les ressources humaines, matérielles, logistiques et techniques disponibles pour faire face :
- à un afflux massif de victimes ou de patients,
- ou à une forte perturbation de l'activité hospitalière.
Il s'agit d'un outil de gestion de crise, activé lorsque le fonctionnement normal de l'établissement est compromis par un événement grave, qu'il soit d'origine externe (attentat, catastrophe naturelle, épidémie) ou interne (panne critique, cyberattaque, incendie...).
Le plan blanc est une obligation légale pour tous les établissements de santé publics ou privés en France. Il est aussi appelé plan blanc d'établissement.
Le plan blanc, niveau 2 du PGTHSSE
Le plan blanc n'a pas changé de nom : il est devenu le niveau 2 d'un plan plus large, le plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles (PGTHSSE). Au-dessus de l'activité courante, ce plan compte deux niveaux, rappelés par l'instruction DGOS du 18 novembre 2025 sur l'hiver 2025-2026 :
Le niveau 1 couvre par exemple une épidémie saisonnière ou une pénurie de carburant. Le niveau 2 concerne un afflux massif de victimes, un risque NRBC ou une défaillance technique majeure. Le guide méthodologique national ne prévoit pas de niveau 3.
Le plan blanc se distingue aussi des actions mises en place en cas d'« établissement en tension », c'est-à-dire une augmentation d'activité intervenant de manière graduelle. Certains hôpitaux numérotent leurs propres paliers de tension, d'où les mentions « niveau 3 » ou « niveau 5 » dans la presse locale.
Plan blanc élargi, plan rouge, code blanc : les termes voisins
- Plan blanc élargi : dispositif départemental créé en 2004, qui organisait la mobilisation de tous les établissements d'un département avec le SAMU. Il a été remplacé par le dispositif ORSAN et, depuis le décret de janvier 2024, par le plan zonal de mobilisation.
- Plan rouge : il concerne les secours pré-hospitaliers. Il s'appelle aujourd'hui ORSEC NOVI (nombreuses victimes), sous l'autorité du préfet.
- Plan bleu : il concerne les établissements accueillant des personnes âgées et en situation de handicap, comme les EHPAD.
- Code blanc : au Québec, ce code désigne une alerte pour une personne violente ou agressive dans un hôpital. Il n'a aucun lien avec le plan blanc français.
La réglementation du plan blanc
La loi impose depuis 2004 aux établissements de santé de réaliser un plan blanc. Ils doivent le transmettre à l'Agence régionale de santé (ARS) dont ils dépendent.
Le plan blanc a été créé par l'article 20 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique. Ces dispositions figurent aujourd'hui aux articles L3131-7 et suivants du Code de la santé publique.
Les textes en vigueur en 2026
Le décret n° 2024-8 du 3 janvier 2024 fixe le cadre actuel de la préparation des établissements aux situations sanitaires exceptionnelles. Chaque plan blanc doit être :
- arrêté par le directeur, après avis du directoire, de la commission médicale d'établissement et du comité technique d'établissement, dont le rôle est repris depuis 2023 par le comité social d'établissement,
- transmis au directeur général de l'Agence régionale de santé (ARS) et au SAMU,
- évalué par des exercices et révisé si besoin,
- prêt à être activé à tout moment, avec une cellule de crise mobilisable 24 h sur 24.
La certification des établissements par la HAS contrôle ce dispositif. Le critère 3.1-05 du référentiel de la HAS demande :
- une cellule de crise opérationnelle dans les 45 minutes qui suivent l'alerte,
- un plan blanc révisé chaque année.
Ce délai est une exigence de la certification, pas un délai fixé par décret.
Ce plan permet à l'établissement de réagir rapidement, en mobilisant le personnel, en réorganisant les services, et en assurant la continuité des soins pour tous les patients.
Le plan blanc dans les dispositifs ORSAN et ORSEC
Le plan blanc s'inscrit dans le cadre plus large du dispositif ORSAN (Organisation de la réponse du système de santé en situations sanitaires exceptionnelles), piloté par l'ARS. ORSAN compte cinq volets, chacun dédié à un type de crise :
- AMAVI : afflux massif de victimes,
- MEDICO-PSY : prise en charge médico-psychologique des victimes et des proches,
- EPI-CLIM : épidémies saisonnières et événements climatiques,
- REB : risque épidémique et biologique,
- NRC : risques nucléaire, radiologique et chimique.
Selon sa ligne ORSAN, l'hôpital n'a pas le même rôle. La première ligne dispose d'urgences et d'un plateau chirurgical H24. La deuxième ligne vient en renfort. La troisième ligne libère des lits pour accueillir les patients transférés.
Le dispositif intègre aussi des réponses spécifiques aux menaces biologiques, chimiques, radiologiques ou nucléaires (NRBC).

Quand déclencher un plan blanc
L'activation du plan blanc permet à l'établissement de santé concerné de mobiliser dans les meilleures conditions toutes ses capacités au niveau humain et logistique. Son organisation est pilotée par une cellule de crise.
Le plan blanc peut être déclenché lorsque l'établissement de santé est confronté à une des situations suivantes.
Une situation générant un afflux massif de patients
Ce sont des événements qui entraînent une surcharge soudaine et importante des capacités de l'hôpital, tels que :
- une épidémie ou pandémie (ex : grippe, Covid-19),
- un accident collectif majeur (carambolage, crash d'avion, effondrement d'immeuble),
- une catastrophe naturelle (séisme, incendie, inondation),
- un attentat ou une attaque terroriste,
- un événement public à haut risque (compétitions sportives, festivals, manifestations...),
- une vague de chaleur qui fait affluer des patients fragiles.
Ces situations nécessitent :
- le décloisonnement des services pour réaffecter des ressources,
- le rappel de personnels en renfort,
- la priorisation des soins : tri des blessés ou patients selon la gravité.
Une situation empêchant l'établissement de fonctionner normalement
Ce sont des événements internes ou perturbations techniques qui compromettent la capacité de l'hôpital à poursuivre ses activités de manière sécurisée :
- une cyberattaque bloquant les systèmes informatiques hospitaliers, traitée dans un volet appelé plan blanc numérique,
- une panne d'électricité, coupure d'eau, ou défaillance des équipements vitaux,
- un incendie interne, explosion, fuite de gaz,
- une inondation touchant des zones sensibles (blocs opératoires, urgences),
- un mouvement social perturbant fortement les effectifs disponibles,
- une pollution chimique, biologique ou nucléaire nécessitant une décontamination.
Sur demande des autorités sanitaires
Le plan blanc peut également être déclenché :
- sur instruction de l'Agence régionale de santé (ARS),
- dans le cadre d'un déclenchement ORSAN par l'ARS,
- ou en soutien à un autre établissement en difficulté.
En juin 2026, par exemple, l'ARS Grand Est et le préfet de la Moselle ont demandé à tous les hôpitaux du département d'activer leur plan blanc pendant la canicule.
Qui déclenche un plan blanc
Le directeur de l'établissement de santé déclenche le plan blanc. Le décret du 3 janvier 2024 prévoit deux voies :
- de sa propre initiative, en informant le directeur général de l'ARS,
- à la demande du directeur général de l'ARS, selon la gravité de la situation.
L'alerte remonte en général des équipes de secours sur le terrain (SAMU et SMUR, pompiers, police) ou d'un service de l'hôpital, vers le directeur ou l'administrateur de garde.
Le préfet ne déclenche pas lui-même le plan blanc d'un hôpital. Il peut demander au directeur général de l'ARS sa mise en œuvre, demander le déclenchement du dispositif ORSAN et réquisitionner des professionnels et des établissements. Dans sa version de 2004, la loi le formulait ainsi :
« Si l'afflux de patients ou de victimes ou la situation sanitaire le justifient, le représentant de l'Etat dans le département peut procéder aux réquisitions nécessaires de tous biens et services, et notamment requérir le service de tout professionnel de santé, quel que soit son mode d'exercice, et de tout établissement de santé ou établissement médico-social dans le cadre d'un dispositif dénommé plan blanc élargi. »
Article 20 de la loi n° 2004-806 du 9 août 2004, version d'origine
Le pouvoir de réquisition du préfet figure aujourd'hui à l'article L3131-8 du Code de la santé publique, sans la mention du plan blanc élargi.
Le déroulé d'un déclenchement
- Alerte : le SAMU, un service ou l'ARS prévient le directeur ou l'administrateur de garde.
- Décision : le directeur choisit le niveau 1 ou le niveau 2, et trace sa décision dans une main courante.
- Cellule de crise : elle est réunie en moins de 45 minutes et devient le seul lieu de décision.
- Information : l'ARS et le SAMU sont prévenus, la préfecture est informée si besoin.
- Mesures : rappel du personnel, déprogrammation, ouverture de lits, sécurisation des accès.
- Levée : le directeur met fin au plan et tous les personnels mobilisés en sont avertis.
- Retour d'expérience : l'établissement analyse la crise et met à jour son plan.
La cellule de crise hospitalière
La cellule de crise hospitalière (CCH) est placée sous l'autorité du directeur. C'est le seul lieu de décision pendant le plan blanc. Le guide méthodologique national l'organise en quatre pôles :
Directeur ou directeur de garde, président de la CME, directeur des soins.
Le directeur médical de crise (DMC) organise les urgences et le plateau technique.
Le cadre de santé de crise fait le lien avec les équipes et les affectations.
Ressources humaines, logistique, sécurité, informatique et communication.
Le plan blanc et les autres plans d'urgence
Le plan blanc ne concerne que les établissements de santé. Les EHPAD et les établissements médico-sociaux ont leur propre dispositif, le plan bleu, déclenché par leur directeur. Les deux suivent la même logique de crise, avec des moyens différents.
D'autres plans coexistent. Ils se distinguent par l'échelon qui les porte et le type de crise visé.
| Plan | Qui le porte | Pour quelle situation |
|---|---|---|
| Plan blanc | Directeur d'établissement de santé | Crise qui dépasse les capacités courantes de l'hôpital |
| Plan bleu | Directeur d'EHPAD ou d'ESMS | Crise sanitaire ou climatique en établissement médico-social |
| ORSAN | Directeur général de l'ARS | Réponse coordonnée de tout le système de santé d'une région |
| ORSEC et ORSEC NOVI | Préfet | Secours à la population, événement à nombreuses victimes (ex-plan rouge) |
| Vagues de chaleur | État, instruction interministérielle annuelle | Canicule, remplace l'ancien plan canicule |
| Vagues de froid | État, guide national et instruction annuelle | Grand froid, ex-plan grand froid |
| Vigipirate | Premier ministre (SGDSN) | Menace terroriste |
Qui est concerné par un plan blanc
Tous les établissements de santé, quel que soit leur statut, doivent disposer d'un plan blanc à appliquer en cas de crise sanitaire. Les hôpitaux en France n'en ont pas l'exclusivité : cliniques privées, établissements de psychiatrie et de soins médicaux et de réadaptation sont aussi concernés.
Au sein de chaque établissement de santé, l'ensemble du personnel est concerné par le plan blanc : médecins, soignants, paramédicaux, personnel administratif, personnel technique, personnel logistique, etc.
Le personnel peut être réquisitionné si nécessaire, de manière individuelle ou collective, par le préfet.
Les obligations selon le secteur
- Plan blanc à deux niveaux
- Rôle fixé par sa ligne ORSAN
- Plans mutualisés au sein du GHT
- Certification HAS, critère 3.1-05
- Même obligation de plan blanc
- Peut être sollicitée par l'ARS
- Rappel des salariés selon le Code du travail
- Même contrôle HAS
- Pas de plan blanc
- Dispositif propre : le plan bleu
- Transferts vers l'hôpital en cas de besoin
- Plan blanc obligatoire
- Rôle de 2e ou 3e ligne ORSAN sans urgences H24
- L'HAD libère des lits et accueille des sorties anticipées
- Pas de plan blanc réglementaire
- Gestion des crises : mission socle des CPTS
- Réquisition possible par le préfet
- Mobilisables en renfort
- Cadre fixé par l'arrêté du 25 avril 2022
- Après les professionnels en exercice
Pour les cabinets libéraux, le Collège de la médecine générale a publié en 2021 un plan blanc pour la médecine générale, sans valeur réglementaire.
Les personnels mobilisables
Le personnel peut être maintenu sur place ou rappelé, selon les modalités prévues dans le plan. Le guide national distingue deux types de renforts :
- Modifier les cycles et allonger les postes
- Réaffecter des agents d'un service à l'autre
- Mobiliser les temps partiels
- Avancer le retour ou rappeler les agents en congé
- Groupement hospitalier de territoire
- Plan zonal de mobilisation
- Réserve sanitaire
- Étudiants en santé, selon leur année et leur stage
Ce que le plan blanc change pour le soignant
Pour un infirmier ou un aide-soignant, le déclenchement du plan blanc modifie l'organisation du jour : affectation, horaires, congés. Ces règles sont écrites dans le plan de votre établissement, pas dans un texte national unique.
Le jour du déclenchement
- L'appel : le rappel est gradué, par logiciel ou par téléphone, à partir de listes de coordonnées mises à jour tous les six mois.
- Le lieu de regroupement : les personnels rappelés se présentent au point d'accueil prévu par le plan, où ils reçoivent leur affectation.
- Les consignes : elles viennent du cadre de santé de crise et de votre encadrement, pas des messages qui circulent entre collègues.
- La déprogrammation : des interventions et hospitalisations non urgentes sont reportées, au cas par cas, avec information des patients.
- La communication : seule la cellule de crise s'exprime. Aucun bilan de victimes ne se donne à l'extérieur.
La HAS attend de chaque professionnel qu'il connaisse le mode d'alerte, son rôle et l'emplacement du matériel. Ces points se travaillent pendant la formation AFGSU SSE et les exercices.
Rappel sur repos, congés et obligation de revenir
Le plan blanc ne crée pas de règle nouvelle sur les congés. Il s'appuie sur le droit applicable à chaque statut et sur les modalités de rappel écrites dans le plan de l'établissement.
| Statut | Ce qui s'applique | Texte de référence |
|---|---|---|
| Agent de la fonction publique hospitalière | Congés accordés sous réserve des nécessités de service. Tableau de service modifiable en cas de contraintes impératives. Rappel selon les modalités du plan. | Décrets n° 2002-8 et n° 2002-9 |
| Salarié de clinique privée | Dates de congés modifiables moins d'un mois avant le départ seulement en cas de circonstances exceptionnelles, appréciées au cas par cas. | Article L3141-16 du Code du travail |
| Professionnel libéral | Réquisition possible par le préfet, avec une indemnisation. | Article L3131-8 du Code de la santé publique |
| Étudiant en soins infirmiers | Mobilisation quand la situation le justifie, après les professionnels en exercice, avec formation préalable aux actes demandés. | Arrêté du 25 avril 2022 |
- Aucun texte propre au plan blanc ne prévoit de sanction en cas de refus de rappel.
- Les obligations générales du statut ou du contrat de travail continuent de s'appliquer.
- Les modalités de rappel et de compensation sont écrites dans le plan de chaque établissement : demandez-le à votre encadrement ou à la direction des ressources humaines.
Heures supplémentaires et rémunération
Le temps de travail en plus est compensé selon le statut de chacun et les règles de décompte de l'établissement : paiement d'heures supplémentaires ou récupération. Le déclenchement du plan blanc n'ouvre droit à aucune prime automatique.
Pour le personnel non médical de la fonction publique hospitalière, le contingent est en principe de 20 heures supplémentaires par mois.
L'instruction du 18 novembre 2025 sur l'hiver rappelle qu'un dépassement reste possible à titre exceptionnel, sur décision du directeur général de l'ARS, dans la limite de 48 heures de travail sur 7 jours glissants.
Historique des déclenchements du plan blanc
Le plan blanc a été activé à plusieurs reprises au cours des deux dernières décennies :
- 2003 : déclenché à l'AP-HP lors de la canicule, avant même l'inscription du plan blanc dans la loi de 2004.
- 2018 : déclenché aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg après l'attentat du marché de Noël.
- Mars 2020 : activé dans l'ensemble des hôpitaux à la demande du gouvernement, au début de la pandémie de Covid-19.
- Janvier 2025 : 87 hôpitaux en plan blanc face à l'épidémie de grippe, chiffre du ministère repris dans une question écrite à l'Assemblée nationale publiée le 21 janvier 2025.
- Mars 2025 : le CHU de Guadeloupe déclenche son plan blanc après une panne informatique majeure.
- Juin 2026 : l'AP-HP active son plan blanc dans ses 38 établissements pendant la canicule, selon le communiqué de l'AP-HP.
Aucune statistique nationale publique ne recense tous les déclenchements. Les chiffres connus viennent des annonces du ministère, des ARS ou des établissements.
Ces déclenchements montrent l'importance du dispositif, pour les catastrophes sanitaires comme pour les pannes techniques ou les événements climatiques.
Le contenu d'un plan blanc
Un plan blanc réunit un ensemble de mesures à mettre en œuvre en cas de situation sanitaire exceptionnelle (SSE). Il définit les modalités de gestion de crise.
Il comporte deux niveaux, le plan de mobilisation interne (niveau 1) et le plan blanc (niveau 2). Il intègre :
- les orientations du schéma ORSAN,
- les moyens pouvant être mobilisés,
- les conditions de la mobilisation des moyens humains et matériels selon les secteurs,
- les modalités de maintien ou de rappel du personnel sur place,
- les conditions de mise en place de la cellule de crise opérationnelle,
- les modalités de levée du dispositif.
Comment concevoir un plan blanc
Chaque établissement élabore un plan spécifique adapté à ses moyens, ses infrastructures, et son territoire. Il prévoit :
- les procédures internes de gestion de crise (communication, chaîne de commandement, affectation des ressources),
- la mobilisation rapide du personnel (listes d'astreinte, rappels automatiques),
- la logistique d'urgence (médicaments, sang, matériel médical),
- les liaisons avec les autorités sanitaires et les services de secours.
Il est élaboré sous la responsabilité du directeur de l'établissement.

Les établissements doivent se baser sur le « guide méthodologique d'élaboration du plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles (PGTHSSE) des établissements de santé ».
Conçu par la Direction générale de l'offre de soins (DGOS) et la Direction générale de la santé (DGS), il est mis en ligne par le ministère de la Santé dans une édition 2024 qui dépasse 300 pages, disponible en fin de guide.
Le directeur de l'établissement de santé arrête le plan blanc après avis de différentes instances :
- le directoire pour les établissements publics ou l'organe de direction pour les établissements privés,
- la commission médicale d'établissement (CME) ou l'instance équivalente,
- le comité social d'établissement, qui a remplacé le comité technique d'établissement, ou l'instance équivalente.
Exemples concrets de plan blanc hospitalier en PDF
Pour mieux comprendre la structure et le contenu d'un plan blanc, nous avons listé quelques exemples. Ils sont antérieurs au décret de 2024 : leur vocabulaire (plan blanc élargi, comité technique) a vieilli, mais leur logique reste la même.
Ces documents montrent comment différents établissements et institutions structurent leurs plans blancs : certains sont centrés sur la mobilisation hospitalière, d'autres sur la coordination départementale.
Les étapes pour élaborer un plan blanc
Le guide de la DGOS indique 7 étapes à suivre pour élaborer un plan blanc au sein des établissements. Ouvrez chaque étape pour voir son contenu.
1Constitution de l'équipe projet
Elle se compose des personnes suivantes :
- un chef de projet, de préférence un membre de l'équipe de direction. Son nom doit être transmis à l'ARS,
- un ou plusieurs référents SSE parmi les médecins, les pharmaciens, les cadres de santé, les infirmiers, les ingénieurs en gestion des risques,
- des personnes ressources.
2Organisation de la réponse
Plusieurs points successifs doivent être intégrés à la méthodologie.
Analyse des risques et des menaces
Il s'agit d'établir une cartographie des risques : identifier, analyser et hiérarchiser les risques pouvant avoir un impact sur le fonctionnement de l'établissement en cas de crise.
Identification des capacités de réponse de l'établissement
Pour chaque risque identifié, il faut ensuite définir les capacités de réponse de l'établissement :
- analyser les capacités de prise en charge pour chaque volet ORSAN en fonction du rôle attribué à l'établissement (première, deuxième ou troisième ligne),
- recenser les moyens humains,
- définir les ressources matérielles à disposition,
- déterminer les capacités d'ajustement de l'offre de soins grâce à une réorganisation interne,
- élaborer une stratégie de communication interne et externe,
- définir une organisation interne pour atteindre les objectifs (« effets à obtenir »).

Suivi des capacités de réponse de l'établissement
Les systèmes d'information de l'établissement doivent être sollicités pour une mise à jour régulière ou en temps réel afin d'organiser les soins au quotidien, même en cas de panne informatique ou de cyberattaque. Les éléments d'information à suivre sont les suivants :
- les capacités et disponibilités en lits,
- les équipements et les matériels,
- les stocks de médicaments et de dispositifs médicaux,
- les ressources humaines,
- l'activité hospitalière,
- les informations locales utiles (activités des urgences, des SAMU...).
Le guide demande de renseigner le répertoire opérationnel des ressources (ROR) au moins deux fois par jour pour les soins critiques en situation sanitaire exceptionnelle.
Partage des informations
L'établissement doit prévoir le partage des informations avec les organismes de tutelle et identifier les solutions extra-établissement, utiles en cas d'impossibilité de résolution des situations en interne (capacité de prise en charge, tensions et besoins en ressources humaines, consommables et équipements liés à la prise en charge).
Mise en place des outils génériques de réponse
L'établissement prépare ses réponses face à d'éventuelles tensions concernant :
- les moyens humains supplémentaires,
- la déprogrammation d'activités,
- l'adaptation de l'accueil et la gestion des flux de patients,
- l'adaptation de l'offre de soins,
- la sécurisation de l'établissement.
Élaboration des outils spécifiques de réponse
L'établissement doit mener une réflexion concernant chaque volet ORSAN sur les sujets suivants :
- les spécificités de l'événement (mécanisme, gravité, cinétique, durée, fréquence, conséquences potentielles),
- la typologie des patients à prendre en charge (médicale, chirurgicale, pédiatrique, gériatrique, à risque de contamination),
- l'état des moyens et des ressources nécessaires et disponibles ainsi que les éventuels équipements et produits de santé,
- les mesures particulières à prévoir (protection, sécurisation, confinement, évacuation, prise en charge médico-psychologique, formation du personnel),
- la communication et les circuits d'information,
- l'évaluation du dispositif et le retour d'expérience.
3Préparation de la conduite de crise
La mise en place des outils de pilotage de la période de crise concerne :
- la cellule de crise hospitalière (CCH), organe de décision et de coordination au sein de l'établissement. Elle centralise les informations, décide de la stratégie, coordonne les actions et transmet les instructions. Elle est adaptée à la taille de l'établissement et reste en lien permanent avec l'ARS et les autorités.
- les acteurs au sein de la CCH, qui ont chacun des missions et un rôle défini, décrits dans des fiches. Le directeur médical de crise (DMC) assure l'organisation médicale opérationnelle aux urgences et au niveau du plateau technique médico-chirurgical.
4Structuration d'un plan de réponse
Il s'agit de préparer les outils de réponse adaptée à une SSE en prenant en compte deux niveaux de gradation :
- le niveau 1 ou plan de mobilisation interne, lorsque la situation est tendue et induit des risques sans pour autant remettre en question le fonctionnement courant de l'établissement. Le niveau 1 est aussi une période de prévention en cas d'événement à risque.
- le niveau 2 ou plan blanc, pour les situations exceptionnelles ayant un impact majeur sur l'organisation hospitalière.
5Politique d'information et plan de formation
Informer le personnel sur la préparation et l'organisation face aux crises implique la mise en place d'un plan de formation. Cette étape conditionne une réponse efficace, avec l'implication de chacun, et limite le stress du personnel hospitalier.
- réunions d'information régulières sur l'organisation nationale et territoriale (ORSEC, ORSAN, plan zonal de mobilisation) ainsi que sur le dispositif de l'établissement,
- information systématique des nouveaux arrivants,
- points d'information spécifiques en cas d'événement en cours,
- plan annuel de formation aux SSE.
Le plan de formation s'appuie sur l'AFGSU, de niveau 1 ou 2 selon la fonction exercée, complétée par des modules SSE adaptés au rôle de chacun en cas de crise.
6Réalisation d'exercices sur la gestion des tensions hospitalières

Le but des exercices est de tester les procédures, acquérir de l'expérience et définir les axes d'amélioration possibles.
- Exercices « cadres » : réalisés sur papier ou sur table.
- Exercices « terrain » : ils engagent les moyens en réel.
- Format : global ou partiel, annoncé ou inopiné.
Le dispositif ORSAN prévoit au moins un exercice par an.
7Retour d'expérience et évaluation de la réponse
Un retour d'expérience (RETEX) doit être mené à l'issue d'un exercice ou d'une situation réelle. Le but est d'améliorer le processus en vérifiant les procédures et en évaluant l'implication des personnels ainsi que les moyens qui ont été engagés.
Vidéo exercices plan blanc. Source : AP-HM, Assistance Publique Hôpitaux de Marseille
La vidéo montre un exercice de simulation d'urgence majeure réalisé par l'AP-HM dans le cadre du plan blanc : un attentat fictif avec armes à feu et mouvements de foule.
L'objectif est de tester la capacité de l'hôpital à faire face à la crise : tri des blessés, mobilisation des équipes, coordination des services et amélioration des protocoles.
Le déroulé de l'exercice :
- Scénario : simulation d'un attentat avec plusieurs dizaines de victimes.
- Participants : des élèves infirmiers, aides-soignants et externes en médecine jouent les victimes, avec maquillage et fiches de blessures.
- Déclenchement : décidé par le directeur de l'établissement, après remontée d'informations du terrain.
- Organisation interne : les urgences se réorganisent en deux circuits, patients habituels et victimes. Un médecin trieur classe les patients selon la gravité, les urgences absolues partent en réanimation.
- Mobilisation : l'ensemble de l'hôpital est mobilisé, réanimations, blocs opératoires, pharmacie, pédiatrie.
- Logistique : mise à disposition rapide de médicaments, poches de sang, civières.
- Observation : des observateurs notent les points forts et les dysfonctionnements.
- Objectif final : améliorer les procédures en vue de grands événements (Coupe du monde de rugby, Jeux olympiques, venue du pape).
Les principaux logiciels de gestion du plan blanc
Trois solutions numériques reviennent dans les établissements de santé pour accompagner les établissements de santé dans la mise en œuvre et le pilotage de ce dispositif. Pour les outils d'alerte et d'information des équipes, lisez aussi notre guide de la communication digitale en santé.
Hublo est un outil RH numérique spécialisé dans la gestion de la disponibilité du personnel soignant. Son module Plan Blanc sert à prévenir et rappeler les équipes par SMS. L'ancien site planblanc.com redirige aujourd'hui vers Hublo.
- Rappel massif de groupes de professionnels par SMS
- Bulletins d'information envoyés à tout le personnel
- Gestion des remplacements et plannings en urgence
- Cible : hôpitaux, cliniques, EHPAD
MenKorn WHITE est une solution web de gestion de crise destinée aux cellules administratives de crise des établissements de santé. L'éditeur affiche parmi ses utilisateurs des CHU et des SAMU départementaux. Site : crisisoft.com
- Pilotage partagé de la cellule de crise
- Main courante et suivi des actions
- Cible : établissements de santé, SAMU, structures de coordination
Smart TAMAT Advance est un outil d'alerte et de mobilisation automatisée, présenté par son éditeur pour la diffusion du plan blanc. Site : mws.fr
- Alerte automatisée des personnels par téléphone, SMS et e-mail
- Suivi en temps réel des réponses et des personnes disponibles
- Cible : établissements de santé, collectivités
Ces descriptions reprennent les fonctions présentées par chaque éditeur. Avant tout achat, demandez une démonstration et vérifiez l'hébergement des données de santé.
Les documents officiels à télécharger
Questions fréquentes sur le plan blanc
Qu'est-ce que le plan blanc ?
Le plan blanc est le dispositif de crise d'un établissement de santé. Il permet de mobiliser tout le personnel et tous les moyens de l'hôpital face à un afflux massif de victimes ou à une situation sanitaire exceptionnelle. Obligatoire depuis la loi du 9 août 2004, il correspond aujourd'hui au niveau 2 du plan de gestion des tensions hospitalières.
Quelle est la différence entre le plan blanc et le plan bleu ?
Le plan blanc concerne les hôpitaux et les cliniques. Le plan bleu est le dispositif de crise des EHPAD et des établissements médico-sociaux. Les deux sont déclenchés par le directeur de l'établissement concerné.
Qui déclenche le plan blanc ?
Le directeur de l'établissement de santé déclenche le plan blanc, de sa propre initiative en informant l'ARS, ou à la demande du directeur général de l'ARS. Le préfet ne le déclenche pas lui-même, mais il peut demander au directeur général de l'ARS sa mise en œuvre et réquisitionner des professionnels et des établissements.
Le plan blanc est-il obligatoire pour les soignants ?
Oui. Tout le personnel de l'établissement est concerné : médecins, soignants, personnels administratifs, techniques et logistiques. Une fois le plan déclenché, le directeur peut maintenir les agents en poste, modifier les plannings et rappeler du personnel, dans le cadre du statut de chacun et selon les modalités écrites dans le plan.
Un soignant en repos ou en congé doit-il revenir pendant un plan blanc ?
Le rappel suit les modalités écrites dans le plan de l'établissement. Dans la fonction publique hospitalière, les congés restent soumis aux nécessités de service. Dans une clinique privée, l'employeur peut changer les dates de congés en cas de circonstances exceptionnelles. Aucun texte propre au plan blanc ne prévoit de sanction, mais les obligations du statut ou du contrat s'appliquent.
Quelle est la différence entre le plan blanc niveau 1 et niveau 2 ?
Le niveau 1, appelé plan de mobilisation interne, répond à une tension gérée en interne, comme une épidémie saisonnière, avec une cellule de crise restreinte. Le niveau 2, le plan blanc, répond à une situation à impact majeur et mobilise toutes les capacités de l'établissement.
Existe-t-il un plan blanc niveau 3 ?
Non. Le guide méthodologique national ne prévoit que deux niveaux : le plan de mobilisation interne et le plan blanc. Certains hôpitaux numérotent leurs propres paliers de tension, et la troisième ligne ORSAN désigne une catégorie d'établissements, pas un niveau du plan blanc.
Quel est le nouveau nom du plan blanc ?
Le plan blanc garde son nom. Il est devenu le niveau 2 du plan de gestion des tensions hospitalières et des situations sanitaires exceptionnelles, ou PGTHSSE. Le niveau 1 de ce plan s'appelle le plan de mobilisation interne.
Qu'est-ce que le code blanc à l'hôpital ?
Le code blanc est une alerte utilisée dans les hôpitaux du Québec quand une personne violente ou agressive met en danger le personnel. Il n'a aucun lien avec le plan blanc français, qui organise la réponse de l'hôpital à une crise sanitaire.
Le plan blanc existe-t-il en EHPAD ?
Non. Les EHPAD et les établissements médico-sociaux ne font pas de plan blanc. Ils ont leur propre dispositif de crise, le plan bleu, déclenché par leur directeur.
Les heures faites pendant un plan blanc sont-elles payées ?
Le temps de travail en plus est compensé, par paiement d'heures supplémentaires ou par récupération, selon le statut de l'agent et les règles de l'établissement. Aucune prime n'est due du seul fait du déclenchement. Pour le personnel non médical hospitalier, le plafond de 20 heures par mois peut être dépassé à titre exceptionnel, dans la limite de 48 heures sur 7 jours.
Comment se termine un plan blanc ?
Le directeur lève le plan blanc quand la situation est maîtrisée, et tous les personnels mobilisés en sont informés. La cellule de crise fonctionne jusqu'à cette levée officielle. Un retour d'expérience suit, pour corriger le plan et organiser la reprise des activités déprogrammées.
- Loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, article 20
- Décret n° 2024-8 du 3 janvier 2024 relatif à la préparation et à la réponse du système de santé aux situations sanitaires exceptionnelles
- Guide méthodologique PGTHSSE des établissements de santé, DGS et DGOS, édition 2024
- Instruction n° DGOS/AS3/RH5/2025/162 du 18 novembre 2025
- HAS, fiche pédagogique situations sanitaires exceptionnelles, certification 6e cycle
- Arrêté du 25 avril 2022 relatif à la mobilisation des étudiants et élèves en santé
